Le vieux rêve d'encercler le Maroc à l'origine de l'intox sur la fermeture de Guergarate
La rumeur de fermeture du point de passage de Guergarate par la Mauritanie est peu crédible et ne résiste pas à l’analyse. Décryptage.
La fermeture du point de passage par la Mauritanie serait un séisme régional. Guergarate est LE maillon nord-sud de l’axe routier Tanger-Lagos. Le Maroc adhère à la Cédéao et la Mauritanie souhaite y revenir, au moins dans une forme d’association. Cette route enfin est indispensable à l’approvisionnement de la Mauritanie et d’une partie de l’Afrique de l’Ouest en produits frais.
Derrière cette intox, le vieux rêve d’encercler le Maroc
L’info a été diffusée par des journaux algériens et mauritaniens sans être sourcée et elle a fait boule de neige toute la semaine écoulée.
Elle tient en deux points:
-le lancement prochain d’une route Tindouf-Zouerate.
-parallèlement, la Mauritanie fermerait le point de passage de Guergarate.
Les spéculations ne s’arrêtent pas là.
Le Fer algérien de Garat Djebilat serait transporté par chemin de fer jusqu’au port atlantique mauritanien de Nouadhibou pour être exporté.
En fait, ces différents plans correspondent à un double vieux rêve algérien:
-isoler géographiquement le Maroc, en lui fermant tout accès au sud. Le Maroc deviendrait ainsi une île. Ultérieurement, la création d’un Etat indépendant au Sahara conforterait cet isolement. Ce thème d’encerclement du Maroc revient dans le discours officiel algérien au moins depuis le milieu des années 70.
-obtenir un accès à l’Atlantique.
L’Algérie serait alors la seule puissance régionale et le passage obligé entre le Nord de la Méditerranée et le sud du Sahara.
Le Maroc a des racines historiques, culturelles et humaines en Afrique au sud du Sahara. Il n’a jamais été une île isolée à la pointe nord-ouest de l’Afrique. Ses gains diplomatiques et économiques récents, l’intégration future de la Cedeao, le retour dans le cénacle africain, la force des liens avec l’Afrique de l’Ouest, lui donnent une position solide.
L’Algérie dispose déjà de deux points d’accès vers l’Afrique subsaharienne: un à la frontière malienne et l’autre à la frontière du Niger.
L’objectif d’une route Tindouf-Zouerate n’est donc pas le cœur de l’Afrique du sud du Sahara, mais plutôt l’Afrique de l’ouest, l’accès atlantique, le contournement du Maroc et son encerclement.
Mais cette route ne pourrait en aucun cas concurrencer l’axe Tanger-Guergarate-Dakar-Lagos.
Tanger-Guergarate est une route qui a est plus courte de 500 km par rapport à Oran-Tindouf-ZOuerate. A partir de Tindouf, il faudrait rejoindre la frontière mauritanienne puis Zouerate puis Nouadhibou.
La route algéro-mauritanienne est en mauvais état. La portion entre Tindouf et la frontière algérienne vient d’être goudronnée par l’Algérie. Mais aussi bien en Algérie qu’en Mauritanie, de longs tronçons restent à l’état de piste.
Actuellement, il existe un petit trafic routier aux confins algéro-mauritaniens. Il passe toujours par le Maroc, dans la zone de no man’s land à l’est du mur de défense.
La nouvelle route empruntera-t-elle ce même tracé (en jaune sur la carte)? Ou bien contournera-t-il la frontière marocaine pour rester en Mauritanie, ce qui le rendrait plus long? Impossible de le savoir à ce stade.
Déploiement militaire?
Le Maroc a-t-il envoyé, derrière le mur et à proximité de Guergarate, des renforts militaires ? Aucune certitude pour le moment. S’il l’a fait, ce serait un message adressé aux uns et aux autres et signifiant l’importance qu’il accorde à la liberté du trafic commercial entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest par Guergarate.
La route Tanger-Lagos et le point de passage de Guergarate comportent des enjeux régionaux et continentaux nettement supérieurs à toute velléité locale. L'épisode diplomatico-militaire de Guergarate entre aout 2016 et février 2017, a eu finalement le mérite de donner plus de visibilité à la légalité et à la légitimité de ce point de passage.
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