Vendredi 26 mai, Zefzafi interrompt l’imam de la Mosquée Mohammed V, au milieu de la prière du vendredi. Le procureur ordonne alors son arrestation. Qu'a dit exactement l'imam pour mériter la colère de Zefzafi? Récit et documents.

Ce vendredi, veille du Ramadan, le ministère des Habous distribue aux 80 imams du vendredi à Al Hoceima et ses alentours, le texte (document à feuilleter ci-dessous) d’un prêche intitulé: “La sécurité est une bénédiction“.

Le prêche du vendredi se fait toujours en deux parties, entre lesquelles l’imam marque une pause de quelques secondes, en s’asseyant avant de se remettre debout et de continuer.

L’imam commence: “Parmi les plus grandes bénédictions de Dieu sur l'homme, la bénédiction de la sécurité, de quiétude, de la tranquillité “. L’imam cite le Coran, pour dire que Dieu est la source de toute bénédiction et qu’il doit en être loué".

Lire aussi : Al Hoceima: quelques leçons à retenir de la crise actuelle

L’imam ajoute que “la plus grande bénédiction est l’Islam lui-même. Et que la sécurité fait également partie des bénédictions de Dieu. Et que le Maroc vit dans la quiétude et la sécurité, contrairement à d’autres pays“.

“L’existence de ces bénédictions dont Dieu a doté le Maroc ne signifie en aucun cas l’absence de manquements, d’insuffisances ou de dépassements. Ni qu’il n’y a pas de volonté de réforme. Ni qu’il ne faut pas demander des améliorations“.

L’imam évoque alors la méthode pour demander de “lever les injustices, corriger les erreurs“, en vertu de la voie du Prophète. “Le vrai croyant ne part pas d’appels anonymes lancés sur Internet, ne s’enflamme pas d’une manière inconsidérée, ne regarde pas uniquement les erreurs“. Il cite le coran : “Ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction“.

“Il faut éviter la Fitna (discorde). Rien dans la religion ne permet ni ne justifie la destruction des biens… L’appel à la désobéissance, les troubles, par le mensonge, la falsification, est condamné par le Prophète lui-même. Il faut s’assurer des informations avant de réagir“.

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(Cliquer sur l'image pour lire les slides et les feuilleter)

 

Au moment où l’imam arrive à la fin de cette première partie, Nasser Zefzafi entouré de quelques-uns de ses camarades, fait son entrée dans la mosquée. Il racontera plus tard lui-même qu’il se dirigeait déjà vers la mosquée lorsque des citoyens sont venus le prévenir que l’imam prononçait un prêche sur la Fitna et qu’il a décidé de réagir.

Zefzafi fait donc son entrée et au moment où l’imam s’assoit pour marquer la pause entre les deux parties du prêche, il prend la parole.

Il prononce une allocution virulente, d’une grande violence: “ces imams émettent des fatwas pour que les gens du Golfe viennent violer nos femmes et nos enfants. Que signifie la Fitna alors que la majorité des jeunes ne trouvent rien à manger? Que signifie la Fitna alors que les chaînes de télévision d’Etat diffusent des images de femmes dénudées dans le cadre de Mawazine? Cet imam est un charlatan qui émet des Fatwas avec le Makhzen pour violer nos femmes“.

Après la sortie de Zefzafi, la prière du vendredi ne reprendra pas.

A sa sortie de la mosquée, il s’exprime de nouveau devant un groupe de ses partisans. Il explique (début en tarifit, il s’exprime en langue arabe à partir de 10’, vidéo ci-dessous): “ce qu’a dit l’imam n’engage que lui et n’engage pas les musulmans. Nous demandons au gouvernement une liste de projets et des garanties. Khalfi est le porte-parole d’un gang qui se fait appeler gouvernement. Il prend probablement du karkoubi (comprimés hallucinogènes). Tous les gouvernements ont failli et celui-ci pire que tous les autres. Les milliards qui appartiennent au peuple sont pillés et donnés à Mawazine. Les imams ignorants veulent conduire le pays à un bain de sang“.

 
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Vendredi 26 mai, Zefzafi interrompt l’imam de la Mosquée Mohammed V, au milieu de la prière du vendredi. Le procureur ordonne alors son arrestation. Qu'a dit exactement l'imam pour mériter la colère de Zefzafi? Récit et documents.

Ce vendredi, veille du Ramadan, le ministère des Habous distribue aux 80 imams du vendredi à Al Hoceima et ses alentours, le texte (document à feuilleter ci-dessous) d’un prêche intitulé: “La sécurité est une bénédiction“.

Le prêche du vendredi se fait toujours en deux parties, entre lesquelles l’imam marque une pause de quelques secondes, en s’asseyant avant de se remettre debout et de continuer.

L’imam commence: “Parmi les plus grandes bénédictions de Dieu sur l'homme, la bénédiction de la sécurité, de quiétude, de la tranquillité “. L’imam cite le Coran, pour dire que Dieu est la source de toute bénédiction et qu’il doit en être loué".

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L’imam ajoute que “la plus grande bénédiction est l’Islam lui-même. Et que la sécurité fait également partie des bénédictions de Dieu. Et que le Maroc vit dans la quiétude et la sécurité, contrairement à d’autres pays“.

“L’existence de ces bénédictions dont Dieu a doté le Maroc ne signifie en aucun cas l’absence de manquements, d’insuffisances ou de dépassements. Ni qu’il n’y a pas de volonté de réforme. Ni qu’il ne faut pas demander des améliorations“.

L’imam évoque alors la méthode pour demander de “lever les injustices, corriger les erreurs“, en vertu de la voie du Prophète. “Le vrai croyant ne part pas d’appels anonymes lancés sur Internet, ne s’enflamme pas d’une manière inconsidérée, ne regarde pas uniquement les erreurs“. Il cite le coran : “Ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction“.

“Il faut éviter la Fitna (discorde). Rien dans la religion ne permet ni ne justifie la destruction des biens… L’appel à la désobéissance, les troubles, par le mensonge, la falsification, est condamné par le Prophète lui-même. Il faut s’assurer des informations avant de réagir“.

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Au moment où l’imam arrive à la fin de cette première partie, Nasser Zefzafi entouré de quelques-uns de ses camarades, fait son entrée dans la mosquée. Il racontera plus tard lui-même qu’il se dirigeait déjà vers la mosquée lorsque des citoyens sont venus le prévenir que l’imam prononçait un prêche sur la Fitna et qu’il a décidé de réagir.

Zefzafi fait donc son entrée et au moment où l’imam s’assoit pour marquer la pause entre les deux parties du prêche, il prend la parole.

Il prononce une allocution virulente, d’une grande violence: “ces imams émettent des fatwas pour que les gens du Golfe viennent violer nos femmes et nos enfants. Que signifie la Fitna alors que la majorité des jeunes ne trouvent rien à manger? Que signifie la Fitna alors que les chaînes de télévision d’Etat diffusent des images de femmes dénudées dans le cadre de Mawazine? Cet imam est un charlatan qui émet des Fatwas avec le Makhzen pour violer nos femmes“.

Après la sortie de Zefzafi, la prière du vendredi ne reprendra pas.

A sa sortie de la mosquée, il s’exprime de nouveau devant un groupe de ses partisans. Il explique (début en tarifit, il s’exprime en langue arabe à partir de 10’, vidéo ci-dessous): “ce qu’a dit l’imam n’engage que lui et n’engage pas les musulmans. Nous demandons au gouvernement une liste de projets et des garanties. Khalfi est le porte-parole d’un gang qui se fait appeler gouvernement. Il prend probablement du karkoubi (comprimés hallucinogènes). Tous les gouvernements ont failli et celui-ci pire que tous les autres. Les milliards qui appartiennent au peuple sont pillés et donnés à Mawazine. Les imams ignorants veulent conduire le pays à un bain de sang“.

 
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