Dialogue social. Les syndicats s’opposent à la création de commissions thématiques
La proposition de Saâdeddine Elotmani de continuer les travaux dans le cadre de commissions thématiques n’a pas été bien accueillie par les centrales syndicales. Elles ont exigé de continuer les réunions sous la présidence du chef de gouvernement qui a un réel pouvoir décisionnel.
Dans quel climat s’est déroulée la réunion du lundi 9 octobre? Nous avons posé la question à des représentants du gouvernement, des syndicats et de la CGEM. La réponse a été unanime. C’était constructif, tendu par moment, mais relativement bien maîtrisé.
Finalement, les craintes des syndicats se sont révélées infondées. La présentation des grandes orientations du PLF 2018 n’a été qu’un sujet parmi d’autres lors de cette rencontre.
"Le message véhiculé lors de la présentation du PLF a été de mettre en exergue l’importance des mesures sociales dans trois domaines clés: la santé, l’éducation et l’emploi, mais également les contraintes qui se posent à l’Etat et qui l’obligent à faire des arbitrages en tenant compte de l’impact social et budgétaire de chaque mesure", nous indique un membre de la CGEM présent à cette rencontre.
Le patronat était présent en force. La délégation présidée par Miriem Bensalah comptait, outre des membres de la commission de l'emploi et des relations sociales, des représentants de quatre fédérations sectorielles: électricité, textile, BTP et agroalimentaire.
"Le cahier revendicatif de la CGEM a été étayé par des témoignages et des exemples concrets montrant les difficultés rencontrées sur le terrain", explique une source patronale.
Sans surprise, les principales revendications de la confédération concernent la législation sociale: la loi sur la grève, l’amendement du code de travail -pour plus de flexibilité-, la mise en place de nouvelles conventions collectives, la baisse du coût du travail en agissant sur les taux de l’IR ou en réaménageant ses tranches...
La représentativité dans les instances traitant de l’emploi a également été revendiquée. Exemple: conseil d’administration de l’Anapec… , ainsi que la fluidification des contrats spéciaux de formation. "On en fait cette fois-ci un sujet fondamental", précise notre source.
Quid des syndicats?
Même si les quatre syndicats présents (CDT, UMT, UGTM et UNTM) avaient déjà soumis au chef du gouvernement un cahier revendicatif commun, chaque secrétaire général a pris la parole séparément ce lundi.
Ceci dit, le sujet prioritaire était le même: l’amélioration des revenus (augmentations des salaires, réaménagement des tranches de l’IR, revalorisation des allocations familiales..). En deuxième lieu: l’amendement de certains articles du code pénal entravant les libertés syndicales, la mise en œuvre intégrale des dispositions de l’accord du 26 avril 2011…
Des divergences ont éclaté entre l’UMT et la CGEM. Le syndicat a appelé à se limiter à l’amélioration des revenus, contrairement à la confédération qui appelle à une discussion générale incluant la législation sociale.
Sur ce sujet, l’Union nationale du travail au Maroc, bras syndical du PJD, est du côté de la CGEM. "C’est un package. L’amélioration des revenus ne peut pas être étudiée indépendamment du reste", nous a déclaré Abdessamad Merimi, secrétaire général adjoint de l’UNTM.
"Les négociations ne se font pas entre les syndicats et le gouvernement, mais également avec le patronat. La révision du Smig et des allocations familiales sont des exemples concrets. Il est donc normal que la CGEM ait son propre cahier revendicatif et qu’on en discute ensemble", a-t-il ajouté.
Autre point de discorde, cette fois-ci entre le gouvernement et la CDT: l’instauration d’un pacte social. "Ce n’est pas le moment", a protesté SG le syndicat, selon une source présente sur place.
Ce pacte permettra de tracer le chemin des relations entre gouvernement-syndicat-patronat d’ici la fin du mandat de l’actuel gouvernement ainsi que le planning de travail.
Elotamni sera finalement de toutes les réunions
Lors de cette rencontre, le chef de gouvernement a proposé la création de cinq commissions dont celles en charge de l’amélioration des revenus, de la législation, du pacte social…
Une proposition contestée par les syndicats. En cause: ces commissions sont une perte de temps et d’énergie car pilotées par des N-1 sans pouvoir décisionnel.
Résultat: suspension de la séance avec promesse de se réunir incessamment, avec la même composition, mais cette fois-ci avec un ordre du jour de 2 à 3 points maximum.
Les dossiers à approfondir seront fixés d’un commun accord entre le chef du gouvernement, les syndicats et la CGEM. D’ores et déjà, deux grandes thématiques prioritaires se dégagent: législation et amélioration des revenus.
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