Habib El Malki: “Le problème des retraites parlementaires sera réglé avant la fin de l’année”
Lors d’une conférence de presse, ce jeudi 22 février, le président de la Chambre des représentants a fait le bilan de l’action législative depuis janvier 2017, date à laquelle il a été élu à la tête de l’institution. L’occasion pour Médias24 de l’interroger sur plusieurs questions d’actualité comme l’absentéisme récurrent ou la crise de la caisse des retraites des parlementaires.
Médias24: Qu’est-ce qui a changé depuis que vous êtes président de la Chambre basse?
Habib El Malki: Nous sommes en train d’instaurer une nouvelle culture liée à la nature de cette institution constitutionnelle.
Cette démarche nous a permis jusqu’à présent de mieux évaluer le travail parlementaire et en même temps, d’impliquer davantage les députés à travers le contrôle et l’interpellation du gouvernement.
Elle a entraîné une mobilisation croissante des élus pour mettre fin au phénomène de l’absentéisme.
-Où en êtes-vous de ce combat où tous vos prédécesseurs ont échoué?
-Le bilan est d’ores et déjà honorable car nous sommes arrivés à un taux moyen de présence de 80% dans les séances plénières et d’environ 75% lors des commissions permanentes.
-Quel était ce taux auparavant?
-Voulant ménager les susceptibilités, je ne vous révélerais pas le chiffre mais il y a une grande amélioration avec une participation de plus en plus forte des députés depuis une année. Ce résultat est simplement le fruit du nouveau règlement intérieur que j’ai mis en place à mon arrivée.
-Quelles sont ses nouveautés?
-Des sanctions pécuniaires de l’ordre de 1.200 dirhams par jour d’absence non justifiée qui ont déjà frappé une quarantaine de députés. A cela, il faut rajouter que le nom des sérial-absents est désormais publié régulièrement sur le site officiel de la Chambre des représentants.
La vraie nouveauté est que c’est la première fois dans l’histoire du parlement que les dispositions sanctionnant les députés sont appliquées et cela semble donner de très bons résultats.
-Vous niez toujours l’existence d’une crise sévère de la caisse des retraites des parlementaires?
-C’est une simple crise de gestion à caractère technique car le fond du problème est que le mécanisme inclus dans la loi portant création du système de retraites n’a pas été respecté et que cela aboutit à la situation actuelle.
Il stipule la nécessité de réunions périodiques entre le gouvernement et l’administration de la Chambre des représentants et des conseillers pour mieux évaluer l’état financier de la caisse.
-Avez-vous une visibilité pour remédier au déficit actuel et à une éventuelle faillite du système?
-Il faut d’abord préciser que la réforme en cours sera consensuelle avec l’assentiment de toutes les composantes des deux chambres basse et haute. Une fois ce travail de réflexion accompli, je suis convaincu que nous allons trouver très rapidement la solution pour mettre fin au déficit cotisations-pensions.
-Le problème sera donc réglé en 2018?
-Si tout va bien, ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir avant la fin de l’année en cours.
-Quelles sont les grandes réalisations législatives depuis janvier 2017?
-C’est un mélange d’adoption quantitative mais surtout qualitative de plusieurs lois importantes. Il porte sur l’élargissement de la culture des droits humains avec, par exemple, la réorganisation du CNDH (Conseil national des droits de l’homme), l’adoption définitive du texte de loi sur les violences faites aux femmes et celui sur le droit à l’information des citoyens et des médias.
Ces trois textes illustrent le tournant qualitatif pris par l’institution parlementaire car ils soulignent notre volonté d’édifier un Etat de droit qui n’est plus un objectif mais une vraie réalité en puissance.
-Quid de la diplomatie parlementaire?
-Elle est primordiale et constitue également une de mes priorités car nous sommes très impliqués dans plusieurs négociations internationales (CEDEAO, UA …). L’avenir ne passe plus uniquement par l’Europe ou les Etats-Unis mais aussi, et de plus en plus, par l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud.
Ces trois continents vont peser sur le destin de la planète et sur la résolution des conflits comme par exemple sur la question de notre cause nationale.
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