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Hassan Benaddi propose un leadership collégial à la tête du PAM

Hassan Benaddi, l'un des fondateurs du PAM, lance un appel à quelques jours de la session extraordinaire du conseil national du parti, destinée à élire un successeur à Ilyas El Omari, secrétaire général démissionnaire.

Hassan Benaddi propose un leadership collégial à la tête du PAM
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Le 20 mai 2018 à 14h59 | Modifié 20 mai 2018 à 14h59

Le PAM va tenir dans les jours qui viennent une session de son "conseil national", pour prendre acte du départ du secrétaire général démissionnaire et pour examiner les perspectives d’avenir.

L’évolution de cette formation qui occupe une place importante sur l’échiquier politique ne manquera pas d’avoir des conséquences significatives pour toute la scène partisane et partant, pour tout le processus de construction balbutiante et parfois chaotique de la démocratie marocaine.

L’objet de cette alerte est d’inviter à dépasser le niveau des considérations futiles qui semblent accaparer, pour le moment, l’attention des acteurs et des commentateurs.

Ces considérations se focalisent sur les compétitions des prétendants à la succession et sur les ambitions affichées ou non des uns et des autres.

Nous pensons que l’essentiel est ailleurs.

Pour s’en convaincre, il est indispensable de rappeler la genèse du projet et de réaffirmer les convictions partagées par les fondateurs et positivement accueillies par les milliers de concitoyens qui se bousculaient aux assemblées du Mouvement de tous les démocrates, à partir de janvier 2008.

Ce mouvement a été lancé pour répondre à deux problèmes qui s’étaient imposés, à tous, au lendemain des élections de 2007:

-une grande désaffection de l’électorat, exprimée  par un taux d’abstention inquiétant;

-et les prémices d’hégémonisme d’un acteur unique sur le champ partisan.

L’initiative de créer une formation politique nouvelle a été d’abord dictée par le souci de sauver le multipartisme, et de permettre de renforcer le camp des partisans d’une évolution progressiste du Maroc dans l’horizon de la modernité et de l’authenticité. Les partis traditionnels, issus du mouvement national et de tous ses avatars, ne pouvaient plus se renouveler, prisonniers qu’ils étaient des limites étroites du pacte d’alternance consensuelle.

L’ère nouvelle avait besoin d’un acteur nouveau, capable de créer les conditions concrètes, à même d’endiguer la déferlante qui s’abattait sur plusieurs contrées du monde arabe. Le coût fut somme toute supportable et le multipartisme survécut.

Les fondateurs étaient partagés sur la manière de faire. Le choix qui fut finalement retenu n’était pas le meilleur, mais le plus réaliste. Nous étions quelques uns à mesurer les risques que comporte le procédé des fusions-absorptions, le danger de voir le mort saisir le vif, ou encore  les pratiques maffieuses phagocyter l’activisme électoraliste. Mais nous ne pouvions nous permettre ni esthétisme ni angélisme.

Au pas de charge, le nouveau cadre fut créé, en dépit du scepticisme des uns et des manigances des autres. Des voix de consonances diverses s’allièrent dans le même chœur pour décrier et jeter l’anathème sur l’intrus.

Les tensions du printemps arabe vont permettre par la suite à l’opportunisme des islamistes de se déployer dans toute sa verve populiste. Les faiblesses rhétoriques, doublées des égarements éthiques chez certains fondés de parole ou représentants du PAM, vont leur faciliter la tâche.

Au déclenchement des tensions du Rif, comble du paradoxe, le tout jeune parti devient presque l’emblème de la faillite des instances de médiation, toutes rejetées par la jeunesse désespérée et déboussolée, comme autant de repères d’opportunistes et de profiteurs.

Dans un discours d’une rare virulence, le Roi se démarque nettement de la classe politique et annonce le changement.

C’est dans ce contexte que la crise, au sein du PAM, longtemps latente, devient désormais ouverte. Le vent du dégagisme semble  plus fort que les manœuvres, en même temps que les sirènes de l’opportunisme se mettent à l’œuvre.

Le rendez-vous du 26 mai prend désormais des allures de moment fatidique.

Le seul grand parti politique, né sous l’ère Mohammed VI, est sommé de choisir, ou plutôt ses membres fondateurs, ses représentants sincères à tous les niveaux des institutions et l’ensemble de ses militants sérieux sont désormais face à leur responsabilité.

Soit ils choisissent la voie sans perspectives de la manœuvre, qui consiste à changer quelque chose pour que tout reste comme avant, comme semblent l’indiquer certains propos, agissements et fausses propositions, soit c’est la politique du désordre qui est privilégiée; pour que les sortants puissent dire qu’ils sont irremplaçables.

Soit, ce qui revient au même, de foncer tête baissée dans une compétition aux apparences démocratiques, mais dont les préalables ne sont pas réalisés dans les conditions actuelles du parti; ce  qui ne peut être que le prélude de la décomposition.

Soit enfin, et c’est la seule voie difficile mais sûre, qui exige à la fois de la sagesse et de la responsabilité, qu’un leadership consensuel collégial s’attelle à travailler pour créer, en deux moments bien distincts, les conditions d’une remise du projet sur les rails.

Dans l’immédiat et après avoir pris définitivement acte de la fin de la mission du secrétaire général démissionnaire, il est possible de créer à côté de la présidence du conseil national, qui restera alors la seule instance légale, un comité consultatif des fondateurs, pour gérer une période limitée de transition.

Au cours de cette période, il faudra revisiter les douze régions du Royaume pour un véritable travail de consolidation par la base. Au terme de ce travail seront réalisées les conditions sérieuses d’un congrès extraordinaire qui pourra choisir DÉMOCRATIQUEMENT de nouvelles instances. C’est la un processus possible, sérieux et crédible, digne d’un parti qui prétendra légitimement à contribuer à la consolidation des acquis de modernisation et de démocratisation du Maroc.

Les fortes aspirations sociales, économiques et morales qui s’expriment aujourd’hui partout et à tous les niveaux de la société marocaine, interpellent plus que jamais les patriotes et les progressistes sincères, surtout au moment où le projet obscurantiste est en passe d’être définitivement démasqué.

L’alliance sordide entre l’affairisme débridé et les arrivistes déguisés sous les oripeaux de la fausse dévotion est en passe d’être totalement mise à nu par la vigilance d’une société civile mieux informée et plus attentive. Les citoyens jugent désormais les politiciens aux résultats de leurs actions, des mesures impopulaires qu’ils ont imposées, pour satisfaire les recommandations désastreuses d’instances internationales, peu soucieuses d’équité et de justice sociale.

Le Maroc est aujourd’hui en quête d’une alternative économiquement et socialement mobilisatrice et juste. Mobilisatrice du plus grand nombre parce que juste.

Le rôle des partis est de contribuer, aux côtés d’un Etat national responsable, d’entrepreneurs nationaux responsables, à la mobilisation de toutes les énergies, et spécialement la jeunesse, pour gagner la bataille de l’émergence.

Pour y contribuer, les partis politiques doivent gagner la confiance du peuple. Pour jouer pleinement son rôle dans cette bataille, le PAM doit retrouver la fidélité aux principes et aux convictions qui ont animé ses premiers fondateurs. Ceux-ci sont plus que jamais devant leur responsabilité pour remettre le projet à l’endroit, afin que le PAM retrouve la confiance des gens et que ses animateurs gagnent la bataille de l'exemplarité.

Car c’est sur le front de l’éthique d’abord que se gagnent les combats politiques.

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Le 20 mai 2018 à 14h59

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