Istiqlal: Une rentrée sous le signe de la reconstruction pour battre le PJD en 2021
Un an après l’élection de Nizar Baraka à la tête du secrétariat général, l’Istiqlal va renouveler son comité central en novembre prochain. Selon un membre important du parti, les nouvelles instances s’apprêtent à entamer une année d’opposition d'un nouveau style, pour retrouver les faveurs des électeurs conservateurs qui ont cédé aux sirènes de son concurrent le PJD. Une stratégie censée préparer les élections législatives de 2021 dont le parti de la balance espère sortir vainqueur.
"Pour être honnête, les Istiqlaliens reviennent de loin car après les 5 années du mandat de Chabat, nous avons aujourd’hui le sentiment d’avoir été confinés dans un puits de charbon très salissant. Il nous a fallu reconstruire notre image pour retrouver une allure présentable auprès du public", nous explique un proche du secrétaire général préférant rester anonyme.
Depuis l’élection du secrétaire général, l’Istiqlal essaye en effet, tant bien que mal, de faire entendre sa voix dans l'espace public. Rappelons qu’après plusieurs années de soutien critique au gouvernement, le parti a basculé dans le camp de l’opposition aux côtés d’un PAM quasi-inexistant.
Selon notre source, le conseil national (CN) du PI se réunira à partir de fin octobre pour élire un nouveau comité central afin que ses instances soient en ordre de bataille pour le combat législatif et les prochains scrutins électoraux.
Le renouvellement des instances sera finalisé début novembre
«Lors de la prochaine session de notre parlement interne, le CN va élire par les urnes une centaine de membres du comité central. Une autre partie sera désignée sans vote car leur mandat est lié à leur fonction de députés et d’ex-membres du comité exécutif.
"Il y aura beaucoup de candidats car être élu au comité central est une promotion dans l’appareil du parti qui comporte 3 niveaux croissants de responsabilité: membre du CN suivi du CC puis du comité exécutif.
"La compétition sera d’autant plus rude car en accédant au CC, les nouveaux élus seront membres de droit du futur Conseil national qui sera désigné à l’issue du prochain congrès prévu en 2021.
"L’enjeu de cette élection est donc important et fera l’objet d’une grande bataille entre les Istiqlaliens de la base qui veulent occuper de hautes fonctions dans le parti voire faire carrière en politique.
"Si la date exacte n’a pas encore été arrêtée, l’élection devrait avoir lieu fin octobre ou début novembre", annonce notre interlocuteur qui précise que Baraka pourra enfin accomplir son premier mandat avec toutes les instances du parti renouvelées".
Un rendez-vous électoral important pour que le PI puisse aborder la rentrée politique et jouer son rôle de premier opposant de la majorité même si le PAM est censé être, en nombre de sièges, le premier.
L’Istiqlal va entamer une nouvelle forme d’opposition
"Le combat politique va vraiment commencer pour ce qui sera notre première année complète d’opposition. Cette dernière sera marquée par une opposition élégante "made in Istiqlal". Parfois, nous soutiendrons les initiatives du gouvernement, sur certains dossiers, mais le plus souvent, nous proposerons nos alternatives. Cette nouvelle action prendra la forme de questions orales dans l’hémicycle pas dans le genre "Pourquoi vous avez fait ça" mais plutôt "pourquoi vous ne faites pas ça?".
"Afin d’être efficaces, nos parlementaires multiplieront les propositions de solutions au lieu de se limiter à aboyer comme avant. Le but de l’opposition participative est bien évidemment de préparer le terrain pour gagner les élections législatives de 2021", explique notre source qui précise que son parti travaille à l’amélioration de sa visibilité pour retrouver sa place de leader du camp conservateur.
Selon lui, l’Istiqlal se prépare depuis quelques mois à participer activement au débat parlementaire sur l’élaboration de la prochaine loi de finances.
"Plusieurs grands dossiers seront scrutés attentivement et parmi eux, figure en bonne place le PLF 2019. Si notre proposition de loi de finances rectificative pour 2018 n’a pas trouvé d’écho favorable auprès du gouvernement, nous comptons bien nous faire entendre cette fois-ci.
"Pour cela, l'Alliance des économistes istiqlaliens va fournir ses recommandations à nos groupes parlementaires qui participeront à l’élaboration ou l’amendement de la mouture de l’Exécutif", explique notre source.
Une image en reconstruction pour battre le PJD en 2021
Reconnaissant que son parti souffre encore d’une «image amorphe et atone» auprès des Marocains, il se dit persuadé que cette perception appartiendra bientôt au passé.
"Après 5 ans de soutien critique au gouvernement qui ne nous donnait pas vraiment de visibilité au Parlement, nous avons enfilé un nouveau costume. Aujourd’hui, notre vrai concurrent est le PJD car sa politique économique est en deçà des attentes sans compter qu’il nous a volé beaucoup d’électeurs et de sièges.
"Il serait mensonger d’affirmer que nous sommes assurés de le détrôner et gagner les futures élections, mais ce qui est certain c'est que nous comptons bien améliorer notre place sur l’échiquier politique.
"L’Istiqlal a mangé son pain noir et ne peut, à l’avenir, que remonter à la surface du puits de charbon où Hamid Chabat l’a précipité pendant cinq années. Nous émergeons à peine car nous avons dû nous laver de toutes nos forces pour retrouver une apparence respectable auprès de nos propres électeurs", conclut notre interlocuteur qui pense que d’ici 2021, le PI aura une meilleure image pour séduire à nouveau l’ensemble du camp conservateur, y compris les électeurs ayant migré vers le PJD.
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