Al Hoceima: 11 personnes déférées devant la justice
20 auditions, 11 personnes déférées devant la justice et une conclusion préliminaire: "il s'agit probablement d'un accident". L'enquête sur les autres aspects de l'affaire, notamment ce qui concerne les violations de la loi sur la pêche et le trafic de poisson, se poursuivra.
11 personnes sont déférées devant le juge d’instruction par le procureur général du Roi près la cour d’appel d’Al Hoceima, à l’issue de l’enquête préliminaire au sujet de la mort du marchand de poisson Mohcine Fikri, vendredi 28 octobre.
Parmi ces 11 mis en cause, deux agents d’autorité (un caïd et un khalifa), le délégué de la pêche maritime, un chef de service à la Délégation locale de la pêche maritime, un vétérinaire chef de service.
Ces 11 personnes sont déférées pour faux en écriture publique, complicité, homicide involontaire.
Le procureur a pris sa décision dans la nuit de lundi à mardi 31 octobre/1er novembre, après avoir reçu le pv de l’enquête de la BNPJ, Brigade nationale de la police judiciaire. Celle-ci avait interrogé plus de 20 personnes et procédé à des investigations et confrontations pendant la durée légale de la garde à vue (72 heures, dont prolongation).
La BNPJ avait été chargée de l’enquête par le procureur général, en raison de “son expérience et de sa neutralité“, selon les termes du communiqué du procureur.
La même source rapporte que selon l’enquête, le défunt avait acheté environ 500 kilos d’espadon, dont la pêche est interdite chaque année du 1er octobre au 30 novembre (arrêté du ministre de l'Agriculture et la pêche maritime numéro 1176-13 du 8 avril 2013, conforme aux conventions internationales signées par le Maroc car il s'agit d'une espèce protégée).
Le défunt, poursuit la même source, a chargé une personne de transporter cette quantité de poisson à bord d’un véhicule de transport qui n’a pas été contrôlé à sa sortie du port. L’agent d’autorité de permanence a alors avisé "les services concernés "qui ont arrêté le véhicule sur l’avenue Tarilk Ibnou Zyad.
Un représentant de la délégation du départerment de la Pêche a été appelé sur les lieux et a conclu à la violation de la loi sur la pêche. La police judiciaire de la ville a alors contacté le procureur, qui a ordonné de soumettre l’affaire au délégué de la pêche pour prendre les mesures légales nécessaires.
Le vétérinaire appelé sur les lieux a conclu que le poisson était impropre à la consommation, en raison de l’absence de documents de traçabilité.
La commission, composée du délégué de la Pêche, du chef de service de la pêche, du vétérinaire et du représentant de l’autorité locale, a eu recours à un camion benne, pour réaliser l’opération de destruction de la marchandise.
L’un des responsables de la société propriétaire de ce camion benne a exigé un ordre de destruction. La commission a alors rédigé un pv ordonnant la destruction de la marchandise saisie et en a remis l’original au représentant de la société. Le procureur considère qu’il s’agit là d’un faux en écriture publique.
Le communiqué explique comment fonctionne le camion benne: la pelle de compactage (qui a tué Mohcine Fikri) doit être alimentée en électricité en actionnant un bouton situé dans la cabine du chauffeur. Mais la pelle ne se met en action que sous l’effet d’une manette située à l’arrière du véhicule (sur le flanc arrière).
Au moment où des hommes de peine se préparaient à entamer le transport du poisson saisi vers le camion benne, l’un des salariés de la société a demandé au chauffeur d’alimenter la pelle en électricité. Quelques instants plus tard, le défunt accompagné d’autres personnes est monté à l’arrière du camion benne pour empêcher la destruction du poisson. A un certain moment, la manette qui se trouve à l’arrière latéral du véhicule a été tirée. Le communiqué ne précise pas qui a commis cet acte.
Une fois la manette actionnée, la pelle s’est mise en marche et le défunt Mohcine, pris au piège, est mort dans des conditions atroces.
L’enquête de la BNPJ n’a pas trouvé de preuve de l’existence d’un quelconque ordre de tuer la victime et conclut à la probabilité d’un homicide involontaire. Autrement dit, un accident.
Le procureur a conclu que l’enquête au sujet des violations de la loi concernant la pêche se poursuivra.
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