Ecole Française Internationale de Casablanca: Accord des Affaires étrangères, pas d'autorisation de l'Education nationale
L’Ecole Française Internationale (EFI) de Casablanca boucle mercredi 14 juin, la réception des dossiers de candidature pour la prochaine rentrée. Le problème, c’est qu’elle n’a pas encore l’autorisation du Ministère marocain de l’Education nationale.
La présence de l’EFI à Casablanca n’est ni fortuite ni illégitime. L’EFI est adossée à l’EIB Paris, qui gère 5 établissements dans la ville des lumières. Elle est présente au Maroc parce qu’elle a gagné en 2014, un appel d’offres de l'Agence d'urbanisation et de développement d'Anfa (AUDA) et Casablanca finance city (CFC) pour l’acquisition du foncier, le développement et la gestion d'un établissement scolaire allant de la maternelle au baccalauréat.
Il y avait eu deux adjudicataires: un pour l’enseignement marocain et bilingue (Groupe scolaire La Résidence) et un pour l’enseignement français (EFI).
En février 2017, lorsque l’école avait démarré les pré-inscriptions, Médias24 avait contacté l’école pour obtenir des informations. Un mail de questions également envoyé par nos soins jeudi matin 8 juin au président Bernard Delesalle a suscité une réaction verbale de ses services, promettant des réponses écrites lundi.
Il ne nous a pas été possible non plus de reconstituer avec certitude la composition du conseil d’administration, ni la répartition de celui-ci. Médias24 publiera les réponses de M. Delesalle s’il les reçoit.
Dossier légal non bouclé
Cela étant dit, la présence de l’EFI est donc légitime et elle n’est pas fortuite. Elle répond à un besoin exprimé par Casablanca Finance City pour fournir un enseignement d’excellence, marocain, bilingue, et/ou français aux expatriés qui s’installeront à Casablanca. Mais cela suffit-il pour exercer?
Est-ce que les formalités légales sont trop longues? Est-ce que la direction de l’école a voulu aller trop vite en espérant obtenir les autorisations AU PLUS TARD A l’ouverture en septembre? Est-ce que le ministère de l’Education nationale a estimé qu’il aurait dû être consulté AVANT l’appel d’offres? Quelle que soit la réponse, il y a un problème: l’absence d’autorisation marocaine.
L’EFI n’a pas non plus d’homologation des autorités françaises. Mais c’est assez normal. Le Service de coopération et d’action culturelle indique “homologation en cours d’examen“ [cliquer sur l’onglet rouge “Réseau des établissements“ puis dérouler). Après vérification, il s’avère effectivement qu’en France, la première homologation est accordée APRES l’ouverture.
Une école privée de droit marocain
L’enseignement français au Maroc comprend trois composantes, l’AEFE, l’OSUI et les écoles privées homologuées. Dans quelle catégorie s’inscrit l’EFI ? Impossible de le savoir avec certitude. Une source diplomatique de haut niveau indique qu’il s’agit d’un établissement de droit marocain qui a seulement besoin de l’autorisation de l’Education nationale. En tous les cas, il ne fait pas partie ni du réseau AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger, 22 établissements au Maroc), ni de celui de l’OSUI (Office Scolaire Universitaire et International, 9 établissements au Maroc).
La mission française, comme tout enseignement scolaire étranger au Maroc, s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale du Royaume avec les pays amis. “Cet enseignement vient pour répondre à une demande des parents étrangers, notamment le personnel diplomatique accrédité au Maroc, les binationaux ou même les nationaux, afin d’assurer une scolarité de qualité à leurs enfants“, indique-t-on auprès du ministère marocain des Affaires étrangères.
Pour ce qui concerne la France, ce domaine est régi par la convention de de partenariat pour la coopération culturelle et le développement entre le gouvernement du Royaume du Maroc et, le gouvernement de la république française, signée à Rabat le 25 juillet 2003.
Le réseau français comprend 32 établissements accueillant 34.000 élèves (sources marocaines et françaises). 60% des élèves scolarisés sont marocains.
La convention de 2003 donne au pays d'accueil le droit d'inspection exclusivement pour l'enseignement de l'arabe et de la culture d'origine. Mais aucune ouverture ne peut avoir lieu sans l’autorisation du ministère marocain de l’Education nationale même si les Affaires étrangères ont donné leur accord.
7 ou 8 (selon les sources) écoles privées de droit marocain sont autorisées à dispenser un enseignement français. La liste officielle française est consultable ici.
L'EFI ouvre ses portes lors de la prochaine rentrée scolaire de septembre 2017, pour les classes de maternelle et d’élémentaire (petite section au CM2), puis pour les classes de collège en 2018 et de lycée en 2021. Les pré-inscriptions sont ouvertes depuis mercredi 15 février 2017 jusqu’au mercredi 14 juin.
Contactée par Médias24, une source autorisée au ministère de l’Education nationale a répondu sans hésitation: “Cette école n’a pas reçu d’autorisation du ministère“. Une source de l'EFI nous a déclaré verbalement ce vendredi matin que cette autorisation n'est pas nécessaire pour cet établissement français.
Une source diplomatique française nous a de son côté transmis la réponse suivante: "Pour nous, l'EFI est un établissement de droit privé marocain autorisé à suivre le programme français en vertu d'un échange de lettres entre les MAE français et marocain. L'EFI attend juste une autorisation du MEN qui a été saisi et qui arrivera avant la rentrée de septembre".
“Le MAE marocain a donné son feu vert et la deuxième étape est celle du MEN. L'enseignement et les diplômes seront reconnus par les autorités françaises." Ces informations sont confirmées par une source du ministère marocain des Affaires étrangères.
En conclusion, l’EFI n’est pas un établissement de la mission française. C’est un établissement privé de droit marocain, qui délivrera un enseignement français qui sera certainement homologué par la France. A ce jour, il n’a pas encore l’autorisation du ministère marocain de l’Education Nationale. Nous ne connaissons pas les raisons du refus marocain. L’EFI finira probablement par l’obtenir.
à lire aussi
Article : Médicament. Le projet de loi 27.26 adopté, cap sur une réforme en profondeur du secteur
Le Conseil du gouvernement a adopté ce jeudi 23 avril le projet de loi 27.26 modifiant et complétant la loi 17.04. Celle-ci prévoit différentes dispositions, visant principalement l’amélioration de l’accès des citoyens aux médicaments, le renforcement de la sécurité et de la qualité des produits de santé, et le soutien de l’industrie nationale. Détails.
Article : Impôts : la DGI fixe au 1er mai la date limite pour plusieurs déclarations fiscales
À quelques jours de l’échéance, l’administration fiscale appelle les contribuables concernés, notamment ceux relevant de l’IR au réel ou au simplifié, les assujettis à la TVA et les auto-entrepreneurs, à effectuer leurs démarches en ligne via la plateforme “SIMPL”, sous peine de pénalités.
Article : FIFEL : “Le producteur ne vend pas cher, c'est la chaîne de distribution qui pose problème”
Zakariya Hanich, président de la FIFEL, était l'invité du "12/13" de Médias24 depuis le Salon de l'agriculture de Meknès. Face aux nombreuses explications avancées pour justifier la hausse des prix des fruits et légumes, il remet les pendules à l'heure : si le gasoil a un impact, la véritable cause est ailleurs, notamment dans les conditions de production, les maladies des cultures et les dysfonctionnements de la chaîne de distribution.
Article : Bourse de Casablanca. Le MASI cède 0,1% à 19.138 points, volumes dopés par un bloc de 148,5 MDH
Séance du 23 avril 2026 à la Bourse de Casablanca marquée par un léger repli des indices et un volume en hausse, soutenu par une opération de bloc de 148,5 MDH.
Article : Aïd al-Adha. Offre abondante, prix attendus en baisse… Akhannouch presse les éleveurs de mettre les troupeaux sur le marché
Après plusieurs années de sécheresse et une campagne 2025 marquée par l’absence de sacrifice, le marché de l’Aïd al-Adha aborde 2026 dans une configuration plus favorable. Les professionnels évoquent une offre pouvant largement couvrir la demande et des prix oscillant entre 3.000 et 10.000 DH selon les bêtes.
Article : Climat : à Meknès, les pays africains érigent l’adaptation agricole en priorité stratégique
En marge du SIAM, la conférence de l’Initiative AAA a réuni 13 pays africains, dont 10 ministres, et débouché sur l’adoption de la Déclaration de Meknès. Au cœur des échanges, un besoin de financement estimé à 61 milliards de dollars par an pour répondre aux vulnérabilités croissantes du continent.