Comment la valeur de la cocaïne saisie par le BCIJ a été calculée
2,75 milliards de dollars? La valeur de la cocaïne saisie, telle qu’elle a été annoncée mercredi 4 octobre lors de la conférence de presse du BCIJ, paraît énorme, voire disproportionnée. Comment a-t-elle été calculée?
Médias24 a diffusé mercredi en LIVE vidéo, la conférence de presse de Abdelhak Al Khaiame.
Au cours de cette conférence de presse, le chiffre énorme de 2,75 milliards de dollars, soit environ 25 milliards de DH, a été avancé comme valeur de la cocaïne saisie. A titre de comparaison, cela représente 2,5% du PIB du Maroc ou trois mois de salaire de tous les fonctionnaires du pays.
Ce chiffre a suscité de nombreux commentaires.
Ce jeudi 5 octobre, Médias24 a contacté une source sécuritaire autorisée, celle qui a procédé au calcul. Elle nous a fourni les explications suivantes sur son mode de calcul. On remarquera que le calcul porte bien sur les 2,588 tonnes et non sur la totalité de la marchandise qui a été introduite au Maroc, pour transit ou consommation, depuis quelques années par la même bande et qui est de 5,4 Tonnes.
Voici le calcul:
2,588 tonnes saisies, à un taux de concentration de 93% avant séchage (état appelé humide). Après séchage, ce taux peut monter à 99%.
1 gramme de cocaïne vendu sur le marché européen est considéré comme pur à 8% de taux de concentration. Entretemps, il aura subi différents procédés de coupage.
Le coupage retenu permet de multiplier la quantité de 10 fois, selon notre source et non comme indiqué mercredi, par 5 ou 6.
2,588 tonnes deviennent selon ce calcul, 25,880 Tonnes.
Ce qui représente 25.880.000 grammes.
Le prix de vente retenu par le BCIJ est de 1.000 DH/gramme. L’estimation de 25 milliards de DH ou 2,75 milliards de dollars est plausible si ces différentes hypothèses sont justes.
Pour ce qui concerne le coupage, notre source nous a précisé qu’il y a énormément de produits dits “adultérants“ et que l’on classe en deux catégories: la coupe active, avec des produits tels que la caféine, autres excitants, anesthésiants, amphétamines… Et la coupe inerte qui vise à accroître les quantités et qui utilise des produits tels que le saccharose, le lactose, le talc, le bicarbonate…
Pour en revenir aux hypothèses, les deux essentielles sont les suivantes:
-le coupage et le taux de concentration dans la cocaïne vendue. Si l’on retient le taux de concentration de 8% comme indicateur de pureté du produit final (que nous avons retrouvé chez de nombreuses sources), le facteur de 10 retenu par la DGSN est plausible et pourrait même être augmenté à 12.
-le prix de vente final: le marché européen a beaucoup fluctué et le prix du gramme varie de 150 euros dans les années 90 à une fourchette de 60 à 70 euros au cours des dernières années (voir par exemple ici et ici).
Ci-dessous, le prix, estimé par l'ONU, du gramme de cocaïne au Maroc: la fourchette est de 70 à 120 dollars. (Source: https://data.unodc.org/#state:1 Pour calculer, cliquer sur l'onglet ''Prices'' à gauche de l'écran, s'ouvre une boite de dialogue où il suffit de choisir la région et le pays ciblé).
à lire aussi
Article : Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)
Le Conseil de la concurrence a publié une nouvelle note analysant l'évolution des prix du gasoil et de l'essence au Maroc entre le 16 mars et le 1ᵉʳ avril 2026. Dans un contexte de forte volatilité des cours internationaux, l'institution examine le degré de corrélation entre les cotations de référence et les prix pratiqués à la pompe par les opérateurs nationaux. Voici ce qu'il en ressort.
Article : Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso
Au-delà du calendrier du Conseil de sécurité, la fin avril 2026 pourrait marquer un moment de vérité pour l'affaire du Sahara. Le bilan attendu de Staffan de Mistura doit permettre de mesurer dans quelle mesure les discussions relancées en janvier 2026 ont confirmé la centralité de l’initiative marocaine d’autonomie, aujourd’hui consacrée comme l’unique cadre réaliste de sortie. Quant à l’examen de la Minurso, il revient à interroger la pertinence persistante d’une mission créée pour un référendum devenu impraticable et désormais dépassé par la dynamique politique imprimée au dossier.
Article : Supporters sénégalais. Sanctions confirmées, quelles suites ?
Sanctions confirmées en appel pour les supporters sénégalais : recours possibles, libérations, grâce ou transfèrement, quelles suites ?
Article : OCP prépare une émission obligataire hybride en dollars, une première dans sa structure de dette
Le groupe OCP se tourne vers les marchés internationaux des capitaux avec une émission structurée en hybride. En recourant à un instrument à mi-chemin entre dette et quasi-fonds propres, le groupe cherche à mobiliser des ressources sans dégrader son profil d’endettement, ni accentuer la pression sur la signature souveraine. Décryptage.
Article : Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume
C’est l’un des bassins les plus exposés à la pression hydrique dans le pays. Pour contenir l’aggravation de la pénurie d’eau dans le Guir-Ziz-Rheris, un programme de plusieurs projets est lancé, avec à la clé de nouveaux forages, des ouvrages de recharge des nappes et des investissements ciblés pour tenter d’enrayer la dégradation hydrique de la zone.
Article : Le Roi nomme El Yazid Er-Radi secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas
Le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a reçu, le mardi 14 avril 2026 au palais royal de Rabat, Mohamed Yessef, décoré du Wissam Al Arch (Grand Officier), avant de nommer El Yazid Er-Radi au poste de secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas.
