Aid Al Adha. Voici à quoi servira l'opération d'identification du cheptel lancée par l'ONSSA
Après le scandale de l'année dernière dit des "viandes vertes", l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a mis en place, à deux mois de l'Aid Al Adha, plusieurs mesures de prévention. Les détails avec Dr. Abdelghani Azzi, Chef de division de la sécurité sanitaire des produits et sous-produits animaux et aliments pour animaux à l’ONSSA.
Pour l'Aid Al Adha 1439/2018, l'ONSSA a lancé différentes mesures de prévention, dont l'enregistrement des éleveurs et l'identification du cheptel.
"L’opération a été lancée en février 2018. Elle consiste en l’enregistrement de tous les éleveurs engraisseurs d'animaux au Maroc auprès des services vétérinaires les plus proches", nous explique Dr Azzi.
Ensuite, "tous les ovins et caprins destinés à l'abattage à l'Aid Al Adha sont identifiés par une boucle appelée 'la boucle de l'Aid Al Adha'".
"Sur cette boucle jaune, on retrouve une étoile (étoile du Maroc), la tête d’un mouton, le texte "Aid Al Adha" en langue arabe, et un numéro de série de 7 chiffres".
"Les numéros des animaux identifiés sont stockés dans une base de données informatique de l’ONSSA, qui nous permet de remonter facilement à l'éleveur de chaque bête, au douar, et à la province où se trouve l'animal".
La numérotation des moutons permet également à l'Office de prendre les mesures nécessaires contre les éleveurs qui ne respectent pas les bonnes pratiques d’alimentation animale.
"Ces boucles ne nous permettent pas de garantir la qualité des viandes, mais la traçabilité des animaux", note notre source.
A ce jour, "plus de 95.000 éleveurs engraisseurs ont été enregistrés et plus de 3 millions de têtes d'ovins identifiées", ajoute Dr. Azzi, qui rappelle que "6 millions de têtes d'ovins devront être identifiées avant Aïd Al Adha au niveau de tout le territoire national".
"Nous avons demandé 2 millions de boucles supplémentaires", pour boucler 8 millions de têtes si le délai le permet.
Dr. Azzi nous explique également que "lorsque nous procédons à l'opération de numérotation du cheptel, l'éleveur reçoit des bons avec lesquels il pourra identifier tous les revendeurs qui achètent ses animaux pour les revendre".
"L'éleveur doit donc assumer sa part de responsabilité si des cas de viandes putréfiées sont signalés. Il doit être en mesure de fournir à l'ONSSA toutes les informations nécessaires pour remonter aux revendeurs, et mener des enquêtes".
"Nous avons également lancé d’autres mesures de prévention, telles que le contrôle de la circulation et la commercialisation des fientes de volailles, et des médicaments vétérinaires", poursuit Dr. Azzi.
Après le scandale de l’année dernière, "une étude, menée par un cabinet indépendant a montré que les viandes de plus de 70% des moutons nourris avec de la fiente de volailles sont devenues vertes après l’abattage".
Le transport des fientes de volailles est désormais tributaire d’un laissez-passer, "ce qui nous permet de tracer le circuit de ces matières". Les éleveurs de volaille doivent donc demander des autorisations auprès des services vétérinaires pour les transporter d'une ville à une autre.
Les fientes de volailles peuvent ainsi être utilisées comme engrais, mais pas pour l’alimentation des ovins et caprins destinés à l'abattage à l'Aid Al Adha.
A ce jour, cinq cas d'utilisation frauduleuse des fientes de volailles dans l'engraissement du bétail ont été enregistrés. Des éleveurs ont été condamnés à 3 mois de prison, et d’autres à payer des amendes allant jusqu'à 5.000 DH.
L'ONSSA a également lancé plus de 1.000 campagnes de sensibilisation à l’importance de l’enregistrement des éleveurs et la numérotation du cheptel.
Il est à noter que "seuls les éleveurs ayant procédé à l'identification de leurs animaux seront autorisés dans les souks", conclut notre source.
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