Santé. Une nouvelle gouvernance des CHU dans moins d'un an

Les directeurs des différents CHU existants ont moins d'un an, d'ici le prochain conseil d'administration, pour mettre en place les organes de la nouvelle gouvernance fixée par le décret d'application publié le 26 juillet dernier.

Le décret portant application de la loi relative aux CHU a été publié au Bulletin officiel du 26 juillet 2018. Il définit la tutelle des CHU et les modalités de leur fonctionnement, notamment le conseil d’administration et sa nouvelle composition.

Pour rappel, les nouveaux conseils d’administration des CHU se composeront de 31 personnes dont 16 représentant les différents départements ministériels (Primature, Santé, Finances, Intérieur, mais aussi Affaires étrangères, Défense, Famille, Emploi, Affaires générales… ) en plus des représentants des régions, des salariés ainsi que les facultés de médecine et de médecine dentaire.

Les représentants de la santé restent majoritaires

Un nombre important de membres représentant différents horizons qui fait craindre des difficultés pour la prise de décision et une lenteur qui enfoncerait les CHU au lieu de leur permettre de se restructurer.

Il n’en sera rien, à en croire une source du département de la santé. "La nouvelle composition du conseil d’administration des CHU a été pensée et discutée longuement avant son adoption. La présence de chaque membre représentant d’une administration a été bien pensée et est justifiée", explique notre source.

"Par exemple, le ministère des Affaires étrangères est représenté car les CHU doivent avoir des relations aves des établissements à l’étranger, échanger des informations, nouer des partenariats et des conventions… ; donc son représentant est là pour veiller sur cet aspect", poursuit notre interlocuteur. Et d’ajouter, "pour ce qui est du représentant de département de la défense, sa présence dans le conseil d’administration des CHU est pertinente car, dans plusieurs régions, les hôpitaux militaires font partie du système hospitalier des CHU".

«On peut commenter la présence de chacun des membres désignés du conseil d’administration des CHU, celle-ci demeure justifiée», assure notre source.

Pour notre interlocuteur, fin connaisseur de l’écosystème de la santé, «la nouvelle gouvernance a été pensée pour faciliter le travail des CHU et fluidifier la prise de décision».

En plus, le mode de gouvernance a été verrouillé par la mise en place d’un certain nombre de comités, dont le comité de gestion qui facilite le travail du Conseil d’administration. «Ce comité de gestion est beaucoup plus restreint, et a la charge de travailler sur les dossiers et baliser le terrain au conseil d’administration qui prend ses décisions à la majorité», nous explique-t-on en insistant sur le fait que malgré cela, les représentants du secteur de la santé restent majoritaires. En effet, 16 membres sur 31 sont issus du secteur de la santé: représentants du département de tutelle, les doyens des facultés, l’Ordre des médecins, les représentants des salariés…

C’est aux directeurs des CHU de mettre en place la nouvelle gouvernance

Mais ce qui est le plus important, c'est la mise en œuvre de cette nouvelle gouvernance. Qui pilotera l’opérationnalisation de tout cela? «Ce sont les directeurs des CHU», répond notre source, sous la supervision du département de tutelle bien évidemment. Les directeurs généraux des centres hospitalo-universitaires devront mobiliser les ressources nécessaires pour déployer cette nouvelle organisation.

«Les conseils d’administration des différents centres hospitaliers se sont tenus, il n’y a pas longtemps, donc on peut dire que les responsables ont implicitement jusqu’au prochain conseil pour mettre en place les organes nécessaires et se conformer à la nouvelle réglementation», explique notre interlocuteur.

La désignation des représentants de l’administration est presqu'une formalité car chaque département confiera cette mission à un de ses hauts cadres. «Ce qui peut être un peu plus compliqué et qui risque de prendre du temps, c’est surtout l’effort de sensibilisation et d’explication au personnel, ainsi que l’organisation des élections qui permettront de désigner les représentants des enseignants-chercheurs, infirmiers et autres catégories du personnel au sein du conseil d’administration», ajoute ce fin connaisseur du monde de la santé.

L’infrastructure existante nécessite une mise à niveau

Le Maroc compte actuellement cinq CHU opérationnels:

- Avicenne à Rabat.

- Ibn Rochd à Casablanca.

- Mohammed VI à Marrakech.

- Hassan II à Fès.

- Mohammed VI à Oujda.

Deux autres CHU sont en construction à Tanger et à Agadir. «Nous espérons que le CHU de Tanger sera opérationnel dès 2019. Pour celui d'Agadir dont les travaux viennent à peine de démarrer, il sera prêt en 2021», nous confie une source bien informée. Le projet de reconstruction du CHU Avicenne à Rabat est également en cours de finalisation. «Les discussions actuelles portent sur le site du nouveau CHU, on retiendra probablement un site à côté de l’emplacement de l’actuel CHU», ajoute notre source. A cela, il faut ajouter le CHU de Laâyoune «dont les travaux vont bientôt démarrer».

Tout compte fait, ce sont 8 régions des 12 qui disposent ou disposeront d’un CHU, alors que l’ambition est de doter toutes les régions de CHU.

Cela dit, la vision «une région, un CHU» est confrontée à la réalité des chiffres. D’abord en termes de population desservie. «Dans certaines régions, la population se compte en millions de personnes et dans d’autres en milliers, l’équité c’est de faire en sorte que toutes les populations soient desservies», explique notre source. Et d’ajouter, «partant de la logique ‘populationnelle’, une région comme Casablanca où vivent 8 millions de personnes a besoin de plus d’un CHU». Ensuite, il y a la question des moyens financiers et humains. «Il ne suffit pas de construire un CHU, il faut le doter des ressources humaines nécessaires, et cela prend du temps pour les former», nous explique-t-on.

Donc le ministère de la Santé tente de combiner l’approche territoriale et l’approche populationnelle pour avoir la couverture sanitaire la plus large et équitable possible. «Le focus est actuellement mis sur l'amélioration de la gouvernance, la qualité de service et le rendement des CHU existants», conclut notre source.

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Les directeurs des différents CHU existants ont moins d'un an, d'ici le prochain conseil d'administration, pour mettre en place les organes de la nouvelle gouvernance fixée par le décret d'application publié le 26 juillet dernier. 

Le décret portant application de la loi relative aux CHU a été publié au Bulletin officiel du 26 juillet 2018. Il définit la tutelle des CHU et les modalités de leur fonctionnement, notamment le conseil d’administration et sa nouvelle composition.

Pour rappel, les nouveaux conseils d’administration des CHU se composeront de 31 personnes dont 16 représentant les différents départements ministériels (Primature, Santé, Finances, Intérieur, mais aussi Affaires étrangères, Défense, Famille, Emploi, Affaires générales… ) en plus des représentants des régions, des salariés ainsi que les facultés de médecine et de médecine dentaire.

Les représentants de la santé restent majoritaires

Un nombre important de membres représentant différents horizons qui fait craindre des difficultés pour la prise de décision et une lenteur qui enfoncerait les CHU au lieu de leur permettre de se restructurer.

Il n’en sera rien, à en croire une source du département de la santé. "La nouvelle composition du conseil d’administration des CHU a été pensée et discutée longuement avant son adoption. La présence de chaque membre représentant d’une administration a été bien pensée et est justifiée", explique notre source.

"Par exemple, le ministère des Affaires étrangères est représenté car les CHU doivent avoir des relations aves des établissements à l’étranger, échanger des informations, nouer des partenariats et des conventions… ; donc son représentant est là pour veiller sur cet aspect", poursuit notre interlocuteur. Et d’ajouter, "pour ce qui est du représentant de département de la défense, sa présence dans le conseil d’administration des CHU est pertinente car, dans plusieurs régions, les hôpitaux militaires font partie du système hospitalier des CHU".

«On peut commenter la présence de chacun des membres désignés du conseil d’administration des CHU, celle-ci demeure justifiée», assure notre source.

Pour notre interlocuteur, fin connaisseur de l’écosystème de la santé, «la nouvelle gouvernance a été pensée pour faciliter le travail des CHU et fluidifier la prise de décision».

En plus, le mode de gouvernance a été verrouillé par la mise en place d’un certain nombre de comités, dont le comité de gestion qui facilite le travail du Conseil d’administration. «Ce comité de gestion est beaucoup plus restreint, et a la charge de travailler sur les dossiers et baliser le terrain au conseil d’administration qui prend ses décisions à la majorité», nous explique-t-on en insistant sur le fait que malgré cela, les représentants du secteur de la santé restent majoritaires. En effet, 16 membres sur 31 sont issus du secteur de la santé: représentants du département de tutelle, les doyens des facultés, l’Ordre des médecins, les représentants des salariés…

C’est aux directeurs des CHU de mettre en place la nouvelle gouvernance

Mais ce qui est le plus important, c'est la mise en œuvre de cette nouvelle gouvernance. Qui pilotera l’opérationnalisation de tout cela? «Ce sont les directeurs des CHU», répond notre source, sous la supervision du département de tutelle bien évidemment. Les directeurs généraux des centres hospitalo-universitaires devront mobiliser les ressources nécessaires pour déployer cette nouvelle organisation.

«Les conseils d’administration des différents centres hospitaliers se sont tenus, il n’y a pas longtemps, donc on peut dire que les responsables ont implicitement jusqu’au prochain conseil pour mettre en place les organes nécessaires et se conformer à la nouvelle réglementation», explique notre interlocuteur.

La désignation des représentants de l’administration est presqu'une formalité car chaque département confiera cette mission à un de ses hauts cadres. «Ce qui peut être un peu plus compliqué et qui risque de prendre du temps, c’est surtout l’effort de sensibilisation et d’explication au personnel, ainsi que l’organisation des élections qui permettront de désigner les représentants des enseignants-chercheurs, infirmiers et autres catégories du personnel au sein du conseil d’administration», ajoute ce fin connaisseur du monde de la santé.

L’infrastructure existante nécessite une mise à niveau

Le Maroc compte actuellement cinq CHU opérationnels:

- Avicenne à Rabat.

- Ibn Rochd à Casablanca.

- Mohammed VI à Marrakech.

- Hassan II à Fès.

- Mohammed VI à Oujda.

Deux autres CHU sont en construction à Tanger et à Agadir. «Nous espérons que le CHU de Tanger sera opérationnel dès 2019. Pour celui d'Agadir dont les travaux viennent à peine de démarrer, il sera prêt en 2021», nous confie une source bien informée. Le projet de reconstruction du CHU Avicenne à Rabat est également en cours de finalisation. «Les discussions actuelles portent sur le site du nouveau CHU, on retiendra probablement un site à côté de l’emplacement de l’actuel CHU», ajoute notre source. A cela, il faut ajouter le CHU de Laâyoune «dont les travaux vont bientôt démarrer».

Tout compte fait, ce sont 8 régions des 12 qui disposent ou disposeront d’un CHU, alors que l’ambition est de doter toutes les régions de CHU.

Cela dit, la vision «une région, un CHU» est confrontée à la réalité des chiffres. D’abord en termes de population desservie. «Dans certaines régions, la population se compte en millions de personnes et dans d’autres en milliers, l’équité c’est de faire en sorte que toutes les populations soient desservies», explique notre source. Et d’ajouter, «partant de la logique ‘populationnelle’, une région comme Casablanca où vivent 8 millions de personnes a besoin de plus d’un CHU». Ensuite, il y a la question des moyens financiers et humains. «Il ne suffit pas de construire un CHU, il faut le doter des ressources humaines nécessaires, et cela prend du temps pour les former», nous explique-t-on.

Donc le ministère de la Santé tente de combiner l’approche territoriale et l’approche populationnelle pour avoir la couverture sanitaire la plus large et équitable possible. «Le focus est actuellement mis sur l'amélioration de la gouvernance, la qualité de service et le rendement des CHU existants», conclut notre source.

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