En colère, les médecins du public entament prochainement la 5e étape de leur mouvement de protestation
Malgré l’"accord de principe" conclu avec le ministère de la Santé lors d’une réunion tenue le 24 décembre dernier avec Anass Doukkali, les médecins affiliés au Syndicat indépendant les médecins du secteur public (SIMSP) se préparent une nouvelle série de grèves et de protestations.
Fin décembre, les deux parties, médecins du public et ministère de la Santé, sont arrivés à un accord dans lequel la majorité des revendications des médecins sont pris en compte.
Elles ont convenu de poursuivre le dialogue social afin de surmonter toutes les difficultés et de renforcer la confiance entre tous les intervenants dans la perspective d'améliorer les conditions de travail du personnel du secteur de la santé publique et de promouvoir les services de soins fournis aux citoyens.
Les deux parties se sont également engagées à œuvrer de concert pour améliorer la situation financière des médecins en adoptant la proposition du syndicat, à leur tête l’attribution des salaires selon l’indice 509 et d'examiner la possibilité de rajouter deux échelles au-delà du hors-cadre.
Dans un communiqué publié le 6 janvier, le SIMSP indique que les médecins du public, vêtus d’une tenue noire, organiseront des manifestations régionales à partir de ce janvier. Les dates seront annoncées en coordination avec les régions.
Le syndicat exige également de bonnes conditions de travail pour les médecins à partir du 4 février 2019.
Le communiqué annonce que les listes de demandes de démissions collectives de toutes les régions restantes seront regroupées et déposées le même jour lors de la 5e étape du mouvement de protestation, qui débutera le 1er mars 2019.
Rappelons que 210 médecins (50 dans l'Oriental, 30 à Ouarzazate, et 130 à Casablanca) ont présenté des demandes de démission collective en octobre.
Les médecins continueront toutefois de boycotter la campagne médicale scolaire, en raison de l’absence des normes médicales et administratives minimales. Ils boycotteront également les prestations administratives, notamment les rapports périodiques, les statistiques (excepté les maladies à déclaration obligatoire), toutes les attestations (excepté celles de naissance ou de décès), ainsi que les réunions et les formations.
Les médecins poursuivront la "grève de cachets" et le port du brassard noir 509 (mention à l'indice salarial 509).
Rappelons que les médecins du public se plaignent de l'échelon ou indice sur la base duquel leur salaire est calculé. Actuellement de 336, l'équivalent d'un master (Bac+5), ils réclament que celui-ci passe à 509, l'équivalent d'un doctorat (Bac+8).
Le syndicat continuera ses recherches sur le souhait des médecins marocains de quitter le pays. Les résultats de l'étude seront publiés lors de la 5e étape du mouvement de protestation, ajoute le communiqué.
Lors de cette 5e étape, les médecins comptent organiser:
-une grève nationale de deux semaines, à partir du 17 avril 2019 (excepté dans les services d'urgence et de réanimation);
-une marche nationale de protestation, dont la date sera communiquée prochainement;
-deux semaines de deuil, à partir du 1er avril. Les médecins du public seront tous vêtus d'une tenue noire;
Egalement, à partir du 4 mars, même les médecins des urgences porteront le brassard noir 509.
Rappelons que dans un article précédent, Abdellah El Montadar Alaoui, secrétaire général national du SIMSP, nous avait annoncé que le ministère a pris en compte les revendications des médecins. "C'est à présent au tour du gouvernement d'agir", avait-il déclaré.
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