Image: Dan Higgins, Douglas Jordan

Après le décès d'une femme enceinte des complications d'une grippe à virus A H1N1, les réactions au ministère de la Santé et auprès du corps médical se veulent rassurantes.

Le ministère de la Santé publique maintient son message rassurant malgré le décès d’une jeune femme atteinte de grippe A H1N1. Une source autorisée jointe par Médias24 affirme que le ministère suit de près la situation épidémiologique et en particulier celle liée à la grippe.

La Santé publique avait déjà mis en place des procédures d’alerte au niveau des établissements de soins et des médecins exerçant dans le secteur privé. Pour le traitement des malades, les procédures prévoient également un protocole d’isolement. Il existe un stock de Tamiflu mais il ne nous a pas été possible d’en déterminer le volume.

Pour être efficace, le Tamiflu doit être administré dans les 48 heures après les premiers symptômes ou à titre préventif au sein d'une famille dont l'un des membres a été infecté par le virus.

L’hôpital Cheikh Khalifa a révélé dans un communiqué, les circonstances du décès de la jeune femme qui était enceinte et qui était arrivée aux urgences après plusieurs jours de maladie et dans un “état critique“. Rappelons que le bébé a été sauvé par césarienne.

Selon des sources médicales, le Maroc subit chaque année des épidémies de grippe. Depuis 2015, on a relevé dans le Royaume trois souches : deux de type A et une de type B.

Le virus identifié dans le cas du décès survenu lundi, est de souche A H1N1. Il s’agit d’une grippe dite porcine, car à l’origine elle vient du porc. Mais s’agit-il d’une souche virulente ? Faut-il s’inquiéter ?

Contactée par Médias24, le Pr Zoubida Bouayad, pneumologue et présidente de l’association SOS tuberculose et maladies respiratoires, tient un propos plutôt rassurant :

“En cette période hivernale froide, le virus de la grippe est présent dans l’atmosphère. Il va toucher des catégories vulnérables, soit qu’elles sont immunodéprimées, soit des fumeurs ou des personnes dont l’appareil respiratoire est fragile ou fragilisé, des enfants en bas âge, des femmes enceintes, des patients sous corticoïdes“ et pour ces catégories, le virus peut s’avérer virulent.

“Partout dans le monde, nous sommes en période de propagation du virus grippal, ce n’est pas spécifique au Maroc. Dans notre pays, la prévalence de ces virus reste faible“.

LIRE EGALEMENT

LES EXPLICATIONS DE L'HOPITAL CHEIKH KHALIFA

Dans une fiche publiée en novembre dernier, l’OMS fait le point sur les grippes zoonotiques, dont la grippe aviaire.

L’organisation internationale explique qu’il y a plusieurs souches de virus grippal, en gros quatre familles, A, B, C et D.

Le Maroc est concerné par les souches A et B, dans 95% des cas.

La jeune femme décédée à Casablanca était enceinte et souffrait d’infections et de détresse respiratoire. Elle fait donc partie des catégories vulnérables.

La souche A H1N1 est appelée celle de la grippe porcine, allusion à l’origine de ce virus, probablement issu d’une mutation chez des porcs en Asie.

Cette souche comporte plusieurs sous-types, dont ceux qui provoquent la fameuse grippe saisonnière, généralement banale, et en tous les cas bien connue. Mais c’est quand même l’un de ces virus qui a provoqué la pandémie internationale de 2009 : le virus appelé A/California/04/2009 "H1N1".

Les analyses de l’hôpital Cheikh Khalifa confirment bien que le décès a été provoqué par un virus A H1N1. Mais la moitié des virus de la grippe portent ce nom. L’hôpital ne donne pas le nom scientifique plus précis et n’indique pas s’il s’agit ou non du A/California/04/2009 "H1N1"

Les conseils de l'OMS

Les explications figurant sur la fiche de l’OMS sont assez exhaustives. Elles font le point sur l’état des connaissances dans ce domaine.  

“Les virus grippaux aviaires, porcins [virus A H1N1] et autres virus grippaux zoonotiques chez l'homme peuvent causer des infections bénignes des voies respiratoires supérieures (fièvre et toux), une production précoce d'expectorations pouvant rapidement évoluer vers une pneumonie grave, un choc septique, un syndrome de détresse respiratoire aigu voire le décès. La conjonctivite, les symptômes gastro-intestinaux, l'encéphalite et l'encéphalopathie ont également été signalés à des degrés divers selon le sous-type“.

“Les oiseaux aquatiques sont le principal réservoir naturel de la plupart des sous-types de virus grippaux du type A. Chez l’oiseau, la plupart de ces virus entraînent des infections asymptomatiques ou bénignes, l’éventail des symptômes dépendant des propriétés du virus. Les virus grippaux qui provoquent des maladies graves chez l’oiseau et qui sont responsables d’une forte mortalité sont dits «hautement pathogènes». Ceux qui entraînent des flambées chez les volailles sans provoquer de maladies graves sont dits «faiblement pathogènes“.

L’OMS donne des conseils de prévention : “Hormis le traitement antiviral, la prise en charge en santé publique comporte l'application de mesures individuelles de protection telles que les suivantes:

-Se laver systématiquement les mains et les sécher correctement.

-Respecter une bonne hygiène respiratoire: se couvrir la bouche et le nez lorsque l’on tousse ou éternue, utiliser des mouchoirs en papier et les jeter avec soin.

-Placer en auto isolement précoce les personnes qui ne se sentent pas bien, qui sont fiévreuses et qui présentent d'autres symptômes de la grippe.

-Éviter les contacts proches avec des malades.

-Éviter de se toucher les yeux, le nez ou la bouche.

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Après le décès d'une femme enceinte des complications d'une grippe à virus A H1N1, les réactions au ministère de la Santé et auprès du corps médical se veulent rassurantes.

Le ministère de la Santé publique maintient son message rassurant malgré le décès d’une jeune femme atteinte de grippe A H1N1. Une source autorisée jointe par Médias24 affirme que le ministère suit de près la situation épidémiologique et en particulier celle liée à la grippe.

La Santé publique avait déjà mis en place des procédures d’alerte au niveau des établissements de soins et des médecins exerçant dans le secteur privé. Pour le traitement des malades, les procédures prévoient également un protocole d’isolement. Il existe un stock de Tamiflu mais il ne nous a pas été possible d’en déterminer le volume.

Pour être efficace, le Tamiflu doit être administré dans les 48 heures après les premiers symptômes ou à titre préventif au sein d'une famille dont l'un des membres a été infecté par le virus.

L’hôpital Cheikh Khalifa a révélé dans un communiqué, les circonstances du décès de la jeune femme qui était enceinte et qui était arrivée aux urgences après plusieurs jours de maladie et dans un “état critique“. Rappelons que le bébé a été sauvé par césarienne.

Selon des sources médicales, le Maroc subit chaque année des épidémies de grippe. Depuis 2015, on a relevé dans le Royaume trois souches : deux de type A et une de type B.

Le virus identifié dans le cas du décès survenu lundi, est de souche A H1N1. Il s’agit d’une grippe dite porcine, car à l’origine elle vient du porc. Mais s’agit-il d’une souche virulente ? Faut-il s’inquiéter ?

Contactée par Médias24, le Pr Zoubida Bouayad, pneumologue et présidente de l’association SOS tuberculose et maladies respiratoires, tient un propos plutôt rassurant :

“En cette période hivernale froide, le virus de la grippe est présent dans l’atmosphère. Il va toucher des catégories vulnérables, soit qu’elles sont immunodéprimées, soit des fumeurs ou des personnes dont l’appareil respiratoire est fragile ou fragilisé, des enfants en bas âge, des femmes enceintes, des patients sous corticoïdes“ et pour ces catégories, le virus peut s’avérer virulent.

“Partout dans le monde, nous sommes en période de propagation du virus grippal, ce n’est pas spécifique au Maroc. Dans notre pays, la prévalence de ces virus reste faible“.

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LES EXPLICATIONS DE L'HOPITAL CHEIKH KHALIFA

Dans une fiche publiée en novembre dernier, l’OMS fait le point sur les grippes zoonotiques, dont la grippe aviaire.

L’organisation internationale explique qu’il y a plusieurs souches de virus grippal, en gros quatre familles, A, B, C et D.

Le Maroc est concerné par les souches A et B, dans 95% des cas.

La jeune femme décédée à Casablanca était enceinte et souffrait d’infections et de détresse respiratoire. Elle fait donc partie des catégories vulnérables.

La souche A H1N1 est appelée celle de la grippe porcine, allusion à l’origine de ce virus, probablement issu d’une mutation chez des porcs en Asie.

Cette souche comporte plusieurs sous-types, dont ceux qui provoquent la fameuse grippe saisonnière, généralement banale, et en tous les cas bien connue. Mais c’est quand même l’un de ces virus qui a provoqué la pandémie internationale de 2009 : le virus appelé A/California/04/2009 "H1N1".

Les analyses de l’hôpital Cheikh Khalifa confirment bien que le décès a été provoqué par un virus A H1N1. Mais la moitié des virus de la grippe portent ce nom. L’hôpital ne donne pas le nom scientifique plus précis et n’indique pas s’il s’agit ou non du A/California/04/2009 "H1N1"

Les conseils de l'OMS

Les explications figurant sur la fiche de l’OMS sont assez exhaustives. Elles font le point sur l’état des connaissances dans ce domaine.  

“Les virus grippaux aviaires, porcins [virus A H1N1] et autres virus grippaux zoonotiques chez l'homme peuvent causer des infections bénignes des voies respiratoires supérieures (fièvre et toux), une production précoce d'expectorations pouvant rapidement évoluer vers une pneumonie grave, un choc septique, un syndrome de détresse respiratoire aigu voire le décès. La conjonctivite, les symptômes gastro-intestinaux, l'encéphalite et l'encéphalopathie ont également été signalés à des degrés divers selon le sous-type“.

“Les oiseaux aquatiques sont le principal réservoir naturel de la plupart des sous-types de virus grippaux du type A. Chez l’oiseau, la plupart de ces virus entraînent des infections asymptomatiques ou bénignes, l’éventail des symptômes dépendant des propriétés du virus. Les virus grippaux qui provoquent des maladies graves chez l’oiseau et qui sont responsables d’une forte mortalité sont dits «hautement pathogènes». Ceux qui entraînent des flambées chez les volailles sans provoquer de maladies graves sont dits «faiblement pathogènes“.

L’OMS donne des conseils de prévention : “Hormis le traitement antiviral, la prise en charge en santé publique comporte l'application de mesures individuelles de protection telles que les suivantes:

-Se laver systématiquement les mains et les sécher correctement.

-Respecter une bonne hygiène respiratoire: se couvrir la bouche et le nez lorsque l’on tousse ou éternue, utiliser des mouchoirs en papier et les jeter avec soin.

-Placer en auto isolement précoce les personnes qui ne se sentent pas bien, qui sont fiévreuses et qui présentent d'autres symptômes de la grippe.

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-Éviter de se toucher les yeux, le nez ou la bouche.

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