La violence en milieu étudiant sous la loupe du CNDH
Dans une étude, le Conseil des droits de l’Homme s’est intéressé à la violence dans les campus. Celle-ci existe depuis l’indépendance du Maroc et a changé de motivations et d’acteurs à chaque époque, nous renseigne le CNDH pour qui le pouvoir a toujours été un acteur central dans la violence.
La violence dans les campus ne date pas d’hier, mais remonte au lendemain de l’indépendance du Royaume. Une nouvelle étude du CNDH montre que les premières manifestations de violence coïncidaient avec la création du premier syndicat étudiant au Maroc, l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM).
Une violence qui s’est radicalisée entre 1960 et les évènements du 23 mars 1965. S’ensuit la période d’enracinement des courants marxistes radicaux chez la population des étudiants, jusqu’à la suspension organisationnelle de l’UNEM, en 1979, suite aux différends qui ont éclaté lors du 17ème congrès de l’organisation étudiante.
L’émergence de groupes islamistes dès le début des années 1980 marquera la recrudescence de la violence entre ces derniers et les groupes de gauche radicale. Cette période fait deux morts, et une douzaine d’étudiants d’Al Adl Wal Ihssane seront condamnés à 20 ans de prison chacun.
A partir de 2003, l’université enregistrera plusieurs autres courants idéologiques. En plus des groupes gauchistes qui se sont scindés à plusieurs reprises et les islamistes, le Mouvement culturel amazigh (MCA) est devenu un acteur important dans le campus.
L’Etat, acteur principal
Selon le rapport du CNDH, non encore diffusé mais dont des copies ont fini entre les mains de nos confrères d’Al Ittihad Al Ichtiraki et du Matin, l’étude révèle que l’Etat est un acteur principal dans la violence en milieu étudiant. Il l’est directement à travers la “violence excessive” des interventions policières, et indirectement en paupérisant la population étudiante, et en favorisant des catégories par rapport à d’autre (exemple des étudiants du Sahara et le montant de la bourse qui leur est octroyée en plus de l’accès plus aisé aux cités universitaires..).
Par ailleurs, depuis l’impasse du 17ème congrès de l’UNEM en 1979, aucune législation n’a été mise en place pour débloquer la situation, qui reste sans issue jusqu’à nos jours. Cette traversée du désert a également été, pour le CNDH, un facteur qui a nourri les actes de violence au sein de l’université.
Fes, Agadir, Marrakech et Errachidia les plus violentes
Selon les investigateurs du CNDH, la violence au sein de l’université peut prendre plusieurs formes et plusieurs acteurs y interviennent. Le cas de figure le plus courant reste les affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, en plus des guerres que se mènent ces derniers entre eux, souvent idéologiques. Cela peut aussi émaner du refus des étudiants de s’inscrire dans un piquet de grève ou une autre action à l’appel d’une fraction, ou encore une confrontation entre un mouvement étudiant et les habitants voisins du campus. L’étude démontre que les universités de Fès, d’Agadir, d’Errachidia et de Marrakech sont les plus violentes. En revanche, celles de Settat, de Beni Mellal et d’El Jadida sont celles qui connaissent le moins de violence dans le pays. Ces dernières ont pour point commun d’être récentes, et n’ayant pas connu l’époque de “l’embargo” sur l’UNEM. En fait, elles n’ont jamais connu l’UNEM.
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