Hicham Lasri, cinéaste autodidacte et écrivain tout-terrain
A 38 ans, le réalisateur marocain vient de boucler le tournage de son 4e film, "Les nains". Sa productivité n’entache en rien la qualité de son travail recherché.
Alors que "les nains", son dernier long-métrage, est actuellement en post-production, le précédent, "The sea is behind", produit en 2014, n’est pas encore sorti au Maroc, mais le sera en France en mai prochain et a d’ailleurs été présenté à la dernière Berlinale (février 2015). Hicham Lasri est incontestablement le cinéaste le plus prolifique de notre cinéma de ces 5 dernières années.
Du droit au cinéma
Bien que passionné par le cinéma depuis sa tendre enfance, passée à regarder la télé, le réalisateur a étudié le droit avant de se former à l’écriture entre 2000 et 2002.
Ensuite, tout s’enchaîne, il devient le protégé de Nabil Ayouch et écrit son premier scénario pour l’un de ses films, "La légende d’Arhaz" (2002), tout en étant également le scénariste de Omar Chraibi, Rachid El Ouali et Lahcen Zinoun pour "Beauté éparpillée" (2006).
Mais c’est surtout son entrée à Ali n’prod (qui appartient à son mentor) en 2004, où pendant deux ans, il sera directeur d’écriture et le demeurera entre avril 2006 et juin 2007, pour le projet "Film industry", toujours pour la même boîte. Il en sera également le directeur artistique et en profitera pour réaliser "Le peuple de l’horloge", fiction de 81 minutes, même s’il ne s’agit pas de sa première réalisation, ayant déjà livré à ce moment-là plusieurs courts.
Il participe ensuite à une expérience assez particulière, en co-réalisant "Terminus des anges" avec Narjiss Nejjar et Mohamed Mouftakir, personnalités aux caractères bien trempés et aux orientations artistiques opposées. Il arrivera à y glisser l’un de ses acteurs fétiches, Salah Ben Salah, la vedette de son premier long métrage en solo, "The end" produit en été 2010 par Lamia Chraibi et sa boîte La Prod. Un film en noir et blanc, avec une mise en scène astucieuse, vu la différence entre des moyens plutôt modestes et les résultats obtenus.
Par contre, pour son deuxième, "C’est eux les chiens", sorti en 2013 et produit par Nabil Ayouch, il a pu travailler avec 80 techniciens et aussi confirmer son talent, sa vision et son univers, en faisant le parallèle entre les émeutes de 1981 et le mouvement du 20 février 2011. Le tout sous la forme d’un docu-fiction assez nerveux.
Côté littérature, le cinéaste a livré deux romans, Static (2012) et Sainte Rita (2015), prénom du personnage féminin principal de "The end", mais aussi de sa femme, également réalisatrice. Mariés depuis 3 ans, ils ont un garçon prénommé Sami, qui a 6 mois.
Il a par ailleurs publié des recueils de poésie et des nouvelles, et s’est également révélé dans l’écriture d’une pièce de théâtre (K) rêve.
Inspirations, distinctions et critiques
Si l’on demande plusieurs fois à Lasri, ses 5 films préférés, il est capable à chaque fois de donner une liste différente. Non par malhonnêteté intellectuelle ou oubli, mais plus par rejet du conventionnel, lui le fervent créatif. Surtout, il connaît toute l’universalité du cinéma et ne peut désigner le titre de meilleur réalisateur, car selon lui "le cinéma n’est pas une compétition, car chaque réalisateur apporte un regard personnel et une singularité salvatrice".
Cependant, il y a un nom qui ressort assez souvent, celui de Robert Bresson. D’abord photographe et peintre, ce dernier se lancera dans le cinéma à partir de 30 ans, et reste connu pour ses exigences artistiques, refusant notamment de diriger des acteurs professionnels. S’il n’est pas tombé dans un tel excès, Lasri, par sa direction assez stricte, a causé bobos et pertes de poids sur ses tournages, notamment celui de "The end", qui a d’ailleurs remporté le prix spécial du jury au festival national du film de Tanger en 2011 et fut présent la même année à celui de Dubai, ainsi qu'à Cannes en 2012.
Mais depuis, il ne se rend plus aux cérémonies marocaines ou très peu. Semblant souffrir d’un certain manque de reconnaissance de ses pairs, même s’il ne l’admettra jamais. Il faut dire que le secteur n’est pas avare en matière de mauvais procès, jalousie et médisances. On lui reproche sa fantaisie, mais ses œuvres sont actuellement celles qui dénoncent la société marocaine avec le plus de justesse, tout en employant une forme aussi esthétique qu’originale.
à lire aussi
Article : SIEL : le Prince héritier Moulay El Hassan préside à Rabat l’ouverture de la 31e édition
Le Prince héritier Moulay El Hassan a présidé, le jeudi 30 avril 2026 à Rabat, l’ouverture de la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), organisée du 1er au 10 mai sous le haut patronage du Roi Mohammed VI.
Article : Maroc-Chine : l’ambassadeur du Royaume à Pékin mise sur le zéro droit de douane pour stimuler les exportations
Dans un entretien à CGTN, Abdelkader El Ansari indique que des discussions techniques sont en cours pour appliquer la mesure chinoise prévue le 1er mai 2026 pour 53 pays africains.
Article : Cuivre : des résultats de forage prometteurs pour CMR sur le projet d’Agadir Melloul au Maroc
Le groupe britannique annonce des intercepts allant jusqu’à 5 mètres à 1,20% avec or et argent associés, et vise une première estimation de ressource dès le troisième trimestre 2026 sur un site encore très peu exploré.
Article : Gaz : Predator accélère ses projets au Maroc et prépare un pilote de production à Guercif
Le groupe britannique cible en priorité un réservoir estimé à près de 62 milliards de pieds cubes, avec des forages prévus en 2026 après des travaux techniques sur le puits MOU-3.
Article : TPME : le Maroc lance un plan 2026-2030 pour accélérer la croissance des petites entreprises
Porté par Maroc PME autour de quatre axes d’accompagnement, le dispositif doit faciliter l’accès des petites structures à des expertises en digitalisation et en management, avec l’appui de la CGEM et des régions.
Article : Paiements : UnionPay obtient le statut CFC et renforce son ancrage au Maroc
Déjà présente dans 51 pays africains, la filiale du réseau chinois entend faire de Casablanca sa base régionale pour accélérer le déploiement de services transfrontaliers auprès des entreprises et des particuliers.