Accident ONCF: la défense met en doute la neutralité de Bombardier

Le représentant de Bombardier auditionné par le tribunal dans le cadre du procès du conducteur. La défense exige une expertise sur les archives du système de signalisation conçu par la compagnie espagnole. 

Accident train ONCF: La défense met en doute la neutralité de Bombardier Accident train n° 9 à Bouknadel, survenu le 16 octobre 2018

Le 26 février 2019 à 19:11

Modifié le 05 mars 2019 à 15:21

La défense de Larbi Rich, poursuivi suite à l’accident du train à Boukadel survenu le 16 octobre 2018, a réclamé une expertise sur les données relatives au système de signalisation, extraites  par Bombardier dans le cadre de l’enquête préliminaire.

Cette requête a été formulée à l’issue d’une audience tenue ce mardi 26 février au tribunal de première instance de Salé, où se déroule le procès du conducteur, accusé d’avoir involontairement causé le décès de 7 personnes et les blessures d’une centaine d’autres.

L’audience a été marquée par l’audition du représentant de Bombardier, venu de Madrid livrer son témoignage sur l’affaire.  C’est sa compagnie qui a conçu le système de signalisation pour le compte de l’ONCF et c’est elle-même qui, au cours de l’enquête, a été chargée de dresser un rapport tendant notamment à élucider si un défaut de signalisation était derrière l’accident. La firme espagnole avait alors, logiquement, conclu à l’absence de toute anomalie au niveau de son propre système mis en place en 2015.

Cette démarche indigne la défense qui critique l'absence de neutralité. Sachant que, « de l’aveu même du témoin, les données extraites pouvaient être analysées par une autre partie que Bombardier », a lancé Me Abdelhakim Touiaj, un des avocats du prévenu.

 Lors de son audition, le représentant du prestataire a en effet déclaré que les informations tirées de l’archive du système sont certes, techniques, mais que leur compréhension n’est pas exclusive à son employeur.

D’où la demande tendant à ordonner une expertise judiciaire pour vérifier le degré d’exactitude des conclusions de Bombardier. Une requête à laquelle s’est opposé l’avocat de l’ONCF, estimant que lesdites conclusions ont été contenues dans le PV de la Gendarmerie royale et que le rapport de Bombardier a été annexé à ce PV. Partant, « on ne peut recourir contre ces éléments qu’on recourant pour faux », tranche l’avocat.

 Si le représentant de Bombardier estime quasi-nul le risque pour son système d’émettre des « signaux contraires aux règles de sécurité », le conducteur laisse entendre le contraire. Ce qui expliquerait qu’au moment des faits, il ait circulé à une vitesse de 158 km/H à l’approche d’une aiguille, où la vitesse devait se limiter à 60 Km/H.

Le juge a sursis à statuer sur la requête de la défense, la décision sera rendue au moment d’entamer le débat sur le fond du dossier. Le président a par ailleurs renvoyé l’affaire au 5 mars pour poursuivre l’examen de ce dossier ouvert après l'accident du train.

Médias24 reviendra avec plus de détails sur l’audience de ce mardi.

Accident train n° 9 à Bouknadel, survenu le 16 octobre 2018

Accident ONCF: la défense met en doute la neutralité de Bombardier

Le 26 février 2019 à19:21

Modifié le 05 mars 2019 à 15:21

Le représentant de Bombardier auditionné par le tribunal dans le cadre du procès du conducteur. La défense exige une expertise sur les archives du système de signalisation conçu par la compagnie espagnole. 

La défense de Larbi Rich, poursuivi suite à l’accident du train à Boukadel survenu le 16 octobre 2018, a réclamé une expertise sur les données relatives au système de signalisation, extraites  par Bombardier dans le cadre de l’enquête préliminaire.

Cette requête a été formulée à l’issue d’une audience tenue ce mardi 26 février au tribunal de première instance de Salé, où se déroule le procès du conducteur, accusé d’avoir involontairement causé le décès de 7 personnes et les blessures d’une centaine d’autres.

L’audience a été marquée par l’audition du représentant de Bombardier, venu de Madrid livrer son témoignage sur l’affaire.  C’est sa compagnie qui a conçu le système de signalisation pour le compte de l’ONCF et c’est elle-même qui, au cours de l’enquête, a été chargée de dresser un rapport tendant notamment à élucider si un défaut de signalisation était derrière l’accident. La firme espagnole avait alors, logiquement, conclu à l’absence de toute anomalie au niveau de son propre système mis en place en 2015.

Cette démarche indigne la défense qui critique l'absence de neutralité. Sachant que, « de l’aveu même du témoin, les données extraites pouvaient être analysées par une autre partie que Bombardier », a lancé Me Abdelhakim Touiaj, un des avocats du prévenu.

 Lors de son audition, le représentant du prestataire a en effet déclaré que les informations tirées de l’archive du système sont certes, techniques, mais que leur compréhension n’est pas exclusive à son employeur.

D’où la demande tendant à ordonner une expertise judiciaire pour vérifier le degré d’exactitude des conclusions de Bombardier. Une requête à laquelle s’est opposé l’avocat de l’ONCF, estimant que lesdites conclusions ont été contenues dans le PV de la Gendarmerie royale et que le rapport de Bombardier a été annexé à ce PV. Partant, « on ne peut recourir contre ces éléments qu’on recourant pour faux », tranche l’avocat.

 Si le représentant de Bombardier estime quasi-nul le risque pour son système d’émettre des « signaux contraires aux règles de sécurité », le conducteur laisse entendre le contraire. Ce qui expliquerait qu’au moment des faits, il ait circulé à une vitesse de 158 km/H à l’approche d’une aiguille, où la vitesse devait se limiter à 60 Km/H.

Le juge a sursis à statuer sur la requête de la défense, la décision sera rendue au moment d’entamer le débat sur le fond du dossier. Le président a par ailleurs renvoyé l’affaire au 5 mars pour poursuivre l’examen de ce dossier ouvert après l'accident du train.

Médias24 reviendra avec plus de détails sur l’audience de ce mardi.

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