Belgique: 17 exhumations pour identifier d’anciens mineurs tués en 1956

(AFP)

Le 4 octobre 2021

La police belge a commencé lundi l’exhumation des corps de 17 des 262 victimes de la catastrophe minière du Bois du Cazier en 1956, avec l’espoir de pouvoir rendre les dépouilles d’au moins trois d’entre eux à leurs familles belge, italienne et grecque.

Il s’agit des 17 mineurs qui n’ont jamais pu être formellement identifiés après cette tragédie, dont la moitié des victimes étaient des Italiens.

La démarche d’inscrire enfin un nom sur ces 17 pierres tombales du cimetière de Marcinelle, à Charleroi (sud), a été initiée par Michele Cicora, le fils de l’un de ces morts anonymes, a raconté lundi Christian Decobecq, chef du service d’identification des victimes de catastrophe (DVI) à la police fédérale, joint par l’AFP.

C’est l’histoire d’une promesse. Avant que sa mère ne décède à son tour, cet Italien lui a promis de ramener au pays, à San Guiliano di Puglia, la dépouille de son père.

« On a trouvé son récit vraiment poignant. On a décidé de l’aider », poursuit le responsable policier.

Placés dans des coffres en zinc à l’intérieur des cercueils, les squelettes ont été bien conservés, d’après les premières constatations effectuées lundi.

Les exhumations devraient se poursuivre jusqu’à jeudi au moins, avant la phase des examens post-mortem.

Il s’agira de comparer ossements et dents à des prélèvements d’ADN réalisés sur les proches. Tout en s’aidant de descriptions obtenues des familles à l’époque, ou d’informations conservées dans les archives du musée, érigé sur le lieu de la catastrophe.

« On n’a pas retrouvé toutes les familles, certains mineurs n’avaient pas de descendants », précise M. Decobecq.

A ce stade, outre les Cicora, deux familles, une belge et une grecque, sont engagées dans le processus, selon lui. Les prélèvements d’ADN en Italie et en Grèce ont eu lieu avec le concours d’Interpol.

« Cela relève du devoir de mémoire », affirme le policier, « ces gens sont venus pour gagner leur vie mais ont aussi contribué à l’essor économique de la Belgique dans les années 50 ».

La catastrophe du Bois du Cazier est la pire de l’histoire minière de la Belgique.

Le 8 août 1956 au matin, une série d’incidents en chaîne provoque un incendie qui va rapidement se propager dans toute la mine, où des hommes ont pénétré parfois à plus de 1.000 mètres sous terre.

Après deux semaines d’efforts, les derniers sauveteurs remontent définitivement à la surface le 23 août et l’un d’eux prononce deux mots qui feront le tour du monde: « Tutti cadaveri ».

Seule une dizaine de mineurs ont survécu. La tragédie a fait 262 morts, de douze nationalités différentes, dont 136 Italiens.

Dix ans plus tôt, l’Italie avait envoyé des milliers de travailleurs en Belgique aux termes d’un accord d’échange de main-d’œuvre contre du charbon.

Le 4 octobre 2021

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