Artisanat : les chiffres de la crise, les projets de relance du secteur

A l’instar du tourisme avec lequel il est interdépendant, le secteur de l’artisanat a subi de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire. Après avoir lancé une grande enquête auprès des artisans, le ministère de tutelle a également fait voter une loi au parlement pour le restructurer et sécuriser l’avenir de ses 2,4 millions d’artisans et employés.

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Artisanat : les chiffres de la crise, les projets de relance du secteur Artisanat : Une enquête et une loi pour relancer un secteur sinistré

Le 02 juillet 2020 à 16:27

Modifié le 02 juillet 2020 à 23:16

La crise qui a lourdement impacté le secteur de l’artisanat a été l’occasion pour son ministère de tutelle de travailler à restructurer et améliorer les conditions de travail de ses populations rendues plus vulnérables qu’elles ne sont en temps normal.

Hormis le lancement, au mois de mai, d’une grande enquête nationale qui a permis de faire le bilan de la crise et de cibler les attentes des artisans, l’adoption récente d’un projet de loi attendue depuis 30 ans permettra, selon le ministère, d’accompagner la relance de ce secteur très durement touché.

Chiffres clés du secteur et bilan post-Covid

C’est dans un contexte d’un secteur lourdement impacté et qui a raté de nombreuses opportunités de vente pendant le confinement que le ministère a commencé par publier un état des lieux post-Covid19.

Sachant que 2,4 millions de personnes (20% de la population active) travaillent dans ce secteur qui a réalisé 800 MDH de chiffre d’affaires à l’export en 2019 (6,5% du PIB), les artisans évoluant dans l’informel, sans CNSS ni RAMED, se sont retrouvés avec l'activité paralysée dans une précarité absolue.

Une grande enquête pour mesurer l’impact de la crise

Pour mesurer l’impact de la crise, le ministère a lancé une enquête téléphonique nationale réalisée auprès d’un échantillon de 1.000 artisans, toutes activités confondues en 3 vagues durant et post Covid.

L’objectif étant de suivre la situation des artisans, en termes de conditions socioprofessionnelles et économiques, mesurer leur connaissance et leurs réactions vis-à-vis des mesures d’aides mises en place par le CVE et enfin prendre connaissance de leurs difficultés actuelles et futures à la sortie de la crise.

85% des artisans à l’arrêt durant le confinement

Les résultats ont montré une chute de 79% de ventes, la fermeture des espaces de production et de commercialisation, la fermeture des salons et foires commerciales, l’annulation des commandes nationales et étrangères et enfin l’arrêt des exportations et des importations de matières premières.

Au final, ce sont donc 85% des artisans qui ont été en arrêt total d’activité avec 71% de la production paralysée, et 57% des artisans incapables de payer leurs charges (loyer …).

52% du secteur ont bénéficié de l’aide du CVE 

Toutefois, grâce au fonds d’aide d’urgence, 52% des artisans ont pu bénéficier de l’aide étatique, principalement dans la catégorie avec Ramed (60%) et sans-Ramed (33%).

Les 48% restants n’ont pas bénéficié de l’aide étatique. 28% d’entre eux n’ont pas déposé de demande et ce principalement parmi les femmes et les hommes non chefs de famille.

54% des artisans réclament une aide directe ou un crédit à taux zéro

Les résultats montrent également que les artisans interrogés sont 34% à réclamer un crédit de fonctionnement sans intérêt, 20% Une aide financière directe, 13% l’arrêt du confinement pour redémarrer l’activité et enfin 12% une aide à la commercialisation sur Internet (en plus des foires).

Adoption d’un projet de loi structurant

Pour répondre aux attentes, le ministère a fait adopter, le 30 juin dernier, un projet de loi relatif à l’exercice des activités de l’artisanat qui permettra de structurer le secteur grâce à la généralisation de la couverture sociale et médicale obligatoire ainsi que la création d’un registre national de l’artisanat.

Un registre national pour immatriculer à la CNSS tous les artisans

L’adoption de cette loi avec la mise en place d’un Registre National de l’artisanat contribuera à généraliser les dispositions de la loi 98.15 relative au régime de l'assurance maladie obligatoire de base pour les catégories des travailleurs indépendants (y compris les artisans) et des personnes non salariées exerçant une activité libérale et la loi 99.15 relative à la retraite de ces mêmes catégorie.

Cela se fera grâce à la création d’un registre via une plateforme électronique délivrant un numéro d’identité professionnelle permettant de généraliser la couverture sociale au profit de tous les artisans.

Un nouveau conseil de l’artisanat pour dialoguer avec les autorités de tutelle

La loi 50-17 prévoit également d’instituer des ordres de métiers qui auront un rôle d’interlocuteurs professionnels vis-à-vis des autorités locales, régionales ou nationales.

Cela passera par la restructuration du Conseil National de l’Artisanat qui proposera les orientations stratégiques de la politique de l’Etat pour développer l’artisanat, facilitera la commercialisation des produits dans les marchés intérieurs, renforcera leurs capacités face à la concurrence internationale et enfin améliorera la situation sociale des artisans et la garantie d’un environnement propice au travail

Une meilleure visibilité pour un soutien étatique

L’objectif étant de définir les activités artisanales et déterminer les acteurs en activité dans le secteur, afin d’augmenter le ciblage des programmes de développement socio-économique à travers un appui technique, la promotion des produits, la formation et formation continue, la couverture sociale ....

La qualification des artisans assurée par le ministère de tutelle permettra d’améliorer l’image de marque de l’artisanat, de renforcer la confiance du consommateur et valoriser l’exercice des activités.

L’identification de ce corps de métier contribuera à lutter contre l’informel et à assurer une vraie représentativité des acteurs au sein des différents organismes professionnels.

Les nouveautés à venir

Afin de promouvoir les ventes en ligne des produits de l’artisanat, le ministère lancera un appel à manifestation d’intérêt pour mettre en place des partenariats avec des plateformes de commerce électronique comme Jumia, la Poste ... qui se sont dit prêts à commercialiser les produits de l’artisanat.

De plus, des salons régionaux de l’artisanat et des espaces solidaires de commercialisation des produits des coopératives d’artisanat au sein des ensembles d’artisanat seront bientôt opérationnels.

La tutelle aidera aussi les artisans à mieux promouvoir, packager, vendre leurs produits à travers des nouvelles techniques de commercialisation notamment digitales et de génération de revenus.

En dernier lieu, des avantages seront offerts aux artisans inscrits au Registre National à savoir un appui technique, une participation aux salons et foires ainsi qu’aux prix et trophées, des avantages cités dans la loi relative au statut d’auto-entrepreneur, une formation continue, une couverture médicale …

Artisanat : Une enquête et une loi pour relancer un secteur sinistré

Artisanat : les chiffres de la crise, les projets de relance du secteur

Le 02 juillet 2020 à16:27

Modifié le 02 juillet 2020 à 23:16

A l’instar du tourisme avec lequel il est interdépendant, le secteur de l’artisanat a subi de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire. Après avoir lancé une grande enquête auprès des artisans, le ministère de tutelle a également fait voter une loi au parlement pour le restructurer et sécuriser l’avenir de ses 2,4 millions d’artisans et employés.

La crise qui a lourdement impacté le secteur de l’artisanat a été l’occasion pour son ministère de tutelle de travailler à restructurer et améliorer les conditions de travail de ses populations rendues plus vulnérables qu’elles ne sont en temps normal.

Hormis le lancement, au mois de mai, d’une grande enquête nationale qui a permis de faire le bilan de la crise et de cibler les attentes des artisans, l’adoption récente d’un projet de loi attendue depuis 30 ans permettra, selon le ministère, d’accompagner la relance de ce secteur très durement touché.

Chiffres clés du secteur et bilan post-Covid

C’est dans un contexte d’un secteur lourdement impacté et qui a raté de nombreuses opportunités de vente pendant le confinement que le ministère a commencé par publier un état des lieux post-Covid19.

Sachant que 2,4 millions de personnes (20% de la population active) travaillent dans ce secteur qui a réalisé 800 MDH de chiffre d’affaires à l’export en 2019 (6,5% du PIB), les artisans évoluant dans l’informel, sans CNSS ni RAMED, se sont retrouvés avec l'activité paralysée dans une précarité absolue.

Une grande enquête pour mesurer l’impact de la crise

Pour mesurer l’impact de la crise, le ministère a lancé une enquête téléphonique nationale réalisée auprès d’un échantillon de 1.000 artisans, toutes activités confondues en 3 vagues durant et post Covid.

L’objectif étant de suivre la situation des artisans, en termes de conditions socioprofessionnelles et économiques, mesurer leur connaissance et leurs réactions vis-à-vis des mesures d’aides mises en place par le CVE et enfin prendre connaissance de leurs difficultés actuelles et futures à la sortie de la crise.

85% des artisans à l’arrêt durant le confinement

Les résultats ont montré une chute de 79% de ventes, la fermeture des espaces de production et de commercialisation, la fermeture des salons et foires commerciales, l’annulation des commandes nationales et étrangères et enfin l’arrêt des exportations et des importations de matières premières.

Au final, ce sont donc 85% des artisans qui ont été en arrêt total d’activité avec 71% de la production paralysée, et 57% des artisans incapables de payer leurs charges (loyer …).

52% du secteur ont bénéficié de l’aide du CVE 

Toutefois, grâce au fonds d’aide d’urgence, 52% des artisans ont pu bénéficier de l’aide étatique, principalement dans la catégorie avec Ramed (60%) et sans-Ramed (33%).

Les 48% restants n’ont pas bénéficié de l’aide étatique. 28% d’entre eux n’ont pas déposé de demande et ce principalement parmi les femmes et les hommes non chefs de famille.

54% des artisans réclament une aide directe ou un crédit à taux zéro

Les résultats montrent également que les artisans interrogés sont 34% à réclamer un crédit de fonctionnement sans intérêt, 20% Une aide financière directe, 13% l’arrêt du confinement pour redémarrer l’activité et enfin 12% une aide à la commercialisation sur Internet (en plus des foires).

Adoption d’un projet de loi structurant

Pour répondre aux attentes, le ministère a fait adopter, le 30 juin dernier, un projet de loi relatif à l’exercice des activités de l’artisanat qui permettra de structurer le secteur grâce à la généralisation de la couverture sociale et médicale obligatoire ainsi que la création d’un registre national de l’artisanat.

Un registre national pour immatriculer à la CNSS tous les artisans

L’adoption de cette loi avec la mise en place d’un Registre National de l’artisanat contribuera à généraliser les dispositions de la loi 98.15 relative au régime de l'assurance maladie obligatoire de base pour les catégories des travailleurs indépendants (y compris les artisans) et des personnes non salariées exerçant une activité libérale et la loi 99.15 relative à la retraite de ces mêmes catégorie.

Cela se fera grâce à la création d’un registre via une plateforme électronique délivrant un numéro d’identité professionnelle permettant de généraliser la couverture sociale au profit de tous les artisans.

Un nouveau conseil de l’artisanat pour dialoguer avec les autorités de tutelle

La loi 50-17 prévoit également d’instituer des ordres de métiers qui auront un rôle d’interlocuteurs professionnels vis-à-vis des autorités locales, régionales ou nationales.

Cela passera par la restructuration du Conseil National de l’Artisanat qui proposera les orientations stratégiques de la politique de l’Etat pour développer l’artisanat, facilitera la commercialisation des produits dans les marchés intérieurs, renforcera leurs capacités face à la concurrence internationale et enfin améliorera la situation sociale des artisans et la garantie d’un environnement propice au travail

Une meilleure visibilité pour un soutien étatique

L’objectif étant de définir les activités artisanales et déterminer les acteurs en activité dans le secteur, afin d’augmenter le ciblage des programmes de développement socio-économique à travers un appui technique, la promotion des produits, la formation et formation continue, la couverture sociale ....

La qualification des artisans assurée par le ministère de tutelle permettra d’améliorer l’image de marque de l’artisanat, de renforcer la confiance du consommateur et valoriser l’exercice des activités.

L’identification de ce corps de métier contribuera à lutter contre l’informel et à assurer une vraie représentativité des acteurs au sein des différents organismes professionnels.

Les nouveautés à venir

Afin de promouvoir les ventes en ligne des produits de l’artisanat, le ministère lancera un appel à manifestation d’intérêt pour mettre en place des partenariats avec des plateformes de commerce électronique comme Jumia, la Poste ... qui se sont dit prêts à commercialiser les produits de l’artisanat.

De plus, des salons régionaux de l’artisanat et des espaces solidaires de commercialisation des produits des coopératives d’artisanat au sein des ensembles d’artisanat seront bientôt opérationnels.

La tutelle aidera aussi les artisans à mieux promouvoir, packager, vendre leurs produits à travers des nouvelles techniques de commercialisation notamment digitales et de génération de revenus.

En dernier lieu, des avantages seront offerts aux artisans inscrits au Registre National à savoir un appui technique, une participation aux salons et foires ainsi qu’aux prix et trophées, des avantages cités dans la loi relative au statut d’auto-entrepreneur, une formation continue, une couverture médicale …

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