Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur mais lâche un peu de liquidités

Le Conseil de Bank Al-Maghrib du mardi 24 septembre 2019 a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25% mais a réduit le taux de la réserve monétaire obligatoire de 4% à 2% compte tenu des besoins importants de liquidités.

Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur mais lâche un peu de liquidités

Le 24 septembre 2019 à 13:18

Modifié le 24 septembre 2019 à 15:09

Voici les principaux éléments de diagnostic et de prévision ayant justifié les décisions du conseil :

- Inflation : Selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, l'inflation devrait continuer à évoluer à des niveaux faibles au cours des prochains mois pour ressortir à 0,4% sur l’ensemble de l’année.

En 2020, elle s’accélérerait à 1,2%, tirée par sa composante sous-jacente qui, sous l’effet notamment de la reprise attendue de la demande intérieure, atteindrait 1,6% après 0,7% prévu en 2019.

- Conditions monétaires : Reflétant essentiellement l’expansion de la circulation fiduciaire, le besoin de liquidité bancaire s’est creusé à 95,5 milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire en août et devrait s’établir à 77,6 milliards au terme de 2019 avant d’atteindre 96 milliards à fin 2020.

Le crédit bancaire devrait terminer l’année en hausse de 3,7% puis se renforcer de 4,7% au terme de 2020.

- Comptes extérieurs : pour l’ensemble de l’année, les exportations s’accroîtraient de 3,9%, avant de connaître une amélioration notable en 2020, sous l’hypothèse de la concrétisation du programme de production annoncé de l’usine PSA.

De leur côté, les importations ralentiraient sur l’horizon de prévision, avec une baisse attendue de la facture énergétique et une décélération du rythme des acquisitions de biens d’équipement.

En parallèle, les recettes de voyage connaîtraient une nette accélération de leur progression en 2019 pour s’établir à 76,3 milliards de dirhams, puis une relative modération en 2020 (à 78,8 milliards), tandis que les transferts des MRE enregistreraient une légère augmentation cette année à 65,9 milliards de dirhams et gagneraient en vigueur l’année prochaine (à 68,3 milliards).

Dans ces conditions, et tenant compte de rentrées de dons des pays du CCG attendues pour des montants de 2 milliards en 2019 et de 1,8 milliard en 2020, le déficit du compte courant s’atténuerait graduellement, passant de 5,5% du PIB en 2018 à 5,1% en 2019 puis à 3,6% en 2020.

Pour les flux d’IDE, après une hausse exceptionnelle en 2018, les recettes avoisineraient un niveau équivalent à 3,5% du PIB sur l’horizon de prévision.

Prenant en considération deux émissions prévues du Trésor sur le marché international, l’encours des réserves internationales nettes s’établirait à 239 milliards de dirhams à fin 2019 et à 234,3 milliards au terme de 2020, continuant ainsi d’assurer la couverture d’un peu plus de 5 mois d’importations de biens et services.

- Croissance :  les activités non agricoles devraient, selon les prévisions de Bank Al Maghrib, connaître une progression de leur valeur ajoutée de 3,6% en 2019 contre 2,6% en 2018.

Tenant compte de la révision à la baisse, par le Département de l’Agriculture, de l’estimation de la récolte céréalière de la campagne 2018/2019 à 52 millions de quintaux, la valeur ajoutée agricole reculerait de 4,7%, ramenant ainsi la croissance de l’économie nationale à 2,7% en 2019 après 3% un an auparavant.

Pour 2020, la Banque table sur une amélioration de la croissance à 3,8%, avec une stabilité du rythme des activités non agricoles à 3,6% et un accroissement de la valeur ajoutée agricole de 6,3%, sous l’hypothèse d’une production céréalière de 80 millions de quintaux.

- Finances publiques : Tenant compte de l’impact de l’accord conclu dans le cadre du dialogue social, le déficit budgétaire hors privatisations devrait se situer, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, aux alentours de 4% du PIB cette année, avant de s’alléger autour de 3,8% en 2020, sous l’hypothèse de la poursuite des efforts de mobilisation des recettes et de maîtrise des dépenses.

- Matières premières: Le cours du Brent en particulier est revenu à 64,8 USD/bl en moyenne sur les huit premiers mois de l’année, en baisse de 9,4% en glissement annuel. Il devrait ressortir à 63,7 USD/bl en moyenne en 2019 et se situer légèrement au-dessus de 60 USD/bl en 2020.

Pour ce qui est des phosphates, le prix devrait, selon les dernières prévisions de la Banque mondiale datant du mois d’avril dernier, terminer l’année 2019 sur une moyenne de 105 USD/t et évoluer proche de ce niveau en 2020.

Quant aux engrais phosphatés, les cours ressortiraient, sur l'ensemble de l'année en moyenne à 370 USD/t pour le DAP et à 340 USD/t pour le TSP et augmenteraient légèrement à 377 USD/t et 343 USD/t respectivement en 2020.

Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur mais lâche un peu de liquidités

Le 24 septembre 2019 à13:36

Modifié le 24 septembre 2019 à 15:09

Le Conseil de Bank Al-Maghrib du mardi 24 septembre 2019 a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25% mais a réduit le taux de la réserve monétaire obligatoire de 4% à 2% compte tenu des besoins importants de liquidités.

Voici les principaux éléments de diagnostic et de prévision ayant justifié les décisions du conseil :

- Inflation : Selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, l'inflation devrait continuer à évoluer à des niveaux faibles au cours des prochains mois pour ressortir à 0,4% sur l’ensemble de l’année.

En 2020, elle s’accélérerait à 1,2%, tirée par sa composante sous-jacente qui, sous l’effet notamment de la reprise attendue de la demande intérieure, atteindrait 1,6% après 0,7% prévu en 2019.

- Conditions monétaires : Reflétant essentiellement l’expansion de la circulation fiduciaire, le besoin de liquidité bancaire s’est creusé à 95,5 milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire en août et devrait s’établir à 77,6 milliards au terme de 2019 avant d’atteindre 96 milliards à fin 2020.

Le crédit bancaire devrait terminer l’année en hausse de 3,7% puis se renforcer de 4,7% au terme de 2020.

- Comptes extérieurs : pour l’ensemble de l’année, les exportations s’accroîtraient de 3,9%, avant de connaître une amélioration notable en 2020, sous l’hypothèse de la concrétisation du programme de production annoncé de l’usine PSA.

De leur côté, les importations ralentiraient sur l’horizon de prévision, avec une baisse attendue de la facture énergétique et une décélération du rythme des acquisitions de biens d’équipement.

En parallèle, les recettes de voyage connaîtraient une nette accélération de leur progression en 2019 pour s’établir à 76,3 milliards de dirhams, puis une relative modération en 2020 (à 78,8 milliards), tandis que les transferts des MRE enregistreraient une légère augmentation cette année à 65,9 milliards de dirhams et gagneraient en vigueur l’année prochaine (à 68,3 milliards).

Dans ces conditions, et tenant compte de rentrées de dons des pays du CCG attendues pour des montants de 2 milliards en 2019 et de 1,8 milliard en 2020, le déficit du compte courant s’atténuerait graduellement, passant de 5,5% du PIB en 2018 à 5,1% en 2019 puis à 3,6% en 2020.

Pour les flux d’IDE, après une hausse exceptionnelle en 2018, les recettes avoisineraient un niveau équivalent à 3,5% du PIB sur l’horizon de prévision.

Prenant en considération deux émissions prévues du Trésor sur le marché international, l’encours des réserves internationales nettes s’établirait à 239 milliards de dirhams à fin 2019 et à 234,3 milliards au terme de 2020, continuant ainsi d’assurer la couverture d’un peu plus de 5 mois d’importations de biens et services.

- Croissance :  les activités non agricoles devraient, selon les prévisions de Bank Al Maghrib, connaître une progression de leur valeur ajoutée de 3,6% en 2019 contre 2,6% en 2018.

Tenant compte de la révision à la baisse, par le Département de l’Agriculture, de l’estimation de la récolte céréalière de la campagne 2018/2019 à 52 millions de quintaux, la valeur ajoutée agricole reculerait de 4,7%, ramenant ainsi la croissance de l’économie nationale à 2,7% en 2019 après 3% un an auparavant.

Pour 2020, la Banque table sur une amélioration de la croissance à 3,8%, avec une stabilité du rythme des activités non agricoles à 3,6% et un accroissement de la valeur ajoutée agricole de 6,3%, sous l’hypothèse d’une production céréalière de 80 millions de quintaux.

- Finances publiques : Tenant compte de l’impact de l’accord conclu dans le cadre du dialogue social, le déficit budgétaire hors privatisations devrait se situer, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, aux alentours de 4% du PIB cette année, avant de s’alléger autour de 3,8% en 2020, sous l’hypothèse de la poursuite des efforts de mobilisation des recettes et de maîtrise des dépenses.

- Matières premières: Le cours du Brent en particulier est revenu à 64,8 USD/bl en moyenne sur les huit premiers mois de l’année, en baisse de 9,4% en glissement annuel. Il devrait ressortir à 63,7 USD/bl en moyenne en 2019 et se situer légèrement au-dessus de 60 USD/bl en 2020.

Pour ce qui est des phosphates, le prix devrait, selon les dernières prévisions de la Banque mondiale datant du mois d’avril dernier, terminer l’année 2019 sur une moyenne de 105 USD/t et évoluer proche de ce niveau en 2020.

Quant aux engrais phosphatés, les cours ressortiraient, sur l'ensemble de l'année en moyenne à 370 USD/t pour le DAP et à 340 USD/t pour le TSP et augmenteraient légèrement à 377 USD/t et 343 USD/t respectivement en 2020.

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