Dr Nourreddine Oudghiri Idrissi

Spécialiste en médecine physique et de réadaptation (MPR), Casablanca.

(Photo: MAP)

La médecine physique et de réadaptation : une spécialité médicale à la croisée des chemins des approches de soins

Le 25 novembre 2021 à 17h42

Modifié 25 novembre 2021 à 17h42

Le Maroc compte quelque 80 spécialistes en médecine physique et de réadaptation tous secteurs confondus (libéraux, universitaires et hospitaliers, militaires et détachés), soit un MPR pour 425.000 habitants. Cette spécialité a su faire ses preuves depuis plus de 90 ans.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) incite à une médecine préventive et inclusive. L’institution place la réadaptation comme un élément essentiel de la couverture sanitaire universelle, au même titre que la promotion de la santé, la prévention, les soins thérapeutiques et palliatifs. La spécialité de la médecine physique et de réadaptation (MPR) a été officialisée par l’OMS au plan international en 1968.

Les deux premiers médecins MPR marocains ont commencé à exercer dans le Royaume en 1978. Ce n’est qu’en 1994 que la MPR est enfin reconnue comme spécialité médicale à part entière (décret publié au Bulletin Officiel N°4236 du 05 octobre 1994). La réadaptation est un élément important de la couverture sanitaire universelle et une stratégie essentielle pour atteindre l’objectif 3 de développement durable : « Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge ».

La médecine physique et de réadaptation, connue jusqu’alors comme spécialité médicale jeune, a su faire ses preuves depuis plus de 90 ans, dans tous les domaines où ses pionniers se sont investis, en assurant la relève. Suite à l’organisation du 7e congrès mondial en Chine, le nombre de MPR exerçant actuellement à travers le monde doit être au moins 50 fois l’estimation de 2012 (autour de 25.000 MPR). Nous sommes tous logés à la même enseigne à quelques variantes près.

Un investissement des plus économiques

Le continent asiatique, dont la Chine, a su profiter de l’approche et de l’estimation de la MPR en organisant le 7e Congrès mondial de MPR en juin 2013 à Pékin (le pays a assuré la présidence de la Société Internationale de MPR pour un mandat). En prévision, la Chine s’est dotée de plateaux techniques et d’infrastructures modernes à des fins fonctionnels et de confort, afin de répondre à une demande forte et croissante de besoins en matière de soins, dont l’investissement est des plus économiques à court et long terme. Le retour sur investissement est des plus rentables en matière d’économie de la santé,  de « l’écologie humaine », de la prévention à grande échelle, vu le nombre d’habitants, le changement de mode de vie. Une sorte d’adaptabilité des offres de soins au contexte local en pleine ébullition. Une vision raisonnable. En 2016-17, il y aurait au moins 100.000 MPR dont la Chine serait encore majoritaire par le nombre ! Des records tout terrain.

Au Maroc, nous sommes actuellement autour de 80 MPR tous secteurs confondus (libéraux, universitaires et hospitaliers, militaires et détachés). Le 1er MPR est rentré de Suisse pour exercer au Maroc en 1978. Actuellement, nous comptons 1 MPR pour 425.000 habitants.    

Au même titre que les autres spécialités médicales ou chirurgicales, la MPR est au service des citoyens et de ses consultants pour une approche diagnostic, thérapeutique, pronostic et surtout spécifiquement fonctionnelle. Il est habituel d’aborder la santé mentale, la santé au travail, la santé physique, la santé au sport, la santé esthétique… La santé fonctionnelle est bel et bien présente aussi. Elle coiffe le tout, d’autant plus qu’un organe ou des éléments composant l’appareil locomoteur ou musculo-squelettique non valorisés fonctionnellement engendreraient des restrictions et limitations d’utilisation et donc entraveraient l’autonomie et l’indépendance.

Evaluation qualitative des besoins, le scoring fonctionnel

En matière de capital santé, le recouvrement de capacités fonctionnelles optimales est assujetti à une approche première incluant d’office le volet thérapeutique de la réadaptation comme faisant partie intégrante dans l’initiation de tout parcours de soins et ceci d’autant plus lorsqu’il s’agit de pathologies lourdes, nécessitant certaines mesures préventives simples avec des objectifs réalisables (en réanimation ou soins intensifs, poly-traumatismes, affections rhumatologiques et neurologiques quelquesoit leur stades,…).  De ce fait, le suivi en MPR est aussi légitime.

Dans ce cadre d’approche de la santé, le Maroc n’échappe pas à la règle. Parmi les standards internationaux en matière d’évaluation, de suivi des parcours de soins et de protocoles thérapeutiques, il est traditionnel d’user de différents scores et échelles d’évaluations fonctionnelles et d’autonomie. Cet abord permet de quantifier le niveau de participation ou de limitation par rapport à une situation ou un état pathologique à différents stades de distinctes maladies et ceci à des périodes déterminées de leur évolution. Ces échelles d’évaluations fonctionnelles revalorisées à différentes périodes du parcours de soins représentent un outil d’appréciation et de mesures qualitatives quant au confort et au bien être global d’une personne en situation de limitation de participation. Ceci bien entendu, rapporté à l’environnement architectural et d’accessibilité correspondants ou contextuels.

Compte tenu de notre contexte et vu les moyens dont nous disposons, la MPR contribue à prévenir beaucoup d’imprévus en facilitant la capitalisation fonctionnelle. Il se trouve qu’avec les avancées des investigations technologiques à visée diagnostique et thérapeutique, la domotique et la robotique facilitent l’approche des soins et des prises en charges de patients souffrant de différentes maladies aigues ou chroniques et font qu’aujourd’hui, le volet fonctionnel de la prise en charge des patients est devenu incontournable. L’intervention rapide du MPR à la phase initiale ou aigue du processus pathologique est essentielle vu que la santé fonctionnelle est aussi engagée. Ceci est d’autant plus légitime pour les accidents vasculaires cérébraux, les pathologies cérébrales, les blessés et pathologies de la moelle épinière, la sclérose en plaques, les artériopathies oblitérantes, les myopathies, la poliomyélite, la maladie de parkinson, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante et autres rhumatismes chroniques, les scolioses, les troubles statiques et certaines asymétries, les souffrances néonatales, les brûlures profondes et étendues, les amputations de membres et toutes autres situations susceptibles de dégradations fonctionnelles inhérentes aux écarts d’orientation. Et ceci au même titre que les autres  intervenants : réanimateur, cardiologue, neurologue… Cette pratique est courante depuis des décennies dans d’autres pays. Un travail d’équipe, une approche pluridisciplinaire aussi bien dans l’urgence que dans les différentes consultations multidisciplinaires.

Le MPR intervient donc, chaque fois que le pronostic fonctionnel est engagé et ce même dans les hôpitaux et les cliniques, au même titre que l’anesthésiste réanimateur, le chirurgien et l’urgentiste tant le pronostic vital est engagé. Depuis plus de 45 ans, et durant notre cursus de spécialisation dans les différents centres hospitaliers universitaires européens, les MPR sont invités par les autres services hospitaliers pour des avis et prescriptions de soins fonctionnels adéquats au lit des patients, et vice versa. Une approche multidisciplinaire à caractère d’échanges et de complémentarité thérapeutique à la carte. Aussi, le partenariat public-privé est une tradition immémoriale.

Le pronostic fonctionnel est indissociable du pronostic vital

Le but commun de cette mise en valeur de l’approche des soins dans l’urgence avec la collaboration des différents spécialistes est le sauvetage du fait de la rapidité de la prise en charge, à moyen terme aussi une épargne au niveau du capital santé et un gain de temps. Cet ensemble d’actions synergiques offre le maximum de chances à la personne concernée de s’en sortir avec le minimum de séquelles possibles, et donc avec un meilleur score fonctionnel. Au bénéfice d’une stratégie thérapeutique fluide, assurant  au patient une optimisation de son parcours de soins. Dans ce même ordre d’abord thérapeutique, la MPR a pu se distinguer aussi par son approche des soins concernant toutes les maladies ou situations d’handicaps qui nécessitent des prises en charge en rééducation fonctionnelle en coordination avec les professions paramédicales comme les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes, les psychologues, les psychomotriciens, les orthophonistes, les orthoprothésistes et les podologues, les moniteurs de sport spécialisés, les aidants à domicile, ou autres dont les zoothérapeutes. Dans ce sens des référentiels de soins existent.

Toute l’humanité est concernée par cette évolution des soins et d’approche médicale de la santé fonctionnelle: une pratique préventive. En MPR, il est proposé une stratégie thérapeutique essentielle impliquant le volet fonctionnel afin de fluidifier et d’optimiser le parcours de soins. La finalité étant la récupération de la meilleure autonomie possible, et du confort fonctionnel à court, moyen et long terme. Ceci bien entendu en fonction des degrés des souffrances et des limitations de participation active de la personne concernée dans ses différentes activités de la vie journalière. L’attitude thérapeutique dépend aussi du stade de la maladie auquel le médecin MPR est sollicité. Plus la MPR interviendra tôt et agira de manière préventive, meilleure sera la récupération fonctionnelle. Un handicap peut refléter différentes situations : même une entorse ou foulure de cheville mal ou non soignée, voir négligée, peut avoir comme conséquences des problèmes fonctionnels accompagnés de douleurs chroniques pouvant s’intensifier à l’effort.  Derrière tout handicap apparent, il y a souvent d’autres limitations cachées. Celles -ci sont dévoilées lors d’un bilan minutieux et d’une analyse fonctionnelle faite en MPR.

Les consultations de MPR permettent de situer le profil fonctionnel, de le classifier et d’en établir les différents bilans cliniques. A l’image des autres disciplines médicales, dans sa pratique; le MPR dispose de différents bilans et actes qui lui sont dédiés pour son exercice dépendamment du cas du patient et de sa pathologie. Parmi les champs d’actions et de compétences de la MPR, on peut citer sans trop de détails :

– Les bilans isocinétiques, les bilans urodynamiques, à visée diagnostique et suivi thérapeutique, l’examen électrophysiologique  à visée diagnostique complémentaire, l’analyse (numérique ou non) détaillée de la marche avec ou sans appareillage, de la gestuelle et des postures (ceci  aussi avant et après injection sélective de toxine pour mieux parfaire le ciblage des futures sites d’injection), les manipulations articulaires et vertébrales médicales (avec leurs spécificités, pratique et limites d’utilisation surtout en pays d’endémies), les infiltrations sous guidage échographique, à visée antalgique et anti inflammatoire, pour la viscosupplémentation articulaire, de plasma riche en plaquettes ou PRP dans les fissures tendineuses et certains stades de l’arthrose, pour l’injection de toxine botulique et alcoolisations.

Le but étant de mettre à jour le profit fonctionnel sous-jascent escompté.  La prise en charge des thérapeutiques de la spasticité est à privilégier en milieu de réadaptation afin d’optimiser l’utilité fonctionnelle dans la mesure où la toxine n’entraîne qu’une sidération musculaire. L’essentiel du complément thérapeutique revient à la réadaptation analytique dirigée par le MPR. L’établissement des circuits de soins fonctionnels personnalisés comme le circuit de l’amputé, de l’hémiplégique, du blessé médullaire…

– Le planning en collaboration avec le chirurgien d’interventions chirurgicales fonctionnelles (transferts tendineux, ténotomies, neurotomies sélectives, la chirurgie réparatrice et d’escarres, pour les ostéomes, …) et facilitatrices pour certaines postures selon les contraintes neuro-orthopédiques retrouvées dans différentes activités de la vie journalière.

Cette stratégie thérapeutique adéquate est proposée afin d’harmoniser et fluidifier le parcours de soins, d’en suivre l’évolution avec des réajustements thérapeutiques au besoin et en fonction des scores d’évaluation. Ces derniers restent un qualificatif sélectif et optioniste quant au choix du geste et de la technique chirurgicale. Derrière un handicap apparent se cachent souvent d’autres handicaps ou limitations associés qui sont dévoilés en MPR. Le MPR oriente et peut mêler dans les soins d’autres disciplines qui ont leurs spécificités et techniques mais devant les accommoder aux spécificités de cette frange de patients. Cette collaboration entre dans le cadre d’échanges médicaux interdisciplinaires, de bons procédés et de recherche thérapeutique à des fins ultimes de santé fonctionnelle. Il n’y a pas de médecin kiné ou de kiné médecin, comme il n’y a pas de médecin infirmier. Chacun de ces quatre composants du personnel de la santé a ses diplômes, son rôle bien défini et ses spécificités, pour le bien être des patients. Dans ce sens, le MPR est amené à échanger et collaborer avec toutes les branches de la médecine dans un cadre précis de prise en charge multidisciplinaire, médecins de famille, chirurgiens traumato-orthopédistes (en pré ou post chirurgie prothétique ou traumatique, en prévision de chirurgie fonctionnelle,…), pédiatres (maladies congénitales, scolioses, malformations, paralysies plexulaires ou cérébrales infantiles et souffrances néo-natales,…), cardiologue (réadaptation à l’effort notamment en post-opératoire, vasculaires, post-infarctus, hémiplégies,…), pneumologues et chirurgie thoracique, neurologues (paralysies, hémiplégies, sclérose en plaques, Parkinson,…) et neurochirurgiens (lombosciatalgies, hernies discales opérées,…), oncologues (après chirurgie mammaire, réadaptation post-thérapeutiques,…), urologues et gynéco-obstétricien (bilans uro-dynamique, dyssynergies avec troubles vésico-sphinctériens, instabilités vésicales, pathologie fonctionnelle du périné…), rhumatologue (polyarthrites, spondylarthrite ankylosante, arthrose,…), psychiatres (pour les deuils de situations,…), et nutritionnistes (pour un rééquilibrage alimentaire fonctionnel à la demande et selon les profils). La liste des échanges interdisciplinaires n’est pas exhaustive, elle reste ouverte, participative et inclusive.

Un chainon utile de la sphère thérapeutique

Dans ses approches thérapeutiques d’épargne et de prévention, la MPR est aussi  souvent amenée à s’impliquer avant une chirurgie lourde ou à risques mais  programmable et réalisable dans un cadre averti d’approche multidisciplinaire, en collaboration avec la chirurgie concernée, d’autant plus chez des patients aux antécédents conséquents (séquelles neuro-orthopédiques post-traumatiques, diabétiques, hypertendus, obèses ou cachectiques, artéritiques , rhumatisants… ), ceci par clairvoyance préventive de certaines complications post-opératoires qui n’incombent pas au chirurgien. Un modèle de soins est programmé afin de faciliter la période post-opératoire et minimiser les risques de complications post-opératoires. Ceci est de pratique courante dans beaucoup de pays, et les résultats sont probants avec des suites opératoires plus simples et aisées. La MPR peut user de certains dispositifs dans ces aménagements pour des besoins fonctionnels post-opératoires selon les cas et situations. Une thérapie à la carte.

Regardons la personne bien avant le handicap. L’écoute active, l’échange avec les patients des différents problèmes qu’ils vivent au quotidien, de leurs habitudes permettent au MPR de dresser leur profil afin de personnaliser les soins. Des solutions sont souvent trouvées dans certains détails à l’image des spécificités d’autres spécialités médicales ou chirurgicales.

En MPR, les prescriptions de soins de rééducation fonctionnelle sont ciblées et personnalisées. Ces soins physiques et ou psychosomatiques seront réalisés par du personnel qualifié dans différents domaines de la rééducation et qui regroupe plusieurs milieux et professions paramédicales comme :

– La balnéothérapie ou hydrothérapie : la rééducation peut être pratiquée aussi en bassin de rééducation (eau chauffée à une température confortable autour de 32°C)  quand les restrictions relatives d’usage sont respectées. Outre l’effet  déstressant, décontractant et relaxant, le poids du corps est allégé dans l’eau (poussée d’Archimède), ceci facilite la récupération des mouvements et des amplitudes articulaires, l’appui y est autorisé en cas de fractures récentes facilitant la marche et le renforcement musculaire en attendant l’autorisation d’appui à sec (ou poser le pied par terre en appui total) le temps de la consolidation, elle contribue à la résorption d’œdèmes de stase et post-chirurgicaux, facilite grandement la rééducation des algodystrophies et capsulites rétractiles, des tractions rachidiennes sont aussi pratiquées dans l’eau, la réadaptation à l’effort et l’amélioration des capacités fonctionnelles respiratoires…

-La robothérapie : Vu les avancées technologiques induites par les apports de l’intelligence artificielle, les soins de santé de part le monde sont en perpétuelle innovation, transformation et mutation. La plasticité cérébrale nous surprend de plus en plus. L’exécution de certains programmes de Rééducation neuro-musculaire ou taches par des aides facilitatrices et impulsives fonctionnellement tels que les exosquelettes pour la simulation et la stimulation de la marche, de la gestuelle, des prothèses myo-électriques, des télé thèses ou commandes à distance et vocales.  La thérapie par les miroirs…

La domotique avec l’avènement de la robotique ouvrent une nouvelle ère d’approche dans les prises en charge des situations de handicaps de différentes origines. Une sorte de lutte sans relâche contre une adversité apparemment invincible. Un capital cognitif et une technologie utilisés à bon escient.

– L’ergothérapie: L’ergothérapeute est un professionnel de la santé (3 à 4 ans post-baccalauréat) qui collabore aussi avec les MPR et les psychiatres. Son objectif est de maintenir, de restaurer et de permettre les activités humaines de manière sécurisée, autonome et efficace, et ainsi, de participer à prévenir, réduire les situations de handicap pour les personnes en tenant compte de leurs habitudes de vie et de leur environnement. L’ergothérapeute peut aider la personne à relever les défis présentés par son quotidien et contribue au travail de l’autonomie dans les différentes tâches de la vie journalière. Telle que la facilitation d’effectuer ses soins personnels (faire sa toilette, s’habiller, se doucher…), de se déplacer et de communiquer, l’aménagement du domicile et du moyen de locomotion. La MPR souffre du manque d’ergothérapeutes sous nos cieux. Malheureusement, nous ne disposions pas d’Ergothérapeutes au Maroc jusqu’en 2016, les IFCS (Instituts de formation des cadres de santé) l’ont programmé dans leurs enseignements. La première promotion est probablement actuellement en fonction. L’ergothérapeute est un collaborateur important du MPR, contribuant à hisser les scores fonctionnels qui sont la base de l’évaluation de toute l’équipe soignante, des niveaux d’autonomie et d’indépendance indispensables pour les compensations.  L’ergothérapie est aussi impliquée en milieu psychiatrique notamment dans les thérapies de groupe. Une ergothérapeute formée à l’école d’ergothérapie au CHU de Montpellier en France, de retour au Maroc en 1991 s’est convertie par manque de disponibilité de cadre d travail pouvant s’en enrichir. L’ergothérapie a accouchée de l’ergonomie dans la mesure où les innovations fonctionnelles facilitatrices ou aides techniques servant le monde des limitations de participations actives, se généralise par la suite au grand public et place le commun des mortels dans un confort de passivité usant de téléthèses ou différents moyens de commande à distance. Une sédentarisation tous azimuts.

– Des soins d’orthophonie : (3 ans post-baccalauréat) le MPR oriente le patient pour des bilans et séances de rééducation de la parole en fonction des atteintes du langage (expression, compréhension). Afin de faciliter la communication du patient avec l’équipe soignante, son entourage et son environnement.

– Des soins de psychomotricité: (3 ans post-baccalauréat) le MPR oriente au besoin certains patients pour des soins de psychomotricité, notamment dans les cas de souffrances néonatales avec des troubles neuro-orthopédiques et cognitifs. Les fonctions motrices ainsi que l’état psychique, affectif et relationnel sont en lien et interagissent.

– Des soins de psychothérapie (3 à 4 ans post-baccalauréat) : Le MPR oriente au besoin après sa consultation, certains patients pour des bilans des fonctions cognitives et pour des séances de psychothérapie adaptées aux troubles associés à l’handicap apparent, tels les troubles de reconnaissance (gnosiques) ou d’exécution de gestes (praxiques) ou phasiques (expression ou compréhension) rencontrés dans bien d’accidents vasculaires cérébraux et autres pathologies. L’accompagnement en psychothérapie du deuil situationnel (paralysies lourdes, amputation, etc) est essentiel.                                                                                                                                                     Bien des séances de Rééducation loco-motrice ne pouvant aboutir sans le support concomitant de soins en psychothérapie.

– Des conseils diététiques et diététiciens (2 à 3 ans post-baccalauréat) : Pour une remise en équilibre des habitudes alimentaires au long cours, du fait de retentissements néfastes des surcharges pondérales sur tout le corps et même sur la mobilité. Une alimentation fléxitarienne ou plutôt riche en végétaux et appauvrie en protéines animales est d’actualité. Toujours est-il que les protéines animales, entrainent une inflammation chronique de la couche interne ou intima des vaisseaux en l’occurrence des artères et contribuent à leur obstruction. Les règles alimentaires végétariennes ou véganes  au long cours, permettent une restitution progressive de la lumière des vaisseaux du fait de la levée de l’inflammation chronique induite et donc il se rétablit progressivement de meilleures perméabilité vasculaire et irrigation sanguine du corps. Même dans les spots audio-visuels de sensibilisation, on conseille la consommation quotidienne de fruits et légumes. L’Australie est seule à avoir reconnu ces modes alimentaires comme étant équilibrés pour tous avec cependant une supplémentassion en quelques vitamines et oligoéléments.

– Des soins de masso-kinésithérapie (3 ans post-baccalauréat) : sur prescription médicale pour des soins physiques. Quand celle-ci émane d’un MPR, elle cible certains détails exclusifs de soins physiques autorisés et à respecter, ainsi le kinésithérapeute peut travailler en sécurité et le patient bénéficiera de soins adéquats. Le programme rééducatif peut être réajusté lors des consultations périodiques et programmées de MPR et en collaboration avec une autre spécialité si le besoin se fait sentir. A chaque discipline ses spécificités techniques et particularités d’approches thérapeutiques.

Centre d’appareillage ou orthoprothésiste (3 ans post-baccalauréat) : Une confection sur mesure d’appareillage sur prescription médicale détaillée selon les troubles neuro-orthopédiques présentés et les besoins fonctionnels estimés en MPR, tel que le type d’appareillage, des matériaux, pour la confection de semelles de correction ou de compensation. Les doléances du patient ainsi que son avis pour le choix des composants de l’appareillage, leur poids et l’esthétique sont primordiaux, pour son confort psychologique et pour une fonctionnalité optimale, dont l’observance.

Moniteur de sport et coach sportif : Dans le cadre de prises en charge en hospitalisation en service ou centre de MPR, clubs de sport ou fédérations sportives.

– La zoothérapie ou thérapie assistée par l’animal (assujettie à une formation préalable) auprès de populations de tout âge pour un travail en médiation animale. Ces méthodes sont utilisées dans les écoles, les maisons de retraite, des services de pathologies lourdes dans certains Pays d’Europe, au Canada, aux états -unis, au Japon, en Asie, … l’animal peut-être utilisé comme moyen thérapeutique auprès d’une personne présentant des troubles cognitifs, psychologiques, mentaux, sociaux ou physiques. Un antistress pour soulager entre autres les conséquences d’un traitement médical ou des problèmes post-opératoires (thérapeutiques cancéreuses). C’est un ensemble de méthodes thérapeutiques non conventionnelles qui utilisent la proximité d’un animal domestique ou de compagnie, auprès d’un humain souffrant d’un des troubles cités. Les animaux communément utilisés sont le cheval (équithérapie dans l’autisme), le chat (ronrothérapie), le lapin, le dauphin…

Un nomadisme thérapeutique !

L’insuffisance d’information et le vide ont profité à l’essor d’un nomadisme thérapeutique concernant le choix des hémiplégiques, entre autres, quant à leur thérapeute. Certains patients changent de kinésithérapeute presque tous les mois du fait d’un obstacle à leurs échanges de communication et compréhension lors des séances de soins, du fait des lésions associées à type de troubles mnésiques, d’expression, de compréhension, d’exécution ou d’accomplissement de gestes ou de la marche bien qu’ayant récupéré une motricité ou plutôt une commande volontaire, et aussi de reconnaissance ou de négligences. De ce fait, le patient change régulièrement de thérapeute au lieu de bénéficier en parallèle de soins concomitants appropriés en orthophonie et/ou psychothérapie. Cela représente des obstacles et des freins au bon déroulement du programme réadaptatif et de récupération fonctionnelle. Le soin de rééducation se limitant à la motricité est caduque et non avenue. Mimétisme et déperditions en découlent et aucun bénéfice fonctionnel n’est sous tiré. Ces circuits de soins réadaptatifs et leur planification, relèvent de la compétence de la MPR. Une fluidification légitimée. Il faut combler le vide. L’auto-rééducation non plus ne fait pas ses preuves, ni d’ailleurs les écoles de dos instaurées depuis des décennies. Les conseils pédagogiques d’hygiène de vie au quotidien restent importants selon le profil. Dans certaines situations, l’instinct, la vigilance et la débrouille font que certaines personnes dans des situations de handicaps lourds, arrivent à s’autonomiser. Une vigilance et agilité instinctives utilisées presqu’à la perfection pour servir leurs fonctions. Un bonheur individuel brut (BIB) inégalé. Le BNB (bonheur national brut) est tout autre, un panier prenant en considération plusieurs critères.

Au 21e siècle, la médecine est préventive : diagnostic précoce et traitement avancé. L’intervention et l’implication du médecin MPR dans les parcours de soins au même titre que les autres spécialités médico-chirurgicales permet de mettre à niveau la stratégie thérapeutique en la fluidifiant afin d’optimiser les parcours de soins, ceci dans le but d’éviter au mieux la majorité des complications neuro-orthopédiques, aussi psychosomatiques qui peuvent nuire à l’avenir et au devenir fonctionnel du patient. Dans le monde du sport et santé, le MPR collabore avec des moniteurs de sport spécialisés dans l’option sport et handicap, en fixant des objectifs sportifs programmables et réalisables. L’émancipation et l’épanouissement de cette frange de la population passe aussi par l’expression corporelle dans la pratique sportive aménagée. Les jeux para-olympiques ont vu leurs premiers balbutiements en gestation à Stoke Mandeville Hospital en Angleterre vers 1956 sous l’initiative de Sir Ludwig Guttmann qui a été anobli par la reine d’Angleterre. Plusieurs équipes de différents sports, horizons et aussi des fédérations sportives averties ont jadis privilégié l’implication de la MPR dans leur staff médical, au bénéfice de la santé fonctionnelle en milieu sportif amateur comme professionnel.

L’approche stratégique thérapeutique de la MPR, s’inscrit dans une démarche dynamique, orientée vers l’optimisation des ressources, l’amélioration de la qualité des soins par une approche contemporaine en adéquation avec la politique pragmatique initiée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’assiste.

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