Chute des recrutements dans le secteur bancaire

L’effectif des banques n’a augmenté que de 0,6% en 2018, soit une entrée nette de 243 nouveaux collaborateurs qui portent le total à 41.890 agents. Jusqu’en 2012, elles recrutaient plus de 1.000 personnes par an. La baisse du rythme des ouvertures d’agences et la digitalisation expliquent cette tendance qui va se poursuivre.

Chute des recrutements dans le secteur bancaire

Le 25 juillet 2019 à 12:38

Modifié le 25 juillet 2019 à 12:42

Au total, 55.753 personnes travaillaient dans les établissements de crédit et organismes assimilés à fin 2018, d’après le rapport annuel de Bank Al-Maghrib sur la supervision bancaire. 75% sont employés par les banques, 14% par les associations de microcrédit et 6% par les sociétés de financement.

Les banques comptent ainsi 41.890 agents, en hausse de 0,6% seulement par rapport à 2017, soit en net (recrutements moins les départs) 243 nouveaux collaborateurs. C’est l’évolution la plus faible enregistrée par le secteur depuis le début des années 2000. En 2012, les recrutements nets s’élevaient à plus de 1.000 collaborateurs, en 2011 à plus de 1.500.

Deux facteurs expliquent cette tendance qui ne s’est pas inversée en 2018 malgré le démarrage des banques participatives.

2 agences pour 10.000 habitants

Primo, les banques n’ouvrent plus autant d’agences qu’auparavant. En 2018, seuls 115 nouvelles agences ont été créées (dont 56 pour les banques participatives), contre par exemple 334 en 2012.

Le réseau bancaire n’a progressé que de 1,8% par rapport à 2017, contre une moyenne de 4% au cours de la période 2013-2015 et de 9% sur la période 2007-2016.

C’est normal, avec un peu plus de 6.500 agences, la densité bancaire est devenue élevée : 2 guichets bancaires pour 10.000 habitants contre 1 guichet il y a une quinzaine d’année. Aujourd’hui, il y a une agence bancaire pour chaque 5.400 habitants.

Les besoins baissent avec la digitalisation

Secundo, il y a le développement du digital qui fait en sorte non seulement qu’il y a moins d’ouvertures d’agences mais aussi que ces dernières comptent de moins en moins d’employés. Il y a quelques années, une agence pouvaient accueillir 5 collaborateurs, voire plus. Aujourd’hui, pas plus de 3 personnes font tourner la majorité des agences (hors centres d’affaires, agences principales…).

« Le modèle de distribution de la banque est en mutation à l’échelle mondiale, avec une fréquentation des agences en baisse et une utilisation croissante des accès à distance aux services bancaires.

« La plupart des interactions entre les banques et leurs clients s’opère de plus en plus via le mobile et les outils numériques pour répondre aisément aux besoins en opérations de base (consultation des comptes, virement, commande de carnet de chèques, etc.).

« Au Maroc, les banques se sont inscrites dans cette dynamique et ont développé leurs applications mobiles et internet et entrepris d’enrichir les fonctionnalités et les parcours client.

« En s’appuyant sur le digital, elles œuvrent également à un processus de transformation digitale de leurs réseaux passant notamment par la création de nouveaux formats d’agences équipées d’outils digitaux à destination de la clientèle et l’orientation des fonctions en agence vers le conseil, fonction à plus forte valeur ajoutée pour le client et la banque », explique Bank Al-Maghrib dans son rapport.

Recrutements en hausse chez les associations de microcrédit et les établissements de paiement

Tout indique donc que la tendance actuelle de baisse des recrutements va se poursuivre. Beaucoup de départs à la retraite ne sont pas remplacés. Bientôt, l’effectif des banques, qui croît de plus en plus faiblement, pourrait commencer à baisser, au grand dam des milliers de lauréats des filières économiques et de gestion, issus des universités et écoles publiques et privées, qui postulent chaque année pour intégrer ce secteur.

A moins qu’il y ait des recrutements massifs de profils technologiques pour accompagner la transformation digitale du secteur.

Aujourd’hui, 45% de l’effectif des banques a entre 25 et 35 ans, 31% entre 35 et 50 ans et 18% dépasse 50 ans. Près de la moitié (47%) sont des femmes.

La même tendance est observée chez les sociétés de financement dont l’effectif ne s’est renforcé que de 42 personnes en 2018 pour atteindre 3.444 agents en 2018 (+1,2%).

Les sociétés de crédit à la consommation ont enregistré une progression de 0,5% de leur effectif (2.200 personnes), contre 4,4% pour les sociétés de crédit-bail (454) et 3,3% pour les sociétés de crédit immobilier et d’affacturage (790).

Par contre, les recrutements des associations de microcrédit et des établissements de paiement sont en forte hausse. L’effectif des premières, dont la nature de la clientèle exige des rapports humains, a progressé de 7,9%, à 7.830 collaborateurs ; celui des seconds, qui forment un secteur en démarrage, de 9,1%, à 2.026 agents.

Chute des recrutements dans le secteur bancaire

Le 25 juillet 2019 à12:38

Modifié le 25 juillet 2019 à 12:42

L’effectif des banques n’a augmenté que de 0,6% en 2018, soit une entrée nette de 243 nouveaux collaborateurs qui portent le total à 41.890 agents. Jusqu’en 2012, elles recrutaient plus de 1.000 personnes par an. La baisse du rythme des ouvertures d’agences et la digitalisation expliquent cette tendance qui va se poursuivre.

Au total, 55.753 personnes travaillaient dans les établissements de crédit et organismes assimilés à fin 2018, d’après le rapport annuel de Bank Al-Maghrib sur la supervision bancaire. 75% sont employés par les banques, 14% par les associations de microcrédit et 6% par les sociétés de financement.

Les banques comptent ainsi 41.890 agents, en hausse de 0,6% seulement par rapport à 2017, soit en net (recrutements moins les départs) 243 nouveaux collaborateurs. C’est l’évolution la plus faible enregistrée par le secteur depuis le début des années 2000. En 2012, les recrutements nets s’élevaient à plus de 1.000 collaborateurs, en 2011 à plus de 1.500.

Deux facteurs expliquent cette tendance qui ne s’est pas inversée en 2018 malgré le démarrage des banques participatives.

2 agences pour 10.000 habitants

Primo, les banques n’ouvrent plus autant d’agences qu’auparavant. En 2018, seuls 115 nouvelles agences ont été créées (dont 56 pour les banques participatives), contre par exemple 334 en 2012.

Le réseau bancaire n’a progressé que de 1,8% par rapport à 2017, contre une moyenne de 4% au cours de la période 2013-2015 et de 9% sur la période 2007-2016.

C’est normal, avec un peu plus de 6.500 agences, la densité bancaire est devenue élevée : 2 guichets bancaires pour 10.000 habitants contre 1 guichet il y a une quinzaine d’année. Aujourd’hui, il y a une agence bancaire pour chaque 5.400 habitants.

Les besoins baissent avec la digitalisation

Secundo, il y a le développement du digital qui fait en sorte non seulement qu’il y a moins d’ouvertures d’agences mais aussi que ces dernières comptent de moins en moins d’employés. Il y a quelques années, une agence pouvaient accueillir 5 collaborateurs, voire plus. Aujourd’hui, pas plus de 3 personnes font tourner la majorité des agences (hors centres d’affaires, agences principales…).

« Le modèle de distribution de la banque est en mutation à l’échelle mondiale, avec une fréquentation des agences en baisse et une utilisation croissante des accès à distance aux services bancaires.

« La plupart des interactions entre les banques et leurs clients s’opère de plus en plus via le mobile et les outils numériques pour répondre aisément aux besoins en opérations de base (consultation des comptes, virement, commande de carnet de chèques, etc.).

« Au Maroc, les banques se sont inscrites dans cette dynamique et ont développé leurs applications mobiles et internet et entrepris d’enrichir les fonctionnalités et les parcours client.

« En s’appuyant sur le digital, elles œuvrent également à un processus de transformation digitale de leurs réseaux passant notamment par la création de nouveaux formats d’agences équipées d’outils digitaux à destination de la clientèle et l’orientation des fonctions en agence vers le conseil, fonction à plus forte valeur ajoutée pour le client et la banque », explique Bank Al-Maghrib dans son rapport.

Recrutements en hausse chez les associations de microcrédit et les établissements de paiement

Tout indique donc que la tendance actuelle de baisse des recrutements va se poursuivre. Beaucoup de départs à la retraite ne sont pas remplacés. Bientôt, l’effectif des banques, qui croît de plus en plus faiblement, pourrait commencer à baisser, au grand dam des milliers de lauréats des filières économiques et de gestion, issus des universités et écoles publiques et privées, qui postulent chaque année pour intégrer ce secteur.

A moins qu’il y ait des recrutements massifs de profils technologiques pour accompagner la transformation digitale du secteur.

Aujourd’hui, 45% de l’effectif des banques a entre 25 et 35 ans, 31% entre 35 et 50 ans et 18% dépasse 50 ans. Près de la moitié (47%) sont des femmes.

La même tendance est observée chez les sociétés de financement dont l’effectif ne s’est renforcé que de 42 personnes en 2018 pour atteindre 3.444 agents en 2018 (+1,2%).

Les sociétés de crédit à la consommation ont enregistré une progression de 0,5% de leur effectif (2.200 personnes), contre 4,4% pour les sociétés de crédit-bail (454) et 3,3% pour les sociétés de crédit immobilier et d’affacturage (790).

Par contre, les recrutements des associations de microcrédit et des établissements de paiement sont en forte hausse. L’effectif des premières, dont la nature de la clientèle exige des rapports humains, a progressé de 7,9%, à 7.830 collaborateurs ; celui des seconds, qui forment un secteur en démarrage, de 9,1%, à 2.026 agents.

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