Comment l'application de traçage aidera dans la lutte contre le Covid-19

L'application Wiqaytna viendra en renfort aux moyens déployés par le ministère de la Santé pour détecter les cas contacts le plus précocement possible. Voici comment. 

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Comment l'application de traçage aidera dans la lutte contre le Covid-19

Le 11 mai 2020 à 22:10

Modifié le 12 mai 2020 à 15:13

Les ministères de la Santé et de l'Intérieur ont révélé ce lundi 11 mai les premiers détails sur l'application de traçage des contaminations au Covid-19, dans le cadre d'une conférence de presse en ligne. 

L'application marocaine de "notification d'exposition au Coronavirus Covid-19 - Wiqaytna", son nom officiel, a reçu l'accord de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel. Cette application, conçue par une équipe multidisciplinaire appartenant à plusieurs organismes publics et privés de façon volontaire et gracieuse, est actuellement en phase de test. Aucune date de lancement n'a été annoncée. 

La conférence a été animée par Abdelhak Harrak, gouverneur directeur des systèmes d'information et de communication au ministère de l'Intérieur et Dr Mohamed Lyoubi, directeur de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladie au ministère de la Santé. 

Le premier a présenté les aspects techniques de l'application marocaine. Le second est intervenu pour expliquer le contexte de son utilisation et son utilité d'un point de vue sanitaire. 

L'utilisation de l'application est volontaire 

Le point sur lequel le gouverneur Harrak a insisté fortement est le suivant : "L'usage de l'application sera basé sur le volontariat. Mais sa réussite ne peut être envisagée que dans le cadre d'une mobilisation citoyenne".

En effet, pour que cette application remplisse son rôle, elle doit être utilisée par un maximum de personnes.

Or, l'utilisation étant volontaire, il n'est pas aisé de se prononcer dès maintenant sur son efficacité. Quel seuil minimal d'adhésion est-il nécessaire pour envisager un minimum d'efficacité ? Cette question a été posée aux intervenants, mais aucun seuil minimal n'a été partagé avec nous. 

"Plus la proportion des citoyens qui y adhèrent sera grande, plus nos chances de réussite seront importantes", réplique Dr Lyoubi. 

Quoiqu'il en soit, aucune obligation d'installer cette application n'est envisagée, rappelle les intervenants. 

Une fois installée, cette application fonctionne via bluetooth. "Quand deux utilisateurs qui auront installé l'application seront à proximité l'un de l'autre, des identifiants anonymes et cryptés seront échangés par bluetooth entre les smartphones", expliquent les intervenants. 

"Si un des utilisateurs est confirmé positif dans les 21 jours qui suivent le contact, l'autre utilisateur recevra une notification. Il sera invité à suivre les recommandations qui lui seront envoyées". 

En d'autres termes, chaque téléphone prendra les coordonnées cryptées de l'autre. "Ces données resteront stockées dans le téléphone. Elles ne seront partagées que quand le propriétaire d'un téléphone donné sera déclaré par le ministère de la Santé comme cas confirmé".

Alors les données téléphoniques des personnes avec qui il a été en contact pendant les 21 derniers jours remonteront aux équipes en charge de la gestion des cas contacts. 

Sur la plan technique, le respect de la vie privée est un point central. Sur ce volet, les intervenants ont insisté sur :

- Le périmètre d'utilisation limité au contexte coronavirus. Donc l'application et ses données seront détruites, une fois la pandémie maîtrisée.

- L'obtention de l'autorisation de la CNDP le 10 mai 2020.

- Le stockage des données au niveau du smartphone lui-même.

- La mise à disposition du code source de l'application en open-source. 

Les bénéfices de l'application 

L'équipe conceptrice du projet vante les avantages de cette application. Pour l'utilisateur, celle-ci permet de "se faire notifier en cas d'exposition au virus et d'éviter les complications, grâce à une prise en charge rapide, et la contamination de ses proches". 

Pour le pays, l'application permettra "de réduire la circulation du virus et le taux de létalité et de prendre des décisions éclairées pour un meilleur ciblage des actions de riposte". 

Pour le ministère de la Santé, l'application Wiqaytna permettra de "faciliter l’identification des contacts des personnes confirmées positives, de gagner en efficacité avec une prise en charge rapide qui permet de limiter les contaminations et éviter les complications et d'optimiser l’utilisation des tests de dépistage", 

Les avantages pour le ministère de la Santé sont les plus importants. Mais il est important de noter que cette application n'est pas une solution en soi. Mohamed Lyoubi a été clair sur ce point. L'application vient en renfort au dispositif existant. "Notre dispositif actuel de détection des cas confirmés et des cas contacts restera en place. L'application sera en plus", explique-t-il, en donnant un exemple : 

"Quand un cas confirmé se déclare, les équipes du ministère entament l'enquête épidémiologique pour recenser ses contacts sur les derniers jours. Il peut citer sa famille proche, ses amis, ses collègues..., mais il est difficile d'identifier les personnes avec qui il a été en contact prolongé dans un centre commercial ou dans un supermarché. Des fois, régler ses courses dans un supermarché peut prendre jusqu'à 20 ou 30 minutes. On ne sait pas si la personne devant ou derrière nous dans la file est contaminée ou pas. L'application va nous aider à ce niveau".

En plus clair, le ministère continuera à appliquer la méthode d'investigation actuelle qui a montré une certaine efficacité, puisqu'elle a permis de détecter 80% des cas déclarés. Mais elle a une limite, celle de ne pas pouvoir identifier les personnes "invisibles" avec qui le malade était en contact sans le savoir notamment dans les lieux publics.

C'est à ce niveau qu'intervient l'application de notification d'exposition au Coronavirus Covid-19. C'est un outil de plus dans l'arsenal d'investigation du ministère de la Santé. 

Application et dépistage de masse vont de pair

Mais elle a une autre utilité et pas des moindres, c'est de permettre au ministère de "mieux cibler le dépistage", assure Lyoubi. "L'application va nous aider à cibler chez qui nous allons faire le dépistage", avance Lyoubi. 

Il est indéniable qu'une large politique de dépistage est inévitable à l'avenir. Mais elle doit être menée de façon intelligente. Le ministère a déjà renforcé ses capacités de tests. 

"Nous avons plus de 14 laboratoires opérationnels et une capacité de 3.550 tests par jour et nous allons monter à une capacité de 10.000 tests par jour bientôt", déclare le directeur de l'épidémiologie. Ce dernier avance que le ministère envisage de renforcer davantage ses capacités de dépistage. "Nous attendons le lancement d'un test rapide dont l'efficacité est prouvée".

Les intervenants insistent sur le fait que l'application vient en appui au dispositif existant de suivi des contacts, dont les conditions d'efficacité sont : 

- Le respect strict des recommandations des autorités sanitaires (hygiène, masque sanitaire, distanciation physique...);

- Organisation d'équipes de suivi des contacts pour conseiller et prendre en charge les contacts notifiés;

- Mobilisation des capacités de tests et logistique y afférente;

- Large adoption de l'application. 

Depuis plusieurs jours, les nouveaux cas déclarés quotidiennement sont issus de clusters ou foyers familiaux et professionnels. Les foyers de contamination dans le milieu professionnel font exploser les compteurs car ils se nichent dans des usines ayant des employés par centaines. 

Ce lundi 11 mai, le ministère de la santé a annoncé 218 nouveaux cas dont 196 ont été détectés à travers le suivi des cas contacts, soit un taux de 90%. Tous les nouveaux cas ont été découverts dans des clusters qui continuent à révéler des contaminations.

Ces clusters sont aujourd'hui un vrai défi auquel font face les autorités sanitaires. Quid alors de l'utilisation de l'application de façon obligatoire dans les milieux professionnels à haut risque comme les usines employant un grand nombre d'ouvriers ?

La question a été posée aux intervenants qui ont apporté une réponse peu précise. "Cette application en est à sa première version. Il y aura une deuxième. Si elle peut apporter des solutions aux employeurs, nous sommes ouverts pour les accompagner dans leurs démarches", répond le gouverneur Abdelhak Harrak. 

>>Lire aussi :

- Application de traçage des contaminations: réaction officielle de la CNDP

- Covid-19: Le Maroc va lancer une application de traçage des contaminations

- Covid-19: Les enjeux et les limites des solutions de traçage numérique

Comment l'application de traçage aidera dans la lutte contre le Covid-19

Le 11 mai 2020 à22:06

Modifié le 12 mai 2020 à 15:13

L'application Wiqaytna viendra en renfort aux moyens déployés par le ministère de la Santé pour détecter les cas contacts le plus précocement possible. Voici comment. 

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Les ministères de la Santé et de l'Intérieur ont révélé ce lundi 11 mai les premiers détails sur l'application de traçage des contaminations au Covid-19, dans le cadre d'une conférence de presse en ligne. 

L'application marocaine de "notification d'exposition au Coronavirus Covid-19 - Wiqaytna", son nom officiel, a reçu l'accord de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel. Cette application, conçue par une équipe multidisciplinaire appartenant à plusieurs organismes publics et privés de façon volontaire et gracieuse, est actuellement en phase de test. Aucune date de lancement n'a été annoncée. 

La conférence a été animée par Abdelhak Harrak, gouverneur directeur des systèmes d'information et de communication au ministère de l'Intérieur et Dr Mohamed Lyoubi, directeur de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladie au ministère de la Santé. 

Le premier a présenté les aspects techniques de l'application marocaine. Le second est intervenu pour expliquer le contexte de son utilisation et son utilité d'un point de vue sanitaire. 

L'utilisation de l'application est volontaire 

Le point sur lequel le gouverneur Harrak a insisté fortement est le suivant : "L'usage de l'application sera basé sur le volontariat. Mais sa réussite ne peut être envisagée que dans le cadre d'une mobilisation citoyenne".

En effet, pour que cette application remplisse son rôle, elle doit être utilisée par un maximum de personnes.

Or, l'utilisation étant volontaire, il n'est pas aisé de se prononcer dès maintenant sur son efficacité. Quel seuil minimal d'adhésion est-il nécessaire pour envisager un minimum d'efficacité ? Cette question a été posée aux intervenants, mais aucun seuil minimal n'a été partagé avec nous. 

"Plus la proportion des citoyens qui y adhèrent sera grande, plus nos chances de réussite seront importantes", réplique Dr Lyoubi. 

Quoiqu'il en soit, aucune obligation d'installer cette application n'est envisagée, rappelle les intervenants. 

Une fois installée, cette application fonctionne via bluetooth. "Quand deux utilisateurs qui auront installé l'application seront à proximité l'un de l'autre, des identifiants anonymes et cryptés seront échangés par bluetooth entre les smartphones", expliquent les intervenants. 

"Si un des utilisateurs est confirmé positif dans les 21 jours qui suivent le contact, l'autre utilisateur recevra une notification. Il sera invité à suivre les recommandations qui lui seront envoyées". 

En d'autres termes, chaque téléphone prendra les coordonnées cryptées de l'autre. "Ces données resteront stockées dans le téléphone. Elles ne seront partagées que quand le propriétaire d'un téléphone donné sera déclaré par le ministère de la Santé comme cas confirmé".

Alors les données téléphoniques des personnes avec qui il a été en contact pendant les 21 derniers jours remonteront aux équipes en charge de la gestion des cas contacts. 

Sur la plan technique, le respect de la vie privée est un point central. Sur ce volet, les intervenants ont insisté sur :

- Le périmètre d'utilisation limité au contexte coronavirus. Donc l'application et ses données seront détruites, une fois la pandémie maîtrisée.

- L'obtention de l'autorisation de la CNDP le 10 mai 2020.

- Le stockage des données au niveau du smartphone lui-même.

- La mise à disposition du code source de l'application en open-source. 

Les bénéfices de l'application 

L'équipe conceptrice du projet vante les avantages de cette application. Pour l'utilisateur, celle-ci permet de "se faire notifier en cas d'exposition au virus et d'éviter les complications, grâce à une prise en charge rapide, et la contamination de ses proches". 

Pour le pays, l'application permettra "de réduire la circulation du virus et le taux de létalité et de prendre des décisions éclairées pour un meilleur ciblage des actions de riposte". 

Pour le ministère de la Santé, l'application Wiqaytna permettra de "faciliter l’identification des contacts des personnes confirmées positives, de gagner en efficacité avec une prise en charge rapide qui permet de limiter les contaminations et éviter les complications et d'optimiser l’utilisation des tests de dépistage", 

Les avantages pour le ministère de la Santé sont les plus importants. Mais il est important de noter que cette application n'est pas une solution en soi. Mohamed Lyoubi a été clair sur ce point. L'application vient en renfort au dispositif existant. "Notre dispositif actuel de détection des cas confirmés et des cas contacts restera en place. L'application sera en plus", explique-t-il, en donnant un exemple : 

"Quand un cas confirmé se déclare, les équipes du ministère entament l'enquête épidémiologique pour recenser ses contacts sur les derniers jours. Il peut citer sa famille proche, ses amis, ses collègues..., mais il est difficile d'identifier les personnes avec qui il a été en contact prolongé dans un centre commercial ou dans un supermarché. Des fois, régler ses courses dans un supermarché peut prendre jusqu'à 20 ou 30 minutes. On ne sait pas si la personne devant ou derrière nous dans la file est contaminée ou pas. L'application va nous aider à ce niveau".

En plus clair, le ministère continuera à appliquer la méthode d'investigation actuelle qui a montré une certaine efficacité, puisqu'elle a permis de détecter 80% des cas déclarés. Mais elle a une limite, celle de ne pas pouvoir identifier les personnes "invisibles" avec qui le malade était en contact sans le savoir notamment dans les lieux publics.

C'est à ce niveau qu'intervient l'application de notification d'exposition au Coronavirus Covid-19. C'est un outil de plus dans l'arsenal d'investigation du ministère de la Santé. 

Application et dépistage de masse vont de pair

Mais elle a une autre utilité et pas des moindres, c'est de permettre au ministère de "mieux cibler le dépistage", assure Lyoubi. "L'application va nous aider à cibler chez qui nous allons faire le dépistage", avance Lyoubi. 

Il est indéniable qu'une large politique de dépistage est inévitable à l'avenir. Mais elle doit être menée de façon intelligente. Le ministère a déjà renforcé ses capacités de tests. 

"Nous avons plus de 14 laboratoires opérationnels et une capacité de 3.550 tests par jour et nous allons monter à une capacité de 10.000 tests par jour bientôt", déclare le directeur de l'épidémiologie. Ce dernier avance que le ministère envisage de renforcer davantage ses capacités de dépistage. "Nous attendons le lancement d'un test rapide dont l'efficacité est prouvée".

Les intervenants insistent sur le fait que l'application vient en appui au dispositif existant de suivi des contacts, dont les conditions d'efficacité sont : 

- Le respect strict des recommandations des autorités sanitaires (hygiène, masque sanitaire, distanciation physique...);

- Organisation d'équipes de suivi des contacts pour conseiller et prendre en charge les contacts notifiés;

- Mobilisation des capacités de tests et logistique y afférente;

- Large adoption de l'application. 

Depuis plusieurs jours, les nouveaux cas déclarés quotidiennement sont issus de clusters ou foyers familiaux et professionnels. Les foyers de contamination dans le milieu professionnel font exploser les compteurs car ils se nichent dans des usines ayant des employés par centaines. 

Ce lundi 11 mai, le ministère de la santé a annoncé 218 nouveaux cas dont 196 ont été détectés à travers le suivi des cas contacts, soit un taux de 90%. Tous les nouveaux cas ont été découverts dans des clusters qui continuent à révéler des contaminations.

Ces clusters sont aujourd'hui un vrai défi auquel font face les autorités sanitaires. Quid alors de l'utilisation de l'application de façon obligatoire dans les milieux professionnels à haut risque comme les usines employant un grand nombre d'ouvriers ?

La question a été posée aux intervenants qui ont apporté une réponse peu précise. "Cette application en est à sa première version. Il y aura une deuxième. Si elle peut apporter des solutions aux employeurs, nous sommes ouverts pour les accompagner dans leurs démarches", répond le gouverneur Abdelhak Harrak. 

>>Lire aussi :

- Application de traçage des contaminations: réaction officielle de la CNDP

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- Covid-19: Les enjeux et les limites des solutions de traçage numérique

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