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Coronavirus : les marchés boursiers continuent de boire la tasse

Coronavirus: les marchés boursiers continuent de boire la tasse

Le 06 mars 2020 à 13:57

Modifié le 06 mars 2020 à 14:37

Les marchés continuaient à défaillir vendredi 6 mars dans un contexte de nervosité extrême, alors que le monde est engagé dans une course contre la montre pour endiguer les effets délétères de l'épidémie de coronavirus sur l'économie.

Vers 10H50 GMT, les bourses européennes déprimaient toutes de Paris, qui a franchi brièvement la barre des 4% de baisse, à Londres (-3,23%), en passant par Francfort (-3,60%), Madrid (-3,57%) et Milan (-3,54%).

La crise sanitaire inédite a également fait plier les places financières asiatiques vendredi: Tokyo a fini en forte baisse (-2,72%), tout comme Hong Kong (-2,32%) et Shanghai (-1,21%). Les grands indices américains ont pour leur part dévissé de plus de 3% jeudi.

Entrés dans une phase aigüe de stress, les marchés n'en finissent pas de se chercher: leur tentative de rebond en début de semaine, fragile en dépit de l'ampleur de la baisse hebdomadaire précédente, a été rapidement balayée par un retour à une certaine panique.

Cette semaine a ainsi marqué le grand retour de la volatilité et de la nervosité. Signe de l'aversion au risque, le taux obligataire américain à 10 ans a atteint jeudi un nouveau plus bas historique, tout comme le taux allemand de même échéance.

Le pétrole perdait de son côté plus de 5% vendredi alors que le marché restait suspendu à la réponse de la Russie à la proposition de l'Opep d'accroître les coupes de production.

L'indice américain S&P 500 illustre aussi cette volatilité: "Sur les neuf dernières séances de Bourse, sept ont enregistré des évolutions proches ou supérieures à 3%: cinq à la baisse et deux à la hausse", souligne la Banque Postale Asset Management dans une note.

Les marchés ont été surpris mardi que la Réserve fédérale américaine intervienne si tôt pour baisser ses taux directeurs d'un demi-point de pourcentage. Contrairement aux places européennes, Wall Street a accueilli négativement cette annonce avant de remonter le lendemain grâce au vote des primaires démocrates en faveur de Joe Biden puis de rechuter jeudi.

"L'argent bon marché des banques centrales et les paquets d'aide en milliards des Etats ne peuvent que soulager les symptômes, ils ne combattent pas la cause" de l'épidémie, note Milan Cutkovic, analyste chez AxiTrader.

Après l'intervention de la Fed, des banques centrales canadienne, australienne et malaisienne, d'autres sont aussi dans les starting-blocks.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) a estimé jeudi que l'institution avait "encore beaucoup de munitions" pour faire face à une crise financière, malgré des taux d'intérêt déjà très bas.

Les regards sont surtout tournés vers la Banque centrale européenne (BCE), qui dévoilera ses intentions la semaine prochaine, et dispose a priori de moins de marges de manœuvre.

Mais nombre d'intervenants de marché considèrent que la réponse à apporter devrait être beaucoup plus budgétaire que monétaire pour être efficace. Des plans de plusieurs milliards ont d'ores et déjà été débloqués aux Etats-Unis et en Italie pour répondre à cette crise sanitaire inédite.

Sortir du brouillard

"Tout ce qui peut contribuer à court-circuiter la panique et abaisser le prix de la liquidité est bon à prendre, même si on n'en voit pas tous les effets instantanément", affirme Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF.

Car pour l'heure, les marchés restent dans le brouillard: nul ne sait quand prendront fin les mesures drastiques prises dans de nombreux pays, telles que le confinement de la population, la fermeture des écoles et autres sites ainsi que les annulations de salons professionnels.

"La pénurie de financements disponibles et les ruptures des chaînes d'approvisionnement concourent à accentuer la pression sur le secteur privé. À ce stade, il est très difficile d'estimer le risque de défaillance et le coût économique potentiel qui y est associé", note Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

"Pour les marchés, l'équation reste la même: comment va évoluer l'épidémie à l'échelle mondiale, en combien de temps et quel impact économique dans la durée?", récapitule Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

"Avec des contaminations à 4 chiffres, la psychose prend de l'ampleur et les gouvernements multiplient les mesures, ce qui porte un coup terrible à l'économie", souligne-t-il.

Les pays les plus touchés après la Chine sont la Corée du Sud (6.284 cas dont 196 nouveaux, 42 décès), l'Italie (3.858 cas, 148 décès) et l'Iran (3.513 cas, 107 décès).

(AFP)

Coronavirus: les marchés boursiers continuent de boire la tasse

Le 06 mars 2020 à14:07

Modifié le 06 mars 2020 à 14:37

Les marchés continuaient à défaillir vendredi 6 mars dans un contexte de nervosité extrême, alors que le monde est engagé dans une course contre la montre pour endiguer les effets délétères de l'épidémie de coronavirus sur l'économie.

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Vers 10H50 GMT, les bourses européennes déprimaient toutes de Paris, qui a franchi brièvement la barre des 4% de baisse, à Londres (-3,23%), en passant par Francfort (-3,60%), Madrid (-3,57%) et Milan (-3,54%).

La crise sanitaire inédite a également fait plier les places financières asiatiques vendredi: Tokyo a fini en forte baisse (-2,72%), tout comme Hong Kong (-2,32%) et Shanghai (-1,21%). Les grands indices américains ont pour leur part dévissé de plus de 3% jeudi.

Entrés dans une phase aigüe de stress, les marchés n'en finissent pas de se chercher: leur tentative de rebond en début de semaine, fragile en dépit de l'ampleur de la baisse hebdomadaire précédente, a été rapidement balayée par un retour à une certaine panique.

Cette semaine a ainsi marqué le grand retour de la volatilité et de la nervosité. Signe de l'aversion au risque, le taux obligataire américain à 10 ans a atteint jeudi un nouveau plus bas historique, tout comme le taux allemand de même échéance.

Le pétrole perdait de son côté plus de 5% vendredi alors que le marché restait suspendu à la réponse de la Russie à la proposition de l'Opep d'accroître les coupes de production.

L'indice américain S&P 500 illustre aussi cette volatilité: "Sur les neuf dernières séances de Bourse, sept ont enregistré des évolutions proches ou supérieures à 3%: cinq à la baisse et deux à la hausse", souligne la Banque Postale Asset Management dans une note.

Les marchés ont été surpris mardi que la Réserve fédérale américaine intervienne si tôt pour baisser ses taux directeurs d'un demi-point de pourcentage. Contrairement aux places européennes, Wall Street a accueilli négativement cette annonce avant de remonter le lendemain grâce au vote des primaires démocrates en faveur de Joe Biden puis de rechuter jeudi.

"L'argent bon marché des banques centrales et les paquets d'aide en milliards des Etats ne peuvent que soulager les symptômes, ils ne combattent pas la cause" de l'épidémie, note Milan Cutkovic, analyste chez AxiTrader.

Après l'intervention de la Fed, des banques centrales canadienne, australienne et malaisienne, d'autres sont aussi dans les starting-blocks.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) a estimé jeudi que l'institution avait "encore beaucoup de munitions" pour faire face à une crise financière, malgré des taux d'intérêt déjà très bas.

Les regards sont surtout tournés vers la Banque centrale européenne (BCE), qui dévoilera ses intentions la semaine prochaine, et dispose a priori de moins de marges de manœuvre.

Mais nombre d'intervenants de marché considèrent que la réponse à apporter devrait être beaucoup plus budgétaire que monétaire pour être efficace. Des plans de plusieurs milliards ont d'ores et déjà été débloqués aux Etats-Unis et en Italie pour répondre à cette crise sanitaire inédite.

Sortir du brouillard

"Tout ce qui peut contribuer à court-circuiter la panique et abaisser le prix de la liquidité est bon à prendre, même si on n'en voit pas tous les effets instantanément", affirme Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF.

Car pour l'heure, les marchés restent dans le brouillard: nul ne sait quand prendront fin les mesures drastiques prises dans de nombreux pays, telles que le confinement de la population, la fermeture des écoles et autres sites ainsi que les annulations de salons professionnels.

"La pénurie de financements disponibles et les ruptures des chaînes d'approvisionnement concourent à accentuer la pression sur le secteur privé. À ce stade, il est très difficile d'estimer le risque de défaillance et le coût économique potentiel qui y est associé", note Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

"Pour les marchés, l'équation reste la même: comment va évoluer l'épidémie à l'échelle mondiale, en combien de temps et quel impact économique dans la durée?", récapitule Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

"Avec des contaminations à 4 chiffres, la psychose prend de l'ampleur et les gouvernements multiplient les mesures, ce qui porte un coup terrible à l'économie", souligne-t-il.

Les pays les plus touchés après la Chine sont la Corée du Sud (6.284 cas dont 196 nouveaux, 42 décès), l'Italie (3.858 cas, 148 décès) et l'Iran (3.513 cas, 107 décès).

(AFP)

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