Covid: La majorité des personnes en situation de handicap n'ont reçu aucune aide

Handicap International a réalisé une étude sur le handicap et la vulnérabilité en temps de crise au Maroc. Cette étude souligne que la majorité des personnes vulnérables, tous facteurs confondus, n’ont reçu aucune aide pendant la crise sanitaire actuelle. Egalement, leur niveau d'accès aux services de base s’est détérioré.

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Covid-19: La majorité des personnes en situation de handicap n'ont reçu aucune aide

Le 28 septembre 2020 à 15:31

Modifié le 29 septembre 2020 à 11:16

Les deux objectifs de l’enquête étaient d’évaluer d’une part, l’accès des personnes vulnérables et en situation de handicap, aux dispositifs d’information et d’aide, mis en place dans le cadre de la réponse à la pandémie. Et d’apprécier, d’autre part, l’impact de cette crise sur leur situation personnelle, notamment sur le plan du revenu et de l’accès aux services.

Accès à l’information: les associations ont joué un rôle très réduit

Concernant l’accès à l’information, 61% des tuteurs déclarent avoir parlé du coronavirus et transmis les informations sur la maladie à leur personne à charge. Naturellement, la déficience et l’âge de la personne dépendante sont des facteurs qui influencent fortement le passage de l’information.

Les enfants ont ainsi été moins informés, tout comme les personnes avec une déficience intellectuelle ou mentale. La première raison évoquée est que l’information est trop compliquée.

En général, la majorité des participants n’ont pas eu de problèmes majeurs pour accéder à l’information relative à la crise sanitaire. Toutefois, la moitié déclarent que l’information n’est pas claire ou qu’il y a trop d’informations. D'autre part, 17% indiquent que l’information n’est pas accessible, 12% qu’ils ont des problèmes d’illettrisme et environ 15% qu’ils n’ont pas accès à une connexion.

En outre, la télévision, internet et les réseaux sociaux constituent les principaux canaux d’information des répondants (environ 80%), notamment chez les moins de 34 ans et les personnes avec un niveau d’instruction plus élevé. Toutefois, les associations semblent avoir joué un rôle très réduit dans l’accès à l’information (moins de 10%).

Seulement 68% des participants pratiquent constamment les gestes barrières

De manière générale, les mesures préventives sont très bien connues sans différenciation majeure en fonction du genre, du statut ou du niveau d’instruction de la personne. Cependant, cette connaissance ne se traduit pas par une pratique systématique. Seuls 68% des participants déclarent les pratiquer tout le temps.

Les principales raisons avancées par les personnes pratiquant les gestes barrières de temps en temps, peu ou pas du tout, sont liées à la complexité de leur situation, à l’accès aux produits d’hygiène, à la nécessité de contacts humains à cause de leur état et à la difficulté à comprendre les gestes barrières ou le manque de foi dans leur utilité.

La majorité des personnes vulnérables n’ont reçu aucune aide pendant la crise

Plus de la moitié des participants à l'enquête indiquent que leur revenu a diminué depuis le début du confinement, 40% ont connu une baisse de plus de la moitié de leurs ressources et 35,8% d'entre eux qui avaient un revenu avant la crise, déclarent ne plus en avoir.

Dans ce sens, le rapport souligne que "les jeunes apparaissent être les grands oubliés de la crise. Alors qu’ils sont parmi les plus affectés par les pertes de revenu, et que le taux de chômage dans leur rang est le plus élevé du pays, ils échappent aux dispositifs d’aide mis en place."

Malgré les efforts consentis, la majorité des personnes vulnérables, tous facteurs confondus, n’ont reçu aucune aide pendant la crise. 

Au final, moins de la moitié des personnes n’ayant plus de revenu ont eu une aide financière. Près de la moitié des personnes dont le revenu a baissé pendant la crise, ont reçu une aide. Et seulement 39,2% des personnes qui n’avaient pas de revenu avant la crise ont pu obtenir une aide. En outre, un tiers des ramedistes, sont restés sans appui financier.

L'accès aux services de base s'est détérioré

Près de 60% des enfants handicapés des familles interrogées n’avaient plus accès à l’éducation pendant la crise. 

Chez les adultes en situation de handicap, le taux d’accès aux secteurs de la santé et à la réadaptation est passé de 14% à 4,7% pendant le confinement.

Du côté des enfants, le taux d’accès aux services est passé de 57,6% à 8,5% dans le secteur de la réadaptation, de 25,4% à 10,2% en matière de santé et de 15,2% à 3,4% en matière d’appui psychosocial.

Finalement et pour améliorer la situation des vulnérables pendant la crise, Handicap international recommande, entre autres, de privilégier la télévision, en tant que canal de communication (car les Ntic, souvent mises en avant, montrent leurs limites quand il s’agit d’atteindre les plus vulnérables), d’informer les personnes en situation de handicap du dispositif Ramed et les accompagner pour qu'elles s’enregistrent, de clarifier les critères de vulnérabilité utilisés dans le cadre des mécanismes d’aide en proposant des mécanismes d’enregistrement variés afin de prendre en compte les enjeux de l’accessibilité et de l’illettrisme.

L'ONG recommande également, d’appuyer les centres de réadaptation pour la prise en charge des coûts induits par la mise en place des mesures sanitaires particulières et de faire un suivi téléphonique régulier des personnes vulnérables pendant le confinement. Afin de rompre l’isolement tout en identifiant des situations d’urgence le plus tôt possible...

Notons que cette enquête a été réalisée pendant le mois de juin 2020 et a ciblé 3 groupes principaux dits "vulnérables": les personnes en situation de handicap, les tuteurs de personnes handicapées ou dépendantes, les autres personnes vulnérables pour des raisons économiques ou sociales (femmes isolées, personnes en recherche d’emploi et personnes victimes de discrimination, etc.)

Au total de 404 personnes ont contribué à l’enquête, avec une répartition par sexe équilibrée. 26.5% des participants sont des personnes en situation de handicap et 14.5% des tuteurs de personnes handicapées ou dépendantes comptant au moins une personne dépendante dans le foyer. Les tuteurs représentent un total de 67 personnes dépendantes. La seconde part de l’échantillon, soit 59%, est constituée des autres personnes vulnérables.

Bien que l’échantillon ne reflète pas la composition de la population marocaine (avec une proportion plus élevée de personnes en situation de handicap qu’en réalité) les groupes de personnes considérées comme vulnérables sont bien représentés. 87.6% des répondants vivent dans un foyer composé de 3 à 4 personnes ou plus de 4 personnes ce qui est cohérent avec la composition des ménages marocains. 83.4% des participants sont issus des zones les plus affectées par l’épidémie. 

Handicap International est une ONG de solidarité internationale qui intervient dans une soixantaine de pays, dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes aux côtés des personnes handicapées et des populations vulnérables.

Covid: La majorité des personnes en situation de handicap n'ont reçu aucune aide

Le 28 septembre 2020 à16:37

Modifié le 29 septembre 2020 à 11:16

Handicap International a réalisé une étude sur le handicap et la vulnérabilité en temps de crise au Maroc. Cette étude souligne que la majorité des personnes vulnérables, tous facteurs confondus, n’ont reçu aucune aide pendant la crise sanitaire actuelle. Egalement, leur niveau d'accès aux services de base s’est détérioré.

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Les deux objectifs de l’enquête étaient d’évaluer d’une part, l’accès des personnes vulnérables et en situation de handicap, aux dispositifs d’information et d’aide, mis en place dans le cadre de la réponse à la pandémie. Et d’apprécier, d’autre part, l’impact de cette crise sur leur situation personnelle, notamment sur le plan du revenu et de l’accès aux services.

Accès à l’information: les associations ont joué un rôle très réduit

Concernant l’accès à l’information, 61% des tuteurs déclarent avoir parlé du coronavirus et transmis les informations sur la maladie à leur personne à charge. Naturellement, la déficience et l’âge de la personne dépendante sont des facteurs qui influencent fortement le passage de l’information.

Les enfants ont ainsi été moins informés, tout comme les personnes avec une déficience intellectuelle ou mentale. La première raison évoquée est que l’information est trop compliquée.

En général, la majorité des participants n’ont pas eu de problèmes majeurs pour accéder à l’information relative à la crise sanitaire. Toutefois, la moitié déclarent que l’information n’est pas claire ou qu’il y a trop d’informations. D'autre part, 17% indiquent que l’information n’est pas accessible, 12% qu’ils ont des problèmes d’illettrisme et environ 15% qu’ils n’ont pas accès à une connexion.

En outre, la télévision, internet et les réseaux sociaux constituent les principaux canaux d’information des répondants (environ 80%), notamment chez les moins de 34 ans et les personnes avec un niveau d’instruction plus élevé. Toutefois, les associations semblent avoir joué un rôle très réduit dans l’accès à l’information (moins de 10%).

Seulement 68% des participants pratiquent constamment les gestes barrières

De manière générale, les mesures préventives sont très bien connues sans différenciation majeure en fonction du genre, du statut ou du niveau d’instruction de la personne. Cependant, cette connaissance ne se traduit pas par une pratique systématique. Seuls 68% des participants déclarent les pratiquer tout le temps.

Les principales raisons avancées par les personnes pratiquant les gestes barrières de temps en temps, peu ou pas du tout, sont liées à la complexité de leur situation, à l’accès aux produits d’hygiène, à la nécessité de contacts humains à cause de leur état et à la difficulté à comprendre les gestes barrières ou le manque de foi dans leur utilité.

La majorité des personnes vulnérables n’ont reçu aucune aide pendant la crise

Plus de la moitié des participants à l'enquête indiquent que leur revenu a diminué depuis le début du confinement, 40% ont connu une baisse de plus de la moitié de leurs ressources et 35,8% d'entre eux qui avaient un revenu avant la crise, déclarent ne plus en avoir.

Dans ce sens, le rapport souligne que "les jeunes apparaissent être les grands oubliés de la crise. Alors qu’ils sont parmi les plus affectés par les pertes de revenu, et que le taux de chômage dans leur rang est le plus élevé du pays, ils échappent aux dispositifs d’aide mis en place."

Malgré les efforts consentis, la majorité des personnes vulnérables, tous facteurs confondus, n’ont reçu aucune aide pendant la crise. 

Au final, moins de la moitié des personnes n’ayant plus de revenu ont eu une aide financière. Près de la moitié des personnes dont le revenu a baissé pendant la crise, ont reçu une aide. Et seulement 39,2% des personnes qui n’avaient pas de revenu avant la crise ont pu obtenir une aide. En outre, un tiers des ramedistes, sont restés sans appui financier.

L'accès aux services de base s'est détérioré

Près de 60% des enfants handicapés des familles interrogées n’avaient plus accès à l’éducation pendant la crise. 

Chez les adultes en situation de handicap, le taux d’accès aux secteurs de la santé et à la réadaptation est passé de 14% à 4,7% pendant le confinement.

Du côté des enfants, le taux d’accès aux services est passé de 57,6% à 8,5% dans le secteur de la réadaptation, de 25,4% à 10,2% en matière de santé et de 15,2% à 3,4% en matière d’appui psychosocial.

Finalement et pour améliorer la situation des vulnérables pendant la crise, Handicap international recommande, entre autres, de privilégier la télévision, en tant que canal de communication (car les Ntic, souvent mises en avant, montrent leurs limites quand il s’agit d’atteindre les plus vulnérables), d’informer les personnes en situation de handicap du dispositif Ramed et les accompagner pour qu'elles s’enregistrent, de clarifier les critères de vulnérabilité utilisés dans le cadre des mécanismes d’aide en proposant des mécanismes d’enregistrement variés afin de prendre en compte les enjeux de l’accessibilité et de l’illettrisme.

L'ONG recommande également, d’appuyer les centres de réadaptation pour la prise en charge des coûts induits par la mise en place des mesures sanitaires particulières et de faire un suivi téléphonique régulier des personnes vulnérables pendant le confinement. Afin de rompre l’isolement tout en identifiant des situations d’urgence le plus tôt possible...

Notons que cette enquête a été réalisée pendant le mois de juin 2020 et a ciblé 3 groupes principaux dits "vulnérables": les personnes en situation de handicap, les tuteurs de personnes handicapées ou dépendantes, les autres personnes vulnérables pour des raisons économiques ou sociales (femmes isolées, personnes en recherche d’emploi et personnes victimes de discrimination, etc.)

Au total de 404 personnes ont contribué à l’enquête, avec une répartition par sexe équilibrée. 26.5% des participants sont des personnes en situation de handicap et 14.5% des tuteurs de personnes handicapées ou dépendantes comptant au moins une personne dépendante dans le foyer. Les tuteurs représentent un total de 67 personnes dépendantes. La seconde part de l’échantillon, soit 59%, est constituée des autres personnes vulnérables.

Bien que l’échantillon ne reflète pas la composition de la population marocaine (avec une proportion plus élevée de personnes en situation de handicap qu’en réalité) les groupes de personnes considérées comme vulnérables sont bien représentés. 87.6% des répondants vivent dans un foyer composé de 3 à 4 personnes ou plus de 4 personnes ce qui est cohérent avec la composition des ménages marocains. 83.4% des participants sont issus des zones les plus affectées par l’épidémie. 

Handicap International est une ONG de solidarité internationale qui intervient dans une soixantaine de pays, dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes aux côtés des personnes handicapées et des populations vulnérables.

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