Covid. 254.000 personnes ont des anticorps, une investigation nationale sera lancée
254.100 personnes ont été en contact avec le coronavirus au Maroc au cours de la période mars-août 2020, selon les résultats préliminaires d'une investigation menée par le ministère de la Santé. Ce dernier va lancer une investigation nationale qui va toucher 6 millions de personnes.
0,7% de la population ont été en contact avec le virus SARS-CoV-2, soit 254.100 personnes, si l'on extrapole directement sans correction, le taux obtenu par le ministère de la Santé publique dans la première étude de séroprévalence dont le résultat est rendu public par un communiqué officiel (fac-similé ci-dessous).
L'échantillon est très large: 85.000 personnes. Mais il n'y a pas eu correction des biais possibles, car il s'agit de donneurs de sang. De ce fait, il s'agit généralement de personnes adultes, urbaines et en bonne santé.
L'objectif de telles études recommandées par l'OMS est de connaître la prévalence du virus ainsi que le taux d'une éventuelle immunité au sein de la population. Les personnes qui ont développé des anticorps IgG anti-SARS-CoV-2 ont en effet a priori une immunité contre la maladie, mais on ne sait pas pour combien de temps.
Les tests sérologiques ont été appliqués à des échantillons de sang provenant de donateurs dans les centres de transfusion sanguine, les laboratoires publics nationaux ou régionaux et les CHU.
Lorsqu'un individu est en contact avec le virus, il produit des anticorps pour se défendre. Ces tests sérologiques mesurent la présence de ces anticorps au moment du test. L'étude ayant couvert 6 mois (mars-août), il n'est pas certain qu'au moment où vous lisez cet article, tous les porteurs d'anticorps comptabilisés, les gardent encore (donc soient encore immunisés). Ce genre d'étude a une valeur surtout indicative.
Aucune donnée n'est fournie sur l'âge ou le sexe des individus concernés.
Le résultat montre une prévalence de 0,7% chez les donneurs de sang. Rapporté à la population générale estimée à 36,3 millions d'individus, ce chiffre équivaut à 254.100 personnes qui ont été en contact avec le virus, sans développer obligatoirement des symptômes.
Le 31 août, le Maroc comptait 63.781 cas cumulés, soit le quart des 254.100 cas supposés. Si cette extrapolation est juste, elle remet en cause différents taux tels que celui de la létalité ou l'incidence par rapport à la population générale. Le 31 août, la prévalence selon les chiffres officiels était de 0,175. Selon l'investigation de séroprévalence, elle serait de 0,7.
Il va sans dire que tous les cas ne sont pas comptabilisés ni même identifiés, surtout lorsqu'il s'agit de cas pauci-symptomatiques ou asymptomatiques. Il en est de même pour les décès, nous ne savons pas si tous les décès réellement dus au Covid ont été comptabilisés ou non.
Cela étant, les chiffres restent rassurants. Le ministère estime que ces chiffres, inférieurs par rapport à d'autres pays, suggèrent que le dispositif de détection au Maroc fonctionne bien (environ 25% des cas étant détectés).
Le ministère affirme qu'il lancera une stratégie de surveillance sérologique à l'échelle nationale, ciblant les personnes ayant des comorbidités (maladies chroniques), les personnes âgées de 60 ans et plus, les professionnels de la santé, les détenus dans les établissements pénitentiaires, les donneurs de sang; ainsi qu'une investigation de la population générale.
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