De la fabrication à l'utilisation d'urgence, bilan du vaccin de Sinopharm
Sur la revue Nature, scientifiques et responsables étrangers font le point sur les vaccins Chinois. D'autres rappellent que les laboratoires occidentaux n'ont pas non plus publié les résultats préliminaires des phases 3 des essais cliniques.
Dans un article paru en ligne le 2 décembre et dans la version magazine le lendemain, la prestigieuse revue Nature fait le point sur le paysage scientifique et la réputation de la Chine suite à l’impact de la pandémie.
En donnant la parole à des chercheurs et des responsables, dont certains ont préféré garder l’anonymat, la revue rappelle que l’Organisation mondiale de la santé liste 11 candidats-vaccins développés en Chine dont 5 ont déjà ou sont sur le point de lancer la phase 3 des essais cliniques, qui permet de tester l’efficacité du vaccin sur une population plus large.
“Deux d’entre eux sont développés par une entreprise étatique Sinopharm”, lit-on dans l’article de Nature.
Ce vendredi 4 décembre, Wang Junzhi, chef adjoint de l'équipe de recherche sur les vaccins du groupe de recherche scientifique et académicien, a déclaré lors d'une conférence de presse que "600 millions de doses de vaccins inactivés seront approuvées pour la commercialisation dans une à deux semaines".
Après avoir signé un partenariat avec Sinopharm et participé à la phase 3 des essais cliniques du vaccin anti-Covid "BBIBP-CorV", le Maroc attend l'homologation chinoise pour délivrer une autorisation d'urgence et lancer la campagne nationale de vaccination.
Fabrication et stockage: les points forts des vaccins de Sinopharm
La fabrication des vaccins Chinois ne se base pas sur la même approche. Comme le rappelle Nature, “3 candidats-vaccins (2 de Sinopharm et celui de Sinovac) ont été fabriqués avec un virus inactivé. Il s’agit d’une approche relativement simple et largement utilisée qui repose sur des particules virales tuées pour exposer le système immunitaire au virus”.
C’est en effet l’un des avantages de ces vaccins chinois, dont l’acheminement et le stockage sont plus simples contrairement à ceux de Pfizer ou Moderna qui nécessitent un stockage à -70°C.
Ces éléments ne sont pas nouveaux. L’analyse des différences entre les candidats-vaccins est au coeur de l’attention scientifique et médiatique depuis plusieurs semaines. Une attention portée sur l’absence des résultats de la phase 3 des essais cliniques de vaccins chinois.
Les données scientifiques détaillées des vaccins occidentaux pas encore disponibles
Pourtant, selon France 24, Bern Salzberger, directeur du service d’infectiologie à la clinique universitaire de Regensburg en Allemagne, estime "qu'il ne faut pas oublier que pour Moderna, Pfizer et AstraZeneca, nous disposons aussi uniquement des annonces faites par communiqués de presse. Il n'y a certes aucune raison de douter de leur exactitude, mais nous n'avons pas encore les données scientifiques détaillées non plus pour ces vaccins".
Pour Zoltan Kis, chercheur à l'Imperial College de Londres, il faut faire attention à ne pas juger l'approche chinoise à travers le prisme de nos règles sanitaires occidentales, rapporte France 24.
"C'est sûr que si les résultats des tests de la phase 3 avaient été rendus publics ce serait plus rassurant, mais le plus important reste que toutes les données soient transmises aux autorités qui autorisent l'utilisation de ces vaccins", déclare M. Kis.
Pour rappel, le 11 octobre 2020, Sinopharm a déclaré dans un communiqué sur le réseau social chinois WeChat, que les données des essais cliniques qui prennent place aux Emirats arabes unis, au Bahreïn et en Egypte “sont meilleurs que prévu”, sans donner de détails supplémentaires, lit-on sur les colonnes de Nature.
De plus, Liu Zingzhen, PDG de Sinopharm a déclaré, en novembre dernier, que sa compagnie a vacciné plus d’un million de personnes en Chine, dans le cadre du programme d’utilisation d’urgence, en soulignant qu’aucune réaction sérieuse n’a été signalée.
En effet, bien qu'aucun vaccin ne soit encore approuvé par les régulateurs internationaux, des vaccinations généralisées sont administrées au public chinois dans le cadre d'un programme d'utilisation d'urgence autorisé par les dirigeants chinois en juillet.
Selon Nature, "des enquêtes révèlent que les vaccins expérimentaux sont disponibles pour toute personne prête à payer dans certains coins de la Chine. A Yiwu, par exemple, BBC a interviewé des personnes faisant la queue pour payer près de 60$ (US) en contrepartie d’une dose".
Le même constat a été rapporté par France Inter qui a publié les témoignages de Chinois vaccinés et confiants.
Ces derniers ont également souligné l’absence de réactions indésirables graves, confirmant ainsi les résultats des phases 1 et 2 des essais cliniques du vaccin de Sinopharm (publiés sur The Lancet et sur JAMA), mais aussi les premières observations de la phase 3 dont les résultats préliminaires seront publiés avant fin 2020, selon Bouchra Meddah, directrice du médicament et de la pharmacie au ministère de la Santé.
De plus, la participation du Maroc à la phase 3 des essais cliniques de ce vaccin a permis à des experts Marocains, dont des responsables et coordinateurs, d’observer que seules des réactions secondaires bénignes sont apparues à la suite de la vaccination avant de disparaître quelques jours plus tard (fièvres, douleurs et rougeurs etc.) et de constater l’absence d’effets indésirables graves sur les 300 personnes ayant reçu le vaccin parmi les 600 volontaires Marocains.
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