Déconfinement: une décision difficile mais inévitable, à annoncer avant l'Aïd
ROUND UP. Il y aura au moins l'annonce d'un plan. Donner de la visibilité aux citoyens est indispensable. Sans visibilité, on ne pourra pas maintenir l'adhésion des Marocains.
Personne ne connaît la date ni la décision, ni même le plan. Mais voici les postulats de base.
>Ne pas confondre état d'urgence et confinement obligatoire.
L'état d'urgence sanitaire est le cadre dans lequel la décision du confinement obligatoire a été inscrite.
L'état d'urgence sanitaire sera certainement prolongé, peut-être d'un mois. Il prend fin le 20 mai prochain selon le dernier communiqué officiel.
L'annonce du maintien ou pas du confinement obligatoire sera logiquement annoncée concomitamment avec l'annonce de prolongation de l'état d'urgence sanitaire.. Notons qu'Elotmani doit s'exprimer au parlement sur ce sujet, le lundi 18 mai.
>Le confinement obligatoire sera-t-il prolongé?
Il ne peut pas être prolongé indéfiniment, quels que soient les indicateurs de propagation de l'épidémie.
Une partie de la population marocaine, notamment dans les grandes villes, a certainement dépassé son seuil de résistance, pour des raisons psychologiques et économiques. Il y a un déconfinement de facto dans les grandes villes: réapparition des embouteillages, réouverture de commerces, affluence dans les zones commerçantes.
La question n'est pas "est-ce que le confinement sera prolongé?"
C'est plutôt: "pourra-t-on le maintenir plus longtemps?" ET "si on le prolonge, sera-t-il respecté?".
Il est hautement probable que le déconfinement progressif commencera au plus tard entre le 20 mai et au lendemain de l'Aïd (24 et 25 mai). Attendre le lendemain de l'Aïd n'est pas exclu, pour gagner quelques journées de semi-confinement. Il s'agira d'un déconfinement dans les régions les moins touchées ou les provinces indemnes. Donc dans la première étape, ni Rabat, ni Casablanca, ni Marrakech, ni Tanger, ni Fès ou Meknès.
En tous les cas, pour garder la main et la maîtrise de la situation, l'Etat a intérêt à annoncer rapidement le déconfinement, avec un plan, des dates et des étapes.
>Le confinement et le déconfinement, des révélateurs d'inégalités.
La crise a révélé le visage de la précarité et des inégalités.
La sortie du confinement le fera également.
La réussite du déconfinement tient en quelques mots: garder un masque (porté convenablement); se laver fréquemment les mains; ne pas porter les mains à son visage; garder la distance physique.
Ce dernier point pose un double problème: à l'école et dans les transports publics. Pour ce qui concerne l'école, le gouvernement a annoncé qu'elles resteront fermées jusqu'à septembre. Il reste les transports publics. Et c'est là où l'inégalité joue.
Tous ceux qui seront dans l'obligation de prendre les transports publics prendront un risque supplémentaire.
>Ce qui a déjà été annoncé par le gouvernement.
Que le déconfinement commencera par les régions qui ont peu ou plus de cas actifs; et que le rétablissement de la circulation interurbaine sera l'une des dernières mesures du plan de déconfinement (ministres de l'Intérieur, ministre de la Santé).
Pour ce qui concerne la situation épidémique, il y a eu clairement une nouvelle vague (ci-dessous, nouveaux cas quotidiens jusqu'au 12 mai inclus). Et le fait que les contaminations se soient déclarées dans des clusters ne signifie en aucun cas que la situation est maîtrisée. Toute infection signifie une circulation du virus. Comme l'avait montré Louis Pasteur, il n'y a pas de génération spontanée dans ce domaine.
Au final, les mesures prises ont sauvé beaucoup de Marocains, ont permis de faire face aux cas qui ont été déclarés, d'améliorer les équipements de la Santé publique, de fabriquer des masques et finalement de gagner du temps et de bien fignoler les plans de lutte. Mais ce n'est pas fini, le déconfinement est inévitable, il faudra vivre avec le virus et ce sera la responsablilité de chacun d'entre nous.

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