Les problèmes juridiques des Marocains selon une étude maroco-hollandaise

Une étude maroco-hollandaise diagnostique les problèmes juridiques des Marocains. La moitié des citoyens fait face à des problèmes de cette nature, dont une grande partie reste non résolue. Les Marocains sont dépensiers lorsque le problème touche à leurs terres, mais le sont beaucoup moins quand il s'agit de violence domestique. 

=

Le 13 mars 2019 à 17:35

Modifié le 13 mars 2019 à 17:27

Près de la moitié des marocains (45%) a connu un ou plusieurs problèmes juridiques au cours des quatre dernières années. C’est la conclusion d’une enquête de l’Institut de La Haye pour l’innovation du droit, présentée ce mercredi 13 mars à Rabat.

3,9 millions de citoyens affrontent de nouveaux problèmes chaque année, dont 62% restent non résolus. La criminalité (760.000 cas par an), les conflits familiaux (630.000), les litiges au travail (350.000) et la violence domestique (240.000) arrivent en tête des tracas juridiquo-judiciaires les plus « répandus et dangereux », selon cette étude réalisée en partenariat avec l’association Adala et le club des magistrats au Maroc.

Intitulée "Besoins en matière de Justice et niveau de satisfaction au Maroc", l’enquête se base sur un sondage d’opinion effectué entre juillet et septembre 2018, période au cours de laquelle 6.000 personnes issues des deux sexes, de tous les statuts sociaux et répartis sur les 12 régions du Royaume ont été questionnées. Cette opération a été complétée par des entrevues entre ADALA et des professionnels de la Justice.

Parmi 89 problèmes précisés dans les sondages, le vol (10%), le divorce et la séparation (5%), les accidents de la circulation (4%) et les agressions physiques sont les soucis les plus récurrents auxquels sont confrontés les citoyens.

Interrogés sur la fin escompté de la résolution du problème, 43% des sondés ont répondu que la résolution du problème aide à assimiler leurs droits. Ce constat ressort surtout au niveau des conflits au travail. De même, 30% attendent une sanction à l’encontre d’un contrevenant, surtout lorsqu’il s’agit d’un problème ayant trait à la délinquance, tandis que 22% disent attendre des excuses, notamment dans les cas de violences domestiques.

La violence domestique arrive en tête des problèmes les plus épuisants et les plus coûteux

Sur une échelle de 0% à 100%, quel serait le degré de pression psychologique selon chaque problème juridique ? La question a été posée aux sondés, qui ont placé la violence domestique à la tête des problèmes les plus les épuisants, avec un pourcentage de 89%, soit à peu près le même niveau de stress généré par le décès d’un conjoint, estime l’étude. D’autres soucis sont sources de pressions non négligeables, à l’instar des accidents de la circulation (82%) ou des conflits au travail (80%).

Pour leur part, les problèmes rattachés à la criminalité (79%), à la famille (78%) ou aux conflits de voisinage (63%) présentent des degrés d’angoisse dépassant ou se rapprochant de celui généré par une situation de divorce (73%).

Le stress est accentué par le coût en temps et en argent que dépensent les marocains pour résoudre leurs problèmes. 15% des problèmes juridiques contraignent les gens à déserter leur travail pour 58 jours en moyenne. Dans la moitié des cas de violence domestique, cette moyenne atteint plus de six mois. Ces cas sont aussi les plus couteux (0,63 sur une échelle de 0 à 1), suivis des litiges sociaux (0,55) et des accidents (0.54).

Les Marocains se disent disposés à dépenser 2.100 DH en moyenne en contrepartie du service susceptible de résoudre leurs problèmes « rapidement » et « de manière juste et complète ». Cette moyenne atteint 4.200 DH en cas de conflits concernant des terrains, soit la somme la plus importante, et n’est que de 600 DH lorsque le problème a trait à la violence domestique, somme la moins importante.

=

Les problèmes juridiques des Marocains selon une étude maroco-hollandaise

Le 13 mars 2019 à18:01

Modifié le 13 mars 2019 à 17:27

Une étude maroco-hollandaise diagnostique les problèmes juridiques des Marocains. La moitié des citoyens fait face à des problèmes de cette nature, dont une grande partie reste non résolue. Les Marocains sont dépensiers lorsque le problème touche à leurs terres, mais le sont beaucoup moins quand il s'agit de violence domestique. 

Près de la moitié des marocains (45%) a connu un ou plusieurs problèmes juridiques au cours des quatre dernières années. C’est la conclusion d’une enquête de l’Institut de La Haye pour l’innovation du droit, présentée ce mercredi 13 mars à Rabat.

3,9 millions de citoyens affrontent de nouveaux problèmes chaque année, dont 62% restent non résolus. La criminalité (760.000 cas par an), les conflits familiaux (630.000), les litiges au travail (350.000) et la violence domestique (240.000) arrivent en tête des tracas juridiquo-judiciaires les plus « répandus et dangereux », selon cette étude réalisée en partenariat avec l’association Adala et le club des magistrats au Maroc.

Intitulée "Besoins en matière de Justice et niveau de satisfaction au Maroc", l’enquête se base sur un sondage d’opinion effectué entre juillet et septembre 2018, période au cours de laquelle 6.000 personnes issues des deux sexes, de tous les statuts sociaux et répartis sur les 12 régions du Royaume ont été questionnées. Cette opération a été complétée par des entrevues entre ADALA et des professionnels de la Justice.

Parmi 89 problèmes précisés dans les sondages, le vol (10%), le divorce et la séparation (5%), les accidents de la circulation (4%) et les agressions physiques sont les soucis les plus récurrents auxquels sont confrontés les citoyens.

Interrogés sur la fin escompté de la résolution du problème, 43% des sondés ont répondu que la résolution du problème aide à assimiler leurs droits. Ce constat ressort surtout au niveau des conflits au travail. De même, 30% attendent une sanction à l’encontre d’un contrevenant, surtout lorsqu’il s’agit d’un problème ayant trait à la délinquance, tandis que 22% disent attendre des excuses, notamment dans les cas de violences domestiques.

La violence domestique arrive en tête des problèmes les plus épuisants et les plus coûteux

Sur une échelle de 0% à 100%, quel serait le degré de pression psychologique selon chaque problème juridique ? La question a été posée aux sondés, qui ont placé la violence domestique à la tête des problèmes les plus les épuisants, avec un pourcentage de 89%, soit à peu près le même niveau de stress généré par le décès d’un conjoint, estime l’étude. D’autres soucis sont sources de pressions non négligeables, à l’instar des accidents de la circulation (82%) ou des conflits au travail (80%).

Pour leur part, les problèmes rattachés à la criminalité (79%), à la famille (78%) ou aux conflits de voisinage (63%) présentent des degrés d’angoisse dépassant ou se rapprochant de celui généré par une situation de divorce (73%).

Le stress est accentué par le coût en temps et en argent que dépensent les marocains pour résoudre leurs problèmes. 15% des problèmes juridiques contraignent les gens à déserter leur travail pour 58 jours en moyenne. Dans la moitié des cas de violence domestique, cette moyenne atteint plus de six mois. Ces cas sont aussi les plus couteux (0,63 sur une échelle de 0 à 1), suivis des litiges sociaux (0,55) et des accidents (0.54).

Les Marocains se disent disposés à dépenser 2.100 DH en moyenne en contrepartie du service susceptible de résoudre leurs problèmes « rapidement » et « de manière juste et complète ». Cette moyenne atteint 4.200 DH en cas de conflits concernant des terrains, soit la somme la plus importante, et n’est que de 600 DH lorsque le problème a trait à la violence domestique, somme la moins importante.

A lire aussi


commentaires

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.