Enseignement supérieur: 7 leviers de changement, selon le CSEFRS

Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a organisé ce jeudi 16 mai 2019 une rencontre d’information autour de son projet de rapport sur « L’enseignement supérieur à l’horizon de 2030 ». Ce rapport liste 7 leviers de transformation à actionner pour garantir le développement de l’enseignement supérieur.

Enseignement supérieur: 7 leviers de changement, selon le CSEFRS

Le 16 mai 2019 à 15:55

Modifié le 17 mai 2019 à 09:10

Le Conseil supérieur de l’éducation se penche sur les pistes de transformation de l’enseignement supérieur. Il a énuméré 7 leviers et 58 préconisations dans son projet de rapport intitulé « L’enseignement supérieur à l’horizon de 2030 », présenté ce jeudi 16 mai lors d’une rencontre d’information.

Il est à noter que ce rapport constitue un approfondissement de la « Vision stratégique de la réforme 2015-2030 : Pour une école de l’équité, de la qualité et de la promotion » et affirme de manière plus explicite ses orientations.

« Ces leviers représentent les entrées majeures pour une réforme englobant, de manière systémique, la cohérence de l’enseignement supérieur, la gouvernance, le financement, l’offre de formation avec ses composantes pédagogiques et méthodologiques, la recherche et l’innovation, la vie des étudiants et le corps enseignant, les modes de suivi et d’évaluation, ainsi que la conduite et la gestion du changement pour réussir ces orientations stratégiques », soutient le Conseil dans son rapport.

Les 7 leviers de transformation ont été articulés comme suit :

1-      Un enseignement supérieur renouvelé et cohérent (11 préconisations)

2-      Une gouvernance globale stratégique du système (9 préconisations)

3-      Une université responsable et efficace dans son autonomie (8 préconisations)

4-      Des formations de qualité affirmée (8 préconisations)

5-      Donner une impulsion à la recherche et à l’innovation (9 préconisations)

6-      Un environnement universitaire émancipateur des enseignants et des étudiants (10 préconisations)

7-      Des conditions favorables pour conduire et réussir le changement (3 préconisations)

Cliquez ici pour consulter le détail des préconisations.

Les recommandations finales du Conseil

Le Conseil supérieur de l’éducation estime, sur la base de ces leviers, qu’il est « impératif de procéder à des redressements » afin de :

 - Construire sur les acquis de l’histoire de l’université marocaine un nouveau modèle qui préserve les missions universelles de l’université tout en la rendant attentive aux enjeux et aux défis des grandes transformations de l'environnement national et international ;

- Investir dans les nouvelles missions de l’université, autres que la formation et la recherche, principalement celle qui a émergé ces dernières décennies et qui oriente l’université vers « le modèle entrepreneurial » ;

 - Veiller à la réalisation d’un saut qualitatif qui installe une compétition, entre les universités, autour de l’excellence pour rehausser leur statut et leur image dans la société ;

 - Former les lauréats compétents et contribuer à l’accumulation du capital humain ;

 - Encourager la formation en temps partiel œuvrant dans le cadre de la formation tout le long de la vie, le développement de la prestation des services et la collaboration avec des laboratoires privés et groupes de recherche internationaux, pour mener la recherche et l’innovation,  qui garantissent à l’université un gain de reconnaissance de la part de la société et à l’échelle internationale et lui procurent un financement supplémentaire qui s’ajoute à la dotation de l’État ;

 - Développer et produire la recherche scientifique et l’innovation pour contribuer au savoir, et être à l’écoute des besoins de la société pour répondre à sa demande et lui rendre compte.

Un constat accablant

Préalablement au listing des 7 leviers de changement relatifs à l’enseignement supérieur, le Conseil a posé un diagnostic basé sur les évaluations menées par l’Instance Nationale d’Évaluation, notamment le rapport d’évaluation intitulé « l’Enseignement supérieur au Maroc. Efficacité, efficience et défis du système universitaire à accès ouvert ».

Voici les éléments du diagnostic :

-Les établissements à accès ouvert accueillaient en 2014-2015 88% des étudiants de l’université, contre 12% uniquement pour ceux à accès régulé ; 

-Avec un total d’effectifs de plus de 78%, l’enseignement universitaire est fortement majoritaire au sein du système de l’enseignement supérieur marocain, que ce soit en 2016 ou en 2017 ;

 -Les revenus provenant des subventions de recherche ne dépassent guère 10% dans le meilleur des cas ;

 -Gouvernance globale stratégique du système : Les fonds publics constituent la principale ressource de l’université publique (entre 70 et 97%), ce qui impacterait la capacité de l’université à développer ses ressources matérielles et son capital humain, et par conséquent son autonomie ;

-Déperdition dans le premier cycle du supérieur : Le cycle de licence en accès ouvert, connu par une « évolution démographique » des effectifs dans les trois niveaux de licence, a enregistré une baisse continue du  taux de diplomation en 3 – 4 ans, à partir de 2007-2008 pour atteindre son niveau le plus bas en 2012-13, à savoir 19,1% ;

 -Absence d’un Plan numérique structurant pour l’enseignement supérieur ;

- Selon le World Economic Forum, d’ici 2020, plus d’un tiers des compétences de base qui seraient sollicitées pour la plupart des professions ne sont pas encore considérées comme essentielles au travail actuel.

Enseignement supérieur: 7 leviers de changement, selon le CSEFRS

Le 16 mai 2019 à15:55

Modifié le 17 mai 2019 à 09:10

Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a organisé ce jeudi 16 mai 2019 une rencontre d’information autour de son projet de rapport sur « L’enseignement supérieur à l’horizon de 2030 ». Ce rapport liste 7 leviers de transformation à actionner pour garantir le développement de l’enseignement supérieur.

Le Conseil supérieur de l’éducation se penche sur les pistes de transformation de l’enseignement supérieur. Il a énuméré 7 leviers et 58 préconisations dans son projet de rapport intitulé « L’enseignement supérieur à l’horizon de 2030 », présenté ce jeudi 16 mai lors d’une rencontre d’information.

Il est à noter que ce rapport constitue un approfondissement de la « Vision stratégique de la réforme 2015-2030 : Pour une école de l’équité, de la qualité et de la promotion » et affirme de manière plus explicite ses orientations.

« Ces leviers représentent les entrées majeures pour une réforme englobant, de manière systémique, la cohérence de l’enseignement supérieur, la gouvernance, le financement, l’offre de formation avec ses composantes pédagogiques et méthodologiques, la recherche et l’innovation, la vie des étudiants et le corps enseignant, les modes de suivi et d’évaluation, ainsi que la conduite et la gestion du changement pour réussir ces orientations stratégiques », soutient le Conseil dans son rapport.

Les 7 leviers de transformation ont été articulés comme suit :

1-      Un enseignement supérieur renouvelé et cohérent (11 préconisations)

2-      Une gouvernance globale stratégique du système (9 préconisations)

3-      Une université responsable et efficace dans son autonomie (8 préconisations)

4-      Des formations de qualité affirmée (8 préconisations)

5-      Donner une impulsion à la recherche et à l’innovation (9 préconisations)

6-      Un environnement universitaire émancipateur des enseignants et des étudiants (10 préconisations)

7-      Des conditions favorables pour conduire et réussir le changement (3 préconisations)

Cliquez ici pour consulter le détail des préconisations.

Les recommandations finales du Conseil

Le Conseil supérieur de l’éducation estime, sur la base de ces leviers, qu’il est « impératif de procéder à des redressements » afin de :

 - Construire sur les acquis de l’histoire de l’université marocaine un nouveau modèle qui préserve les missions universelles de l’université tout en la rendant attentive aux enjeux et aux défis des grandes transformations de l'environnement national et international ;

- Investir dans les nouvelles missions de l’université, autres que la formation et la recherche, principalement celle qui a émergé ces dernières décennies et qui oriente l’université vers « le modèle entrepreneurial » ;

 - Veiller à la réalisation d’un saut qualitatif qui installe une compétition, entre les universités, autour de l’excellence pour rehausser leur statut et leur image dans la société ;

 - Former les lauréats compétents et contribuer à l’accumulation du capital humain ;

 - Encourager la formation en temps partiel œuvrant dans le cadre de la formation tout le long de la vie, le développement de la prestation des services et la collaboration avec des laboratoires privés et groupes de recherche internationaux, pour mener la recherche et l’innovation,  qui garantissent à l’université un gain de reconnaissance de la part de la société et à l’échelle internationale et lui procurent un financement supplémentaire qui s’ajoute à la dotation de l’État ;

 - Développer et produire la recherche scientifique et l’innovation pour contribuer au savoir, et être à l’écoute des besoins de la société pour répondre à sa demande et lui rendre compte.

Un constat accablant

Préalablement au listing des 7 leviers de changement relatifs à l’enseignement supérieur, le Conseil a posé un diagnostic basé sur les évaluations menées par l’Instance Nationale d’Évaluation, notamment le rapport d’évaluation intitulé « l’Enseignement supérieur au Maroc. Efficacité, efficience et défis du système universitaire à accès ouvert ».

Voici les éléments du diagnostic :

-Les établissements à accès ouvert accueillaient en 2014-2015 88% des étudiants de l’université, contre 12% uniquement pour ceux à accès régulé ; 

-Avec un total d’effectifs de plus de 78%, l’enseignement universitaire est fortement majoritaire au sein du système de l’enseignement supérieur marocain, que ce soit en 2016 ou en 2017 ;

 -Les revenus provenant des subventions de recherche ne dépassent guère 10% dans le meilleur des cas ;

 -Gouvernance globale stratégique du système : Les fonds publics constituent la principale ressource de l’université publique (entre 70 et 97%), ce qui impacterait la capacité de l’université à développer ses ressources matérielles et son capital humain, et par conséquent son autonomie ;

-Déperdition dans le premier cycle du supérieur : Le cycle de licence en accès ouvert, connu par une « évolution démographique » des effectifs dans les trois niveaux de licence, a enregistré une baisse continue du  taux de diplomation en 3 – 4 ans, à partir de 2007-2008 pour atteindre son niveau le plus bas en 2012-13, à savoir 19,1% ;

 -Absence d’un Plan numérique structurant pour l’enseignement supérieur ;

- Selon le World Economic Forum, d’ici 2020, plus d’un tiers des compétences de base qui seraient sollicitées pour la plupart des professions ne sont pas encore considérées comme essentielles au travail actuel.

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