Maroc-UE: visas, partenariats, le point avec Michael Köhler

[Bruxelles]- Partenariat Maroc-EU, soutien financier au Royaume, accès des Marocains à l’espace Schengen… tour d'horizon avec Michael Köhler, Directeur pour la politique de voisinage Sud de l'UE. 

Maroc-UE: visas, partenariats, le point avec Michael Köhler Michael Köhler, Directeur pour la politique de voisinage de l'UE. Siège de la Direction générale du voisinage et des négociations d’élargissement. Bruxelles.

Le 24 mai 2019 à 17:43

Modifié le 27 mai 2019 à 06:55

A la Commission européenne (Bruxelles), Mickael Köhler s’occupe de la politique de voisinage avec les pays du Sud, dont le Maroc. Avec une vingtaine de journalistes, il nous a reçus le 21 mai, dans l’une des salles du labyrinthique bâtiment servant de siège à la Direction générale du voisinage et des négociations d’élargissement.

"Le Maroc a toujours été notre partenaire du Sud le plus fiable"

Sur onze questions préparées, Médias24 en a posé cinq. Encore heureux, puisque nous n’avions droit qu’à une seule. Le diplomate a l'œil sur la montre. Cela dit, notre interlocuteur n’a pas lésiné sur les réponses, qu'il avait pourtant annoncées "télégraphiques".

Médias24 : Quelle évaluation faites-vous du partenariat entre l’Union européenne et le Maroc ?

Mickael Köhler, Directeur pour la politique de voisinage SUD de l'UE: Le Maroc a toujours été notre partenaire du Sud le plus fiable et le plus complet. Malheureusement, nous avons traversé une période de stagnation au cours des trois dernières années. Je suis très heureux que cela change désormais. Nous avons perdu du temps.

Du côté européen, nous sommes conscients qu’il est maintenant temps de tourner la page. Je suis donc très heureux que nous partions au Maroc dans une dizaine de jours pour réfléchir à la manière de remettre ce partenariat sur pied.

Et il y a ce genre de saine rivalité avec la Tunisie depuis les années quatre-vingt-dix. La Tunisie a été le premier pays à signer l'accord d'association avec l'Union européenne. Le Maroc a été le troisième. A l'heure actuelle, nous pouvons constater le même genre de rivalité.

Mais je pense que la Tunisie est devenue un partenaire encore plus étroit au cours des dernières années, et ce en raison de sa démocratisation et de l'absence d'événements extérieurs qui auraient négativement impacté notre partenariat.

Notre ambition est maintenant de donner un nouvel élan à notre partenariat avec le Maroc.

-Où en sont les réformes sur lesquelles le Maroc est appuyé par l’EU ?

-A l’échelle mondiale, le Maroc est le pays où l’Union européenne utilise le plus grand nombre de ses opérations d’appui budgétaire.

Qu'est-ce que l'appui budgétaire? C'est l'argent que l'UE donne au gouvernement pour mettre en œuvre un programme de réformes. Si vous avez un appui budgétaire important, c'est un indicateur qu'il y a beaucoup de réformes gérées par le gouvernement.

Aujourd’hui, les réformes se poursuivent au Maroc, mais je pense que son histoire a connu des périodes où il y avait davantage d'esprit de réforme.

Cela étant, cela dépend beaucoup du secteur. Dans des secteurs déterminés,  nous sommes très satisfaits des avancées. Mais il y a d'autres secteurs où je pense que nous pourrions voir plus de dynamique.

"Le Maroc pourrait faire davantage dans l'éducation, la formation et la lutte contre l'analphabétisme"

Permettez-moi de ne pas entrer dans les détails, mais je pense que le Maroc, par exemple, pourrait faire plus qu’il ne le fait aujourd’hui pour investir dans le secteur de l’éducation, dans la formation professionnelle et dans la lutte contre l’analphabétisme.

Tous ces secteurs sont des secteurs dans lesquels nous avons d’énormes programmes. Le fait que l’on nous demande année après année d’obtenir des résultats montre qu’il reste encore beaucoup à faire.

Par ailleurs, le Maroc a fait de très bons efforts, par exemple pour moderniser sa gestion financière. Il a fait des efforts en ce qui concerne le système de santé et le système social, de sorte que de nombreux secteurs ont connu une évolution positive.

Par conséquent, je ne voudrais pas vous faire part d’une approche unique, mais quand nous devons examiner à  la fois la politique sectorielle ou celles de tous les secteurs confondus, le Maroc a été, lors des trois dernières décennies, un des pays les plus performants.

La première fois que je suis allé dans votre pays, j'étais très jeune étudiant. C'était en 1979. Quand je compare le Maroc en 1979 et celui d’aujourd'hui, nous voyons le développement. Mais si nous comparons le Maroc à la Corée du Sud, vous voyez qu'il reste encore du chemin à parcourir.

-Une idée sur l’enveloppe budgétaire allouée au Maroc dans le cadre du programme européen de voisinage ?

-On n’a un portefeuille d’environ 1,3 milliard d’euros d’encours pour les subventions. Ce à quoi s’ajoutent les financements de prêt concessionnels des institutions financières européennes et d’autres agences des Etats membres européens.

Si on combine les subventions avec les prêts concessionnels, on arrive très facilement à un montant qui s’élève à 8 ou 9 milliards d’euros en cours d’exécution.

Quand M. Mohamed Benchaaboun, ministre de l’Economie et des Finances, signe une convention de financement avec l’AFD ou un autre organisme financier, tout le monde ne sait pas que derrière, il y a de l’argent européen.

Visas: l'UE est prête à assouplir voire à lever le visa, mais la question est très complexe

-Au sein de l’UE, vous êtes certainement au fait des difficultés, pour les Marocains et d’autres ressortissants du Sud de la Méditerranée, à  accéder à l’espace Schengen. Or, le libre-échange implique aussi une libre circulation des hommes. Qu’est ce qui explique ces difficultés ? Comment ce sujet est-il abordé à l’UE ?

-En 2011, nous avions proposé à de nombreux pays de la région, dont le Maroc, un partenariat pour la mobilité. Si vous comparez avec certains de nos voisins orientaux, comme la Moldavie ou la Géorgie, vous en voyez le potentiel. Par exemple, aujourd'hui, les citoyens moldaves et géorgiens peuvent circuler sans visa. L’exemption peut aussi concerner certains segments de la population, comme c’est le cas en Ukraine.

Nous avons proposé cela également au Maroc, à la Tunisie, etc. Cependant, je dois dire que les négociations n’ont pas beaucoup avancé, et je pense que la responsabilité est imputable aux deux côtés.

Du reste, ce n’est pas une question que nous pouvons décider centralement. La décision incombe aux ministères de l’Intérieur des Etats membres de l’UE. Nous ne pouvons que faciliter les discussions. Car ici, l’élément sécuritaire (terrorisme, crime organisé etc.) est un point de préoccupation central.  

A titre d’exemple, si vous évoquez la libéralisation des visas pour les Tunisiens, en tant que ministre européen de l'intérieur, vous voudriez savoir si la frontière entre la Tunisie et l'Algérie est bien contrôlée. Car même si vous faites pleinement confiance aux Tunisiens, vous ne savez pas ce qui vient des pays voisins. Sachant que nous avons été témoins des attaques à Sousse, pour ne citer que cet événement.

De même, et c’est un point essentiel, les autorités européennes de l’intérieur sont généralement prêtes à aller très loin dans la voie de la libéralisation du visa, ou même l’annuler si elles sont sûres que tous les habitants du pays X et arrivés irrégulièrement en Europe seront renvoyés sans aucun problème au pays d'origine.

Nous avons déjà constaté, s'agissant des citoyens marocains, tunisiens ou égyptiens, qu’il y avait des problèmes dans le passé car il était difficile de prouver la nationalité des arrivants. Et à défaut de preuves, les autorités refusent de les rapatrier.

Je ne suis pas expert en la matière, mais on sait très bien, surtout s’agissant du Maroc, que ce pays et d’autres sont devenus des régions de transit. Aujourd’hui, la plupart des personnes qui viennent en Espagne à travers le Maroc ne sont pas des Marocains. Environ 10 à 15% sont des Marocains, mais la plupart d'entre eux viennent du Nigéria ou du Burkina Faso, parfois même d'Erythrée, etc.

-Peut-on espérer un changement à ce niveau ?

-Je suis relativement confiant. A la commission européenne, cette question sera évoquée avec nos collègues du département de la Migration et des affaires intérieures à l’occasion du Brainstorming qui concernera l’avenir de notre partenariat avec le Maroc. 

A ce titre, j’espère que nous pourrons revitaliser nos discussions à propos de l’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA). Cet accord concerne non seulement les produits industriels et agricoles, mais aussi les services.  Qui dit services, dit êtres humains. Si nous avons davantage de libre-échange et d’intégration des marchés dans les services, ils devront aller de pair avec plus de possibilités de déplacement

L'Europe ne peut pas avoir un accord de libre-échange couvrant des services avec vous, et ne pas être plus généreuse quand il s'agit de possibilités de voyages.

Je pense que de notre côté, il y a une reconnaissance que nous devons nous ouvrir. Et nous voulons nous ouvrir. La question est de savoir comment le faire sans compromettre les normes de sécurité. C'est un long chemin à parcourir mais je crois que nous allons dans ce sens.

À propos, j’ai lu l’autre jour que les Marocains sont les plus grands bénéficiaires au monde des visas (*). Donc, bien que coûteux et douloureux, je pense que vous avez déjà un accès à l’espace européen qui est probablement meilleur que beaucoup d’autres pays.

Pour ma part, je serais très heureux le jour où les Marocains n’auront plus besoin de visa comme ce fut le cas dans les années soixante-dix. Nous pourrions juste revenir au bon vieux temps, mais cela nécessite un niveau de coopération que nous n'avons pas encore entre les agences de contrôle des deux côtés.             

(*) NDLR: cette affirmation masque un effet d'optique qui grossit artificiellement le nombre de visas octroyés aux Marocains. Prenons un exemple pour expliquer: Monsieur A. B. bénéficiait auparavant de visas valables deux ou quatre ans. Aujourd'hui, la durée de ses visas varie entre 15 jours et trois mois. Dans l'ancien système, son visa étaient comptabilisé une seule fois en deux ans. Aujourd'hui, il est il est comptabilisé 8 fois en deux ans. 

Michael Köhler, Directeur pour la politique de voisinage de l'UE. Siège de la Direction générale du voisinage et des négociations d’élargissement. Bruxelles.

Maroc-UE: visas, partenariats, le point avec Michael Köhler

Le 26 mai 2019 à08:41

Modifié le 27 mai 2019 à 06:55

[Bruxelles]- Partenariat Maroc-EU, soutien financier au Royaume, accès des Marocains à l’espace Schengen… tour d'horizon avec Michael Köhler, Directeur pour la politique de voisinage Sud de l'UE. 


A la Commission européenne (Bruxelles), Mickael Köhler s’occupe de la politique de voisinage avec les pays du Sud, dont le Maroc. Avec une vingtaine de journalistes, il nous a reçus le 21 mai, dans l’une des salles du labyrinthique bâtiment servant de siège à la Direction générale du voisinage et des négociations d’élargissement.

"Le Maroc a toujours été notre partenaire du Sud le plus fiable"

Sur onze questions préparées, Médias24 en a posé cinq. Encore heureux, puisque nous n’avions droit qu’à une seule. Le diplomate a l'œil sur la montre. Cela dit, notre interlocuteur n’a pas lésiné sur les réponses, qu'il avait pourtant annoncées "télégraphiques".

Médias24 : Quelle évaluation faites-vous du partenariat entre l’Union européenne et le Maroc ?

Mickael Köhler, Directeur pour la politique de voisinage SUD de l'UE: Le Maroc a toujours été notre partenaire du Sud le plus fiable et le plus complet. Malheureusement, nous avons traversé une période de stagnation au cours des trois dernières années. Je suis très heureux que cela change désormais. Nous avons perdu du temps.

Du côté européen, nous sommes conscients qu’il est maintenant temps de tourner la page. Je suis donc très heureux que nous partions au Maroc dans une dizaine de jours pour réfléchir à la manière de remettre ce partenariat sur pied.

Et il y a ce genre de saine rivalité avec la Tunisie depuis les années quatre-vingt-dix. La Tunisie a été le premier pays à signer l'accord d'association avec l'Union européenne. Le Maroc a été le troisième. A l'heure actuelle, nous pouvons constater le même genre de rivalité.

Mais je pense que la Tunisie est devenue un partenaire encore plus étroit au cours des dernières années, et ce en raison de sa démocratisation et de l'absence d'événements extérieurs qui auraient négativement impacté notre partenariat.

Notre ambition est maintenant de donner un nouvel élan à notre partenariat avec le Maroc.

-Où en sont les réformes sur lesquelles le Maroc est appuyé par l’EU ?

-A l’échelle mondiale, le Maroc est le pays où l’Union européenne utilise le plus grand nombre de ses opérations d’appui budgétaire.

Qu'est-ce que l'appui budgétaire? C'est l'argent que l'UE donne au gouvernement pour mettre en œuvre un programme de réformes. Si vous avez un appui budgétaire important, c'est un indicateur qu'il y a beaucoup de réformes gérées par le gouvernement.

Aujourd’hui, les réformes se poursuivent au Maroc, mais je pense que son histoire a connu des périodes où il y avait davantage d'esprit de réforme.

Cela étant, cela dépend beaucoup du secteur. Dans des secteurs déterminés,  nous sommes très satisfaits des avancées. Mais il y a d'autres secteurs où je pense que nous pourrions voir plus de dynamique.

"Le Maroc pourrait faire davantage dans l'éducation, la formation et la lutte contre l'analphabétisme"

Permettez-moi de ne pas entrer dans les détails, mais je pense que le Maroc, par exemple, pourrait faire plus qu’il ne le fait aujourd’hui pour investir dans le secteur de l’éducation, dans la formation professionnelle et dans la lutte contre l’analphabétisme.

Tous ces secteurs sont des secteurs dans lesquels nous avons d’énormes programmes. Le fait que l’on nous demande année après année d’obtenir des résultats montre qu’il reste encore beaucoup à faire.

Par ailleurs, le Maroc a fait de très bons efforts, par exemple pour moderniser sa gestion financière. Il a fait des efforts en ce qui concerne le système de santé et le système social, de sorte que de nombreux secteurs ont connu une évolution positive.

Par conséquent, je ne voudrais pas vous faire part d’une approche unique, mais quand nous devons examiner à  la fois la politique sectorielle ou celles de tous les secteurs confondus, le Maroc a été, lors des trois dernières décennies, un des pays les plus performants.

La première fois que je suis allé dans votre pays, j'étais très jeune étudiant. C'était en 1979. Quand je compare le Maroc en 1979 et celui d’aujourd'hui, nous voyons le développement. Mais si nous comparons le Maroc à la Corée du Sud, vous voyez qu'il reste encore du chemin à parcourir.

-Une idée sur l’enveloppe budgétaire allouée au Maroc dans le cadre du programme européen de voisinage ?

-On n’a un portefeuille d’environ 1,3 milliard d’euros d’encours pour les subventions. Ce à quoi s’ajoutent les financements de prêt concessionnels des institutions financières européennes et d’autres agences des Etats membres européens.

Si on combine les subventions avec les prêts concessionnels, on arrive très facilement à un montant qui s’élève à 8 ou 9 milliards d’euros en cours d’exécution.

Quand M. Mohamed Benchaaboun, ministre de l’Economie et des Finances, signe une convention de financement avec l’AFD ou un autre organisme financier, tout le monde ne sait pas que derrière, il y a de l’argent européen.

Visas: l'UE est prête à assouplir voire à lever le visa, mais la question est très complexe

-Au sein de l’UE, vous êtes certainement au fait des difficultés, pour les Marocains et d’autres ressortissants du Sud de la Méditerranée, à  accéder à l’espace Schengen. Or, le libre-échange implique aussi une libre circulation des hommes. Qu’est ce qui explique ces difficultés ? Comment ce sujet est-il abordé à l’UE ?

-En 2011, nous avions proposé à de nombreux pays de la région, dont le Maroc, un partenariat pour la mobilité. Si vous comparez avec certains de nos voisins orientaux, comme la Moldavie ou la Géorgie, vous en voyez le potentiel. Par exemple, aujourd'hui, les citoyens moldaves et géorgiens peuvent circuler sans visa. L’exemption peut aussi concerner certains segments de la population, comme c’est le cas en Ukraine.

Nous avons proposé cela également au Maroc, à la Tunisie, etc. Cependant, je dois dire que les négociations n’ont pas beaucoup avancé, et je pense que la responsabilité est imputable aux deux côtés.

Du reste, ce n’est pas une question que nous pouvons décider centralement. La décision incombe aux ministères de l’Intérieur des Etats membres de l’UE. Nous ne pouvons que faciliter les discussions. Car ici, l’élément sécuritaire (terrorisme, crime organisé etc.) est un point de préoccupation central.  

A titre d’exemple, si vous évoquez la libéralisation des visas pour les Tunisiens, en tant que ministre européen de l'intérieur, vous voudriez savoir si la frontière entre la Tunisie et l'Algérie est bien contrôlée. Car même si vous faites pleinement confiance aux Tunisiens, vous ne savez pas ce qui vient des pays voisins. Sachant que nous avons été témoins des attaques à Sousse, pour ne citer que cet événement.

De même, et c’est un point essentiel, les autorités européennes de l’intérieur sont généralement prêtes à aller très loin dans la voie de la libéralisation du visa, ou même l’annuler si elles sont sûres que tous les habitants du pays X et arrivés irrégulièrement en Europe seront renvoyés sans aucun problème au pays d'origine.

Nous avons déjà constaté, s'agissant des citoyens marocains, tunisiens ou égyptiens, qu’il y avait des problèmes dans le passé car il était difficile de prouver la nationalité des arrivants. Et à défaut de preuves, les autorités refusent de les rapatrier.

Je ne suis pas expert en la matière, mais on sait très bien, surtout s’agissant du Maroc, que ce pays et d’autres sont devenus des régions de transit. Aujourd’hui, la plupart des personnes qui viennent en Espagne à travers le Maroc ne sont pas des Marocains. Environ 10 à 15% sont des Marocains, mais la plupart d'entre eux viennent du Nigéria ou du Burkina Faso, parfois même d'Erythrée, etc.

-Peut-on espérer un changement à ce niveau ?

-Je suis relativement confiant. A la commission européenne, cette question sera évoquée avec nos collègues du département de la Migration et des affaires intérieures à l’occasion du Brainstorming qui concernera l’avenir de notre partenariat avec le Maroc. 

A ce titre, j’espère que nous pourrons revitaliser nos discussions à propos de l’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA). Cet accord concerne non seulement les produits industriels et agricoles, mais aussi les services.  Qui dit services, dit êtres humains. Si nous avons davantage de libre-échange et d’intégration des marchés dans les services, ils devront aller de pair avec plus de possibilités de déplacement

L'Europe ne peut pas avoir un accord de libre-échange couvrant des services avec vous, et ne pas être plus généreuse quand il s'agit de possibilités de voyages.

Je pense que de notre côté, il y a une reconnaissance que nous devons nous ouvrir. Et nous voulons nous ouvrir. La question est de savoir comment le faire sans compromettre les normes de sécurité. C'est un long chemin à parcourir mais je crois que nous allons dans ce sens.

À propos, j’ai lu l’autre jour que les Marocains sont les plus grands bénéficiaires au monde des visas (*). Donc, bien que coûteux et douloureux, je pense que vous avez déjà un accès à l’espace européen qui est probablement meilleur que beaucoup d’autres pays.

Pour ma part, je serais très heureux le jour où les Marocains n’auront plus besoin de visa comme ce fut le cas dans les années soixante-dix. Nous pourrions juste revenir au bon vieux temps, mais cela nécessite un niveau de coopération que nous n'avons pas encore entre les agences de contrôle des deux côtés.             

(*) NDLR: cette affirmation masque un effet d'optique qui grossit artificiellement le nombre de visas octroyés aux Marocains. Prenons un exemple pour expliquer: Monsieur A. B. bénéficiait auparavant de visas valables deux ou quatre ans. Aujourd'hui, la durée de ses visas varie entre 15 jours et trois mois. Dans l'ancien système, son visa étaient comptabilisé une seule fois en deux ans. Aujourd'hui, il est il est comptabilisé 8 fois en deux ans. 

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