Industrie pharmaceutique: des chiffres inédits sur le marché privé du médicament

Le marché privé du médicament a fait l'objet d'une étude poussée, réalisée par le leader international des données pharmaceutiques IQVIA. Médias24 révèle en avant-première les résultats de cette étude inédite qui donne une cartographie détaillée du médicament sur le marché marocain.

Industrie pharmaceutique: Des chiffres inédits sur le marché privé du médicament

Le 01 mars 2020 à 14:07

Modifié le 10 mars 2020 à 15:24

Cette étude, dont les résultats ont été partagés avec les différentes parties prenantes dans le secteur, a été réalisée par la référence mondiale en matière de données pharmaceutiques et sanitaires, IQVIA (Ex- IMS Health).

Ce cabinet de renommée internationale a été mandaté par l'association LEMM (Les Entreprises du Médicament au Maroc) qui regroupe les sociétés marocaines, filiales de groupes pharmaceutiques internationaux, avec pour objectifs : 

- de produire la première cartographie précise du médicament dans le secteur privé au Maroc avec des données fiables et vérifiables entre 2016 et 2018. 

- d'apporter une visibilité à l’ensemble des acteurs de santé et autorités sur l’état du secteur afin de contribuer dans la prise des bonnes décisions relatives au secteur, dans l’intérêt du citoyen.

- d'anticiper les tendances du secteur à travers des données fiables, exploitables et porteuses de sens pour bâtir une stratégie sectorielle performante, objectivement en phase avec les grandes orientations économiques innovantes de notre pays.

Dans une note dédiée aux résultats de cette étude consultée par Médias24, LEMM explique sa démarche par "la nécessité de doter le secteur marocain du médicament de données fiables et crédibles". "Les chiffres et analyses véhiculés jusqu’à aujourd’hui restent souvent non référencées et parfois contradictoires. Ces approximations et/ou erreurs créent des confusions souvent dommageables pour le secteur de la santé", est-il expliqué. 

Seul le marché privé est analysé

Indépendamment des raisons ayant poussé LEMM à mener cette étude, les résultats qu'elle fournit apportent en effet un éclairage sur un secteur stratégique. 

Avant de présenter dans cet article les principales conclusions de cette étude inédite, il convient de préciser quelques informations primordiales sur la méthodologie adoptée : 

- L’étude couvre uniquement le marché privé et exclut donc les marchés publics du médicament sous la direction des approvisionnements, les ventes de médicaments aux hôpitaux (CHU), aux cliniques privées et aux centres de soins de proximité. Le champ étudié représente près de 75% de la totalité du marché.

- Seuls les médicaments ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM), actuellement commercialisés en pharmacie, ont été recensés (3.437 références). Sont donc exclus du champ de cette étude, les compléments alimentaires, les vitamines, les cosmétiques et les laits infantiles (non soumis à l’AMM).

- Les ventes des 3 dernières années (2016 à 2018) ont été compilées à partir de la base de données Dataview IQVIA référençant mensuellement l’ensemble des ventes de médicaments commercialisés dans le secteur privé à partir des données des grossistes/répartiteurs.

- L’origine du médicament a été tracée par un contrôle physique (Picking sur boîte) chez les grossistes répartiteurs. 

8,6 milliards de DH de chiffre d'affaires

En tout, l'étude répond à un certain nombre d'interrogations :  Comment évolue le marché du médicament au Maroc ? Quel taux relatif à la fabrication locale ? Quelle place occupe réellement le princeps ? Quelle pénétration pour le générique ?

Médias24 vous livre les réponses à ces questions en avant-première. L'essentiel des données auxquelles Médias24 a eu accès concernent le marché en volume, hormis le chiffre d'affaires global du secteur et son évolution. Pour une analyse plus complète, il conviendrait de faire également une lecture du marché en valeurs. 

En 2018, le chiffre d'affaires du marché privé du médicament est de 8,6 milliards de DH. Il est en hausse par rapport à 2016 et 2017 où le marché pesait respectivement 7,8 MMDH et 8,2 MMDH.

En volume, ce sont 297 millions d’unités (boîtes, ndlr) qui ont été commercialisées sur le marché privé marocain en 2018 contre 290 millions en 2017 et 283 millions en 2016. 

Sur les 297 millions d'unités commercialisées, 61% (182 millions) sont des princeps (molécule d'origine ) et 39% (115 millions) sont des génériques.

L'analyse de IQVIA montre qu'entre 2016 et 2018, le volume des princeps a stagné tandis que celui des génériques a évolué de 13%. 

L'évolution du marché en volume sur ces trois dernières années a donc été portée par le segment du générique. Ce qui a eu pour effet de faire baisser la part des princeps de 64% en 2016 à 61% en 2018 en faveur des médicaments génériques.

78% des médicaments sont fabriqués au Maroc dont plus de la moitié sont des princeps

L'étude s'est également attardée sur l'analyse de l'origine des produits, la part de la fabrication locale et celle de l'importation. Il en ressort qu'en 2018, 78% des médicaments sont fabriqués localement. L'importation ne représente que 22%. 

La comparaison avec les années 2016 et 2017 fait ressortir un léger recul de la production locale en faveur de l'importation. En 2016, 80% des médicaments commercialisés étaient made in Morocco. En 2017, ce pourcentage a baissé à 79%.

Il aurait été intéressant de comparer la nature des médicaments fabriqués au Maroc vs les médicaments importés. Cette donnée ne figurait pas dans le document consulté.

Néanmoins, l'étude fait un zoom sur la fabrication locale et analyse la part des princeps et celle des génériques. Sur le volume des médicaments produits localement et commercialisés en 2018, 55% reviennent aux princeps et 45% aux génériques. 

Ce rapport a légèrement évolué entre 2016 et 2018 en faveur du générique. En effet, la part du générique dans la fabrication locale est passé de 43% en 2016 à 45% en 2018. Dans le même temps, le pourcentage des princeps a baissé de 57% en 2016 à 55% en 2018.

L'étude fait un focus sur le segment du princeps. Ainsi, sur les 182 millions d'unités de princeps, 127 millions sont produites au Maroc, soit 70%. Le reste, 30%, provient de l'importation. 

87% des médicaments ont un prix inférieur ou égal à 90 DH (PPV)

Une partie de l'étude a été consacrée à l'analyse des prix du médicament commercialisé sur le marché privé.

Il en ressort que sur l’ensemble de ces médicaments, 87% ont un prix inférieur ou égal à 50 DH (prix fabricants hors taxes -PFHT), c'est l'équivalent de 90 DH en termes de prix de vente public dans les pharmacies. 

10% des médicaments ont un prix compris entre 50 DH et 100 DH (PFHT). Et seulement 3% ont un prix qui dépasse 100 DH. 

63% des médicaments dont le prix est inférieur ou égal à 50 DH sont des princeps, 37% des génériques.

Sur la tranche des prix allant de 50 à 100 DH, le princeps occupe une part de 45% et le générique 55%. Sur la dernière tranche de prix qui dépasse les 100 DH, le princeps occupe 63% et le générique 37%.

Il aurait été intéressant d'analyser également les prix en prenant en compte le facteur consommation afin de vérifier les prix des médicaments les plus consommés.

Cela dit, de façon globale, les prix des médicaments ont baissé considérablement du fait de la stratégie adoptée par le gouvernement au cours des dernières années qui a eu pour effet de baisser les prix de plusieurs milliers de référence. 

2 médicaments sur 3 sont remboursables 

Le caractère remboursable ou non des médicaments a également été analysé. L'étude avance que 2 médicaments sur 3 sont remboursables, soit 66% des médicaments commercialisés sur le marché privé. 

En prenant en compte l'origine du produit, il ressort que 70% des médicaments produits localement sont remboursés, tandis que 54% seulement des médicament importés sont remboursés. 

Partant de ces chiffres, LEMM et IQVIA concluent que le Maroc dispose "d'un paysage pharmaceutique encourageant qui le place comme une référence en matière de production locale tant pour les princeps que pour les génériques (...) la production locale des médicaments fait le plein pour le marché interne". 

"L’analyse apparaît également positive au niveau du prix pour le patient, au vu du taux de pénétration du générique et au-delà, la contribution des princeps, dont la majorité sont à des prix extrêmement bas, avec une grande majorité potentiellement remboursable. Le secteur dispose des prérequis pour concentrer ses efforts sur la disponibilité du médicament qui est l’enjeu majeur au vu du taux de couverture du patient", ajoutent les rédacteurs de l'étude. 

Confortés par les résultats de cette étude, IQVIA et LEMM qui fait de l'innovation et la R&D son cheval de bataille depuis plusieurs années, préconisent que "les efforts devraient se concentrer sur la disponibilité de l’innovation thérapeutique au Maroc et les conditions d’accès rapide des patients à ces innovations". 

Industrie pharmaceutique: des chiffres inédits sur le marché privé du médicament

Le 01 mars 2020 à16:05

Modifié le 10 mars 2020 à 15:24

Le marché privé du médicament a fait l'objet d'une étude poussée, réalisée par le leader international des données pharmaceutiques IQVIA. Médias24 révèle en avant-première les résultats de cette étude inédite qui donne une cartographie détaillée du médicament sur le marché marocain.

Cette étude, dont les résultats ont été partagés avec les différentes parties prenantes dans le secteur, a été réalisée par la référence mondiale en matière de données pharmaceutiques et sanitaires, IQVIA (Ex- IMS Health).

Ce cabinet de renommée internationale a été mandaté par l'association LEMM (Les Entreprises du Médicament au Maroc) qui regroupe les sociétés marocaines, filiales de groupes pharmaceutiques internationaux, avec pour objectifs : 

- de produire la première cartographie précise du médicament dans le secteur privé au Maroc avec des données fiables et vérifiables entre 2016 et 2018. 

- d'apporter une visibilité à l’ensemble des acteurs de santé et autorités sur l’état du secteur afin de contribuer dans la prise des bonnes décisions relatives au secteur, dans l’intérêt du citoyen.

- d'anticiper les tendances du secteur à travers des données fiables, exploitables et porteuses de sens pour bâtir une stratégie sectorielle performante, objectivement en phase avec les grandes orientations économiques innovantes de notre pays.

Dans une note dédiée aux résultats de cette étude consultée par Médias24, LEMM explique sa démarche par "la nécessité de doter le secteur marocain du médicament de données fiables et crédibles". "Les chiffres et analyses véhiculés jusqu’à aujourd’hui restent souvent non référencées et parfois contradictoires. Ces approximations et/ou erreurs créent des confusions souvent dommageables pour le secteur de la santé", est-il expliqué. 

Seul le marché privé est analysé

Indépendamment des raisons ayant poussé LEMM à mener cette étude, les résultats qu'elle fournit apportent en effet un éclairage sur un secteur stratégique. 

Avant de présenter dans cet article les principales conclusions de cette étude inédite, il convient de préciser quelques informations primordiales sur la méthodologie adoptée : 

- L’étude couvre uniquement le marché privé et exclut donc les marchés publics du médicament sous la direction des approvisionnements, les ventes de médicaments aux hôpitaux (CHU), aux cliniques privées et aux centres de soins de proximité. Le champ étudié représente près de 75% de la totalité du marché.

- Seuls les médicaments ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM), actuellement commercialisés en pharmacie, ont été recensés (3.437 références). Sont donc exclus du champ de cette étude, les compléments alimentaires, les vitamines, les cosmétiques et les laits infantiles (non soumis à l’AMM).

- Les ventes des 3 dernières années (2016 à 2018) ont été compilées à partir de la base de données Dataview IQVIA référençant mensuellement l’ensemble des ventes de médicaments commercialisés dans le secteur privé à partir des données des grossistes/répartiteurs.

- L’origine du médicament a été tracée par un contrôle physique (Picking sur boîte) chez les grossistes répartiteurs. 

8,6 milliards de DH de chiffre d'affaires

En tout, l'étude répond à un certain nombre d'interrogations :  Comment évolue le marché du médicament au Maroc ? Quel taux relatif à la fabrication locale ? Quelle place occupe réellement le princeps ? Quelle pénétration pour le générique ?

Médias24 vous livre les réponses à ces questions en avant-première. L'essentiel des données auxquelles Médias24 a eu accès concernent le marché en volume, hormis le chiffre d'affaires global du secteur et son évolution. Pour une analyse plus complète, il conviendrait de faire également une lecture du marché en valeurs. 

En 2018, le chiffre d'affaires du marché privé du médicament est de 8,6 milliards de DH. Il est en hausse par rapport à 2016 et 2017 où le marché pesait respectivement 7,8 MMDH et 8,2 MMDH.

En volume, ce sont 297 millions d’unités (boîtes, ndlr) qui ont été commercialisées sur le marché privé marocain en 2018 contre 290 millions en 2017 et 283 millions en 2016. 

Sur les 297 millions d'unités commercialisées, 61% (182 millions) sont des princeps (molécule d'origine ) et 39% (115 millions) sont des génériques.

L'analyse de IQVIA montre qu'entre 2016 et 2018, le volume des princeps a stagné tandis que celui des génériques a évolué de 13%. 

L'évolution du marché en volume sur ces trois dernières années a donc été portée par le segment du générique. Ce qui a eu pour effet de faire baisser la part des princeps de 64% en 2016 à 61% en 2018 en faveur des médicaments génériques.

78% des médicaments sont fabriqués au Maroc dont plus de la moitié sont des princeps

L'étude s'est également attardée sur l'analyse de l'origine des produits, la part de la fabrication locale et celle de l'importation. Il en ressort qu'en 2018, 78% des médicaments sont fabriqués localement. L'importation ne représente que 22%. 

La comparaison avec les années 2016 et 2017 fait ressortir un léger recul de la production locale en faveur de l'importation. En 2016, 80% des médicaments commercialisés étaient made in Morocco. En 2017, ce pourcentage a baissé à 79%.

Il aurait été intéressant de comparer la nature des médicaments fabriqués au Maroc vs les médicaments importés. Cette donnée ne figurait pas dans le document consulté.

Néanmoins, l'étude fait un zoom sur la fabrication locale et analyse la part des princeps et celle des génériques. Sur le volume des médicaments produits localement et commercialisés en 2018, 55% reviennent aux princeps et 45% aux génériques. 

Ce rapport a légèrement évolué entre 2016 et 2018 en faveur du générique. En effet, la part du générique dans la fabrication locale est passé de 43% en 2016 à 45% en 2018. Dans le même temps, le pourcentage des princeps a baissé de 57% en 2016 à 55% en 2018.

L'étude fait un focus sur le segment du princeps. Ainsi, sur les 182 millions d'unités de princeps, 127 millions sont produites au Maroc, soit 70%. Le reste, 30%, provient de l'importation. 

87% des médicaments ont un prix inférieur ou égal à 90 DH (PPV)

Une partie de l'étude a été consacrée à l'analyse des prix du médicament commercialisé sur le marché privé.

Il en ressort que sur l’ensemble de ces médicaments, 87% ont un prix inférieur ou égal à 50 DH (prix fabricants hors taxes -PFHT), c'est l'équivalent de 90 DH en termes de prix de vente public dans les pharmacies. 

10% des médicaments ont un prix compris entre 50 DH et 100 DH (PFHT). Et seulement 3% ont un prix qui dépasse 100 DH. 

63% des médicaments dont le prix est inférieur ou égal à 50 DH sont des princeps, 37% des génériques.

Sur la tranche des prix allant de 50 à 100 DH, le princeps occupe une part de 45% et le générique 55%. Sur la dernière tranche de prix qui dépasse les 100 DH, le princeps occupe 63% et le générique 37%.

Il aurait été intéressant d'analyser également les prix en prenant en compte le facteur consommation afin de vérifier les prix des médicaments les plus consommés.

Cela dit, de façon globale, les prix des médicaments ont baissé considérablement du fait de la stratégie adoptée par le gouvernement au cours des dernières années qui a eu pour effet de baisser les prix de plusieurs milliers de référence. 

2 médicaments sur 3 sont remboursables 

Le caractère remboursable ou non des médicaments a également été analysé. L'étude avance que 2 médicaments sur 3 sont remboursables, soit 66% des médicaments commercialisés sur le marché privé. 

En prenant en compte l'origine du produit, il ressort que 70% des médicaments produits localement sont remboursés, tandis que 54% seulement des médicament importés sont remboursés. 

Partant de ces chiffres, LEMM et IQVIA concluent que le Maroc dispose "d'un paysage pharmaceutique encourageant qui le place comme une référence en matière de production locale tant pour les princeps que pour les génériques (...) la production locale des médicaments fait le plein pour le marché interne". 

"L’analyse apparaît également positive au niveau du prix pour le patient, au vu du taux de pénétration du générique et au-delà, la contribution des princeps, dont la majorité sont à des prix extrêmement bas, avec une grande majorité potentiellement remboursable. Le secteur dispose des prérequis pour concentrer ses efforts sur la disponibilité du médicament qui est l’enjeu majeur au vu du taux de couverture du patient", ajoutent les rédacteurs de l'étude. 

Confortés par les résultats de cette étude, IQVIA et LEMM qui fait de l'innovation et la R&D son cheval de bataille depuis plusieurs années, préconisent que "les efforts devraient se concentrer sur la disponibilité de l’innovation thérapeutique au Maroc et les conditions d’accès rapide des patients à ces innovations". 

A lire aussi


Communication financière

Titre : Avis rectificatif de la convocation AGOA d'Aluminium du Maroc

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.