Le crédit bancaire peu impacté par la crise à fin avril
Une croissance de 6,7% de l’encours des crédits bancaires sur une année glissante. Les financements aux entreprises ont fortement progressé, ceux aux ménages se sont tassés. Les impayés ont augmenté de 7,2%.
Bank Al-Maghrib vient de publier les statistiques monétaires à fin avril. Ces chiffres étaient attendus pour voir l’impact de la crise liée au Covid-19 sur l’activité des banques, compte tenu de l’arrêt de plusieurs activités économiques, de la paralysie des transactions immobilières, de la chute de la consommation des ménages et de l’augmentation des besoins de trésorerie des entreprises. Pour rappel, avril était un mois de plein confinement.
Il ressort finalement de ces chiffres que les banques ont été peu impactées à fin avril sur le plan des crédits. Il y a eu même un surplus de financements en avril par rapport à mars.
Certes, depuis le début de l’année, la croissance est légère et l’évolution des impayés est plus rapide. Mais sur une année glissante (par rapport à avril 2019), le secteur affiche une bonne progression de l’encours et l’augmentation des impayés y est proche.
Cela peut être dû aux dossiers qui étaient en instance. En tous les cas, il faudra attendre les prochaines publications de la Banque centrale pour confirmer la tendance.
Ainsi, sur une année glissante, l’encours des crédits a progressé de 6,7% ou de 58 milliards de DH pour s’établir à 921,7 milliards.
Les crédits aux entreprises privés ont enregistré une bonne évolution de 11,4% ou de 39 milliards de DH. Ceux aux ménages ont évolué de 3,1% ou 10,5 milliards.
Par objet économique, les crédits immobiliers affichent une légère augmentation de 2% ou de 5,3 milliards, plus due à la méforme structurelle du secteur immobilier qu’à la crise du Coronavirus.
Mais les crédits à la consommation ont ralenti avec une croissance de 1,5% ou 845 MDH, clairement en raison du contexte actuel.
Les crédits de trésorerie des entreprises se sont envolés de 14,2% ou de 25 milliards de DH en raison de l’augmentation du BFR suite à la crise.
Enfin, malgré leur baisse sur le mois d’avril, les crédits à l’équipement progressent de 7,4% ou de 13 milliards de DH sur une année glissante.
Pour ce qui est des créances en souffrance, elles ont augmenté de 7,2% ou de 4,8 milliards de DH par rapport à avril 2019, dont +4,4% depuis le début de l’année. Leur encours s’élève désormais à 73 milliards de DH, soit 7,9% de l’ensemble des crédits.
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