Le diagnostic de la Banque mondiale sur le secteur privé marocain

DOCUMENT. Le groupe Banque Mondiale a rendu public son “Diagnostic du secteur privé“ marocain, annoncé par le nouveau cadre de partenariat bilatéral 2019-2024. Ce document de 154 pages analyse le marché marocain et formule différentes recommandations pour une “deuxième génération de réformes“ dans le but de “stimuler la croissance du secteur privé, la création d’emplois et l’amélioration des compétences“.

Le diagnostic de la Banque mondiale sur le secteur privé marocain

Le 04 août 2019 à 18:08

Modifié le 05 août 2019 à 10:13

Le document a été réalisé à la demande et sous la direction de la SFI et de la Banque Mondiale, par une équipe pluridisciplinaire. Il peut être feuilleté ou téléchargé ici. Voici quelques extraits parlants.

>Croissance, emplois et productivité : résultats décevants

“Malgré le taux d’investissement remarquablement élevé du Maroc, l’un des plus élevés au monde avec une moyenne de 34 % du PIB par an depuis le milieu des années 2000, les retombées en termes de croissance économique, création d’emplois et productivité, ont été décevantes.

“Certains pays tels que la Colombie, les Philippines et la Turquie ont atteint des taux de croissance similaires ou supérieurs, avec des niveaux d’investissement nettement inférieurs. Les pays qui ont réussi à décoller économiquement sont parvenus à maintenir des taux annuels de croissance du PIB par habitant bien au-delà de 4 % pendant des décennies (contre des taux annuels moyens au Maroc de 2,9 % entre 2000 et 2017 et de seulement 1,6 % entre 1990 et 2000).

“L’économie marocaine a enregistré des performances particulièrement décevantes en termes de création d’emplois. Alors que la population en âge de travailler a augmenté, en termes nets, de 270 000 personnes par an entre 2012 et 2016, seulement 26 400 nouveaux emplois nets ont été créés en moyenne par an.

“Les gains de productivité ont été faibles : sur le long terme, entre 1970 et 2011, l’économie marocaine n’a enregistré aucun gain de productivité totale des facteurs de production (PTF).

>Investissements publics: en partie coûteux, rapport qualité-prix discutable.

“La composition des investissements aiguille quant aux raisons derrière l’impact limité de l’effort d’investissement significatif du Maroc. Le secteur public, qui investit principalement par l’intermédiaire des entreprises publiques, représente la moitié de tous les investissements réalisés dans le pays. Ces investissements ont en partie été coûteux, avec un rapport qualité-prix discutable. Alors qu’un grand nombre d’investissements ont été réalisés dans les infrastructures, dont les effets sociaux et économiques ne peuvent être pleinement observés qu’à long terme, les projets sélectionnés pour un financement public ne tiennent parfois pas suffisamment compte des problèmes d’efficacité et peuvent ne pas optimiser l’impact sur la productivité et la création d’emplois“.

 

Cliquer sur l'image pour accéder au document

>Le modèle actuel n'est pas soutenable.

“Comme l’ont fait valoir d’autres analyses, notamment le Mémorandum économique sur le Maroc (CEM) et le Diagnostic-pays systématique (DPS) de la Banque mondiale, le modèle existant basé sur une croissance dépendante du taux très élevé d’accumulation de capital public fixe, n’est pas soutenable.

>Emplois: les jeunes entreprises sont censées en créer beaucoup plus

“Le Maroc ne peut pas uniquement compter sur l’accumulation de capital pour rattraper les pays à revenu plus élevé, car cela nécessiterait des investissements toujours plus importants, mettant en péril sa stabilité macroéconomique“.

“Un secteur privé plus dynamique est nécessaire pour créer davantage d’emplois. A l’échelle mondiale, il a été démontré que la plupart des emplois sont créés par de jeunes entreprises de moins de cinq ans. Le Maroc doit créer un environnement favorable aux entreprises afin qu’elles puissent pénétrer les marchés, se développer et exporter. Cela nécessitera des conditions propices à une concurrence équitable, du capital humain et des compétences de meilleure qualité pour répondre aux besoins d’une main-d’oeuvre moderne et encourager ainsi l’entrepreneuriat, d’un meilleur accès au financement des petites entreprises et des startups pendant tout leur cycle de vie, ainsi que des institutions qui les soutiennent.

“Dans la sphère privée, la croissance économique semble avoir été principalement tirée par des entreprises établies, souvent bien connectées, et non par de jeunes entreprises. Ces entreprises établies investissent principalement dans des secteurs non échangeables qui sont moins exposés à la concurrence, comme l’immobilier et la construction. Hormis les entreprises créées dans des zones franches au travers d’IDE, dans l’ensemble, les jeunes entreprises n’ont pas réussi à concurrencer celles établies ou à créer de l’emploi dans des proportions importantes. Les secteurs plus dynamiques et à plus forte valeur ajoutée ne représentent qu’une faible part de la croissance de l’emploi

>Etablir des règles du jeu équitables pour tous les opérateurs

“L’accent mis sur la contestabilité du marché et la concurrence contribuerait à créer les conditions de l’émergence d’un secteur privé dynamique et diversifié, capable de créer les emplois dont le Maroc a urgemment besoin.

“(…) Récemment, les mesures qui ont permis de rendre opérationnel le Conseil de la concurrence, avec notamment la nomination de son président et de ses membres en décembre 2018, après un hiatus de quatre ans, représentent une avancée très positive.

>Les IDE accentuent les disparités, les petites entreprises luttent pour survivre

“Les politiques qui ont favorisé les IDE et de larges investissements accentuent les disparités dans les conditions de marché auxquelles sont confrontées les entreprises, d’autant que les mesures visant à répondre aux besoins des petites entreprises ont connu un succès relativement moindre“. Le document cite des exemples : Les nombreux mécanismes d’incitations offerts pour de nouveaux investissements dans les zones industrielles, mais excluant les exportateurs existants à l’extérieur de ces zones.

Ou encore les politiques qui protègent les marchés intérieurs, telle la tarification douanière, et qui offrent des incitations fiscales aux secteurs non échangeables comme l’immobilier, permettent aux grands investisseurs bien connectés de dégager un rendement élevé. "Les petites entreprises nationales se débrouillent seules du mieux qu’elles peuvent, luttant pour survivre, et sont souvent désavantagées, dans les secteurs échangeables plus compétitifs“.

>Automobile: les champions locaux doivent s'insérer dans les chaînes de valeur mondiales

Le document rappelle les nombreuses performances du secteur automobile puis nuance : “La faiblesse de l’industrie automobile réside toutefois dans les retombées économiques limitées dans l’économie locale et l’incapacité des champions locaux à faire leur entrée dans les chaînes de valeur.

“Peu d’entreprises marocaines ont rejoint les clusters automobiles, soit par la modernisation de leurs activités, soit par le biais de joint-ventures. Cela pourrait constituer un frein pour le secteur à l’avenir si les entreprises de niveau 1 et les plus grandes entreprises de niveau 2 ne sont pas en mesure de réorienter leur approvisionnement en intrants des importations vers des fournisseurs locaux plus petits (petites entreprises de niveau 2 et de niveau 3).“

 >Pour prospérer et créer des emplois, les PME doivent enfin accéder aux services essentiels.

“À l’échelle mondiale, ce sont les nouvelles entreprises et les entreprises à forte croissance qui créent le plus d’emplois. Les analyses empiriques dans les pays de l’OCDE indiquent qu’en moyenne, si les entreprises de cinq ans ou moins représentent environ un cinquième de l’emploi total, elles créent près de la moitié des nouveaux emplois. Bien que peu d’entre elles survivent, les jeunes entreprises contribuent au dynamisme économique en injectant de la concurrence sur les marchés et en stimulant l’innovation. Au Maroc, 37 % des entreprises enregistrées ont moins de cinq ans. Cependant, peu d’informations sont disponibles sur leur taux de survie ou leur impact sur la création d’emplois.

“Ce que l’on sait, en revanche, c’est que pour pénétrer les marchés, prospérer et créer des emplois, les PME marocaines doivent avoir accès aux services essentiels: un système de concurrence équitable, du capital humain et des compétences, un accès aux chaînes de valeur mondiales, des financements et du capital risque aux stades critiques de leur développement, un accès au foncier, aux infrastructures et aux services TIC indispensables pour une économie moderne et une culture favorable aux affaires“. (…)

>La prise de risque, l’entrepreneuriat sont découragés

(…) “Aujourd’hui, toutefois, les salaires élevés encouragent un grand nombre de personnes talentueuses et qualifiées à accepter des emplois prestigieux dans le secteur public plutôt que de s’aventurer dans un secteur privé où l’initiative et la prise de risques sont contrecarrées par des conditions de concurrence inégales. D’autres rejoignent les grandes entreprises et les entreprises publiques.

"Les salaires moyens du secteur public au Maroc sont deux à trois fois plus élevés que les salaires moyens du secteur privé, sans compter les avantages dont bénéficient généralement les employés du secteur public ou la stabilité de l’emploi.

“L’écart salarial public-privé au Maroc est plus élevé que dans les autres pays de la région MENA, à l’exception des pays du CCG riches en pétrole.

“Alors que les jeunes ingénieurs brésiliens, malaisiens ou turcs qui étudient à l’étranger retournent dans leur pays d’origine pour travailler dans les domaines de l’ingénierie, de l’enseignement et de la recherche, les ingénieurs marocains ne le font que rarement et préfèrent travailler en entreprise ou dans les services publics“.

>De nombreux Marocains sont des entrepreneurs par nécessité.

“L’entrepreneur marocain type est moins instruit que les standards mondiaux : 42 % des jeunes Marocains âgés de 18 à 29 ans ont l’intention de devenir entrepreneurs, ce qui reflète le fait que pour de nombreux jeunes Marocains, l’entrepreneuriat est une alternative à un emploi rémunéré dans un environnement où la création d’emplois est limitée et les besoins en éducation relativement élevés.

“En plus de promouvoir une plus grande contestabilité du marché, renforcer l’écosystème entrepreneurial peut aider à canaliser davantage de personnes vers la création de leur entreprise par choix, notamment pour ce qui est de la large diaspora marocaine. Cette dernière peut jouer un rôle plus important dans la promotion de I’entrepreneuriat et de l’innovation au Maroc : entre 2007 et 2012, les Marocains résidents à l’étranger ont déposé la plupart des brevets enregistrés par le Maroc.

>Les systèmes d’éducation et de formation professionnelle du pays, dont les résultats sont médiocres, sont mal adaptés aux besoins de l'économie

"Trois types d’investissements dans les compétences peuvent générer de larges bénéfices dans un contexte de changement dans la nature du travail : les investissements dans la petite enfance, l’enseignement supérieur et la formation pour adultes en dehors du travail. Si le moyen le plus efficace d’acquérir les compétences requises est de commencer tôt, le rôle des systèmes d’enseignement supérieur en tant que centres d’innovation et l’intégration de filières entrepreneuriales dans l’enseignement professionnel peuvent également jouer un rôle majeur dans la promotion de l’innovation et l’entrepreneuriat.

"L’écosystème émergent de l’entrepreneuriat permettra à davantage de personnes de devenir entrepreneurs par choix plutôt que par nécessité.

>L’écosystème entrepreneurial est encore embryonnaire au Maroc, avec une couverture limitée en dehors de Casablanca.

"Il est toutefois encourageant de constater que le paysage entrepreneurial commence à changer: un diagnostic de l’écosystème marocain a révélé que plus d’une douzaine d’incubateurs et d’accélérateurs ont été constitués au cours des sept dernières années, soutenant un nombre croissant de startups en phase initiale de développement. L’intensification des activités au niveau des startups, par exemple, le mentorat, le réseautage, les concours d’entreprises et la fourniture de services d’incubation, d’accélération et de développement des entreprises peuvent stimuler l’activité entrepreneuriale et atténuer les désincitations liées à une culture de l’aversion au risque. De même, il existe encore très peu de mécanismes de soutien publics ou privés pour aider les entreprises à passer à l’échelle supérieure et à se développer - un soutien accru est nécessaire dans ce domaine.

>Système financier: les TPE comptent très peu sur les banques.

Bien que l’agenda de l’inclusion financière soit en cours d’élaboration, le secteur financier marocain est devenu l’un des plus développés et inclusifs de la région MENA. Un secteur financier compétitif et inclusif peut contribuer à remédier au manque d’emplois de qualité en allouant l’épargne aux activités productives et aux PME. Une inclusion financière limitée continue d’entraver sérieusement la croissance et l’entrepreneuriat des très petites entreprises (TPE), freinant la croissance de leur productivité et l’expansion de leurs activités. Le secteur financier est particulièrement absent dans les phases initiales de développement des entreprises, lorsque l’accès aux capitaux propres est le plus important. Les jeunes entreprises innovantes à fort potentiel de croissance ont également du mal à obtenir des prêts à des conditions accessibles.

"Il en va de même pour les TPE en général, peu d’entre elles comptant sur les banques pour leur fonds de roulement ou pour développer leurs activités. Les exigences élevées en matière de garanties poussent nombre d’entre elles à compter sur les prêts de microfinance. Le capital-risque (CR) et les investisseurs providentiels (business angels) sont pratiquement inexistants. Les retards de paiement généralisés s’ajoutent aux problèmes chroniques de trésorerie de nombreuses TPE. Les autorités se sont engagées à relever ces défis afin de mettre à profit les capacités du secteur financier à soutenir un secteur privé plus dynamique et plus entrepreneurial : en particulier, en 2018, la Caisse Centrale de Garantie (CCG) a augmenté son soutien aux MPME (sous forme de garanties et de co-financements) de 15%, à 20 milliards MAD, sur un total de prêts bancaires aux PME de 144 milliards MAD en 2018 ; la CCG, avec des investisseurs initiaux, a cofinancé 57 startups dans la première année suivant le lancement du Fonds Innov’Invest.

>Marchés des capitaux: peut mieux faire.

"L’écart entre le développement avancé du système bancaire et le développement du marché des actions est important. Les instruments de financement à long terme, le financement en fonds propres et les marchés des capitaux sont sous-développés au Maroc, ce qui affecte non seulement les PME, mais aussi les jeunes entreprises innovantes et les grandes entreprises qui ne sont pas à l’abri des contraintes financières. On observe un manque de liquidité et un nombre de nouveaux émetteurs limité à la Bourse de Casablanca (CSE), en particulier pour ce qui est des grands émetteurs institutionnels.

>Aller vers une économie numérique axée sur l'innovation.

"L’amélioration de l’accès au haut débit, en particulier au haut débit fixe, est le principal défi que doit relever le Maroc pour accroître sa productivité, progresser dans les chaînes de valeur mondiales et développer une économie numérique axée sur l’innovation.

"Le taux de croissance du secteur des TIC ralentit et le Maroc accuse un retard par rapport aux pays qu’il considère comme concurrents dans ce domaine, notamment en termes de pénétration et de vitesse du haut débit.

"Dans le domaine des infrastructures fixes à haut débit, l’absence de concurrence, une réglementation incomplète et inefficace, ainsi que le sous-investissement dans l’accès au haut débit par fibre optique et les infrastructures de liaison terrestre ont résulté en des services Internet haut débit onéreux. Le marché du haut débit est également limité aux principaux centres urbains et routes du pays, ce qui aggrave la fracture numérique. La pénétration du haut débit au Maroc est parmi les plus faibles de la région MENA.

"Les plateformes numériques peuvent jouer un rôle plus important dans le soutien au développement du secteur privé et dans l’élargissement des opportunités de marché au Maroc. Une économie numérique moderne profiterait aux jeunes, petites et moyennes entreprises, en leur offrant par exemple davantage de débouchés commerciaux et en permettant aux producteurs, détaillants et fournisseurs de services de dialoguer et traiter facilement avec les clients situés sur les marchés éloignés.

"Un élément essentiel pour soutenir la croissance de l’économie numérique dans le pays est le paiement mobile. La nouvelle loi bancaire devrait permettre le décollage des paiements mobiles.

"Le Maroc a pris du retard sur les paiements mobiles et électroniques en raison d’un cadre réglementaire imparfait et du manque d’innovation et de concurrence entre les établissements bancaires et non bancaires (la banque centrale du Maroc et l’autorité de régulation des télécommunications ont lancé fin novembre 2018 le m-wallet).

"En ce qui concerne la demande, le développement des paiements électroniques est entravé par une préférence profondément ancrée pour les espèces, ce qui reflète en partie l’existence d’un important secteur informel. A l’avenir, la présence d’entreprises marocaines opérant à l’échelle régionale en Afrique subsaharienne, comme le font plusieurs banques, Maroc Telecom et OCP, offre au Maroc l’opportunité de développer des plateformes et services financiers numériques panafricains, soutenant des chaînes de valeur clés.

>Nouveaux défis en matière d'infrastructure: un rôle accru pour le privé

"Le secteur public continuera à jouer son rôle essentiel dans le développement des infrastructures marocaines, même si, à plus de 5,4 % du PIB par an d’investissements en capital au cours de la prochaine décennie, les besoins du Maroc en infrastructures publiques sont élevés et les satisfaire exigera d’ajuster le modèle actuel qui repose principalement sur les dépenses et les garanties publiques.

"Les maigres ressources publiques devront être mises à profit par le biais de stratégies visant à maximiser une participation privée viable et en s’appuyant sur la solide expérience du Maroc en matière de partenariats public-privé (PPP) dans le domaine des infrastructures.

"Les entreprises publiques sont les principales sources d’investissement et de financement dans les infrastructures et représentent un peu plus de la moitié du total des investissements publics dans ce secteur.

"Une part importante de ce montant est financée par des prêts concessionnels à long terme en devises (environ 130 milliards MAD), tous garantis par l’État. Les entreprises publiques empruntent également auprès de banques nationales (50 milliards MAD) et émettent des obligations en monnaie locale, principalement détenues par des fonds de pension : 20 milliards MAD de financements locaux des entreprises publiques locales bénéficient également de garanties de l’État.

"Un environnement propice est nécessaire pour accroître le financement privé des infrastructures. Les besoins spécifiques incluent l’existence d’une courbe de rendement à long terme qui fournit au marché une référence de prix fiable.

"L’amélioration de l’environnement institutionnel est l’ingrédient essentiel pour développer davantage de partenariats public-privé dans le domaine des infrastructures.

"Bien qu’une loi claire et détaillée sur les PPP serait un pilier essentiel pour soutenir une participation durable du secteur privé aux investissements dans les infrastructures, le cadre juridique pourrait ne pas être la contrainte qui empêche de développer davantage de partenariats étant donné le nombre de PPP conclus avant l’adoption de cette loi.

"Les questions institutionnelles sectorielles déterminantes afin d’attirer davantage d’investissements privés dans les infrastructures sont notamment les suivantes : clarifier le rôle subsidiaire de l’État dans certains secteurs des infrastructures (par exemple, les transports aériens et les télécommunications) ; garantir des procédures transparentes et compétitives pour créer des joint-ventures publiques-privées et une procédure unique pour attribuer ou étendre les concessions. Il faut également renforcer la capacité institutionnelle du secteur public de créer, d’évaluer et de superviser les PPP, y compris leurs incidences budgétaires sur le budget du secteur public". (...)

Le diagnostic de la Banque mondiale sur le secteur privé marocain

Le 04 août 2019 à18:56

Modifié le 05 août 2019 à 10:13

DOCUMENT. Le groupe Banque Mondiale a rendu public son “Diagnostic du secteur privé“ marocain, annoncé par le nouveau cadre de partenariat bilatéral 2019-2024. Ce document de 154 pages analyse le marché marocain et formule différentes recommandations pour une “deuxième génération de réformes“ dans le but de “stimuler la croissance du secteur privé, la création d’emplois et l’amélioration des compétences“.

Le document a été réalisé à la demande et sous la direction de la SFI et de la Banque Mondiale, par une équipe pluridisciplinaire. Il peut être feuilleté ou téléchargé ici. Voici quelques extraits parlants.

>Croissance, emplois et productivité : résultats décevants

“Malgré le taux d’investissement remarquablement élevé du Maroc, l’un des plus élevés au monde avec une moyenne de 34 % du PIB par an depuis le milieu des années 2000, les retombées en termes de croissance économique, création d’emplois et productivité, ont été décevantes.

“Certains pays tels que la Colombie, les Philippines et la Turquie ont atteint des taux de croissance similaires ou supérieurs, avec des niveaux d’investissement nettement inférieurs. Les pays qui ont réussi à décoller économiquement sont parvenus à maintenir des taux annuels de croissance du PIB par habitant bien au-delà de 4 % pendant des décennies (contre des taux annuels moyens au Maroc de 2,9 % entre 2000 et 2017 et de seulement 1,6 % entre 1990 et 2000).

“L’économie marocaine a enregistré des performances particulièrement décevantes en termes de création d’emplois. Alors que la population en âge de travailler a augmenté, en termes nets, de 270 000 personnes par an entre 2012 et 2016, seulement 26 400 nouveaux emplois nets ont été créés en moyenne par an.

“Les gains de productivité ont été faibles : sur le long terme, entre 1970 et 2011, l’économie marocaine n’a enregistré aucun gain de productivité totale des facteurs de production (PTF).

>Investissements publics: en partie coûteux, rapport qualité-prix discutable.

“La composition des investissements aiguille quant aux raisons derrière l’impact limité de l’effort d’investissement significatif du Maroc. Le secteur public, qui investit principalement par l’intermédiaire des entreprises publiques, représente la moitié de tous les investissements réalisés dans le pays. Ces investissements ont en partie été coûteux, avec un rapport qualité-prix discutable. Alors qu’un grand nombre d’investissements ont été réalisés dans les infrastructures, dont les effets sociaux et économiques ne peuvent être pleinement observés qu’à long terme, les projets sélectionnés pour un financement public ne tiennent parfois pas suffisamment compte des problèmes d’efficacité et peuvent ne pas optimiser l’impact sur la productivité et la création d’emplois“.

 

Cliquer sur l'image pour accéder au document

>Le modèle actuel n'est pas soutenable.

“Comme l’ont fait valoir d’autres analyses, notamment le Mémorandum économique sur le Maroc (CEM) et le Diagnostic-pays systématique (DPS) de la Banque mondiale, le modèle existant basé sur une croissance dépendante du taux très élevé d’accumulation de capital public fixe, n’est pas soutenable.

>Emplois: les jeunes entreprises sont censées en créer beaucoup plus

“Le Maroc ne peut pas uniquement compter sur l’accumulation de capital pour rattraper les pays à revenu plus élevé, car cela nécessiterait des investissements toujours plus importants, mettant en péril sa stabilité macroéconomique“.

“Un secteur privé plus dynamique est nécessaire pour créer davantage d’emplois. A l’échelle mondiale, il a été démontré que la plupart des emplois sont créés par de jeunes entreprises de moins de cinq ans. Le Maroc doit créer un environnement favorable aux entreprises afin qu’elles puissent pénétrer les marchés, se développer et exporter. Cela nécessitera des conditions propices à une concurrence équitable, du capital humain et des compétences de meilleure qualité pour répondre aux besoins d’une main-d’oeuvre moderne et encourager ainsi l’entrepreneuriat, d’un meilleur accès au financement des petites entreprises et des startups pendant tout leur cycle de vie, ainsi que des institutions qui les soutiennent.

“Dans la sphère privée, la croissance économique semble avoir été principalement tirée par des entreprises établies, souvent bien connectées, et non par de jeunes entreprises. Ces entreprises établies investissent principalement dans des secteurs non échangeables qui sont moins exposés à la concurrence, comme l’immobilier et la construction. Hormis les entreprises créées dans des zones franches au travers d’IDE, dans l’ensemble, les jeunes entreprises n’ont pas réussi à concurrencer celles établies ou à créer de l’emploi dans des proportions importantes. Les secteurs plus dynamiques et à plus forte valeur ajoutée ne représentent qu’une faible part de la croissance de l’emploi

>Etablir des règles du jeu équitables pour tous les opérateurs

“L’accent mis sur la contestabilité du marché et la concurrence contribuerait à créer les conditions de l’émergence d’un secteur privé dynamique et diversifié, capable de créer les emplois dont le Maroc a urgemment besoin.

“(…) Récemment, les mesures qui ont permis de rendre opérationnel le Conseil de la concurrence, avec notamment la nomination de son président et de ses membres en décembre 2018, après un hiatus de quatre ans, représentent une avancée très positive.

>Les IDE accentuent les disparités, les petites entreprises luttent pour survivre

“Les politiques qui ont favorisé les IDE et de larges investissements accentuent les disparités dans les conditions de marché auxquelles sont confrontées les entreprises, d’autant que les mesures visant à répondre aux besoins des petites entreprises ont connu un succès relativement moindre“. Le document cite des exemples : Les nombreux mécanismes d’incitations offerts pour de nouveaux investissements dans les zones industrielles, mais excluant les exportateurs existants à l’extérieur de ces zones.

Ou encore les politiques qui protègent les marchés intérieurs, telle la tarification douanière, et qui offrent des incitations fiscales aux secteurs non échangeables comme l’immobilier, permettent aux grands investisseurs bien connectés de dégager un rendement élevé. "Les petites entreprises nationales se débrouillent seules du mieux qu’elles peuvent, luttant pour survivre, et sont souvent désavantagées, dans les secteurs échangeables plus compétitifs“.

>Automobile: les champions locaux doivent s'insérer dans les chaînes de valeur mondiales

Le document rappelle les nombreuses performances du secteur automobile puis nuance : “La faiblesse de l’industrie automobile réside toutefois dans les retombées économiques limitées dans l’économie locale et l’incapacité des champions locaux à faire leur entrée dans les chaînes de valeur.

“Peu d’entreprises marocaines ont rejoint les clusters automobiles, soit par la modernisation de leurs activités, soit par le biais de joint-ventures. Cela pourrait constituer un frein pour le secteur à l’avenir si les entreprises de niveau 1 et les plus grandes entreprises de niveau 2 ne sont pas en mesure de réorienter leur approvisionnement en intrants des importations vers des fournisseurs locaux plus petits (petites entreprises de niveau 2 et de niveau 3).“

 >Pour prospérer et créer des emplois, les PME doivent enfin accéder aux services essentiels.

“À l’échelle mondiale, ce sont les nouvelles entreprises et les entreprises à forte croissance qui créent le plus d’emplois. Les analyses empiriques dans les pays de l’OCDE indiquent qu’en moyenne, si les entreprises de cinq ans ou moins représentent environ un cinquième de l’emploi total, elles créent près de la moitié des nouveaux emplois. Bien que peu d’entre elles survivent, les jeunes entreprises contribuent au dynamisme économique en injectant de la concurrence sur les marchés et en stimulant l’innovation. Au Maroc, 37 % des entreprises enregistrées ont moins de cinq ans. Cependant, peu d’informations sont disponibles sur leur taux de survie ou leur impact sur la création d’emplois.

“Ce que l’on sait, en revanche, c’est que pour pénétrer les marchés, prospérer et créer des emplois, les PME marocaines doivent avoir accès aux services essentiels: un système de concurrence équitable, du capital humain et des compétences, un accès aux chaînes de valeur mondiales, des financements et du capital risque aux stades critiques de leur développement, un accès au foncier, aux infrastructures et aux services TIC indispensables pour une économie moderne et une culture favorable aux affaires“. (…)

>La prise de risque, l’entrepreneuriat sont découragés

(…) “Aujourd’hui, toutefois, les salaires élevés encouragent un grand nombre de personnes talentueuses et qualifiées à accepter des emplois prestigieux dans le secteur public plutôt que de s’aventurer dans un secteur privé où l’initiative et la prise de risques sont contrecarrées par des conditions de concurrence inégales. D’autres rejoignent les grandes entreprises et les entreprises publiques.

"Les salaires moyens du secteur public au Maroc sont deux à trois fois plus élevés que les salaires moyens du secteur privé, sans compter les avantages dont bénéficient généralement les employés du secteur public ou la stabilité de l’emploi.

“L’écart salarial public-privé au Maroc est plus élevé que dans les autres pays de la région MENA, à l’exception des pays du CCG riches en pétrole.

“Alors que les jeunes ingénieurs brésiliens, malaisiens ou turcs qui étudient à l’étranger retournent dans leur pays d’origine pour travailler dans les domaines de l’ingénierie, de l’enseignement et de la recherche, les ingénieurs marocains ne le font que rarement et préfèrent travailler en entreprise ou dans les services publics“.

>De nombreux Marocains sont des entrepreneurs par nécessité.

“L’entrepreneur marocain type est moins instruit que les standards mondiaux : 42 % des jeunes Marocains âgés de 18 à 29 ans ont l’intention de devenir entrepreneurs, ce qui reflète le fait que pour de nombreux jeunes Marocains, l’entrepreneuriat est une alternative à un emploi rémunéré dans un environnement où la création d’emplois est limitée et les besoins en éducation relativement élevés.

“En plus de promouvoir une plus grande contestabilité du marché, renforcer l’écosystème entrepreneurial peut aider à canaliser davantage de personnes vers la création de leur entreprise par choix, notamment pour ce qui est de la large diaspora marocaine. Cette dernière peut jouer un rôle plus important dans la promotion de I’entrepreneuriat et de l’innovation au Maroc : entre 2007 et 2012, les Marocains résidents à l’étranger ont déposé la plupart des brevets enregistrés par le Maroc.

>Les systèmes d’éducation et de formation professionnelle du pays, dont les résultats sont médiocres, sont mal adaptés aux besoins de l'économie

"Trois types d’investissements dans les compétences peuvent générer de larges bénéfices dans un contexte de changement dans la nature du travail : les investissements dans la petite enfance, l’enseignement supérieur et la formation pour adultes en dehors du travail. Si le moyen le plus efficace d’acquérir les compétences requises est de commencer tôt, le rôle des systèmes d’enseignement supérieur en tant que centres d’innovation et l’intégration de filières entrepreneuriales dans l’enseignement professionnel peuvent également jouer un rôle majeur dans la promotion de l’innovation et l’entrepreneuriat.

"L’écosystème émergent de l’entrepreneuriat permettra à davantage de personnes de devenir entrepreneurs par choix plutôt que par nécessité.

>L’écosystème entrepreneurial est encore embryonnaire au Maroc, avec une couverture limitée en dehors de Casablanca.

"Il est toutefois encourageant de constater que le paysage entrepreneurial commence à changer: un diagnostic de l’écosystème marocain a révélé que plus d’une douzaine d’incubateurs et d’accélérateurs ont été constitués au cours des sept dernières années, soutenant un nombre croissant de startups en phase initiale de développement. L’intensification des activités au niveau des startups, par exemple, le mentorat, le réseautage, les concours d’entreprises et la fourniture de services d’incubation, d’accélération et de développement des entreprises peuvent stimuler l’activité entrepreneuriale et atténuer les désincitations liées à une culture de l’aversion au risque. De même, il existe encore très peu de mécanismes de soutien publics ou privés pour aider les entreprises à passer à l’échelle supérieure et à se développer - un soutien accru est nécessaire dans ce domaine.

>Système financier: les TPE comptent très peu sur les banques.

Bien que l’agenda de l’inclusion financière soit en cours d’élaboration, le secteur financier marocain est devenu l’un des plus développés et inclusifs de la région MENA. Un secteur financier compétitif et inclusif peut contribuer à remédier au manque d’emplois de qualité en allouant l’épargne aux activités productives et aux PME. Une inclusion financière limitée continue d’entraver sérieusement la croissance et l’entrepreneuriat des très petites entreprises (TPE), freinant la croissance de leur productivité et l’expansion de leurs activités. Le secteur financier est particulièrement absent dans les phases initiales de développement des entreprises, lorsque l’accès aux capitaux propres est le plus important. Les jeunes entreprises innovantes à fort potentiel de croissance ont également du mal à obtenir des prêts à des conditions accessibles.

"Il en va de même pour les TPE en général, peu d’entre elles comptant sur les banques pour leur fonds de roulement ou pour développer leurs activités. Les exigences élevées en matière de garanties poussent nombre d’entre elles à compter sur les prêts de microfinance. Le capital-risque (CR) et les investisseurs providentiels (business angels) sont pratiquement inexistants. Les retards de paiement généralisés s’ajoutent aux problèmes chroniques de trésorerie de nombreuses TPE. Les autorités se sont engagées à relever ces défis afin de mettre à profit les capacités du secteur financier à soutenir un secteur privé plus dynamique et plus entrepreneurial : en particulier, en 2018, la Caisse Centrale de Garantie (CCG) a augmenté son soutien aux MPME (sous forme de garanties et de co-financements) de 15%, à 20 milliards MAD, sur un total de prêts bancaires aux PME de 144 milliards MAD en 2018 ; la CCG, avec des investisseurs initiaux, a cofinancé 57 startups dans la première année suivant le lancement du Fonds Innov’Invest.

>Marchés des capitaux: peut mieux faire.

"L’écart entre le développement avancé du système bancaire et le développement du marché des actions est important. Les instruments de financement à long terme, le financement en fonds propres et les marchés des capitaux sont sous-développés au Maroc, ce qui affecte non seulement les PME, mais aussi les jeunes entreprises innovantes et les grandes entreprises qui ne sont pas à l’abri des contraintes financières. On observe un manque de liquidité et un nombre de nouveaux émetteurs limité à la Bourse de Casablanca (CSE), en particulier pour ce qui est des grands émetteurs institutionnels.

>Aller vers une économie numérique axée sur l'innovation.

"L’amélioration de l’accès au haut débit, en particulier au haut débit fixe, est le principal défi que doit relever le Maroc pour accroître sa productivité, progresser dans les chaînes de valeur mondiales et développer une économie numérique axée sur l’innovation.

"Le taux de croissance du secteur des TIC ralentit et le Maroc accuse un retard par rapport aux pays qu’il considère comme concurrents dans ce domaine, notamment en termes de pénétration et de vitesse du haut débit.

"Dans le domaine des infrastructures fixes à haut débit, l’absence de concurrence, une réglementation incomplète et inefficace, ainsi que le sous-investissement dans l’accès au haut débit par fibre optique et les infrastructures de liaison terrestre ont résulté en des services Internet haut débit onéreux. Le marché du haut débit est également limité aux principaux centres urbains et routes du pays, ce qui aggrave la fracture numérique. La pénétration du haut débit au Maroc est parmi les plus faibles de la région MENA.

"Les plateformes numériques peuvent jouer un rôle plus important dans le soutien au développement du secteur privé et dans l’élargissement des opportunités de marché au Maroc. Une économie numérique moderne profiterait aux jeunes, petites et moyennes entreprises, en leur offrant par exemple davantage de débouchés commerciaux et en permettant aux producteurs, détaillants et fournisseurs de services de dialoguer et traiter facilement avec les clients situés sur les marchés éloignés.

"Un élément essentiel pour soutenir la croissance de l’économie numérique dans le pays est le paiement mobile. La nouvelle loi bancaire devrait permettre le décollage des paiements mobiles.

"Le Maroc a pris du retard sur les paiements mobiles et électroniques en raison d’un cadre réglementaire imparfait et du manque d’innovation et de concurrence entre les établissements bancaires et non bancaires (la banque centrale du Maroc et l’autorité de régulation des télécommunications ont lancé fin novembre 2018 le m-wallet).

"En ce qui concerne la demande, le développement des paiements électroniques est entravé par une préférence profondément ancrée pour les espèces, ce qui reflète en partie l’existence d’un important secteur informel. A l’avenir, la présence d’entreprises marocaines opérant à l’échelle régionale en Afrique subsaharienne, comme le font plusieurs banques, Maroc Telecom et OCP, offre au Maroc l’opportunité de développer des plateformes et services financiers numériques panafricains, soutenant des chaînes de valeur clés.

>Nouveaux défis en matière d'infrastructure: un rôle accru pour le privé

"Le secteur public continuera à jouer son rôle essentiel dans le développement des infrastructures marocaines, même si, à plus de 5,4 % du PIB par an d’investissements en capital au cours de la prochaine décennie, les besoins du Maroc en infrastructures publiques sont élevés et les satisfaire exigera d’ajuster le modèle actuel qui repose principalement sur les dépenses et les garanties publiques.

"Les maigres ressources publiques devront être mises à profit par le biais de stratégies visant à maximiser une participation privée viable et en s’appuyant sur la solide expérience du Maroc en matière de partenariats public-privé (PPP) dans le domaine des infrastructures.

"Les entreprises publiques sont les principales sources d’investissement et de financement dans les infrastructures et représentent un peu plus de la moitié du total des investissements publics dans ce secteur.

"Une part importante de ce montant est financée par des prêts concessionnels à long terme en devises (environ 130 milliards MAD), tous garantis par l’État. Les entreprises publiques empruntent également auprès de banques nationales (50 milliards MAD) et émettent des obligations en monnaie locale, principalement détenues par des fonds de pension : 20 milliards MAD de financements locaux des entreprises publiques locales bénéficient également de garanties de l’État.

"Un environnement propice est nécessaire pour accroître le financement privé des infrastructures. Les besoins spécifiques incluent l’existence d’une courbe de rendement à long terme qui fournit au marché une référence de prix fiable.

"L’amélioration de l’environnement institutionnel est l’ingrédient essentiel pour développer davantage de partenariats public-privé dans le domaine des infrastructures.

"Bien qu’une loi claire et détaillée sur les PPP serait un pilier essentiel pour soutenir une participation durable du secteur privé aux investissements dans les infrastructures, le cadre juridique pourrait ne pas être la contrainte qui empêche de développer davantage de partenariats étant donné le nombre de PPP conclus avant l’adoption de cette loi.

"Les questions institutionnelles sectorielles déterminantes afin d’attirer davantage d’investissements privés dans les infrastructures sont notamment les suivantes : clarifier le rôle subsidiaire de l’État dans certains secteurs des infrastructures (par exemple, les transports aériens et les télécommunications) ; garantir des procédures transparentes et compétitives pour créer des joint-ventures publiques-privées et une procédure unique pour attribuer ou étendre les concessions. Il faut également renforcer la capacité institutionnelle du secteur public de créer, d’évaluer et de superviser les PPP, y compris leurs incidences budgétaires sur le budget du secteur public". (...)

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