Le port du masque doit rester obligatoire après le déconfinement (Pr. El Harfi)

Le port du masque est primordial pour diminuer le risque de propagation du coronavirus, avec le confinement, les gestes barrières, la distanciation sociale et le dépistage à volonté lorsque cela est possible.

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Le port du masque doit rester obligatoire après le déconfinement (Pr. El Harfi) (Photo AIC press)

Le 08 avril 2020 à 12:30

Modifié le 08 avril 2020 à 14:29

C’est ce que confirme Abdelghani El Harfi, professeur universitaire et membre du comité scientifique à la Faculté des sciences d’Agadir (Université Ibn Zohr), dans une étude sur l’importance du port obligatoire du masque facial dans les lieux publics, adressée au ministère de la Santé et au Gouvernement le 4 avril 2020.

Il s’agit d’une étude comparative des données sur la pandémie du covid-19, dans les pays de l’Asie orientale, de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et du Maroc.

Voici les principales conclusions de l’étude:

- Si le Maroc veut éviter une catastrophe à l’européenne, il devrait continuer à appliquer : un confinement strict de la population, une hygiène préventive stricte (lavage des mains, utilisation d’antiseptiques et de désinfectants, les gestes barrières, distanciation sociale…) et surtout, le port obligatoire du masque par la population dans tous les lieux publics; 

- Cette triple stratégie devrait continuer jusqu’à l’éradication ou la limitation de la propagation du virus. Après cette phase, le Maroc pourra sortir progressivement du confinement, tout en gardant le port obligatoire du masque par le grand public, jusqu'à l’élaboration d’un nouveau vaccin ou l’éradication de la pandémie.

Comparaison en quelques chiffres

Pourquoi des pays comme ceux de l’Asie, de l’Europe et de l’Amérique du Nord, situés sur des continents différents, ayant contracté tous le virus en même temps (premiers cas confirmés vers le 20 janvier), se retrouvent deux mois plus tard dans deux situations pandémiques extrêmement différentes?

Contacté par Médias24, Pr. El Harfi nous confie que la comparaison entre ces différents pays montre que le confinement à lui seul n’est pas une solution efficace pour combattre ce virus "violent et dont le processus de transmission entre les humains est encore inconnu et indétectable".

Parmi les mesures prises par la Chine, épicentre du virus, un confinement obligatoire, le strict respect des mesures barrières ainsi que le port obligatoire du masque sous peine d'amende. Plus de 3.000 morts sont à déplorer dans le pays qui semble à présent voir le bout du tunnel et maîtriser l'épidémie. Ce mardi 7 avril, aucun décès n'a été enregistré.

D’autres pays d’Asie, où le confinement était ciblé mais non généralisé et le port de masque obligatoire, tels que Hong-Kong, Taïwan, le Vietnam, Singapour ou encore la Corée du Sud, ont réussi à freiner la propagation de la pandémie. Le nombre de morts est très faible dans ces pays. 

"Le confinement de la population, associé aux mesures de protection et de préventions, dont le port obligatoire d’un masque facial, sont donc parmi les stratégies essentielles ayant permis à la Chine de maîtriser l'épidémie. Les autres pays asiatiques qui sont arrivés à stopper cette pandémie ont également tous pris des décisions sévères sur l’obligation du port du masque par le grand public. Par contre, le confinement de la population était limité et n’était pas aussi sévère que la Chine et les pays européens", souligne l'étude.

Aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe, la situation est catastrophique. Les Etats-Unis comptent le plus grand nombre de cas de covid-19 recensés dans le monde. Le nombre de décès a également explosé (plus de 10.000). Même constat en Italie, en France et en Espagne, où le nombre de cas positifs augmente de jour en jour, ainsi que celui des décès.

Le Pr. El Harfi explique ce qui se passe actuellement dans ces grandes puissances mondiales, principalement, par le retard dans la mise en place des mesures de confinement pour endiguer la propagation du virus. Egalement, le port du masque qui était obligatoire uniquement pour les professionnels de la santé et volontaire pour la population. 

"Les choses ont été prises à la légère dans ces pays, notamment en Italie qui a maintenu des matchs de la Ligue des champions alors que plusieurs personnes étaient déjà atteintes du coronavirus, ou encore en France, où les élections municipales ont eu lieu, alors que le virus avait fait ses premières victimes", nous confie-t-il.

"D’autres part, aux USA, les experts ont malheureusement favorisé l’hypothèse selon laquelle le covid-19 est un virus saisonnier comme les autres et dont l’extension sera stoppée par l’arrivée du printemps, en avril!".

Situation actuelle au Maroc

Au moment où nous mettons en ligne cet article, 1.242 personnes avaient été atteintes de coronavirus au Maroc, dont 91 morts. "Le premier cas au Royaume a été détecté le 2 mars, soit un mois après certains pays asiatiques, où le port du masque est obligatoire et le confinement est partiel, et qui ne déplorent actuellement qu'un nombre faible de décès".  

D’après l’état actuel des données et des recherches, il s'avère que le seul remède aujourd’hui pour diminuer le risque de propagation du coronavirus est le port d’un masque facial par toute la population, dans les endroits publics et fermés. Cette mesure doit également être accompagnée par les précautions d'hygiène initiées par les organismes de santé, ainsi que le dépistage à volonté, si cela est possible, note l'étude. 

Le Pr. El Harfi, qui compare le covid-19 à "une fumée de cigarette moins intense et plus lourde, et surtout sans couleur et sans odeur", insiste également sur la distanciation sociale. 

"Pour moi, ce virus touche dramatiquement les poumons. Il circule donc dans l'air et ne se transmet pas seulement par les gouttelettes respiratoires. Il ne s'agit pas non plus d'un virus saisonnier, puisqu'il touche toute la planète".

"Tant que le virus n'est pas endigué et en l'absence d'un vaccin et même avec l'efficacité d'un traitement (Hydroxychloroquine ou autres), l'humanité sera obligée de porter dans le futur un masque, pour limiter la propagation et éviter un regain de l’épidémie".

Rappelons que le Maroc a rendu le port du masque obligatoire à partir de ce mardi 7 avril. Tout contrevenant est passible des sanctions prévues par l'article 4 du décret-loi 2.20.292 qui prévoit une peine de prison allant d'un à trois mois et d'une amende entre 300 et 1.300 DH.

Lire aussi: Comment bien porter son masque de protection

(Photo AIC press)

Le port du masque doit rester obligatoire après le déconfinement (Pr. El Harfi)

Le 08 avril 2020 à12:50

Modifié le 08 avril 2020 à 14:29

Le port du masque est primordial pour diminuer le risque de propagation du coronavirus, avec le confinement, les gestes barrières, la distanciation sociale et le dépistage à volonté lorsque cela est possible.

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C’est ce que confirme Abdelghani El Harfi, professeur universitaire et membre du comité scientifique à la Faculté des sciences d’Agadir (Université Ibn Zohr), dans une étude sur l’importance du port obligatoire du masque facial dans les lieux publics, adressée au ministère de la Santé et au Gouvernement le 4 avril 2020.

Il s’agit d’une étude comparative des données sur la pandémie du covid-19, dans les pays de l’Asie orientale, de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et du Maroc.

Voici les principales conclusions de l’étude:

- Si le Maroc veut éviter une catastrophe à l’européenne, il devrait continuer à appliquer : un confinement strict de la population, une hygiène préventive stricte (lavage des mains, utilisation d’antiseptiques et de désinfectants, les gestes barrières, distanciation sociale…) et surtout, le port obligatoire du masque par la population dans tous les lieux publics; 

- Cette triple stratégie devrait continuer jusqu’à l’éradication ou la limitation de la propagation du virus. Après cette phase, le Maroc pourra sortir progressivement du confinement, tout en gardant le port obligatoire du masque par le grand public, jusqu'à l’élaboration d’un nouveau vaccin ou l’éradication de la pandémie.

Comparaison en quelques chiffres

Pourquoi des pays comme ceux de l’Asie, de l’Europe et de l’Amérique du Nord, situés sur des continents différents, ayant contracté tous le virus en même temps (premiers cas confirmés vers le 20 janvier), se retrouvent deux mois plus tard dans deux situations pandémiques extrêmement différentes?

Contacté par Médias24, Pr. El Harfi nous confie que la comparaison entre ces différents pays montre que le confinement à lui seul n’est pas une solution efficace pour combattre ce virus "violent et dont le processus de transmission entre les humains est encore inconnu et indétectable".

Parmi les mesures prises par la Chine, épicentre du virus, un confinement obligatoire, le strict respect des mesures barrières ainsi que le port obligatoire du masque sous peine d'amende. Plus de 3.000 morts sont à déplorer dans le pays qui semble à présent voir le bout du tunnel et maîtriser l'épidémie. Ce mardi 7 avril, aucun décès n'a été enregistré.

D’autres pays d’Asie, où le confinement était ciblé mais non généralisé et le port de masque obligatoire, tels que Hong-Kong, Taïwan, le Vietnam, Singapour ou encore la Corée du Sud, ont réussi à freiner la propagation de la pandémie. Le nombre de morts est très faible dans ces pays. 

"Le confinement de la population, associé aux mesures de protection et de préventions, dont le port obligatoire d’un masque facial, sont donc parmi les stratégies essentielles ayant permis à la Chine de maîtriser l'épidémie. Les autres pays asiatiques qui sont arrivés à stopper cette pandémie ont également tous pris des décisions sévères sur l’obligation du port du masque par le grand public. Par contre, le confinement de la population était limité et n’était pas aussi sévère que la Chine et les pays européens", souligne l'étude.

Aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe, la situation est catastrophique. Les Etats-Unis comptent le plus grand nombre de cas de covid-19 recensés dans le monde. Le nombre de décès a également explosé (plus de 10.000). Même constat en Italie, en France et en Espagne, où le nombre de cas positifs augmente de jour en jour, ainsi que celui des décès.

Le Pr. El Harfi explique ce qui se passe actuellement dans ces grandes puissances mondiales, principalement, par le retard dans la mise en place des mesures de confinement pour endiguer la propagation du virus. Egalement, le port du masque qui était obligatoire uniquement pour les professionnels de la santé et volontaire pour la population. 

"Les choses ont été prises à la légère dans ces pays, notamment en Italie qui a maintenu des matchs de la Ligue des champions alors que plusieurs personnes étaient déjà atteintes du coronavirus, ou encore en France, où les élections municipales ont eu lieu, alors que le virus avait fait ses premières victimes", nous confie-t-il.

"D’autres part, aux USA, les experts ont malheureusement favorisé l’hypothèse selon laquelle le covid-19 est un virus saisonnier comme les autres et dont l’extension sera stoppée par l’arrivée du printemps, en avril!".

Situation actuelle au Maroc

Au moment où nous mettons en ligne cet article, 1.242 personnes avaient été atteintes de coronavirus au Maroc, dont 91 morts. "Le premier cas au Royaume a été détecté le 2 mars, soit un mois après certains pays asiatiques, où le port du masque est obligatoire et le confinement est partiel, et qui ne déplorent actuellement qu'un nombre faible de décès".  

D’après l’état actuel des données et des recherches, il s'avère que le seul remède aujourd’hui pour diminuer le risque de propagation du coronavirus est le port d’un masque facial par toute la population, dans les endroits publics et fermés. Cette mesure doit également être accompagnée par les précautions d'hygiène initiées par les organismes de santé, ainsi que le dépistage à volonté, si cela est possible, note l'étude. 

Le Pr. El Harfi, qui compare le covid-19 à "une fumée de cigarette moins intense et plus lourde, et surtout sans couleur et sans odeur", insiste également sur la distanciation sociale. 

"Pour moi, ce virus touche dramatiquement les poumons. Il circule donc dans l'air et ne se transmet pas seulement par les gouttelettes respiratoires. Il ne s'agit pas non plus d'un virus saisonnier, puisqu'il touche toute la planète".

"Tant que le virus n'est pas endigué et en l'absence d'un vaccin et même avec l'efficacité d'un traitement (Hydroxychloroquine ou autres), l'humanité sera obligée de porter dans le futur un masque, pour limiter la propagation et éviter un regain de l’épidémie".

Rappelons que le Maroc a rendu le port du masque obligatoire à partir de ce mardi 7 avril. Tout contrevenant est passible des sanctions prévues par l'article 4 du décret-loi 2.20.292 qui prévoit une peine de prison allant d'un à trois mois et d'une amende entre 300 et 1.300 DH.

Lire aussi: Comment bien porter son masque de protection

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