Les acteurs de l'événementiel appellent à la reprise de leurs activités
Le contrat-programme pour la relance de l’événementiel est un grand pas en avant pour les professionnels du secteur. Mais seul, il ne permettra pas de sauvegarder les milliers d'emplois menacés. Ils estiment que les activités en présentiel doivent reprendre dans les plus brefs délais.
C’est ce qu’a déclaré le président du Groupement professionnel des prestataires de l’événementiel au Maroc (GPPEM), Aziz Bouslamti, lors d’une simulation d’un événement dans des conditions réelles, organisée mardi 6 octobre à l’hôtel Hayatt Regency de Casablanca, "dans le but de démontrer aux responsables marocains que les professionnels du secteur de l’industrie et services de l’événementiel peuvent organiser tous types de manifestations, dans le respect total des mesures sanitaires nécessaires à la lutte contre la propagation de la covid-19", a-t-il noté.
"Evénements de 50 à 100 personnes"
Distanciation, signalétique, obligation du port des masques, et distribution de bavettes et de gels hydroalcooliques…, toutes les mesures recommandées par le ministère de la Santé ont été mises en place lors de cette simulation.
Contacté par Médias24, M. Bouslati nous a précisés que "cette initiative intervient dans le cadre de la signature d’un contrat programme qui vise à trouver des solutions à ce secteur qui est réellement sinistré". Ce contrat a été signé lundi 5 octobre, durant la 10e réunion du Comité de veille économique (CVE), avec la CGEM et le GPBM.
Lors de son intervention mardi, le président du Groupement s’est félicité de cette signature, mais il a souligné que "ce contrat ne peut pas, à lui seul, sauver les milliers d’emplois et les centaines d’entreprises menacés. Il doit être accompagné par une reprise des activités, avec des événements à hauteur de 50 à 100 personnes".
En effet, l’activité du secteur est paralysée depuis environ 7 mois. Selon les chiffres dévoilés lors de cet événement, plus de 5.000 agences et prestataires sont menacés ainsi que 190.000 emplois directs et indirects.
Pour reprendre leurs activités, les professionnels du secteur ont élaboré "un protocole sanitaire en collaboration avec le bureau Veritas, sous la supervision du ministère de l’Industrie et de l’Institut marocain de normalisation (Imanor), qui n’a toujours pas été validé par les ministères de la Santé et de l’Intérieur. Nous nous demandons pourquoi ! Si l’industrie et le commerce ont été autorisés suite à la promulgation d’un protocole sanitaire, pourquoi pas l’événementiel ? Est-ce que les rassemblements que nous voyons dans les cafés et restaurants ne sont pas les mêmes qui pourront avoir lieu dans le secteur de l’événement ? Toutes ces questions restent à ce jour sans réponse". Notons que le processus d'élaboration de ce protocole a été lancé en mai, et a abouti sur un référentiel en juillet.
"Ce n’est qu’en reprenant nos activités, dans les plus brefs délais, que nous sauverons l'expertise que nous avons développée depuis un quart de siècle, qui nous a permis de disposer d’un capital immatériel inestimable, et de positionner le Maroc parmi les meilleures destinations d’événementiel dans le monde", a-t-il ajouté.
"Le secteur de l’événementiel est un média et il le restera au service de la marque Maroc. Sa disparition poussera les donneurs d’ordres publics et privés à faire appel à des entreprises étrangères, comme par le passé, ce qui alourdira la balance commerciale du pays".
La désignation d’un ministère de tutelle, un acquis inestimable
Le président du GPPEM a relevé trois principaux acquis de ce contrat programme :
- "Le premier est la tutelle du ministère de d'Industrie et du commerce. C’est quelque chose que le secteur attend depuis très longtemps. Ca nous permettra d’avoir un interlocuteur, qu’on recherche depuis 7 mois, durant lesquels on a été balancé entre différents ministères";
- "Le second point positif est l’annonce des mesures de la CNSS et bancaires, qui permettront aux entreprises d’accéder plus facilement aux crédits";
- "et le 3e, c'est que nous avons la certitude qu’avec l’appui de Moulay Hafid Elalamy, d’autres contrats programmes seront signés directement avec le ministère de l’Industrie dans les jours qui suivent, pour permettre le développement de notre secteur, et le sortir de cette crise dévastatrice".
Joint au téléphone, M. Bouslamti nous a précisé que "ces contrats programmes sont prévus à partir de la semaine prochaine. Ils vont s’attaquer à de nombreuses problématiques du secteur, notamment l’informel et la restructuration".
Protocole sanitaire: 83 points de contrôle
Amina Oumouha, directrice marketing et commercial du bureau Veritas, spécialisée dans les essais, l’inspection et la certification, a pour sa part présenté le protocole de contrôle élaboré pour le secteur.
"Ce protocole s’adapte à tous les acteurs de l’événementiel au Maroc, allant de l’agence qui organise, passant par les prestataires, l’hôtel ainsi que la gestion des participants, tout en respectant les spécificités de chaque métier".
"Il comporte 83 mesures de contrôle, et s’articule autour de deux phases principales. La première est celle de pré-événement, où l'on intervient avant le lancement de l’événement pour vérifier si l'organisme organisateur est compétent, s'il dispose d'un plan de prévention, s'il a procédé à la nomination d'un référent covid, et pour s'assurer également du respect du nettoyage des lieux. La seconde phase est dite d'audit sur site, où l'on vérifie s’il y a des écarts et des non-conformités pour mener des actions correctives".
"En gros, sept thématiques sont abordées dans ce référentiel à savoir: le pilotage de l'événement, l'information, les déplacements, le dispositif d'accueil, le dispositif de restauration, les mesures d'hygiène et les moyens sanitaires".
Exemple de la France
L'année 2020 est difficile pour le secteur de l'événementiel au niveau international. Il est à l'arrêt dans plusieurs pays, et récemment dans certaines villes françaises comme Paris, après l'explosion du nombre de cas covid.
La France avait autorisé la reprise des activités événementielles il y a quelques mois, après l'élaboration d'un référentiel sanitaire commun, complété par des protocoles sanitaires par secteur d’activité pour être parfaitement adapté aux spécificités de chacun.
Dans ce protocole, l’accent est mis sur la nécessité d’éviter, sinon de réduire au maximum la coactivité avec le personnel des autres entreprises. Il recommande également le respect de la distanciation physique et de toutes les mesures barrières, d'éviter le recours au même équipement, sinon le désinfecter avant chaque utilisation.
Afin de couvrir l’ensemble des situations, ce référentiel sanitaire est découpé en 4 parties: sécurité sanitaire des publics, sécurité sanitaire des personnels et personnels intérimaires (pour les phases de montage, exploitation, démontage), sécurité sanitaire dans les interactions entre les différents intervenants et des exemples de fiches métiers par secteur. Chaque partie est décomposée en thématiques (de 2 à 7), et chaque thématique est détaillée en terme d’exigences, déclinées en préconisations concrètes.
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