Masques: 4 jours après le lancement, toujours des difficultés pour en trouver
Un appel à témoignages lancé par Médias24 confirme les difficultés à s’approvisionner en masques de protection, aussi bien dans les pharmacies que dans les épiceries et les supermarchés.
Il apparaît désormais comme un accessoire indispensable mais reste quasi-introuvable. Les masques, ou bavettes chirurgicales, ont déserté les épiceries, supermarchés et grandes surfaces, trois jours après l’annonce, par le gouvernement, du port du masque obligatoire pour toutes celles et ceux qui se déplacent dans l’espace public.
Au lendemain de cette annonce, communiquée lundi 6 avril, Médias24 avait sillonné un quartier au centre de Casablanca, sondant les petits commerces de proximité, une pharmacie, trois magasins BIM et trois Carrefour Market, deux hypermarchés (Marjane Californie et Carrefour Sidi Maârouf). La réponse était toujours la même : les masques sont indisponibles.
Ce vendredi 10 avril, un appel à témoignages lancé par notre rédaction confirme la tendance, de même qu'une tournée effectuée par l'un de nos journalistes : épiciers, caissières et pharmaciens répondent tous par la négative. A Casablanca, quartier Mers Sultan, sur cinq épiceries, trois pharmacies et un supermarché BIM, aucun n’a été en mesure de nous vendre des masques. Les trois pharmacies nous ont dit ne pas savoir quand elles seront à nouveau approvisionnées.
Quartier Oulfa, un répondant nous a dit ne pas être parvenu à se procurer des bavettes. "A chaque fois, on nous dit qu’il n’y en a plus dans les épiceries », se lamente-t-il. « On ne les trouve nulle part. On a consulté plusieurs épiceries, deux magasins BIM à Hay Essalam, un supermarché Carrefour à proximité du quartier Zoubir, trois pharmacies, une parapharmacie à Haj Fateh », déplore un autre. D’après lui, mardi 7 avril, au lendemain de l’annonce du gouvernement, certains épiciers n’étaient même pas au courant de la commercialisation de bavettes. « Jusqu’à aujourd’hui, vendredi 10 avril, nous n’arrivons pas à acheter de masques », ajoute-t-il.
Même son de cloche quartier Oasis : « Aucun masque subventionné par l’État n’est disponible dans les pharmacies, épiceries et grandes surfaces. En revanche, des masques de bonne qualité sont disponibles sur demande au niveau des caisses à Carrefour au prix de 14 DH », nous informe un autre répondant à notre appel à témoignages.
La population de Rabat et Salé pas mieux servie
Entre Rabat et Salé, que nous avons sillonnées ce matin, les commerces et pharmacies ne sont pas mieux lotis.
A Salé, boulevard Sounboula, nous avons sollicité cinq épiceries et deux pharmacies. Résultat : deux disent n’avoir jamais été livrées en masques et trois nous ont indiqué avoir reçu une livraison de 50 bavettes chacun.
Quant aux deux pharmacies, elles affichent une pancarte à l’entrée indiquant qu’elles ne vendent pas de masques. Celles-ci nous ont dit avoir volontairement stoppé la vente de masques après avoir été prises à partie par des clients, ces derniers leur reprochant de ne pas les vendre au prix réglementaire. « Nous ne vendons pas le même produit que celui fourni aux épiceries. Nous nous approvisionnons auprès de nos propres fournisseurs. Les gens n’arrivent pas à le comprendre », nous a dit un pharmacien.
A Rabat, dans les supermarchés Marjane Bouregreg, Marjane Market Souissi et Carrefour Gourmet, où nous sommes allés, des stocks journaliers arrivent chaque soir mais ils sont écoulés le lendemain matin à la première heure. Le personnel nous suggère à chaque fois de venir le lendemain tôt, entre 8h30 et 10h, pour tenter notre chance. En revanche, à Marjane Hay Ryad, le personnel nous a dit ne pas vendre de masques, précisant que seule leur parapharmacie reçoit des livraisons mais de façon sporadique.
Enfin, à Marrakech, un répondant à notre appel à témoignages se désole de ne plus trouver de bavettes depuis deux jours. « Un tour dans les quatre quartiers Massira, Azli, Socoma et Izikki s’est soldé par une perte de temps et une prise de risque inutile. »
Contacté par Médias24, le ministère de l’Industrie nous dit envisager de mettre sur le marché des paquets de 10 masques afin d’éviter la vente au détail dans les réseaux officiels, dangereuse d’un point de vue sanitaire, ainsi que les reventes entre particuliers et l’achat massif qu’elles suscitent – elles aussi dangereuses en termes d’hygiène.
De plus, malgré une sensibilisation auprès des espaces de commercialisation ouverts (petites, moyennes et grandes surfaces notamment), la gestion de l’afflux et l’application des règles de distanciation sociale s’est avérée difficile dans ces espaces, engendrant ainsi des pénuries dans les villes déjà approvisionnées.
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