Masques de protection: les décisions de MHE pour maîtriser la distribution

Le ministère de l'Industrie cherche à verrouiller le circuit de distribution des masques en concentrant les efforts sur les réseaux de commerce de proximité. Les GMS ne sont plus fournies. Les pharmacies intègrent le circuit de distribution. 

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Masques de protection : Les décisions de MHE pour maîtriser la distribution

Le 13 avril 2020 à 20:29

Modifié le 14 avril 2020 à 09:15

Près d'une semaine après l'entrée en vigueur de l'obligation du port des masques de protection, les citoyens éprouvent toujours des difficultés à en trouver dans les commerces. Les masques sont devenus en l'espace de quelques jours un produit rare très prisé. 

De son côté, le ministère de l'industrie et du commerce assure que le Maroc dispose d'une production locale de 3 millions d'unités par jour, qui montera à 5 millions d'unités par jour dès cette semaine et donc que le marché sera à terme approvisionné avec toutes les quantités qu'il faut.

Le ministre Moulay Hafid Elalamy vient d'affirmer ce lundi 13 avril dans une déclaration à la presse que "13 millions de masques de protection contre la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19) ont été distribués jusqu'à présent. Nous avons décidé de doter les citoyens de ces masques de protection en les mettant en vente dans plus de 60.000 commerces de proximité (épiceries)".

Selon nos informations, ces 13 millions ont été distribué entre le 7 et 12 avril aux petits commerces, en plus des quantités qui ont été fournies aux réseaux des Grandes et Moyennes Surfaces (GMS).

Il est à noter qu'en plus de ces quantités, l'approvisionnement en masques doit également être assuré pour l'administration pour les besoins des agents et des fonctionnaires, notamment ceux du ministère de l'Intérieur, dont les effectifs sont sur le terrain en cette période de confinement. 

Par ailleurs, la capacité de production installée fournit en direct les clients entreprises notamment les usines et autres opérateurs qui continuent de travailler et qui ont l'obligation de fournir les moyens de protection à leurs employés. 

Des failles dans le circuit de distribution

Comment alors expliquer que des citoyens ne trouvent pas les masques ou très difficilement? 

Le ministère s'était concentré ces derniers jours sur le volet production afin de mobiliser les producteurs, sécuriser la matière première, figer le cadre normatif ainsi que le cadre réglementaire relatif aux prix et aux spécificités techniques, démarrer la production et augmenter sa cadence pour répondre aux besoins. 

Il devait également dans la foulée démarrer l'approvisionnement du marché en quantités suffisantes pour les citoyens en prévision de l'obligation du port de masque. Sur le papier, le ministère avait ficelé sa stratégie en décidant d'opter pour deux circuits de distribution permettant de couvrir l'ensemble du territoire. D'un côté les GMS, de l'autre les commerces de proximité en mobilisant les moyens logistiques des opérateurs laitiers Copag et Centrale Danone habitués à livrer plus de 60.000 petits commerces dans les recoins les plus reculés du pays. 

Selon nos informations, le démarrage de l'opération d'approvisionnement du marché a commencé d'abord pour les GMS. Les premières quantités leur ont été fournies dès le début du mois d'avril. Mais "il y a eu quelques failles dans la distribution", nous confie une source bien informée. 

"Les premiers lots commercialisés comportaient des packs de 50 ou 100 unités. A peine étaient-ils mis en rayon qu'il n'en restait plus aucun dès la première heure. Les gens se ruaient sur les packs et en achetaient plusieurs alors qu'un pack de 50 est largement suffisant pour toute une famille. Certains sortaient avec des chariots pleins de packs de masques", poursuit notre source.

Pourquoi en acheter autant ? Est-ce de peur que le confinement dure plus longtemps et que les masques ne soient plus disponibles ? Est-ce pour constituer un stock en vue d'une revente dans le marché parallèle ? Est-ce de la spéculation ? "Il y a un peu de tout cela", répond notre source.

Les autorités surveillent de près ce volet et n'hésiteront pas à sévir. A Agadir, un individu a été arrêté le 7 avril pour spéculation sur les masques de protection. Il les vendait à 5 DH l'unité au lieu du prix subventionné de 0,80 DH. 

Suite à ces couacs, le ministère a pris la décision d'arrêter d'approvisionner les GMS, vu que le circuit n'est pas maîtrisé et que le mode libre-service ne permet pas de réguler les achats ni de faire respecter les règles de distanciation sociale dans de pareils cas où les gens se précipitent et jouent des coudes pour avoir des packs.

Selon nos informations, cette décision est effective depuis jeudi 9 avril 2020. 

Les décisions du ministère 

Contacté pour confirmer ces éléments, le ministère n'a pas souhaité s'exprimer sur ces éléments tout en apportant quelques précisions pour éclairer l'opinion publique. 

Une source autorisée au ministère nous assure que "ses efforts d'approvisionnement du marché sont aujourd'hui orientés vers les commerces de proximité et qu'en effet les GMS ne sont plus fournies pour l'instant".

Le ministère nous assure également "que les packs de 50 et 100 masques ne sont plus en vente. Ils sont remplacés par des packs de 10. Et cela pour des raisons sanitaires et éviter la vente au détail qui ne respecte pas les règles d'hygiènes et afin de permettre à tout le monde de s'en procurer". D'ailleurs, la vente au détail a été interdite par le ministère

"Des réunions ont été tenues dans la journée (13 avril, ndlr) avec les représentants des pharmacies d'officines notamment l'Ordre national des pharmaciens et des grossistes du secteur pour discuter comment le réseau des officines peut contribuer à l'effort de distribution et commercialisation des masques subventionnées", poursuit notre source au ministère. 

"Dans les 24 ou 48 h, les modalités seront mises en place pour démarrer cette opération de vente de masques subventionnés et participer à cet effort national", a déclaré Dr Hamza Guedira, président du conseil national de l'Ordre des pharmaciens, dans une déclaration à la presse à l'issue de la réunion.

Par ailleurs, "il ne faut pas oublier que nous sommes en confinement et que les masques ne sont pas destinés à être portés par les 35 millions de Marocains. Ces masques sont censés être portés par les personnes qui sont contraintes de sortir".

En d'autres termes, les masques ne sont pas un permis de sortie et de circulation. Le confinement et l'Etat d'urgence sanitaire sont toujours de rigueur. La première règle à respecter donc, c'est rester chez soi. Ainsi, un masque par sortie est largement suffisant. 

Pour ceux qui continuent de travailler, comme expliqué plus haut, ce sont les employeurs qui ont l'obligation de fournir les moyens de protection dont les masques. 

Lire aussi : Les masques marocains de protection sont-ils efficaces? Voici les réponses

Masques de protection: les décisions de MHE pour maîtriser la distribution

Le 13 avril 2020 à20:36

Modifié le 14 avril 2020 à 09:15

Le ministère de l'Industrie cherche à verrouiller le circuit de distribution des masques en concentrant les efforts sur les réseaux de commerce de proximité. Les GMS ne sont plus fournies. Les pharmacies intègrent le circuit de distribution. 

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Près d'une semaine après l'entrée en vigueur de l'obligation du port des masques de protection, les citoyens éprouvent toujours des difficultés à en trouver dans les commerces. Les masques sont devenus en l'espace de quelques jours un produit rare très prisé. 

De son côté, le ministère de l'industrie et du commerce assure que le Maroc dispose d'une production locale de 3 millions d'unités par jour, qui montera à 5 millions d'unités par jour dès cette semaine et donc que le marché sera à terme approvisionné avec toutes les quantités qu'il faut.

Le ministre Moulay Hafid Elalamy vient d'affirmer ce lundi 13 avril dans une déclaration à la presse que "13 millions de masques de protection contre la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19) ont été distribués jusqu'à présent. Nous avons décidé de doter les citoyens de ces masques de protection en les mettant en vente dans plus de 60.000 commerces de proximité (épiceries)".

Selon nos informations, ces 13 millions ont été distribué entre le 7 et 12 avril aux petits commerces, en plus des quantités qui ont été fournies aux réseaux des Grandes et Moyennes Surfaces (GMS).

Il est à noter qu'en plus de ces quantités, l'approvisionnement en masques doit également être assuré pour l'administration pour les besoins des agents et des fonctionnaires, notamment ceux du ministère de l'Intérieur, dont les effectifs sont sur le terrain en cette période de confinement. 

Par ailleurs, la capacité de production installée fournit en direct les clients entreprises notamment les usines et autres opérateurs qui continuent de travailler et qui ont l'obligation de fournir les moyens de protection à leurs employés. 

Des failles dans le circuit de distribution

Comment alors expliquer que des citoyens ne trouvent pas les masques ou très difficilement? 

Le ministère s'était concentré ces derniers jours sur le volet production afin de mobiliser les producteurs, sécuriser la matière première, figer le cadre normatif ainsi que le cadre réglementaire relatif aux prix et aux spécificités techniques, démarrer la production et augmenter sa cadence pour répondre aux besoins. 

Il devait également dans la foulée démarrer l'approvisionnement du marché en quantités suffisantes pour les citoyens en prévision de l'obligation du port de masque. Sur le papier, le ministère avait ficelé sa stratégie en décidant d'opter pour deux circuits de distribution permettant de couvrir l'ensemble du territoire. D'un côté les GMS, de l'autre les commerces de proximité en mobilisant les moyens logistiques des opérateurs laitiers Copag et Centrale Danone habitués à livrer plus de 60.000 petits commerces dans les recoins les plus reculés du pays. 

Selon nos informations, le démarrage de l'opération d'approvisionnement du marché a commencé d'abord pour les GMS. Les premières quantités leur ont été fournies dès le début du mois d'avril. Mais "il y a eu quelques failles dans la distribution", nous confie une source bien informée. 

"Les premiers lots commercialisés comportaient des packs de 50 ou 100 unités. A peine étaient-ils mis en rayon qu'il n'en restait plus aucun dès la première heure. Les gens se ruaient sur les packs et en achetaient plusieurs alors qu'un pack de 50 est largement suffisant pour toute une famille. Certains sortaient avec des chariots pleins de packs de masques", poursuit notre source.

Pourquoi en acheter autant ? Est-ce de peur que le confinement dure plus longtemps et que les masques ne soient plus disponibles ? Est-ce pour constituer un stock en vue d'une revente dans le marché parallèle ? Est-ce de la spéculation ? "Il y a un peu de tout cela", répond notre source.

Les autorités surveillent de près ce volet et n'hésiteront pas à sévir. A Agadir, un individu a été arrêté le 7 avril pour spéculation sur les masques de protection. Il les vendait à 5 DH l'unité au lieu du prix subventionné de 0,80 DH. 

Suite à ces couacs, le ministère a pris la décision d'arrêter d'approvisionner les GMS, vu que le circuit n'est pas maîtrisé et que le mode libre-service ne permet pas de réguler les achats ni de faire respecter les règles de distanciation sociale dans de pareils cas où les gens se précipitent et jouent des coudes pour avoir des packs.

Selon nos informations, cette décision est effective depuis jeudi 9 avril 2020. 

Les décisions du ministère 

Contacté pour confirmer ces éléments, le ministère n'a pas souhaité s'exprimer sur ces éléments tout en apportant quelques précisions pour éclairer l'opinion publique. 

Une source autorisée au ministère nous assure que "ses efforts d'approvisionnement du marché sont aujourd'hui orientés vers les commerces de proximité et qu'en effet les GMS ne sont plus fournies pour l'instant".

Le ministère nous assure également "que les packs de 50 et 100 masques ne sont plus en vente. Ils sont remplacés par des packs de 10. Et cela pour des raisons sanitaires et éviter la vente au détail qui ne respecte pas les règles d'hygiènes et afin de permettre à tout le monde de s'en procurer". D'ailleurs, la vente au détail a été interdite par le ministère

"Des réunions ont été tenues dans la journée (13 avril, ndlr) avec les représentants des pharmacies d'officines notamment l'Ordre national des pharmaciens et des grossistes du secteur pour discuter comment le réseau des officines peut contribuer à l'effort de distribution et commercialisation des masques subventionnées", poursuit notre source au ministère. 

"Dans les 24 ou 48 h, les modalités seront mises en place pour démarrer cette opération de vente de masques subventionnés et participer à cet effort national", a déclaré Dr Hamza Guedira, président du conseil national de l'Ordre des pharmaciens, dans une déclaration à la presse à l'issue de la réunion.

Par ailleurs, "il ne faut pas oublier que nous sommes en confinement et que les masques ne sont pas destinés à être portés par les 35 millions de Marocains. Ces masques sont censés être portés par les personnes qui sont contraintes de sortir".

En d'autres termes, les masques ne sont pas un permis de sortie et de circulation. Le confinement et l'Etat d'urgence sanitaire sont toujours de rigueur. La première règle à respecter donc, c'est rester chez soi. Ainsi, un masque par sortie est largement suffisant. 

Pour ceux qui continuent de travailler, comme expliqué plus haut, ce sont les employeurs qui ont l'obligation de fournir les moyens de protection dont les masques. 

Lire aussi : Les masques marocains de protection sont-ils efficaces? Voici les réponses

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