MHE : "Une fusion PSA-FCA : prélude à l'installation de Fiat au Maroc"

En déplacement à Turin, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique s’est lancé pendant une heure dans un exercice de séduction auprès des acteurs italiens de l’automobile. Sachant que le Maroc accueille déjà deux constructeurs français, dont un est en négociations avec le groupe Fiat pour fusionner, MHE, interrogé par Médias24, n’a pas exclu l'installation de ce dernier au Royaume, encouragé en cela par l’expérience réussie du constructeur Peugeot Citroën.

MHE :

Le 17 novembre 2019 à 17:10

Modifié le 19 novembre 2019 à 11:25

Organisée par l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) en partenariat avec l’Association nationale de l’industrie automobile italienne (ANIAI), la rencontre qui s’est tenue jeudi 14 novembre entre le ministre et les principaux acteurs italiens de ce secteur avait pour but de présenter les atouts compétitifs de l’écosystème automobile marocain.

Rôdé à l’exercice, Moulay Hafid Elalamy a délivré un discours convaincant, vantant les potentialités du Maroc pour les investisseurs, qui a été applaudi plusieurs fois par ses auditeurs regroupés dans une salle archi-pleine.

Première étape : 50 opérateurs italiens en 2021

Après son intervention, Médias24 l’a questionné sur le résultat de son déplacement et sur les perspectives de nouveaux investissements au Maroc sachant que les Italiens qui y opèrent ne sont qu’une douzaine sur un total de 250 équipementiers étrangers spécialisés en sourcing automobile.

« Aujourd’hui, nous n’avons rien signé avec de nouveaux investisseurs italiens. Sachant qu’ils sont moins d’une vingtaine, nous pouvons faire beaucoup mieux. Pour l’instant, ils ne sont pas nombreux par rapport aux autres mais je compte revenir souvent pour les convaincre.

« Si je n’ai pas d’annonce à faire, je pense qu’en 2021, nous arriverons à une cinquantaine d’opérateurs italiens intégrés dans notre écosystème automobile qui ne cesse de se développer », avance le ministre en mettant en avant toutes les mesures incitatives pour investir au Maroc (fiscalité, subventions étatiques, formation, logistique, expérience réussie de Renault et Peugeot …

Fiat au Maroc, c'est plus que possible

A la question sur toutes les lèvres de savoir si le Royaume pourrait « rêver » d’accueillir le groupe Fiat, le ministre s’est dit très optimiste en écartant le terme de rêve, remplacé par probable.

 « Tout est possible car ce groupe a un capacitaire utilisé aujourd’hui à moins de 50%, c’est-à-dire qu’il exploite à peine 46% de sa capacité de production automobile.

« Nous ne sommes pas dans une optique opportuniste, à savoir venir faire des coups. Car le Maroc s’inscrit dans des stratégies à long terme. Pour être convaincant, il faut avoir des arguments solides sachant qu'avec ce genre de constructeur, il n’y a pas de place pour l’improvisation.

Peugeot, un tremplin pour l’installation de Fiat

« A notre actif, nous pouvons, par exemple, nous targuer d’avoir bâti une relation extrêmement solide avec le constructeur Peugeot.

"Ainsi, son PDG Carlos Tavares raconte à tout le monde que son usine de Casablanca est la plus compétitive de son groupe. Ça, c’est du concret qui joue en notre valeur », se félicite MHE avant de revenir sur l’éventuelle installation de Fiat au Maroc.

« Vous voulez savoir si j’ai rencontré la direction de ce constructeur. La réponse est bien évidemment positive car j’ai eu, ce matin, une longue réunion avec eux dans leurs locaux.

« Nous n’allons pas nous limiter à deux constructeurs, car le Maroc a une stratégie nationale pour devenir un acteur sérieux et incontournable de la planète automobile. Je ne raterai donc aucune opportunité car notre but est de construire des secteurs industriels de façon structurante.

Profiter du rapprochement en cours pour séduire le groupe italien

« Bien évidemment nous espérons profiter, à terme, du fait que Peugeot et Fiat se rapprochent. Nous discutons avec les uns et les autres et apprenons beaucoup parce que dans ce type de rencontre de très haut niveau, il faut avoir l’humilité d’apprendre.

« Un constructeur de la taille de Fiat ou Peugeot fait des vrais métiers. Et chaque métier de cette industrie est un métier à part entière avec ses spécificités, ses complexités et ses egos.

 « Les egos sont là parce que dans ce genre de méga-fusion, chacun veut devenir le boss. Encore une fois, le Maroc a beaucoup à apprendre car le résultat de cette fusion ne sera ni français ni italien mais un groupe mondial.

« Aujourd’hui, la course à la taille a pour but de devenir un des plus grands players du secteur de l’automobile. A partir de là, je ne peux qu’applaudir ce rapprochement, même si rien n’est encore joué et que ces deux mastodontes ne font que démarrer leurs négociations.

« En tant qu’ami des deux pays et partenaire des deux constructeurs, je souhaite que cette fusion aboutisse car au regard de leur taille respective, le Maroc en profitera d’une manière ou d’une autre.

Le Maroc permettra à Fiat de dépasser l'utilisation de sa capacité de production qui plafonne à 46%

« D’un côté, il y a une histoire italienne de l’automobile qui ne doit plus souffrir et de l’autre, un groupe français devenu européen qui n’a pas la taille critique souhaitable pour perdurer.

« Sachant que le marché est à la concentration, ces deux groupes seront soit plus forts ensemble soit plus faibles si leur rapprochement n’aboutit pas.

« Dans ce genre d’alliance, la complémentarité du Maroc leur apportera beaucoup à l’un et à l’autre.

« Une installation de Fiat au Royaume lui permettra de dépasser le taux actuel d'utilisation de sa capacité production qui plafonne à à peine 46%.

Une carte additionnelle incontournable

« Cette réflexion n’engage que moi mais l’ancien opérateur économique que je suis est persuadé que le Maroc est une carte additionnelle en termes de compétitivité pour un groupe comme Fiat.

« Etant un grand admirateur de son parcours au niveau mondial, je pense que nous pouvons contribuer, modestement mais efficacement, à sa pérennité, seule ou dans le cadre d’une fusion avec Peugeot.

« Pour l’instant, je n’ai pas d’annonce à faire car dans ce genre de méga-fusion, nous avons une obligation d’arrêt sur image », conclut le ministre qui espère que le rapprochement aboutira.

Ci-après, le discours de MHE vantant les opportunités d'investissement au Maroc:

MHE : "Une fusion PSA-FCA : prélude à l'installation de Fiat au Maroc"

Le 17 novembre 2019 à17:10

Modifié le 19 novembre 2019 à 11:25

En déplacement à Turin, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique s’est lancé pendant une heure dans un exercice de séduction auprès des acteurs italiens de l’automobile. Sachant que le Maroc accueille déjà deux constructeurs français, dont un est en négociations avec le groupe Fiat pour fusionner, MHE, interrogé par Médias24, n’a pas exclu l'installation de ce dernier au Royaume, encouragé en cela par l’expérience réussie du constructeur Peugeot Citroën.

Organisée par l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) en partenariat avec l’Association nationale de l’industrie automobile italienne (ANIAI), la rencontre qui s’est tenue jeudi 14 novembre entre le ministre et les principaux acteurs italiens de ce secteur avait pour but de présenter les atouts compétitifs de l’écosystème automobile marocain.

Rôdé à l’exercice, Moulay Hafid Elalamy a délivré un discours convaincant, vantant les potentialités du Maroc pour les investisseurs, qui a été applaudi plusieurs fois par ses auditeurs regroupés dans une salle archi-pleine.

Première étape : 50 opérateurs italiens en 2021

Après son intervention, Médias24 l’a questionné sur le résultat de son déplacement et sur les perspectives de nouveaux investissements au Maroc sachant que les Italiens qui y opèrent ne sont qu’une douzaine sur un total de 250 équipementiers étrangers spécialisés en sourcing automobile.

« Aujourd’hui, nous n’avons rien signé avec de nouveaux investisseurs italiens. Sachant qu’ils sont moins d’une vingtaine, nous pouvons faire beaucoup mieux. Pour l’instant, ils ne sont pas nombreux par rapport aux autres mais je compte revenir souvent pour les convaincre.

« Si je n’ai pas d’annonce à faire, je pense qu’en 2021, nous arriverons à une cinquantaine d’opérateurs italiens intégrés dans notre écosystème automobile qui ne cesse de se développer », avance le ministre en mettant en avant toutes les mesures incitatives pour investir au Maroc (fiscalité, subventions étatiques, formation, logistique, expérience réussie de Renault et Peugeot …

Fiat au Maroc, c'est plus que possible

A la question sur toutes les lèvres de savoir si le Royaume pourrait « rêver » d’accueillir le groupe Fiat, le ministre s’est dit très optimiste en écartant le terme de rêve, remplacé par probable.

 « Tout est possible car ce groupe a un capacitaire utilisé aujourd’hui à moins de 50%, c’est-à-dire qu’il exploite à peine 46% de sa capacité de production automobile.

« Nous ne sommes pas dans une optique opportuniste, à savoir venir faire des coups. Car le Maroc s’inscrit dans des stratégies à long terme. Pour être convaincant, il faut avoir des arguments solides sachant qu'avec ce genre de constructeur, il n’y a pas de place pour l’improvisation.

Peugeot, un tremplin pour l’installation de Fiat

« A notre actif, nous pouvons, par exemple, nous targuer d’avoir bâti une relation extrêmement solide avec le constructeur Peugeot.

"Ainsi, son PDG Carlos Tavares raconte à tout le monde que son usine de Casablanca est la plus compétitive de son groupe. Ça, c’est du concret qui joue en notre valeur », se félicite MHE avant de revenir sur l’éventuelle installation de Fiat au Maroc.

« Vous voulez savoir si j’ai rencontré la direction de ce constructeur. La réponse est bien évidemment positive car j’ai eu, ce matin, une longue réunion avec eux dans leurs locaux.

« Nous n’allons pas nous limiter à deux constructeurs, car le Maroc a une stratégie nationale pour devenir un acteur sérieux et incontournable de la planète automobile. Je ne raterai donc aucune opportunité car notre but est de construire des secteurs industriels de façon structurante.

Profiter du rapprochement en cours pour séduire le groupe italien

« Bien évidemment nous espérons profiter, à terme, du fait que Peugeot et Fiat se rapprochent. Nous discutons avec les uns et les autres et apprenons beaucoup parce que dans ce type de rencontre de très haut niveau, il faut avoir l’humilité d’apprendre.

« Un constructeur de la taille de Fiat ou Peugeot fait des vrais métiers. Et chaque métier de cette industrie est un métier à part entière avec ses spécificités, ses complexités et ses egos.

 « Les egos sont là parce que dans ce genre de méga-fusion, chacun veut devenir le boss. Encore une fois, le Maroc a beaucoup à apprendre car le résultat de cette fusion ne sera ni français ni italien mais un groupe mondial.

« Aujourd’hui, la course à la taille a pour but de devenir un des plus grands players du secteur de l’automobile. A partir de là, je ne peux qu’applaudir ce rapprochement, même si rien n’est encore joué et que ces deux mastodontes ne font que démarrer leurs négociations.

« En tant qu’ami des deux pays et partenaire des deux constructeurs, je souhaite que cette fusion aboutisse car au regard de leur taille respective, le Maroc en profitera d’une manière ou d’une autre.

Le Maroc permettra à Fiat de dépasser l'utilisation de sa capacité de production qui plafonne à 46%

« D’un côté, il y a une histoire italienne de l’automobile qui ne doit plus souffrir et de l’autre, un groupe français devenu européen qui n’a pas la taille critique souhaitable pour perdurer.

« Sachant que le marché est à la concentration, ces deux groupes seront soit plus forts ensemble soit plus faibles si leur rapprochement n’aboutit pas.

« Dans ce genre d’alliance, la complémentarité du Maroc leur apportera beaucoup à l’un et à l’autre.

« Une installation de Fiat au Royaume lui permettra de dépasser le taux actuel d'utilisation de sa capacité production qui plafonne à à peine 46%.

Une carte additionnelle incontournable

« Cette réflexion n’engage que moi mais l’ancien opérateur économique que je suis est persuadé que le Maroc est une carte additionnelle en termes de compétitivité pour un groupe comme Fiat.

« Etant un grand admirateur de son parcours au niveau mondial, je pense que nous pouvons contribuer, modestement mais efficacement, à sa pérennité, seule ou dans le cadre d’une fusion avec Peugeot.

« Pour l’instant, je n’ai pas d’annonce à faire car dans ce genre de méga-fusion, nous avons une obligation d’arrêt sur image », conclut le ministre qui espère que le rapprochement aboutira.

Ci-après, le discours de MHE vantant les opportunités d'investissement au Maroc:

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