Bank Al-Maghrib maintient le taux directeur à 2,25%

Le Conseil de Bank Al-Maghrib du mardi 18 juin a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25%, niveau qu'il juge approprié à la conjoncture économique actuelle et à ses prévisions d'inflation, de croissance et d'évolution des comptes extérieurs.

Bank Al-Maghrib maintient le taux directeur à 2,25%

Le 18 juin 2019 à 14:10

Modifié le 18 juin 2019 à 14:26

Voici les principaux éléments de diagnostic et de prévision ayant justifié le maintien du taux directeur :

- Au plan national, l’inflation a été faible au cours des quatre premiers mois de l’année, avec une diminution en glissement annuel de l’indice des prix à la consommation de 0,1% en moyenne. Cette baisse est attribuable à celle des prix des produits alimentaires à prix volatils et, dans une moindre mesure, des prix des carburants et lubrifiants.

Ces facteurs impacteront l’évolution de l’inflation sur l’ensemble de l’année 2019, la ramenant à 0,6% après avoir atteint 1,9% en 2018. En 2020, elle s’accélérerait à 1,2%, tirée par sa composante sous-jacente qui, soutenue principalement par la reprise prévue de la demande intérieure, s’établirait à 1,5% après 0,8% prévue en 2019 et 1,1% en 2018.

- En matière de croissance, les données provisoires des comptes nationaux annuels indiquent un ralentissement de la croissance à 3% en 2018 après 4,2% un an auparavant, avec une décélération de 15,2% à 4% pour le secteur agricole et de 2,9% à 2,6% pour les activités non agricoles.

En termes de perspectives, ces dernières devraient connaître, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, un accroissement de leur valeur ajoutée de 3,6% en 2019 puis de 3,9% en 2020. Pour sa part, tenant compte d’une production céréalière estimée par le Département de l’Agriculture à 61 millions de quintaux, la valeur ajoutée agricole reculerait de 3,8% en 2019 avant d’augmenter de 6% en 2020, sous l’hypothèse d’une récolte moyenne.

Dans ces conditions, la croissance globale ressortirait à 2,8% en 2019 et marquerait une accélération à 4% en 2020.

- Au plan des comptes extérieurs, la dynamique des exportations se maintiendrait à moyen terme, avec en particulier un rebond des ventes de l’automobile en 2020, en lien avec l’entrée en production de l’usine PSA prévue au cours du second semestre de 2019. En regard, les importations sont projetées en ralentissement, avec les baisses attendues de la facture énergétique et du rythme d’acquisition des biens d’équipement.

Les recettes de voyage et les transferts des MRE devraient enregistrer une amélioration de leur rythme au terme de 2019 et se renforcer en 2020.

Tenant compte de ces évolutions et sous l’hypothèse d’entrées de dons du CCG de 2 milliards de dirhams en 2019 et de 1,8 milliard en 2020, le déficit du compte courant s’allègerait de 5,5% du PIB en 2018 à 4,5% en 2019 puis à 3,1% en 2020.

Pour ce qui est des opérations financières, les recettes d’IDE devraient osciller autour d’un montant équivalent à 3,4% du PIB et les entrées au titre des prêts connaîtraient des augmentations notables, avec deux sorties attendues du Trésor à l’international, l’une en 2019 et l’autre en 2020.

Dans ces conditions, les Réserves internationales nettes s’établiraient à 239 milliards de dirhams à fin 2019 et à 234,5 milliards au terme de 2020, continuant ainsi à assurer la couverture d’un peu plus de 5 mois d’importations de biens et services.

- S’agissant des conditions monétaires, le taux de change effectif réel devrait ressortir en légère appréciation en 2019, l’écart d’inflation devant atténuer l’appréciation nominale prévue du dirham. En 2020, il connaîtrait une légère dépréciation, résultat d’une quasi-stabilité en termes nominaux et d’une atténuation de l’écart d’inflation.

- Le crédit bancaire au secteur non financier a progressé à fin avril à un rythme modéré de 3,3% globalement et de 1,3% pour les entreprises privées. Il devrait terminer l’année en hausse de 3,5% et augmenter de 4,3% au terme de 2020, en ligne avec l’amélioration prévue des activités non agricoles.

- Concernant les finances publiques, et tenant compte de l’impact de l’accord conclu le 25 avril dans le cadre du dialogue social, le déficit budgétaire hors privatisations connaîtrait, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, une accentuation de 3,7% du PIB en 2018 à 4,1% en 2019, avant de s’atténuer à 3,8% en 2020.

- Au plan international, pâtissant des tensions commerciales ainsi que des incertitudes politiques et géopolitiques, l’économie mondiale devrait marquer une nette décélération en 2019, avant de connaitre une amélioration modérée en 2020.

Dans la zone euro, impactée notamment par les perturbations du secteur automobile en Allemagne et la menace d’un Brexit sans accord, la progression du PIB se limiterait à 1,4%, après 1,8% en 2018, avant de se redresser à 1,9% en 2020.

- Le cours du Brent devrait ressortir sur l’ensemble de l’année 2019 à 67,8 USD/baril, en recul de 4,6% par rapport à 2018. En 2020, le marché connaitrait un certain équilibre et le cours se situerait à 63,8 USD/baril.

- En ce qui concerne les phosphates, impactés par le repli de la demande émanant de la Chine et de l’Inde ainsi que par la diminution des coûts de certains intrants, les prix des dérivés devraient terminer l’année 2019 avec des reculs de 6,0% à 370 USD/t en moyenne pour le DAP et de 1,9% à 340 USD/t pour le TSP.

A l’inverse, le prix du brut devrait marquer un accroissement de 19,5% à 105 USD/t. En 2020, les cours évolueraient légèrement au-dessus de ces niveaux.

Bank Al-Maghrib maintient le taux directeur à 2,25%

Le 18 juin 2019 à14:12

Modifié le 18 juin 2019 à 14:26

Le Conseil de Bank Al-Maghrib du mardi 18 juin a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25%, niveau qu'il juge approprié à la conjoncture économique actuelle et à ses prévisions d'inflation, de croissance et d'évolution des comptes extérieurs.

Voici les principaux éléments de diagnostic et de prévision ayant justifié le maintien du taux directeur :

- Au plan national, l’inflation a été faible au cours des quatre premiers mois de l’année, avec une diminution en glissement annuel de l’indice des prix à la consommation de 0,1% en moyenne. Cette baisse est attribuable à celle des prix des produits alimentaires à prix volatils et, dans une moindre mesure, des prix des carburants et lubrifiants.

Ces facteurs impacteront l’évolution de l’inflation sur l’ensemble de l’année 2019, la ramenant à 0,6% après avoir atteint 1,9% en 2018. En 2020, elle s’accélérerait à 1,2%, tirée par sa composante sous-jacente qui, soutenue principalement par la reprise prévue de la demande intérieure, s’établirait à 1,5% après 0,8% prévue en 2019 et 1,1% en 2018.

- En matière de croissance, les données provisoires des comptes nationaux annuels indiquent un ralentissement de la croissance à 3% en 2018 après 4,2% un an auparavant, avec une décélération de 15,2% à 4% pour le secteur agricole et de 2,9% à 2,6% pour les activités non agricoles.

En termes de perspectives, ces dernières devraient connaître, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, un accroissement de leur valeur ajoutée de 3,6% en 2019 puis de 3,9% en 2020. Pour sa part, tenant compte d’une production céréalière estimée par le Département de l’Agriculture à 61 millions de quintaux, la valeur ajoutée agricole reculerait de 3,8% en 2019 avant d’augmenter de 6% en 2020, sous l’hypothèse d’une récolte moyenne.

Dans ces conditions, la croissance globale ressortirait à 2,8% en 2019 et marquerait une accélération à 4% en 2020.

- Au plan des comptes extérieurs, la dynamique des exportations se maintiendrait à moyen terme, avec en particulier un rebond des ventes de l’automobile en 2020, en lien avec l’entrée en production de l’usine PSA prévue au cours du second semestre de 2019. En regard, les importations sont projetées en ralentissement, avec les baisses attendues de la facture énergétique et du rythme d’acquisition des biens d’équipement.

Les recettes de voyage et les transferts des MRE devraient enregistrer une amélioration de leur rythme au terme de 2019 et se renforcer en 2020.

Tenant compte de ces évolutions et sous l’hypothèse d’entrées de dons du CCG de 2 milliards de dirhams en 2019 et de 1,8 milliard en 2020, le déficit du compte courant s’allègerait de 5,5% du PIB en 2018 à 4,5% en 2019 puis à 3,1% en 2020.

Pour ce qui est des opérations financières, les recettes d’IDE devraient osciller autour d’un montant équivalent à 3,4% du PIB et les entrées au titre des prêts connaîtraient des augmentations notables, avec deux sorties attendues du Trésor à l’international, l’une en 2019 et l’autre en 2020.

Dans ces conditions, les Réserves internationales nettes s’établiraient à 239 milliards de dirhams à fin 2019 et à 234,5 milliards au terme de 2020, continuant ainsi à assurer la couverture d’un peu plus de 5 mois d’importations de biens et services.

- S’agissant des conditions monétaires, le taux de change effectif réel devrait ressortir en légère appréciation en 2019, l’écart d’inflation devant atténuer l’appréciation nominale prévue du dirham. En 2020, il connaîtrait une légère dépréciation, résultat d’une quasi-stabilité en termes nominaux et d’une atténuation de l’écart d’inflation.

- Le crédit bancaire au secteur non financier a progressé à fin avril à un rythme modéré de 3,3% globalement et de 1,3% pour les entreprises privées. Il devrait terminer l’année en hausse de 3,5% et augmenter de 4,3% au terme de 2020, en ligne avec l’amélioration prévue des activités non agricoles.

- Concernant les finances publiques, et tenant compte de l’impact de l’accord conclu le 25 avril dans le cadre du dialogue social, le déficit budgétaire hors privatisations connaîtrait, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, une accentuation de 3,7% du PIB en 2018 à 4,1% en 2019, avant de s’atténuer à 3,8% en 2020.

- Au plan international, pâtissant des tensions commerciales ainsi que des incertitudes politiques et géopolitiques, l’économie mondiale devrait marquer une nette décélération en 2019, avant de connaitre une amélioration modérée en 2020.

Dans la zone euro, impactée notamment par les perturbations du secteur automobile en Allemagne et la menace d’un Brexit sans accord, la progression du PIB se limiterait à 1,4%, après 1,8% en 2018, avant de se redresser à 1,9% en 2020.

- Le cours du Brent devrait ressortir sur l’ensemble de l’année 2019 à 67,8 USD/baril, en recul de 4,6% par rapport à 2018. En 2020, le marché connaitrait un certain équilibre et le cours se situerait à 63,8 USD/baril.

- En ce qui concerne les phosphates, impactés par le repli de la demande émanant de la Chine et de l’Inde ainsi que par la diminution des coûts de certains intrants, les prix des dérivés devraient terminer l’année 2019 avec des reculs de 6,0% à 370 USD/t en moyenne pour le DAP et de 1,9% à 340 USD/t pour le TSP.

A l’inverse, le prix du brut devrait marquer un accroissement de 19,5% à 105 USD/t. En 2020, les cours évolueraient légèrement au-dessus de ces niveaux.

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