Nouvelle stratégie industrielle : les révélations de Moulay Hafid Elalamy

Moulay Hafid Elalamy a présenté devant la CGEM la nouvelle stratégie industrielle pour les trois prochaines années (2021-2023). Elle met le focus sur le renforcement du capital marocain dans l'industrie, la décarbonation de l'industrie pour préserver et renforcer l'export, la politique de substitution des importations. Le point.

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Le 25 septembre 2020 à 15:59

Modifié le 26 septembre 2020 à 13:16

Invité du Conseil national de l'Entreprise de la CGEM, le ministre du Commerce et de l'Industrie Moulay Hafid Elalamy n'est pas venu les mains vides. Il a présenté aux centaines de membres de la CGEM présents lors de cet évènement tenu en visioconférence, les grandes lignes de la nouvelle stratégie industrielle pour les trois années à venir (2021-2023).

La pandémie a laissé des dégâts sur l'emploi

Selon le ministre, cette stratégie capitalise sur les atouts du royaume pour réussir la relance industrielle post-Covid-19 ainsi que sur les acquis des différentes stratégies industrielles qui ont permis à l'industrie de devenir un "levier de création d'emplois". 

Sur ce volet, le ministre a déclaré que l'objectif du PAI en matière d'emploi a été atteint fin 2019. "Je vais tricher un peu, je ne vais pas parler de 2020 tout de suite", déclare le ministre.

Ainsi, 504.954 emplois ont été créés sur la période 2014-2019 sur la base des chiffres des créations brutes d'emplois industriels, extraits de la CNSS.

Pour 2020, la crise sanitaire a impacté fortement l'économie, causant des dégâts importants sur l'emploi. "Les emplois ont baissé considérablement. Nous mesurons ce qui est mesurable, donc nous n'avons que les données CNSS dans ces chiffres. En avril 2020, nous étions à 61% des emplois déclarés en avril 2019. Nous avons perdu quasiment 40% des emplois. Nous sommes remontés à presque 98% à juillet. Ce qui laisse présager une perspective de reprise", explique le ministre. 

L'objectif est donc d'essayer de rattraper les dommages causés par la pandémie. Dans ce sens, la nouvelle stratégie industrielle est essentiellement un plan de relance post-Covid ayant pour but d'activer l'ensemble des leviers existants en s'appuyant sur les atouts du pays. 

Une stratégie de relance de l'industrie en pleine pandémie

Les atouts évoqués par le ministre sont un mix entre les atouts classiques connus de tous comme la proximité avec l'Europe, une connectivité logistique importante, des ALE, une main-d'œuvre disponible..., et des atouts découverts pendant la crise sanitaire. "Une réactivité, une agilité et une efficacité des compétences marocaines attestées dans le contexte de la pandémie, et une capacité confirmée des industriels marocains à fabriquer des produits et équipements aux normes internationales". 

"J'aurais espéré que ça se fasse il y a plusieurs années. Je ne vous le cache pas et je ne blâme personne, mais même moi je n'y croyais pas. Nous avons donc démontré de façon claire de quoi nous sommes capables", avance le ministre.  

Les objectifs de la nouvelle stratégie de relance industrielle se résument comme suit : 

- Accompagner les filières industrielles et renforcer leur intégration pour démultiplier la création d'emplois et de valeur.

- Développer l'entrepreneuriat industriel et favoriser l'émergence d'une nouvelle génération d'industriels.

- Se positionner comme un partenaire international stratégique dans le contexte de resserrement des chaines de valeur.

- Décarboner la production industrielle pour améliorer la compétitivité du secteur industriel marocain et renforcer son attractivité. 

- Inscrire le secteur industriel marocain dans une démarche d'innovation.  

Cette stratégie est lancée dans un contexte particulier dans la mesure où la pandémie est toujours là avec tous les changements et les chamboulements qu'elle a créés sur le plan interne ou externe. 

"Les barrières qui existaient au sein du public se sont estompées. Nous n'avons jamais aussi bien travaillé ensemble que pendant la pandémie et j'assume ce que je dis. L'efficacité a pris le dessus. Nous avons découvert que cette période a généré des entrepreneurs qui ont une vraie confiance en eux et cette confiance en soi donne des résultats invraisemblables", énonce le ministre qui espère que cette dynamique se poursuivra. 

Sur le plan externe, la pandémie a créé une tectonique profonde avec une volonté des Etats de rapatrier leurs industries.

"Cette tendance de fond existait bien avant. La pandémie a donné un visa à qui veut faire des barrières pour les faire. Tout le monde sort son plan de protection", explique le ministre. "Partout, il y a un retour à l'industrie avec des stratégies agressives. Cette relocalisation donnera inéluctablement une chance de relocation au Maroc, car elle ne sera pas compétitive si elle part de l'Asie directement vers les pays européens où aux Etats-Unis", ajoute-t-il. 

"L'élément fort suite à cela, c'est que parmi les barrières qui sont en train de s'installer, l'instauration décidée par l'Europe de la taxe carbone. Ca été fait aussi en vue de se protéger et de dire que si vous n'avez pas des produits décarbonés je peux en tant qu'Europe mettre la taxe que je veux. Il faut absolument décarboner la production industrielle marocaine", poursuit le ministre. 

Comment ? "Je rappelle que 40% de l'énergie consommée au Maroc sera d'origine renouvelable. Si cette énergie était orientée vers les parcs industriels et les industries avec des coûts moins chers, cela nous rendra compétitifs et nous permettra de décarboner notre industrie", explique-t-il.

"Nous sommes en mesure de décarboner l'ensemble de notre production. Je rappelle aussi que 75% de nos exportations sont vers l'Europe et cette taxe carbone s'installe en Europe", insiste Moulay Hafid Elalamy. 

Les détails de la stratégie 

Le plan de relance industrielle 2021-2023 détaillé par le ministre se base sur trois chantiers stratégiques. 

Le premier est relatif à la confirmation de la place industrielle du Royaume et la conquête de nouveaux marchés. Il est également question de reconquérir des territoires industriels en utilisant la commande publique comme catalyseur. 

"Nous avons travaillé avec le ministre des Finances pour sortir la préférence nationale. C'est le moment. Il y a la première version. Ca ne sera certainement pas la dernière. Cette commande publique doit être utilisée pour amorcer quelque chose."

C'est dans le cadre de cet axe que la politique d'import-substitution sera activée. "Nous importons 183,2 MMDH par an. Nous avons décortiqué ces importations et nous vous proposons de la substitution. C'est-à-dire de substituer l'importation par l'industrie locale pour couvrir 34 MMDH. Est-ce que vous comprenez pourquoi nous parlons de préférence nationale ?", interpelle le ministre les patrons qui assistent à l'évènement.

"J'ai beau faire tout cela, sans préférence nationale, on y arrivera pas. J'ai besoin de la préférence nationale, car je ne comprends pas pourquoi je vais acheter un produit importé avant le produit marocain. Il faut que la commande publique s'oriente d'abord vers le produit marocain avec les qualités requises, avec un accompagnement pour que les entreprises marocaines montent en qualité et en compétence ", ajoute le ministre. 

L'accompagnement dont parle MHE ne sera pas "ad vitam æternam". Il sera d'une durée de trois ans. 

L'installation d'industries substituant 34 MMDH d'importations captera autant en valeur ajoutée au Maroc et permettra aussi de capter un potentiel additionnel d'export estimé à 17 MMDH. 

"Je vous le dis tout de suite, ce chiffre est faux. Si on fait 34 MMDH au Maroc, on fera 68 MMDH à l'export. Quand vous regardez les entreprises compétitives leur chiffre d'affaires à l'export est supérieur à leur chiffre d'affaires marocain. Mais on se fixe des objectifs conservateurs", ajoute le ministre. Idem pour les emplois dont l'objectif est fixé à une création allant de 50.000 à 100.000 emplois. 

"On se fixe des objectifs larges, comme cela on arrête de m'embêter. J'ai passé 6 ans de ma vie à expliquer les 500.000 emplois industriels. C'est terminé", avance MHE. 

34 MMDH de substitution et 8 filières stratégiques 

Le ministre expose le détail de la stratégie de substitution. 8 filières stratégiques concentrent 92% du total de 34 MMDH. Il s'agit du textile, des transports, des IMM, de la plasturgie, l'électronique, l'agroalimentaire, la parachimie, le cuir,...

"Lorsque vous avez une partie de ces produits-là achetés par la commande publique, alors on aura la préférence nationale", insiste le ministre.

Ce dernier détaille aussi l'action de l'Etat pour appuyer cette stratégie. 

"Nous avons plusieurs ministères mobilisés à 100 % pour cela. Le premier c'est le ministère de la Défense qui n'achète rien sans envoyer des gens au ministère de l'Industrie pour voir s'il y a une compensation industrielle avant d'agir. Aucun contrat n'est signé sans l'intervention de l'industrie. Il y a aussi le ministère de l'Intérieur et celui des Finances qui sont totalement impliqués dans ce dossier", ajoute le ministre. 

Mais pour MHE, l'objectif n'est pas de créer des industries pour répondre à la commande publique et à la demande nationale. Celle-ci n'est qu'un levier pour leur permettre d'attaquer le véritable marché, celui de l'export. 

Il y aura aussi dans l'arsenal public, des subventions aux nouveaux investisseurs et un accompagnement pour la mise en contact avec des co-investisseurs potentiels, et une mobilisation du foncier industriel, que ce soit du foncier aménagé ou des offres de bâtiments en LOA et en build and lease back. 

Enfin, la mobilisation des offres de financement dédiées à l'industrie en partenariat avec les banques nationales. 

D'autres mesures sont identifiées, comme la mobilisation du contrôle pour lutter contre la concurrence déloyale et l'identification et la mise en œuvre de plus de normes nationales. 

La formation n'est pas en reste. Le ministre propose la mobilisation des dispositifs de l'Etat notamment l'Anapec et la mise en place de cartes de formations ad hoc. 

Enfin, le ministre envisage la création de nouvelles générations d'écosystèmes de locomotives nationales à l'image de ce qui a été fait avec Renault, Peugeot et Boeing. 

L'activation de ce chantier passe par des appels à projets dont la première vague sera lancée en septembre. Le ministère a préparé une banque de projets qui propose des centaines de fiches détaillant les opportunités à la disposition des porteurs de projets. Il met également à la disposition des investisseurs une war-room dédiée au suivi des projets au sein du ministère offrant un accompagnement rapproché. 

L'objectif de MHE est de lancer 500 projets au 4ème trimestre 2021. 

La décarbonation, facteur de compétitivité

Le deuxième axe de la stratégie, c'est l'amélioration de la compétitivité du royaume. Le ministre donne l'exemple du secteur de l'automobile.

"Nous avons un taux d'intégration de 60% et nous voulons monter à 80%. Pour cela nous devons rentrer dans le dur. Par exemple, fabriquer le verre des parebrises au lieu de l'importer. Ce verre servira à l'industrie automobile mais aussi à pleins d'autres secteur jusqu'à l'immobilier", explique le ministre. 

"Nous avons identifié 7 projets stratégiques comme le verre, l'aluminium, l'acier, et d'autres produits qui sont très énergivores. C'est un sujet en rapport avec le coût de l'énergie et avec les énergies renouvelables". En plus clair, le Maroc compte se repositionner sur des industries industrialisantes en utilisant les énergies renouvelables pour gagner en compétitivité. 

Le troisième et dernier axe vise à positionner le royaume comme base industrielle décarbonée et circulaire en mobilisant une partie des énergies renouvelables au service de l'industrie.

Nouvelle stratégie industrielle : les révélations de Moulay Hafid Elalamy

Le 25 septembre 2020 à16:16

Modifié le 26 septembre 2020 à 13:16

Moulay Hafid Elalamy a présenté devant la CGEM la nouvelle stratégie industrielle pour les trois prochaines années (2021-2023). Elle met le focus sur le renforcement du capital marocain dans l'industrie, la décarbonation de l'industrie pour préserver et renforcer l'export, la politique de substitution des importations. Le point.

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Invité du Conseil national de l'Entreprise de la CGEM, le ministre du Commerce et de l'Industrie Moulay Hafid Elalamy n'est pas venu les mains vides. Il a présenté aux centaines de membres de la CGEM présents lors de cet évènement tenu en visioconférence, les grandes lignes de la nouvelle stratégie industrielle pour les trois années à venir (2021-2023).

La pandémie a laissé des dégâts sur l'emploi

Selon le ministre, cette stratégie capitalise sur les atouts du royaume pour réussir la relance industrielle post-Covid-19 ainsi que sur les acquis des différentes stratégies industrielles qui ont permis à l'industrie de devenir un "levier de création d'emplois". 

Sur ce volet, le ministre a déclaré que l'objectif du PAI en matière d'emploi a été atteint fin 2019. "Je vais tricher un peu, je ne vais pas parler de 2020 tout de suite", déclare le ministre.

Ainsi, 504.954 emplois ont été créés sur la période 2014-2019 sur la base des chiffres des créations brutes d'emplois industriels, extraits de la CNSS.

Pour 2020, la crise sanitaire a impacté fortement l'économie, causant des dégâts importants sur l'emploi. "Les emplois ont baissé considérablement. Nous mesurons ce qui est mesurable, donc nous n'avons que les données CNSS dans ces chiffres. En avril 2020, nous étions à 61% des emplois déclarés en avril 2019. Nous avons perdu quasiment 40% des emplois. Nous sommes remontés à presque 98% à juillet. Ce qui laisse présager une perspective de reprise", explique le ministre. 

L'objectif est donc d'essayer de rattraper les dommages causés par la pandémie. Dans ce sens, la nouvelle stratégie industrielle est essentiellement un plan de relance post-Covid ayant pour but d'activer l'ensemble des leviers existants en s'appuyant sur les atouts du pays. 

Une stratégie de relance de l'industrie en pleine pandémie

Les atouts évoqués par le ministre sont un mix entre les atouts classiques connus de tous comme la proximité avec l'Europe, une connectivité logistique importante, des ALE, une main-d'œuvre disponible..., et des atouts découverts pendant la crise sanitaire. "Une réactivité, une agilité et une efficacité des compétences marocaines attestées dans le contexte de la pandémie, et une capacité confirmée des industriels marocains à fabriquer des produits et équipements aux normes internationales". 

"J'aurais espéré que ça se fasse il y a plusieurs années. Je ne vous le cache pas et je ne blâme personne, mais même moi je n'y croyais pas. Nous avons donc démontré de façon claire de quoi nous sommes capables", avance le ministre.  

Les objectifs de la nouvelle stratégie de relance industrielle se résument comme suit : 

- Accompagner les filières industrielles et renforcer leur intégration pour démultiplier la création d'emplois et de valeur.

- Développer l'entrepreneuriat industriel et favoriser l'émergence d'une nouvelle génération d'industriels.

- Se positionner comme un partenaire international stratégique dans le contexte de resserrement des chaines de valeur.

- Décarboner la production industrielle pour améliorer la compétitivité du secteur industriel marocain et renforcer son attractivité. 

- Inscrire le secteur industriel marocain dans une démarche d'innovation.  

Cette stratégie est lancée dans un contexte particulier dans la mesure où la pandémie est toujours là avec tous les changements et les chamboulements qu'elle a créés sur le plan interne ou externe. 

"Les barrières qui existaient au sein du public se sont estompées. Nous n'avons jamais aussi bien travaillé ensemble que pendant la pandémie et j'assume ce que je dis. L'efficacité a pris le dessus. Nous avons découvert que cette période a généré des entrepreneurs qui ont une vraie confiance en eux et cette confiance en soi donne des résultats invraisemblables", énonce le ministre qui espère que cette dynamique se poursuivra. 

Sur le plan externe, la pandémie a créé une tectonique profonde avec une volonté des Etats de rapatrier leurs industries.

"Cette tendance de fond existait bien avant. La pandémie a donné un visa à qui veut faire des barrières pour les faire. Tout le monde sort son plan de protection", explique le ministre. "Partout, il y a un retour à l'industrie avec des stratégies agressives. Cette relocalisation donnera inéluctablement une chance de relocation au Maroc, car elle ne sera pas compétitive si elle part de l'Asie directement vers les pays européens où aux Etats-Unis", ajoute-t-il. 

"L'élément fort suite à cela, c'est que parmi les barrières qui sont en train de s'installer, l'instauration décidée par l'Europe de la taxe carbone. Ca été fait aussi en vue de se protéger et de dire que si vous n'avez pas des produits décarbonés je peux en tant qu'Europe mettre la taxe que je veux. Il faut absolument décarboner la production industrielle marocaine", poursuit le ministre. 

Comment ? "Je rappelle que 40% de l'énergie consommée au Maroc sera d'origine renouvelable. Si cette énergie était orientée vers les parcs industriels et les industries avec des coûts moins chers, cela nous rendra compétitifs et nous permettra de décarboner notre industrie", explique-t-il.

"Nous sommes en mesure de décarboner l'ensemble de notre production. Je rappelle aussi que 75% de nos exportations sont vers l'Europe et cette taxe carbone s'installe en Europe", insiste Moulay Hafid Elalamy. 

Les détails de la stratégie 

Le plan de relance industrielle 2021-2023 détaillé par le ministre se base sur trois chantiers stratégiques. 

Le premier est relatif à la confirmation de la place industrielle du Royaume et la conquête de nouveaux marchés. Il est également question de reconquérir des territoires industriels en utilisant la commande publique comme catalyseur. 

"Nous avons travaillé avec le ministre des Finances pour sortir la préférence nationale. C'est le moment. Il y a la première version. Ca ne sera certainement pas la dernière. Cette commande publique doit être utilisée pour amorcer quelque chose."

C'est dans le cadre de cet axe que la politique d'import-substitution sera activée. "Nous importons 183,2 MMDH par an. Nous avons décortiqué ces importations et nous vous proposons de la substitution. C'est-à-dire de substituer l'importation par l'industrie locale pour couvrir 34 MMDH. Est-ce que vous comprenez pourquoi nous parlons de préférence nationale ?", interpelle le ministre les patrons qui assistent à l'évènement.

"J'ai beau faire tout cela, sans préférence nationale, on y arrivera pas. J'ai besoin de la préférence nationale, car je ne comprends pas pourquoi je vais acheter un produit importé avant le produit marocain. Il faut que la commande publique s'oriente d'abord vers le produit marocain avec les qualités requises, avec un accompagnement pour que les entreprises marocaines montent en qualité et en compétence ", ajoute le ministre. 

L'accompagnement dont parle MHE ne sera pas "ad vitam æternam". Il sera d'une durée de trois ans. 

L'installation d'industries substituant 34 MMDH d'importations captera autant en valeur ajoutée au Maroc et permettra aussi de capter un potentiel additionnel d'export estimé à 17 MMDH. 

"Je vous le dis tout de suite, ce chiffre est faux. Si on fait 34 MMDH au Maroc, on fera 68 MMDH à l'export. Quand vous regardez les entreprises compétitives leur chiffre d'affaires à l'export est supérieur à leur chiffre d'affaires marocain. Mais on se fixe des objectifs conservateurs", ajoute le ministre. Idem pour les emplois dont l'objectif est fixé à une création allant de 50.000 à 100.000 emplois. 

"On se fixe des objectifs larges, comme cela on arrête de m'embêter. J'ai passé 6 ans de ma vie à expliquer les 500.000 emplois industriels. C'est terminé", avance MHE. 

34 MMDH de substitution et 8 filières stratégiques 

Le ministre expose le détail de la stratégie de substitution. 8 filières stratégiques concentrent 92% du total de 34 MMDH. Il s'agit du textile, des transports, des IMM, de la plasturgie, l'électronique, l'agroalimentaire, la parachimie, le cuir,...

"Lorsque vous avez une partie de ces produits-là achetés par la commande publique, alors on aura la préférence nationale", insiste le ministre.

Ce dernier détaille aussi l'action de l'Etat pour appuyer cette stratégie. 

"Nous avons plusieurs ministères mobilisés à 100 % pour cela. Le premier c'est le ministère de la Défense qui n'achète rien sans envoyer des gens au ministère de l'Industrie pour voir s'il y a une compensation industrielle avant d'agir. Aucun contrat n'est signé sans l'intervention de l'industrie. Il y a aussi le ministère de l'Intérieur et celui des Finances qui sont totalement impliqués dans ce dossier", ajoute le ministre. 

Mais pour MHE, l'objectif n'est pas de créer des industries pour répondre à la commande publique et à la demande nationale. Celle-ci n'est qu'un levier pour leur permettre d'attaquer le véritable marché, celui de l'export. 

Il y aura aussi dans l'arsenal public, des subventions aux nouveaux investisseurs et un accompagnement pour la mise en contact avec des co-investisseurs potentiels, et une mobilisation du foncier industriel, que ce soit du foncier aménagé ou des offres de bâtiments en LOA et en build and lease back. 

Enfin, la mobilisation des offres de financement dédiées à l'industrie en partenariat avec les banques nationales. 

D'autres mesures sont identifiées, comme la mobilisation du contrôle pour lutter contre la concurrence déloyale et l'identification et la mise en œuvre de plus de normes nationales. 

La formation n'est pas en reste. Le ministre propose la mobilisation des dispositifs de l'Etat notamment l'Anapec et la mise en place de cartes de formations ad hoc. 

Enfin, le ministre envisage la création de nouvelles générations d'écosystèmes de locomotives nationales à l'image de ce qui a été fait avec Renault, Peugeot et Boeing. 

L'activation de ce chantier passe par des appels à projets dont la première vague sera lancée en septembre. Le ministère a préparé une banque de projets qui propose des centaines de fiches détaillant les opportunités à la disposition des porteurs de projets. Il met également à la disposition des investisseurs une war-room dédiée au suivi des projets au sein du ministère offrant un accompagnement rapproché. 

L'objectif de MHE est de lancer 500 projets au 4ème trimestre 2021. 

La décarbonation, facteur de compétitivité

Le deuxième axe de la stratégie, c'est l'amélioration de la compétitivité du royaume. Le ministre donne l'exemple du secteur de l'automobile.

"Nous avons un taux d'intégration de 60% et nous voulons monter à 80%. Pour cela nous devons rentrer dans le dur. Par exemple, fabriquer le verre des parebrises au lieu de l'importer. Ce verre servira à l'industrie automobile mais aussi à pleins d'autres secteur jusqu'à l'immobilier", explique le ministre. 

"Nous avons identifié 7 projets stratégiques comme le verre, l'aluminium, l'acier, et d'autres produits qui sont très énergivores. C'est un sujet en rapport avec le coût de l'énergie et avec les énergies renouvelables". En plus clair, le Maroc compte se repositionner sur des industries industrialisantes en utilisant les énergies renouvelables pour gagner en compétitivité. 

Le troisième et dernier axe vise à positionner le royaume comme base industrielle décarbonée et circulaire en mobilisant une partie des énergies renouvelables au service de l'industrie.

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