Près de 9 millions de Marocains pauvres ou menacés de pauvreté (BM)

Selon la Banque Mondiale, la croissance économique du Maroc ne dépassera pas 2,7% en 2019. La volatilité économique peut influer sur le bien-être des ménages : près de 9 millions de Marocains peuvent être considérés comme pauvres ou menacés de pauvreté.

Près de 9 millions de Marocains pauvres ou menacés de pauvreté (Banque Mondiale)

Le 10 octobre 2019 à 19:05

Modifié le 11 octobre 2019 à 10:06

"L’économie marocaine continue de tourner à un niveau inférieur à son potentiel, le secteur agricole non irrigué contribuant à sa volatilité et les autres secteurs enregistrant une reprise timide. Le PIB réel devrait continuer de ralentir pour atteindre 2,7% en 2019". Voilà le tableau que dresse la Banque Mondiale de l'économie marocaine dans son rapport de suivi de la situation économique publié le 9 octobre 2019. 

Les experts de la Banque mondiale expliquent ce taux de croissance en deçà des attentes et du potentiel du pays par : 

- Le recul de la production agricole (-2,1%). La croissance non agricole s'améliorera certes mais ne pourra pas compenser. 

- La contribution des exportations nettes restera négative, traduisant la faible compétitivité des exportations et la dépendance à l'égard des importations énergétiques.

Croissance toujours faible en 2020-2021

La faiblesse du taux de croissance ne se limitera pas à l'année 2019, à en croire les prévisions de laBanque mondiale. Cette dernière table sur un taux de croissance de 3,3% en moyenne en 2020-2021. 

Et encore, les perspectives à moyen terme supposent des réformes soutenues, notamment pour maintenir la rigueur budgétaire, augmenter les recettes fiscales, améliorer la gouvernance et la surveillance des entreprises d’État, accroître la flexibilité des taux de change et réformer l’environnement des entreprises et les marchés du travail. 

Si les perspectives sont plutôt "moyennes" pour les indicateurs économiques, elles le sont moins pour les indicateurs sociaux. Le rapport de la Banque mondiale estime que "la réduction de la pauvreté devrait être modeste, compte tenu des perspectives de croissance. Les prévisions fondées sur le PIB par habitant indiquent qu’elle continuera de reculer, mais à un rythme beaucoup plus lent".

Risque élevé de basculement dans la pauvreté

"En 2020, l’extrême pauvreté, mesurée sur la base du seuil de pauvreté international d'un revenu journalier de 1,9 dollar en PPA (parité de pouvoir d'achat), sera inférieure à 1% de la population, tandis que la pauvreté, mesurée sur la base du seuil de 3,2 dollars en PPA, sera légèrement supérieure à 5%", analyse la Banque mondiale tout en expliquant que "l'augmentation prévue des dépenses sociales associée à un meilleur ciblage peut accélérer le rythme de la réduction de la pauvreté au-delà des prévisions actuelles". 

Notre économie devra, néanmoins, faire face à plusieurs risques extérieurs et intérieurs:

- La faiblesse et le ralentissement du commerce mondial.

- La volatilité des prix des principaux produits de base.

- Un environnement géopolitique incertain.

- L’impact du changement climatique sur le secteur agricole et la demande sociale d’emplois.

- Les importations énergétiques pourraient aggraver le déficit commercial si les prix du pétrole continuent d’augmenter.

- Les retards dans la mise en œuvre des réformes structurelles et financières essentielles pourraient nuire aux possibilités de croissance et ainsi accroître les tensions sociales.

Tout ces risques peuvent avoir un impact négatif sur notre économie et influer sur le bien-être des ménages, en particulier ceux dont les dépenses de consommation se situent juste au-dessus du seuil de pauvreté. 

Pour la Banque mondiale, si l'on retient le seuil d'un revenu quotidien de 5,5 dollars PPA, un choc négatif même de faible amplitude peut affecter une population estimée à 9 millions de Marocains qui sont pauvres ou menacés de pauvreté, soit 24% de la population.

Près de 9 millions de Marocains pauvres ou menacés de pauvreté (BM)

Le 10 octobre 2019 à19:06

Modifié le 11 octobre 2019 à 10:06

Selon la Banque Mondiale, la croissance économique du Maroc ne dépassera pas 2,7% en 2019. La volatilité économique peut influer sur le bien-être des ménages : près de 9 millions de Marocains peuvent être considérés comme pauvres ou menacés de pauvreté.

"L’économie marocaine continue de tourner à un niveau inférieur à son potentiel, le secteur agricole non irrigué contribuant à sa volatilité et les autres secteurs enregistrant une reprise timide. Le PIB réel devrait continuer de ralentir pour atteindre 2,7% en 2019". Voilà le tableau que dresse la Banque Mondiale de l'économie marocaine dans son rapport de suivi de la situation économique publié le 9 octobre 2019. 

Les experts de la Banque mondiale expliquent ce taux de croissance en deçà des attentes et du potentiel du pays par : 

- Le recul de la production agricole (-2,1%). La croissance non agricole s'améliorera certes mais ne pourra pas compenser. 

- La contribution des exportations nettes restera négative, traduisant la faible compétitivité des exportations et la dépendance à l'égard des importations énergétiques.

Croissance toujours faible en 2020-2021

La faiblesse du taux de croissance ne se limitera pas à l'année 2019, à en croire les prévisions de laBanque mondiale. Cette dernière table sur un taux de croissance de 3,3% en moyenne en 2020-2021. 

Et encore, les perspectives à moyen terme supposent des réformes soutenues, notamment pour maintenir la rigueur budgétaire, augmenter les recettes fiscales, améliorer la gouvernance et la surveillance des entreprises d’État, accroître la flexibilité des taux de change et réformer l’environnement des entreprises et les marchés du travail. 

Si les perspectives sont plutôt "moyennes" pour les indicateurs économiques, elles le sont moins pour les indicateurs sociaux. Le rapport de la Banque mondiale estime que "la réduction de la pauvreté devrait être modeste, compte tenu des perspectives de croissance. Les prévisions fondées sur le PIB par habitant indiquent qu’elle continuera de reculer, mais à un rythme beaucoup plus lent".

Risque élevé de basculement dans la pauvreté

"En 2020, l’extrême pauvreté, mesurée sur la base du seuil de pauvreté international d'un revenu journalier de 1,9 dollar en PPA (parité de pouvoir d'achat), sera inférieure à 1% de la population, tandis que la pauvreté, mesurée sur la base du seuil de 3,2 dollars en PPA, sera légèrement supérieure à 5%", analyse la Banque mondiale tout en expliquant que "l'augmentation prévue des dépenses sociales associée à un meilleur ciblage peut accélérer le rythme de la réduction de la pauvreté au-delà des prévisions actuelles". 

Notre économie devra, néanmoins, faire face à plusieurs risques extérieurs et intérieurs:

- La faiblesse et le ralentissement du commerce mondial.

- La volatilité des prix des principaux produits de base.

- Un environnement géopolitique incertain.

- L’impact du changement climatique sur le secteur agricole et la demande sociale d’emplois.

- Les importations énergétiques pourraient aggraver le déficit commercial si les prix du pétrole continuent d’augmenter.

- Les retards dans la mise en œuvre des réformes structurelles et financières essentielles pourraient nuire aux possibilités de croissance et ainsi accroître les tensions sociales.

Tout ces risques peuvent avoir un impact négatif sur notre économie et influer sur le bien-être des ménages, en particulier ceux dont les dépenses de consommation se situent juste au-dessus du seuil de pauvreté. 

Pour la Banque mondiale, si l'on retient le seuil d'un revenu quotidien de 5,5 dollars PPA, un choc négatif même de faible amplitude peut affecter une population estimée à 9 millions de Marocains qui sont pauvres ou menacés de pauvreté, soit 24% de la population.

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