Procédure de désinfection des lieux de prise en charge des cas de covid-19
Le ministère de la Santé a mis à jour la procédure de désinfection des locaux, matériel et linge en milieu de prise en charge des cas possibles et confirmés de covid-19.
Cette 2e version a été élaborée sur la base d’une récente note du Centre européen de contrôle des maladies (ECDC). Elle donne les directives pour appliquer les dispositions de la première circulaire ministérielle n° 7684 DELM/2020, relatives à la désinfection en milieu de soins, notamment les locaux, le matériel et le linge des établissements de prise en charge des cas possibles et confirmés de covid-19.
Le virus survie 3 heures dans l'air
Le virus Sars-cov-2, responsable de la maladie Covid-19, peut survivre sur différentes surfaces, mais il est détruit par la plupart des produits désinfectants virucides, de par sa fragilité morphologique.
Les plus récentes données scientifiques ont établi que la survie de ce virus peut aller jusqu’à trois heures dans l’air, jusqu’à quatre heures sur le cuivre, jusqu’à 24 heures sur le carton et jusqu’à deux à trois jours sur le plastique et l’acier inoxydable.
Notons toutefois que ces résultats viennent d’expériences dans un environnement contrôlé et doivent être interprétés avec prudence dans l’environnement réel.
45 lits pour chaque équipe
Selon le ministère, la désinfection des surfaces n’est efficace que si les surfaces en question sont propres. Ainsi, toute désinfection doit être précédée d’un nettoyage.
Pour chaque hôpital chargé de la prise en charge des malades covid-19, une ou des équipes doivent être identifiées pour se charger des opérations de désinfection, et ce, selon le nombre de lits affectés. Le ministère recommande que chaque équipe soit chargée de 45 lits au maximum.
Chaque équipe doit être composée d’un technicien en santé - environnement et de deux ouvriers formés aux mesures de sécurité lors de la manipulation des produits de désinfection et au port des équipements individuels de protection (EPI).
Le personnel chargé de la désinfection doit porter les EPI suivants: blouse jetable résistante à l’eau à manches longues, masque chirurgical, lunettes, gants et bottes.
Si des actes de soins générateurs d’aérosol (intubation, administration de médicaments nébulisés, bronchoscopies) ont été pratiqués dans la zone de soins à désinfecter, le masque chirurgical est à remplacer par un masque FFP2.
Aération des zones de soins durant une à 3 heures
Les zones de soins covid-19 où un cas confirmé a été évalué ou hospitalisé (chambre des patients, chambre où a séjourné un cas confirmé, salles d’attente, salles de réanimation…) doivent d’abord être ventilées naturellement à l’air frais pendant une durée de 1 à 3 heures.
Après la ventilation, ces zones doivent être soigneusement nettoyées avec un détergent neutre.
Le ministère de la Santé recommande l'utilisation d'un équipement de nettoyage jetable à usage unique (par exemple des serviettes jetables). Sinon le matériel de nettoyage (chiffon, éponge…) doit être placé dans une solution d’hypochlorite de sodium à 0,1%.
Après le nettoyage, les surfaces doivent être désinfectées à l’aide d’un désinfectant efficace contre les virus. La désinfection doit se faire par voie aérienne à l’aide d’un appareil d’aérosolisation automatique (nébuliseur) hors présence humaine stricte.
Les trois étapes (aération, nettoyage et désinfection) doivent être réalisées au moins deux fois par jour.
Par ailleurs, la désinfection des surfaces des espaces communs (ascenseurs, poignées des portes, rampes d’escalier, couloirs, espaces communs…) doit se faire au moins une fois par jour, sinon plus.
Déchets générés par les zones de soins
Tous les déchets générés durant l’hospitalisation des malades covid-19 sont des "déchets médicaux pharmaceutiques" de catégorie 1 et 2, et doivent être par conséquent gérés en tant que tels.
Les déchets produits durant les opérations de nettoyage et de désinfection doivent être aussi gérés en tant que déchets médicaux pharmaceutiques de catégorie 1 et 2, selon la circulaire du ministère.
Rappelons que les déchets médicaux pharmaceutiques de catégorie 1 sont les déchets comportant un risque d'infection du fait qu'ils contiennent des micro-organismes viables ou des toxines susceptibles de causer la maladie chez l'homme ou chez d'autres organismes vivants ainsi que les organes et tissus humains ou animaux non identifiables. Cette catégorie regroupe le matériel piquant ou tranchant destiné à l'abandon, qu'il ait été ou non en contact avec un produit biologique et les produits et dérivés sanguins à usage thérapeutique incomplètement utilisés, avariés ou périmés.
Quant aux déchets de catégorie 2, ce sont les médicaments et produits chimiques et biologiques non utilisés, avariés ou périmés.
Le linge lavé à 60°C ou 90°C
Le linge utilisé par le malade confirmé covid-19 peut être fortement souillé par des liquides biologiques, qui peuvent être source de contamination lors de la manipulation.
Pour manipuler et traiter la literie et le linge souillé, les équipes de nettoyage doivent porter des gants, des blouses, des chaussures fermées et une protection du visage. Le linge doit être manipulé doucement pour ne pas mettre en suspension les particules éventuellement porteuses d'une charge virale.
Le traitement du ligne doit être fait avec un cycle d’eau chaude à 60° avec un détergent a à lessive ordinaire, à 60°C dans un lave-linge.
Si le linge est très souillé, il faut choisir un cycle de nettoyage à 90°C. Le lavage manuel est proscrit.
Par ailleurs, même en l’absence de souillures visibles, la literie des malades doit être changée régulièrement pour être lavée.
Les vêtements des malades doivent, de préférence, être jetés
Considérant que la survie du virus peut aller jusqu’à 3 jours dans l’environnement, il est préconisé d’éliminer les vêtements des malades covid-19 ou des malades guéris à travers la filière des DMP (déchets médicaux et pharmaceutiques) de catégorie 1 et 2
A défaut, les vêtements doivent être traités de la même manière que le ligne utilisé par le malade covid-19.
En cas d’hospitalisation prolongée, le ministère appelle les responsables de nettoyage à sensibiliser les patients qui désirent laver eux-mêmes leur linge personnel sur les mesures de protection nécessaires.
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