Recruter et licencier plus facilement : la recommandation du FMI au Maroc
Le FMI revient au thème de la flexibilité du travail dans son nouveau rapport sur le Maroc, publié mardi 16 juillet 2019. Cette fois-ci avec des simulations qui promettent une baisse du chômage et un important gain de taux de croissance.
Le Maroc a besoin de créer plus d’emplois, c’est une évidence. Dans son nouveau rapport consacré à l’économie marocaine, le FMI fait un focus sur cette question en effectuant des simulations et en recourant à des modèles pour recommander au final une double réforme, sur le marché du travail et dans le monde de l’entreprise.
Le document évalue les effets macroéconomiques de deux grands scénarios de réforme (isolés, coordonnés ou séquencés) qui réduisent les coûts d’embauche et/ou les coûts d’entrée des entreprises en présence d’un important secteur informel.
La conclusion est que les réformes sont plus efficaces si elles sont exécutées de manière coordonnée : la mise en œuvre de réformes simultanées du marché du travail et dans le monde de l’entreprise pourraient ajouter environ 2,5 points de croissance du PIB et réduire le chômage d'environ 2,2 points de pourcentage après cinq ans.
Si les réformes doivent être introduites séquentiellement, en raison, par exemple, de contraintes de capacité ou d’économie politique, commencer par les réformes en direction des entreprises est plus efficace pour augmenter la production à court terme. En commençant par les réformes du marché du travail, on réduirait le chômage plus rapidement.
“Les avantages de réformes structurelles bien ordonnées devraient être considérables à moyen terme au Maroc“, selon les experts du FMI.
Des réformes visant à réduire les coûts d’embauche (par exemple, des contrats plus flexibles, un salaire minimum aligné sur la productivité du travail et une meilleure formation pour réduire l’inadéquation des compétences) pourraient entraîner une augmentation de la production et de l'emploi à moyen terme.
De même, les actions politiques qui réduisent les barrières à l’entrée des entreprises (simplification des procédures administratives, réduction de la corruption et amélioration de l'accès des PME au financement) augmenteraient également la production, mais avec des effets limités sur l'emploi formel.
“Les résultats montrent clairement qu'un train de réformes combinant à la fois une réduction des coûts de recrutement et des coûts d'entrée dans le monde de l'entreprise aurait un impact plus important avec une réduction du chômage de 2 points de pourcentage et une augmentation du PIB d'environ 2,5% points après 5 ans“, lit-on dans le document.
“Le Maroc a considérablement amélioré son climat des affaires ces dernières années, mais une nouvelle vague de réformes (accès au financement et concurrence sur les marchés, par exemple) favoriserait davantage la croissance tirée par le secteur privé“.
“L'atténuation des restrictions en matière d'embauche et de licenciement assouplirait le marché du travail et contribuerait à réduire le chômage“. Par restrictions en matière d’embauche, le document fait référence à la nécessité d’assouplir “l'utilisation des contrats à durée déterminée, en particulier pour les jeunes et les nouveaux demandeurs d'emploi, et la mise en place de procédures de licenciement plus efficaces, tout en renforçant les filets de sécurité sociaux et de chômage, [ce qui] faciliterait la création des emplois formels nécessaires“.
Enfin, les systèmes d'éducation et de formation professionnelle doivent être modernisés afin de réduire l'inadéquation des compétences sur le marché du travail, les coûts de recrutement étant en partie plus élevés en raison d'un capital humain insuffisant et d’une rareté des compétences réelles.
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