Stroc Industrie: Vers un plan de sauvegarde sur 5 ans
Signaux positifs pour Stroc Industrie. Le syndic défend un plan de sauvegarde étalé sur 5 ans. L'entreprise peut compter sur l'appui des contrôleurs.
Au tribunal de commerce de Casablanca, les voyants sont au vert pour Stroc Industrie. Plus de 9 mois après le jugement de sauvegarde, le syndic Mohamed Tougani a enfin déposé son rapport sur « le bilan financier, économique et social » de l’entreprise. Et selon les différents protagonistes, tout semble annoncer une issue positive au dossier.
Premier facteur d’optimisme : « Au vu du bilan, le syndic a proposé et défendu un plan de sauvegarde étalé sur 5 ans », nous annonce une source judiciaire en marge d’une audience tenue (à huis clos) ce mardi 18 avril. Nabil Ziyatt et Ronan Le Guellek, respectivement PDG et directeur financier de l’entreprise y ont pris part, au même titre que le syndic et les contrôleurs.
Au sortir de l’audience, mines détendues et échanges de sourires laissent augurer un satisfecit général chez les parties prenantes. « Sauf surprise, on se dirige vers une décision favorable », pronostique Me Hamid Adsaoui, confiant.
Pour l’instant, « le dossier a été transmis au juge-commissaire Mehdi Salem, qui devra formuler son avis sur la viabilité du plan de sauvegarde », précise l’avocat de Stroc Industrie. Ce magistrat supervise la procédure de sauvegarde. Mais c’est à la chambre de conseil, instance présidée par Abderrafii Bouhamria, que reviendra la décision de retenir ou non la solution proposée par le syndic.
Plus de 700 MDH de dette à fin 2017
Tougani est un habitué des dossiers sensibles. Au tribunal de commerce, cet expert-comptable est connu pour ses positions tranchées, parfois radicales. En 2018, son rapport négatif sur le cas Buzichelli a conduit les juges à convertir la procédure de redressement (initialement prononcée) en liquidation judiciaire.
Dans le cas de Stroc, le syndic avait pour options soit de proposer l’approbation du plan de sauvegarde, soit la mise en redressement voire la liquidation. « Au vu de la situation remédiable de l’entreprise, il a opté pour la solution la plus soft », nous dit l’une des parties. En attendant la décision du tribunal, les sources se gardent de dévoiler les détails du plan qui prévoit un rééchelonnement de la dette de Stroc, évaluée à plus de 700 MDH à fin 2017. A-t-elle évolué ? La société cotée en bourse n’a toujours pas publié ses comptes 2018.
La procédure de sauvegarde est ouverte « sur demande d’une entreprise qui, sans être en cessation de paiement, fait face à des difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter et qui pourraient entraîner dans un proche délai la cessation de paiement », selon la définition du code de commerce.
Présente à l’audience en tant que contrôleur, la Banque centrale populaire n’a pas encore livré sa position. Le tribunal lui a accordé un délai de 15 jours pour ce faire. Mais là aussi, les premiers signaux sont positifs : « En tant que principal financeur de Stroc Industrie, BCP a formulé son approbation de principe. Reste à l’étayer et la formaliser d’ici deux semaines », rapporte son avocat Me Driss Laraqui, collaborateur du cabinet Bassamat & Laraqui. Sa cliente se positionne avec une créance de 100 MDH, correspondant à prêt couvert par une garantie.
« Stroc Industrie tient à impliquer tous les protagonistes à la recherche d’une solution », nous dit Me Adsaoui, «’d’où la présence, à l’audience, d’Air Liquid et du délégué du personnel », deux autres contrôleurs à la sauvegarde. Ces derniers ont appuyé le plan du syndic.
Seul bémol, « le représentant du ministère public a fait savoir que deux mois de salaires n’ont pas encore été payés », affirme une source proche du dossier. Un air de déjà vu : L'affaire Stroc n'a-t-elle pas sa genèse dans une requête initiée par un salarié ?
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