Terrains inondables: la mauvaise surprise d'une commune à Marrakech

Mauvaise surprise pour une partie des habitants de Marrakech, ceux qui relèvent de la commune rurale Al Ouidane. Le projet de nouveau plan d’aménagement classe une importante partie des terres en zones inondables et inconstructibles.

Terrains inondables: la mauvaise surprise d'une commune à Marrakech Marrakech, la ville qui fait rêver. Ici, le musée de l'eau, face à la palmeraie, à l'entrée Nord de la ville.

Le 28 février 2019 à 16:44

Modifié le 28 février 2019 à 17:57

La commune rurale Al Ouidane mord sur la palmeraie, la route de Fès, celle d’Aït Ourir. C’est une zone de grandes villas, de maisons d’hôtes, d’hôtels de luxe, de lotissements et de terrains qui se négocient à quelques millions de DH.

Mi-février, une partie des habitants ont appris qu’il y a eu enquête publique en vue de l’adoption d’un nouveau plan d’aménagement. Et que le projet élargit fortement le périmètre des zones déclarées inondables.

Le précédent plan d’aménagement a couru sur la période 2002-2013. A partir de 2013, les travaux de renouvellement de ce document d’urbanisme ont commencé conformément à la procédure.

C’est l’Agence du bassin hydraulique du Tensift qui a la haute main pour décréter qu’une zone est inondable ou pas. Mais le citoyen dispose d’une possibilité de recours.

Une fois élaboré, le projet de plan d’aménagement est consultable auprès de l’agence urbaine. C’est la séquence “enquête publique“ où toute personne concernée peut faire opposition ou émettre des observations.

En l’occurrence, un millier d’observations et oppositions ont été recensées selon des sources concernées, y compris au sein de la commune. Le conseil de la commune rurale d’Al Ouidane s’est lui-même réuni et a émis de nombreuses observations.

Cette période d’enquête s’est déroulée du 14 janvier au 12 février 2019, nous confirme M. Belgada, responsable des affaires juridiques à l’Agence urbaine de Marrakech. A l’heure où nous mettions en ligne, l’Agence n’avait pas encore récupéré les observations. Ces dernières doivent être analysées puis répertoriées par une commission préparatoire. La dernière étape sera la tenue de la commission centrale d’urbanisme. Celle-ci, composée de tous les intervenants, y compris les autorités locales, le ministère de l’urbanisme, l’Agence du bassin hydraulique du Tensift, rendra la décision finale, probablement à la mi-avril.

 En élargissant d’une manière significative le périmètre décrété inondable, l’Agence du bassin hydraulique rend les terrains concernés inconstructibles. La valeur foncière intrinsèque de toute la commune s’en trouve fortement réduite. On comprend donc l’émotion des élus communaux et des habitants.

Il en est de même au niveau de nombreux acquéreurs de terrains qui ne les ont pas encore construits. Certains d’entre eux nous ont transmis leur inquiétude, se demandant s’ils ne sont pas victimes d’un excès de zèle. L’un des propriétaires fonciers a fait réaliser sa propre étude qui selon des sources proches, contredit les affirmations de l’agence.

Des acquéreurs ont acheté sur la foi de documents d’urbanisme qui déclaraient la zone constructible. En quelques semaines, les choses risquent de changer. Ce qui pose selon nos interlocuteurs, un problème de sécurité juridique pour l’investissement foncier.

Marrakech, la ville qui fait rêver. Ici, le musée de l'eau, face à la palmeraie, à l'entrée Nord de la ville.

Terrains inondables: la mauvaise surprise d'une commune à Marrakech

Le 28 février 2019 à17:57

Modifié le 28 février 2019 à 17:57

Mauvaise surprise pour une partie des habitants de Marrakech, ceux qui relèvent de la commune rurale Al Ouidane. Le projet de nouveau plan d’aménagement classe une importante partie des terres en zones inondables et inconstructibles.

La commune rurale Al Ouidane mord sur la palmeraie, la route de Fès, celle d’Aït Ourir. C’est une zone de grandes villas, de maisons d’hôtes, d’hôtels de luxe, de lotissements et de terrains qui se négocient à quelques millions de DH.

Mi-février, une partie des habitants ont appris qu’il y a eu enquête publique en vue de l’adoption d’un nouveau plan d’aménagement. Et que le projet élargit fortement le périmètre des zones déclarées inondables.

Le précédent plan d’aménagement a couru sur la période 2002-2013. A partir de 2013, les travaux de renouvellement de ce document d’urbanisme ont commencé conformément à la procédure.

C’est l’Agence du bassin hydraulique du Tensift qui a la haute main pour décréter qu’une zone est inondable ou pas. Mais le citoyen dispose d’une possibilité de recours.

Une fois élaboré, le projet de plan d’aménagement est consultable auprès de l’agence urbaine. C’est la séquence “enquête publique“ où toute personne concernée peut faire opposition ou émettre des observations.

En l’occurrence, un millier d’observations et oppositions ont été recensées selon des sources concernées, y compris au sein de la commune. Le conseil de la commune rurale d’Al Ouidane s’est lui-même réuni et a émis de nombreuses observations.

Cette période d’enquête s’est déroulée du 14 janvier au 12 février 2019, nous confirme M. Belgada, responsable des affaires juridiques à l’Agence urbaine de Marrakech. A l’heure où nous mettions en ligne, l’Agence n’avait pas encore récupéré les observations. Ces dernières doivent être analysées puis répertoriées par une commission préparatoire. La dernière étape sera la tenue de la commission centrale d’urbanisme. Celle-ci, composée de tous les intervenants, y compris les autorités locales, le ministère de l’urbanisme, l’Agence du bassin hydraulique du Tensift, rendra la décision finale, probablement à la mi-avril.

 En élargissant d’une manière significative le périmètre décrété inondable, l’Agence du bassin hydraulique rend les terrains concernés inconstructibles. La valeur foncière intrinsèque de toute la commune s’en trouve fortement réduite. On comprend donc l’émotion des élus communaux et des habitants.

Il en est de même au niveau de nombreux acquéreurs de terrains qui ne les ont pas encore construits. Certains d’entre eux nous ont transmis leur inquiétude, se demandant s’ils ne sont pas victimes d’un excès de zèle. L’un des propriétaires fonciers a fait réaliser sa propre étude qui selon des sources proches, contredit les affirmations de l’agence.

Des acquéreurs ont acheté sur la foi de documents d’urbanisme qui déclaraient la zone constructible. En quelques semaines, les choses risquent de changer. Ce qui pose selon nos interlocuteurs, un problème de sécurité juridique pour l’investissement foncier.

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