Thé: Les importateurs jugent inapplicables les nouvelles normes de l'ONSSA

Les importateurs de thé vert de la Chine affirment que les nouvelles normes mises en place par l’ONSSA sont inapplicables dans les délais exigés. Leur application induirait par ailleurs une augmentation des prix selon les mêmes sources.

Thé: Les importateurs jugent inapplicables les nouvelles normes de l'ONSSA

Le 02 avril 2019 à 15:29

Modifié le 02 avril 2019 à 21:49

Les importateurs de thé n’ont toujours pas fait de sortie officielle après la décision de l'ONSSA d'appliquer de nouvelles normes sanitaires dont l’entrée en vigueur est prévue pour juillet prochain.

Des sources bien informées justifient cette absence de réaction par le fait que l’association professionnelle représentant les importateurs de thé n’a pas encore pu tenir sa réunion et arrêter une position officielle.

Cela dit, officieusement, certains opérateurs ne cachent pas leur désaccord avec la décision de l’ONSSA.

"La décision de l'ONSSA a été hâtive, prise peut-être sous l'effet de la pression de l'opinion publique. Mais dans les faits, l'application des nouvelles normes dans les délais exigés par l'ONSSA est impossible", nous assure-t-on.

Pour rappel, l’Office a envoyé le 27 février dernier une lettre d’information à l’Association des professionnels du thé au Maroc pour leur annoncer la mise en place de nouvelles normes d’importation du thé. 

Cette lettre disait: "conformément à l’arrêté n°156-14 fixant les limites maximales des résidus (LMR)* des pesticides sur les denrées alimentaires et faisant suite à la dernière réunion de concertation ONSSA-AITM tenue en octobre 2018, j’ai l’honneur de vous informer que les valeurs des LMR qui seront appliquées aux thés importés de Chine, à compter du 1er juillet 2019, sont celles fixées dans la liste jointe à la présente lettre".

La liste à laquelle il est fait référence, détaille les concentrations de résidus (LMR) que laissent les pesticides utilisés dans la culture du thé pour 48 produits phytosanitaires.

Ces nouvelles LMR s’inspirent fortement de la réglementation européenne et dans une moindre mesure du Codex Alimentarus (référentiel international établi par l’Organisation mondiale de la Santé et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).

L'argumentaire des importateurs

"Nous n’allons pas prétendre pouvoir respecter ces exigences dans les délais impartis par l’ONSSA. Toute décision a besoin d'un temps matériel pour être appliquée, d'autant plus quand cela touche des cultures", avance notre source.

Pour notre interlocuteur, respecter les nouvelles normes nécessite un accompagnement stratégique des producteurs locaux et attendre un certain temps pour que les cultures puissent être conformes.

La multiplicité des plantations et des intervenants dans le circuit d’approvisionnement rend difficile l’application de ces normes, insistent les professionnels.

Pourquoi cela serait-il difficile de se procurer un thé qui répond à des normes presque similaires à celles de l’UE, si la Chine exporte aussi son thé à plusieurs pays de l’Union européenne ?

Pour répondre à cela, les professionnels sortent l’argument des différences de modes de consommation. "Le thé apprécié et consommé par les Européens n’est pas le même que celui que consomme la ménagère marocaine", nous répond-on. "Les Européens dégustent le thé, le prennent en infusion. Or, au Maroc une théière peut facilement remplacer un repas".

Le deuxième argument prôné par les professionnels est celui du prix. "Le thé est un produit sensible. Ces normes auront un impact sur les prix", affirme-t-on.

"Cela induira forcément une augmentation des prix et même une rareté du produit", ajoutent-ils.

 Ce qui est certain, c’est que les professionnels affirment avoir été pris de court et tentent chacun de son côté de chercher des solutions.

Thé: Les importateurs jugent inapplicables les nouvelles normes de l'ONSSA

Le 02 avril 2019 à16:05

Modifié le 02 avril 2019 à 21:49

Les importateurs de thé vert de la Chine affirment que les nouvelles normes mises en place par l’ONSSA sont inapplicables dans les délais exigés. Leur application induirait par ailleurs une augmentation des prix selon les mêmes sources.

Les importateurs de thé n’ont toujours pas fait de sortie officielle après la décision de l'ONSSA d'appliquer de nouvelles normes sanitaires dont l’entrée en vigueur est prévue pour juillet prochain.

Des sources bien informées justifient cette absence de réaction par le fait que l’association professionnelle représentant les importateurs de thé n’a pas encore pu tenir sa réunion et arrêter une position officielle.

Cela dit, officieusement, certains opérateurs ne cachent pas leur désaccord avec la décision de l’ONSSA.

"La décision de l'ONSSA a été hâtive, prise peut-être sous l'effet de la pression de l'opinion publique. Mais dans les faits, l'application des nouvelles normes dans les délais exigés par l'ONSSA est impossible", nous assure-t-on.

Pour rappel, l’Office a envoyé le 27 février dernier une lettre d’information à l’Association des professionnels du thé au Maroc pour leur annoncer la mise en place de nouvelles normes d’importation du thé. 

Cette lettre disait: "conformément à l’arrêté n°156-14 fixant les limites maximales des résidus (LMR)* des pesticides sur les denrées alimentaires et faisant suite à la dernière réunion de concertation ONSSA-AITM tenue en octobre 2018, j’ai l’honneur de vous informer que les valeurs des LMR qui seront appliquées aux thés importés de Chine, à compter du 1er juillet 2019, sont celles fixées dans la liste jointe à la présente lettre".

La liste à laquelle il est fait référence, détaille les concentrations de résidus (LMR) que laissent les pesticides utilisés dans la culture du thé pour 48 produits phytosanitaires.

Ces nouvelles LMR s’inspirent fortement de la réglementation européenne et dans une moindre mesure du Codex Alimentarus (référentiel international établi par l’Organisation mondiale de la Santé et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).

L'argumentaire des importateurs

"Nous n’allons pas prétendre pouvoir respecter ces exigences dans les délais impartis par l’ONSSA. Toute décision a besoin d'un temps matériel pour être appliquée, d'autant plus quand cela touche des cultures", avance notre source.

Pour notre interlocuteur, respecter les nouvelles normes nécessite un accompagnement stratégique des producteurs locaux et attendre un certain temps pour que les cultures puissent être conformes.

La multiplicité des plantations et des intervenants dans le circuit d’approvisionnement rend difficile l’application de ces normes, insistent les professionnels.

Pourquoi cela serait-il difficile de se procurer un thé qui répond à des normes presque similaires à celles de l’UE, si la Chine exporte aussi son thé à plusieurs pays de l’Union européenne ?

Pour répondre à cela, les professionnels sortent l’argument des différences de modes de consommation. "Le thé apprécié et consommé par les Européens n’est pas le même que celui que consomme la ménagère marocaine", nous répond-on. "Les Européens dégustent le thé, le prennent en infusion. Or, au Maroc une théière peut facilement remplacer un repas".

Le deuxième argument prôné par les professionnels est celui du prix. "Le thé est un produit sensible. Ces normes auront un impact sur les prix", affirme-t-on.

"Cela induira forcément une augmentation des prix et même une rareté du produit", ajoutent-ils.

 Ce qui est certain, c’est que les professionnels affirment avoir été pris de court et tentent chacun de son côté de chercher des solutions.

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commentaires

Omar Wajib

"Ouin ouin ouin, c'est trop difficile de faire du business sans empoisonner les gens"

Des bébés qui pleurent. Des gros bébés.

Je ne vois d'ailleurs pas l’intérêt de leur donner la parole à des gens qui se battent pour vendre aux marocains du thé contaminé aux plomb et aux métaux lourds. Pas étonnant que ils ils souhaitent rester anonyme. Moi aussi j'aurais honte à leur place.

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