Un Marocain de 23 ans enseigne l’intelligence artificielle à Stanford

PORTRAIT. Younes Bensouda Mourri est toujours étudiant à Stanford en Californie. Mais il enseigne déjà l’intelligence artificielle au Laboratoire IA de cette prestigieuse université. Il a co-créé des cours suivis par des milliers d’étudiants.

Un Marocain de 23 ans enseigne l’intelligence artificielle à Stanford

Le 16 avril 2019 à 17:14

Modifié le 17 avril 2019 à 15:45

Non, il ne s’agit pas cette fois d'un cas de fuite de compétences marocaines, formées localement et ayant choisi de s’expatrier par manque d’épanouissement. Younes Bensouda Mourri, un jeune de 23 ans, a dès l’âge de 18 ans opté pour des études supérieures à l’étranger. Et il compte bien revenir au Maroc.
 
Natif de Tanger, Younes a suivi ses études primaires et secondaires à l’école américaine du Détroit. Après l'obtention de son bac, il postule en 2014 pour des études supérieures à Stanford en Californie, université parmi les plus sélectives au monde.
 
Après un Bachelor en mathématique et mathématique appliquée à l’informatique décroché en 2018, il s'inscrit dans un Master en statistiques qu'il compte achever cette année. Mais ce jeune Marocain n’a pas attendu l’obtention de ce diplôme pour se voir proposer un poste d’enseignant dans le Laboratoire d’Intelligence Artificielle de Stanford, considéré comme le plus grand au monde.

Selon lui, c'est la première fois qu'un étudiant en Master décroche un poste d'enseignant. Ce travail lui permet de suivre son Master gratuitement.

Pour renforcer ses capacités à dispenser des cours, il s'est inscrit dans quelques modules d'un cycle doctoral : modélisation statistique, processus stochastiques, « Machine Learning »...

Younes Bensouda a démarré en tant qu'enseignant assistant avant de passer, il y a quelque semaines, au statut d'enseignant principal de deux matières (il est conseiller pour une troisième).

Il a co-créé trois cours d'IA intégrés dans le programme d'étude

Les matières qu’il enseigne, il les a co-créées. Sponsorisé par des professeurs, il a fait valider trois cours par l'université, aujourd'hui intégrés dans le programme de formation des étudiants.
 
Le premier est un cours de «Machine Learning», qu’on peut traduire «apprentissage automatique» ou «apprentissage statistique». Il s’agit d’un champ d’étude de l’IA qui se fonde sur les approches statistiques pour donner aux ordinateurs la capacité d’apprendre à partir de données.
 
Younes enseigne aux étudiants les bases du Machine Learning appliqué. Par exemple, apprendre aux ordinateurs comment identifier les cellules cancéreuses, diagnostiquer des images médicales, recommander des produits en ligne aux consommateurs… «Ce cours est extrêmement populaire sur le campus», dit non sans fierté le jeune Marocain.
 
Le deuxième cours est destiné aux enseignants de l’IA pour leur apprendre comment dispenser leur formation. Objectif : standardiser l’enseignement de l’IA et l’évaluation des étudiants, sachant que le domaine est très complexe.
 
Younes déclare avoir créé une grille pour classer les systèmes d’IA car la notation des différents professeurs peut être arbitraire. Dans son cours, il aborde les concepts de création de grilles d’évaluation juste pour noter les systèmes de reconnaissance vocale, les modèles de vision par ordinateur et d'autres projets d'IA.
 
Enfin, en tant que conseiller, le jeune Tangérois a co-créé la spécialisation « Deep Learning » (5 cours) sur la plateforme Coursera, l’une des plus grandes plateformes de cours en ligne ouverte au monde.
 
Le Deep Learning ou « apprentissage profond » est une forme d’intelligence artificielle dérivée du Machine Learning. Il couvre le traitement du langage naturel, la reconnaissance vocale, les réseaux de neurones, la vision par ordinateur… Les cours permettent aux étudiants de maîtriser comment créer le cerveau d'un robot.

Le Maroc peut avoir ses propres startups en IA

Au final, âgé d'à peine 23 ans et avant même l’obtention de son Master, Younes Bensouda Mourri a enseigné l’intelligence artificielle à des milliers d’étudiants, à Stanford et en ligne. Selon lui, beaucoup de ces étudiants ont ensuite fondé des entreprises, travaillé en tant que conseillers en création d’entreprise ou obtenu un emploi dans le domaine de l’IA.

Younes a tous les atouts pour intégrer le club des compétences marocaines qui brillent à l’international dans plusieurs domaines : médecine, biotechnologie, chimie, nucléaire… D’autant plus qu’il est en train de devenir expert dans un domaine à la pointe de la technologie. Après sa diplomation, il ambitionne de créer une start-up spécialisée dans l'enseignement de la programmation et l'intelligence artificielle, en association avec l'un de ses professeurs.

Mais ce jeune talent n’a pas l’ambition de réserver indéfiniment son expertise aux pays étrangers. Il compte revenir au Maroc pour former la prochaine génération d’ingénieurs en IA. « Nous pouvons avoir nos propres startups en intelligence artificielle », espère-t-il. Son rêve, voir se développer au Maroc un écosystème similaire à celui de la Silicon Valley.

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Fuite des ingénieurs: Amzazi appelle les entreprises à offrir de meilleures opportunités

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Un Marocain de 23 ans enseigne l’intelligence artificielle à Stanford

Le 16 avril 2019 à17:25

Modifié le 17 avril 2019 à 15:45

PORTRAIT. Younes Bensouda Mourri est toujours étudiant à Stanford en Californie. Mais il enseigne déjà l’intelligence artificielle au Laboratoire IA de cette prestigieuse université. Il a co-créé des cours suivis par des milliers d’étudiants.

Non, il ne s’agit pas cette fois d'un cas de fuite de compétences marocaines, formées localement et ayant choisi de s’expatrier par manque d’épanouissement. Younes Bensouda Mourri, un jeune de 23 ans, a dès l’âge de 18 ans opté pour des études supérieures à l’étranger. Et il compte bien revenir au Maroc.
 
Natif de Tanger, Younes a suivi ses études primaires et secondaires à l’école américaine du Détroit. Après l'obtention de son bac, il postule en 2014 pour des études supérieures à Stanford en Californie, université parmi les plus sélectives au monde.
 
Après un Bachelor en mathématique et mathématique appliquée à l’informatique décroché en 2018, il s'inscrit dans un Master en statistiques qu'il compte achever cette année. Mais ce jeune Marocain n’a pas attendu l’obtention de ce diplôme pour se voir proposer un poste d’enseignant dans le Laboratoire d’Intelligence Artificielle de Stanford, considéré comme le plus grand au monde.

Selon lui, c'est la première fois qu'un étudiant en Master décroche un poste d'enseignant. Ce travail lui permet de suivre son Master gratuitement.

Pour renforcer ses capacités à dispenser des cours, il s'est inscrit dans quelques modules d'un cycle doctoral : modélisation statistique, processus stochastiques, « Machine Learning »...

Younes Bensouda a démarré en tant qu'enseignant assistant avant de passer, il y a quelque semaines, au statut d'enseignant principal de deux matières (il est conseiller pour une troisième).

Il a co-créé trois cours d'IA intégrés dans le programme d'étude

Les matières qu’il enseigne, il les a co-créées. Sponsorisé par des professeurs, il a fait valider trois cours par l'université, aujourd'hui intégrés dans le programme de formation des étudiants.
 
Le premier est un cours de «Machine Learning», qu’on peut traduire «apprentissage automatique» ou «apprentissage statistique». Il s’agit d’un champ d’étude de l’IA qui se fonde sur les approches statistiques pour donner aux ordinateurs la capacité d’apprendre à partir de données.
 
Younes enseigne aux étudiants les bases du Machine Learning appliqué. Par exemple, apprendre aux ordinateurs comment identifier les cellules cancéreuses, diagnostiquer des images médicales, recommander des produits en ligne aux consommateurs… «Ce cours est extrêmement populaire sur le campus», dit non sans fierté le jeune Marocain.
 
Le deuxième cours est destiné aux enseignants de l’IA pour leur apprendre comment dispenser leur formation. Objectif : standardiser l’enseignement de l’IA et l’évaluation des étudiants, sachant que le domaine est très complexe.
 
Younes déclare avoir créé une grille pour classer les systèmes d’IA car la notation des différents professeurs peut être arbitraire. Dans son cours, il aborde les concepts de création de grilles d’évaluation juste pour noter les systèmes de reconnaissance vocale, les modèles de vision par ordinateur et d'autres projets d'IA.
 
Enfin, en tant que conseiller, le jeune Tangérois a co-créé la spécialisation « Deep Learning » (5 cours) sur la plateforme Coursera, l’une des plus grandes plateformes de cours en ligne ouverte au monde.
 
Le Deep Learning ou « apprentissage profond » est une forme d’intelligence artificielle dérivée du Machine Learning. Il couvre le traitement du langage naturel, la reconnaissance vocale, les réseaux de neurones, la vision par ordinateur… Les cours permettent aux étudiants de maîtriser comment créer le cerveau d'un robot.

Le Maroc peut avoir ses propres startups en IA

Au final, âgé d'à peine 23 ans et avant même l’obtention de son Master, Younes Bensouda Mourri a enseigné l’intelligence artificielle à des milliers d’étudiants, à Stanford et en ligne. Selon lui, beaucoup de ces étudiants ont ensuite fondé des entreprises, travaillé en tant que conseillers en création d’entreprise ou obtenu un emploi dans le domaine de l’IA.

Younes a tous les atouts pour intégrer le club des compétences marocaines qui brillent à l’international dans plusieurs domaines : médecine, biotechnologie, chimie, nucléaire… D’autant plus qu’il est en train de devenir expert dans un domaine à la pointe de la technologie. Après sa diplomation, il ambitionne de créer une start-up spécialisée dans l'enseignement de la programmation et l'intelligence artificielle, en association avec l'un de ses professeurs.

Mais ce jeune talent n’a pas l’ambition de réserver indéfiniment son expertise aux pays étrangers. Il compte revenir au Maroc pour former la prochaine génération d’ingénieurs en IA. « Nous pouvons avoir nos propres startups en intelligence artificielle », espère-t-il. Son rêve, voir se développer au Maroc un écosystème similaire à celui de la Silicon Valley.

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commentaires

Salim BOUNOU

Super bravo pour ce jeune marocain talentueux. Maintenant, reste à savoir le degré d'implication pour cette diaspora marocaine dans le paysage académique et socio économique de notre cher pays.

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