img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SOCIETE

Une nouvelle loi pour renforcer les pouvoirs de sanction de l'Onssa

Les pouvoirs de sanction de l'Onssa sont faibles. Un projet d'amendement de la loi n° 28-07 est en cours de préparation pour doter l'Office de pouvoirs plus élargis, apprend Médias24 de source sûre.

Une nouvelle loi pour renforcer les pouvoirs de sanction de l'Onssa
H.G.
Le 11 décembre 2019 à 17h10 | Modifié 11 avril 2021 à 2h44

La loi n° 28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires va subir des changements majeurs.

De source sûre, un projet d'amendement est en cours de préparation par l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires que veut se faire attribuer des pouvoirs plus élargis en matière de sanctions administratives et financières.

Et pour cause, l’Onssa est au cœur du système de sécurité sanitaire des produits alimentaires sans avoir toutes les cartes en main pour jouer pleinement son rôle.

Bien qu’il dispose d’attributions élargies en termes de contrôle et d’octroi des agréments et des autorisations, l’Office ne dispose pas de pouvoir de sanction à même de dissuader les fraudeurs ou les opérateurs non conformes de respecter la loi.

Le pouvoir limité de l'Onssa pointé du doigt

"Quand une usine de production de fromage veut ouvrir, elle doit obtenir l’agrément de l’Onssa. L’office vérifie que l’unité est conforme à la réglementation, délivre l’agrément et fais le contrôle a posteriori et le suivi de l’unité en question. Si celle-ci continue de respecter la réglementation, il n’y a pas de problème. Mais quand dans le cadre d’un contrôle, l’Onssa découvre qu’il y a des manquements graves, tout ce que ses inspecteurs peuvent faire c’est retirer l'agrément... Ce qui n’empêche pas l’entreprise de continuer à produire s'il elle le veut", nous explique une source bien informée.

Cette réalité rejoint l’une des principales observations soulevées par la Cour des comptes dans son dernier rapport dans la partie réservée à l’Onssa. 

"Les agents de l’Office sont souvent impuissants face à des contrevenants qui fabriquent, entreposent ou mettent sur le marché des produits alimentaires non conformes tels que définis par la loi n°28.07. En effet, ces agents ne disposent que d’un pouvoir limité pour prendre des sanctions administratives puisqu’ils n’ont pas la possibilité de prononcer la fermeture totale ou partielle d’un établissement. Ils peuvent seulement, selon la loi précitée, procéder à la saisie de la marchandise non conforme, ou procéder à sa consignation dans l’attente des résultats des contrôles. La décision de fermeture ne pouvant émaner que des autorités locales, plusieurs constats négatifs de l’Onssa restent sans effet", avancent les magistrats de la Cour des comptes.

Les changements visés

C’est cette impuissance que l’Office cherche à lever en obtenant pour ses inspecteurs un véritable pouvoir de sanction notamment administrative. Il est question que l’Office dispose du pouvoir de fermeture des établissements industriels qui commettent des infractions graves.

La révision de la réglementation relative à la sécurité sanitaire des aliments vise également à permettre à l’Office de couvrir un champ qui échappe actuellement à son intervention à cause de la multiplicité des intervenant : les réseaux de commercialisation des produits.

Il convient de préciser que l’office intervient sur l’amont (santé animale et végétale, semences et plants, intrants, agréments d’unités industrielles etc). Par contre, sur l'aval, notamment la commercialisation et les points de ventes, l’Office n’est pas le seul acteur.

La multiplicité des intervenants (ministère de l'intérieur ou celui de la santé) rend le contrôle inefficace d’autant plus que là encore, l’Onssa n’a pas de pouvoir de sanction.

L’Onssa peut contrôler un produit alimentaire en vente chez un épicier ou en GMS. Si le produit contrôlé est non conforme à cause d’un défaut dans le processus de fabrication, l’Office sévit en retirant l’agrément au fabricant, et pourra après la réforme de la loi même fermer l’établissement.

Mais si le produit est non conforme à cause des conditions de stockage ou d'entreposage, l’Onssa ne peut actuellement rien faire, d’autant plus que l’agrément ou l’autorisation sur le plan sanitaire des points de vente et des lieux de restauration collective sont délivrés par les communes qui ne prennent pas toujours en compte les exigences de la loi 28-07.

Dans sa réponse à la Cour des comptes, le directeur général de l’Onssa avait résumé les contraintes que son établissement rencontre sur ce volet:

- Le ministère de la Santé intervient par l’intermédiaire de la Direction de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies pour le suivi hygiénique, épidémiologique des déclarations des toxi-infections alimentaires collectives et des maladies d’origine alimentaire.

 - Le ministère de l’Intérieur intervient à l’échelon local par l’intermédiaire des bureaux municipaux d’hygiène, des divisions des affaires économiques et sociales et des Mohtassibs, en plus de l’intervention des Collectivités locales au niveau des points de vente, abattoirs municipaux, tueries rurales, de la restauration collective, riachates,...

Cela ne veut pas dire que l’Onssa est absent du terrain. Il intervient dans le cadre de commissions mixtes de contrôle initiées par les autorités locales.

Si un point de vente est non-conforme sur le plan sanitaire, l’Onssa ne dispose pas des prérogatives nécessaires pour suspendre ou arrêter l’activité de ces lieux. Cela relève du pouvoir des autorités locales.

Les départements de l’agriculture et l’intérieur travaillent sur un arrêté conjoint pour adapter l’octroi des autorisations sanitaires des lieux de la restauration collective et de vente au détail aux dispositions de la loi 28.07.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : Onssa
H.G.
Le 11 décembre 2019 à 17h10

à lire aussi

Les prix du gasoil et de l'essence en baisse, ce 1er mai
Energie

Article : Les prix du gasoil et de l'essence en baisse, ce 1er mai

En ce début du mois de mai, le litre du gasoil a vu son prix baisser d'un dirham. La baisse a également concerné le prix de l'essence.

Dessalement : 8 à 10 ans pour changer d’échelle industrielle (Amine Mohamed)
Eau

Article : Dessalement : 8 à 10 ans pour changer d’échelle industrielle (Amine Mohamed)

Porter le taux d’intégration locale de 35 % à 70 % dans le dessalement de l’eau est une ambition qui s’inscrit dans le cadre d’une stratégie industrielle, estime le président du Cluster marocain des métiers de l’eau. Au delà de la simple production d’eau potable, Amine Mohamed nous déclare que le véritable objectif est de bâtir une filière industrielle compétitive, innovante et exportatrice pour le Maroc.

Sahara : le Canada, la Suisse, le Honduras… avril 2026 confirme le basculement diplomatique
NATION

Article : Sahara : le Canada, la Suisse, le Honduras… avril 2026 confirme le basculement diplomatique

INFOGRAPHIE. Canada, Suisse, Royaume-Uni, Autriche, Équateur, Belgique… Les déclarations s’accumulent, et les formules se ressemblent, “la plus crédible, réaliste et viable”. Ce n’est plus de la diplomatie de courtoisie, c’est un alignement. Notre infographie actualisée.

Le compte rendu du Conseil de gouvernement du jeudi 30 avril 2026
Quoi de neuf

Article : Le compte rendu du Conseil de gouvernement du jeudi 30 avril 2026

Le Conseil de gouvernement, présidé par Aziz Akhannouch, s’est réuni le 30 avril 2026 pour examiner plusieurs projets de loi et des nominations à de hautes fonctions.

Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 30 avril
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 30 avril

La Bourse de Casablanca clôture la séance du 30 avril 2026 en baisse, avec un repli des principaux indices dans un marché animé par Managem et Attijariwafa bank.

La FRMF soutient la candidature de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA
Quoi de neuf

Article : La FRMF soutient la candidature de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA

La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), présidée par Fouzi Lekjaa, annonce son soutien à Gianni Infantino lors de sa candidature à la présidence de la Fédération internationale de football association (FIFA).

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité