Voici qui a bénéficié de la reprise du crédit bancaire en 2019

Les entreprises et les ménages ont été les principaux bénéficiaires de l'accélération du crédit bancaire à fin octobre, loin devant le secteur public et les sociétés financières.

Voici qui a bénéficié de la reprise du crédit bancaire en 2019

Le 02 décembre 2019 à 15:15

Modifié le 03 décembre 2019 à 10:44

Dans un article publié il y a deux jours, Médias24 attirait l’attention sur deux tendances qui se dégagent des dernières statistiques monétaires de Bank Al Maghrib relatives au mois d’octobre.

D’un côté, il y a une stagnation des dépôts et une hausse du cash en circulation, reflétant la confiance toujours dégradée des opérateurs économiques. De l’autre, il y a une accélération du crédit bancaire qui constitue plutôt un signal positif pour les milieux d’affaires dans un contexte de ralentissement économique et d’attentes plutôt négatives.

En effet, le crédit bancaire a augmenté de 3,2% ou 27,7 milliards de DH depuis le début de l’année, atteignant un encours de 898,4 milliards. Sur une année glissante, la variation est beaucoup plus significative : +6,1% ou +51,7 milliards.

A qui a profité cette manne de financements supplémentaires ? A l’Etat qui a longtemps évincé les créateurs de richesse en levant massivement des fonds auprès du secteur bancaire ? Ou plutôt aux producteurs et aux consommateurs ?

Moins de 7 milliards de DH supplémentaires pour le secteur public

L’analyse de l’évolution du crédit bancaire depuis le début de l’année montre que le secteur public (y compris l'administration centrale) n’a mobilisé que moins de 7 milliards de DH. Les sociétés financières ont, elles, carrément enregistré une baisse de leurs financements de 2,5 milliards de DH. In fine, les entreprises et les ménages ont concentré plus de 31 milliards de DH de nouveaux crédits.

Voici en détails l’évolution depuis le début de l’année du crédit bancaire par catégorie d’emprunteur :

- Administration centrale : +3,7% ou +7,5 milliards de DH, à 210,5 milliards (ce chiffre n'est pas inclus dans l'encours du crédit bancaire)

- Entreprises et établissements publics et collectivités territoriales : -1,4% ou -960 MDH, à 69,9 milliards de DH

- Entreprises privées : +5% ou +17,3 milliards de DH, à 360,1 milliards

- Particuliers et MRE : +4,3% ou 12,5 milliards de DH, à 301,7 milliards

- Entrepreneurs individuels : +3,4% ou +1,4 milliard de DH, à 41,9 milliards

- Sociétés financières : -2% ou -2,5 milliards de DH, à 123,5 milliards.

Les impayés des ménages augmentent fortement

Par catégorie de financement, les comptes débiteurs et crédits de trésorerie ont cru de 4,7% ou 8,3 milliards de DH, à 186 milliards. Ce sont les entreprises privées qui ont profité le plus du financement additionnel (+10,4 milliards), suivis des ménages (+1,3 milliard), alors que les sociétés financières ont subi une baisse des financements (-3,8 milliards).

Les crédits à l’équipement ont augmenté de 2,5% ou 4,4 milliards de DH, pour atteindre 178,4 milliards. Là aussi, ce sont les entreprises privées qui ont concentré l’essentiel de cette manne (+4,5 milliards), suivies des administrations locales (+1,1 milliard), alors que les entreprises publiques ont connu une baisse des prêts à l’investissement (-3,1 milliards).

Les crédits immobiliers ont, eux, progressé de 3% ou 8 milliards de DH, à 275,3 milliards. Les crédits aux acquéreurs se sont améliorés de 7 milliards, les prêts aux grands promoteurs de 3 milliards, alors que les financements des petits promoteurs ont diminué de 2 milliards.

Pour leur part, les crédits à la consommations destinés aux ménages ont cru de 4,3% ou 2,3 milliards de DH, à 56,4 milliards.

Quant aux créances diverses, elles ont fait du surplace à 132,5 milliards de DH, elles sont contractées essentiellement par les sociétés financières.

Un point négatif vient enfin ternir ces réalisations : les créances en souffrance se sont aggravées de 6,8% ou 4,4 milliards de DH, pour atteindre 69,7 milliards. L’aggravation est quasi exclusivement le fait des ménages, dont les impayés se sont renforcés de 3,7 milliards ou 14,7%, atteignant 28,9 milliards. Les impayés des entreprises privées ont, eux, stagné à 39,7 milliards de DH.

Voici qui a bénéficié de la reprise du crédit bancaire en 2019

Le 02 décembre 2019 à15:36

Modifié le 03 décembre 2019 à 10:44

Les entreprises et les ménages ont été les principaux bénéficiaires de l'accélération du crédit bancaire à fin octobre, loin devant le secteur public et les sociétés financières.

Dans un article publié il y a deux jours, Médias24 attirait l’attention sur deux tendances qui se dégagent des dernières statistiques monétaires de Bank Al Maghrib relatives au mois d’octobre.

D’un côté, il y a une stagnation des dépôts et une hausse du cash en circulation, reflétant la confiance toujours dégradée des opérateurs économiques. De l’autre, il y a une accélération du crédit bancaire qui constitue plutôt un signal positif pour les milieux d’affaires dans un contexte de ralentissement économique et d’attentes plutôt négatives.

En effet, le crédit bancaire a augmenté de 3,2% ou 27,7 milliards de DH depuis le début de l’année, atteignant un encours de 898,4 milliards. Sur une année glissante, la variation est beaucoup plus significative : +6,1% ou +51,7 milliards.

A qui a profité cette manne de financements supplémentaires ? A l’Etat qui a longtemps évincé les créateurs de richesse en levant massivement des fonds auprès du secteur bancaire ? Ou plutôt aux producteurs et aux consommateurs ?

Moins de 7 milliards de DH supplémentaires pour le secteur public

L’analyse de l’évolution du crédit bancaire depuis le début de l’année montre que le secteur public (y compris l'administration centrale) n’a mobilisé que moins de 7 milliards de DH. Les sociétés financières ont, elles, carrément enregistré une baisse de leurs financements de 2,5 milliards de DH. In fine, les entreprises et les ménages ont concentré plus de 31 milliards de DH de nouveaux crédits.

Voici en détails l’évolution depuis le début de l’année du crédit bancaire par catégorie d’emprunteur :

- Administration centrale : +3,7% ou +7,5 milliards de DH, à 210,5 milliards (ce chiffre n'est pas inclus dans l'encours du crédit bancaire)

- Entreprises et établissements publics et collectivités territoriales : -1,4% ou -960 MDH, à 69,9 milliards de DH

- Entreprises privées : +5% ou +17,3 milliards de DH, à 360,1 milliards

- Particuliers et MRE : +4,3% ou 12,5 milliards de DH, à 301,7 milliards

- Entrepreneurs individuels : +3,4% ou +1,4 milliard de DH, à 41,9 milliards

- Sociétés financières : -2% ou -2,5 milliards de DH, à 123,5 milliards.

Les impayés des ménages augmentent fortement

Par catégorie de financement, les comptes débiteurs et crédits de trésorerie ont cru de 4,7% ou 8,3 milliards de DH, à 186 milliards. Ce sont les entreprises privées qui ont profité le plus du financement additionnel (+10,4 milliards), suivis des ménages (+1,3 milliard), alors que les sociétés financières ont subi une baisse des financements (-3,8 milliards).

Les crédits à l’équipement ont augmenté de 2,5% ou 4,4 milliards de DH, pour atteindre 178,4 milliards. Là aussi, ce sont les entreprises privées qui ont concentré l’essentiel de cette manne (+4,5 milliards), suivies des administrations locales (+1,1 milliard), alors que les entreprises publiques ont connu une baisse des prêts à l’investissement (-3,1 milliards).

Les crédits immobiliers ont, eux, progressé de 3% ou 8 milliards de DH, à 275,3 milliards. Les crédits aux acquéreurs se sont améliorés de 7 milliards, les prêts aux grands promoteurs de 3 milliards, alors que les financements des petits promoteurs ont diminué de 2 milliards.

Pour leur part, les crédits à la consommations destinés aux ménages ont cru de 4,3% ou 2,3 milliards de DH, à 56,4 milliards.

Quant aux créances diverses, elles ont fait du surplace à 132,5 milliards de DH, elles sont contractées essentiellement par les sociétés financières.

Un point négatif vient enfin ternir ces réalisations : les créances en souffrance se sont aggravées de 6,8% ou 4,4 milliards de DH, pour atteindre 69,7 milliards. L’aggravation est quasi exclusivement le fait des ménages, dont les impayés se sont renforcés de 3,7 milliards ou 14,7%, atteignant 28,9 milliards. Les impayés des entreprises privées ont, eux, stagné à 39,7 milliards de DH.

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