Voici tout ce qu'il faut savoir sur le kit de diagnostic du Covid 100% marocain

Le kit de diagnostic du Covid-19 de conception marocaine est 50% moins cher et plus rapide. Une première commande publique de 10.000 tests sera prête d'ici juin. Révélations de Nawal Chraibi, directrice générale de MAScIR.

0-https://www.medias24.com//photos_articles/big/03-06-2020/nawalchraibimascir.jpeg-oui
Voici tout ce qu'il faut savoir sur le kit de diagnostic du Covid 100% Marocain Nawal Chraibi, directrice générale de la fondation MAScIR

Le 03 juin 2020 à 19:52

Modifié le 04 juin 2020 à 15:45

Il y a deux jours, le centre de recherche et développement MAScIR a annoncé via un communiqué "la conception du premier kit, 100% marocain, de diagnostic du Covid-19, testé et validé par les Forces armées royales, la Gendarmerie royale ainsi que l'Institut Pasteur de Paris". 

Il s'agit d'un test de diagnostic RT-PCR "qui a pour caractéristiques d’être spécifique, à haut degré de sensibilité et de fiabilité et au coût maîtrisé", indique un communiqué de la fondation.

Une nouvelle prouesse des compétences marocaines en ces temps de crise. Médias24 a cherché à en savoir davantage sur ce kit de diagnostic de conception marocaine, sa performance et ses spécificités.

"L'équipe du pôle biotechnologie du centre MAScIR est constituée de 17 personnes essentiellement des chercheurs et des ingénieurs spécialisés dans tout ce qui est biologie moléculaire et cellulaire, virologie moléculaire, biochimie, génétique moléculaire et immunologie", nous explique Nawal Chraibi, directrice générale de MAScIR. 

"Cette équipe travaille sur deux axes majeurs de recherches qui sont le développement de Kits de Diagnostic moléculaire pour les maladies prévalentes au Maroc et en Afrique, que ce soit des maladies infectieuses ou cancéreuses et la mise en place d'une plateforme pour le développement de biosimilaires et de biomédicaments qui sont l'avenir du médicament". 

"Dans le cadre du premier axe qui est le développement de kits de diagnostic, on a déjà développé des kits pour diagnostiquer le cancer du sein type HER2, l'hépatite C, la leucémie et la tuberculose. Les dossiers de ces kits sont soit déposés au ministère de la Santé pour avoir l'AMM ou alors sont en cours de finalisation pour dépôt", ajoute notre interlocutrice qui explique que l'expertise développée ces dernières années dans le développement des kits a été employée pour contribuer à la lutte contre le Covid-19. 

"Le 12 mars, dès lors que l'OMS a qualifié de pandémie, l’épidémie du Covid-19, et en s'appuyant sur cette expertise dans le développement de kits de diagnostic moléculaire, l'équipe de biotechnologie médicale de MAScIR a pris l'initiative d'apporter sa contribution à travers le développement d'un test de détection du virus SARS COV-COVID-19 par la méthode de référence RT-PCR". 

Il est important de préciser que le test développé par le centre MAScIR ne rentre pas dans la case des tests rapides dit sérologiques. Il s'agit d'un test basé sur la même méthode d'analyse que celle utilisée actuellement par les équipes du ministère dans le diagnostic des cas confirmés : la technique de la réaction de polymérisation en chaîne (PCR) en temps réel.

"C'est un kit de diagnostic par PCR en temps réel destiné aux professionnels de la santé et utilisé dans des laboratoires", insiste la directrice du centre de recherche et développement. 

Un kit qui peut être utilisé sur plusieurs machines

Selon la directrice du centre MAScIR, le processus pour le développement de ce kit est passé par quatre étapes. La première étape consistant en un état de l'art. C'est-à-dire une revue documentaire et une synthèse des dernières découvertes scientifiques.

La deuxième phase, la plus cruciale, est celle d'identifier les séquences de génomes, miscibles (susceptibles d'être mélangées, ndlr). Pour faire ce travail, la fondation MAScIR devait disposer d'un échantillon d'ARN (une sorte d'ADN, ndrl) du virus. On a pu l'obtenir grâce à l'Institut Pasteur de Paris qui a mis à la disposition du centre marocain un extrait d'ARN purifié. 

"Après l'identification des séquences de génomes miscibles, on a procédé au design des amorces et sondes (technologie de détection, ndlr)", nous explique-t-on. 

"Nous ne nous sommes pas contentés de voir ce qui a été publié par le protocole de Paris ou de Berlin et les différents mixes. Au final, ce sont des mélanges. Nous sommes partis sur de l'optimisation et de la personnalisation. On a désigné nous-mêmes les amorces et sondes nécessaires pour la détection des séquences de gènes. Nous avons ciblé quatre gènes du virus, alors qu'il y a des tests qui détectent seulement un, deux ou trois gènes au maximum", détaille Nawal Chraibi. 

"Le mix du test développé par l'équipe MAScIR est unique par sa composition, ses caractéristiques et sa sensibilité, démontrées par rapport aux autres tests de routine utilisés dans les laboratoires de validation. Les degrés de sensibilité, de spécificité et de répétabilité sont bons ; ce qui montre que le kit MAScIR est performant", se félicite-t-elle. 

Une fois le kit développé en interne, il a été validé à l'échelle du laboratoire au sein de MAScIR avant de passer à la phase de la validation clinique avec les échantillons des patients infectés par le Sars-Cov2. "Notre kit a été testé sur plus de 450 échantillons au sein de plusieurs laboratoires (le département de virologie de l'hôpital militaire Mohammed V de Rabat, l'INH de Rabat, le centre de bactériologie et de virologie du CHU de Casa, les laboratoires de Marrakech et Meknès des Forces armées royales et les laboratoires de la Gendarmerie royale de Rabat et l'Institut Pasteur de Paris)", nous confie-t-on. 

"Dans les laboratoires marocains, on utilisait le kit de routine, habituellement utilisé pour diagnostiquer les cas, et le kit MAScIR. Sur l'ensemble des échantillons testés, il y a eu concordance à 100%", nous assure-t-on. 

D'autres spécificités du test de conception marocaine ? "Il est plus rapide. Il faut compter entre 2h et 2 heures et demie entre l'extraction d'ARN et le diagnostic". 

Il est aussi moins cher. "Ce kit coûtera jusqu'à 50% moins cher que le kit importé actuellement pour la même efficacité", assure notre interlocutrice. 

Autre particularité des plus importantes : le kit marocain est ouvert dans le sens "qu'il peut être utilisé sur plusieurs machines PCR en temps réel parmi les plus utilisées sur le marché. La machine adéquate pour utiliser le kit MAScIR est une machine PCR en temps réel standard", explique Nawal Chraibi. 

Une première commande de 10.000 tests prête d'ici fin juin

Tout porte à croire que le Maroc n'aura plus à dépendre des kits de diagnostic d'autres nationalités. Mais cela interviendra dans une seconde phase. Car après le développement qui a certes été rapide, il faut un peu de temps pour installer une industrialisation à grande échelle. Mais c'est bien l'ambition de MAScIR.

"Nous avons cette volonté de monter en puissance et de répondre au besoin national et international. Pourquoi pas ! L'Institut Pasteur de Paris nous a proposé d'enregistrer notre Kit en France. C'est à dire qu'on peut aujourd'hui bénéficier d'un label européen. Nous n'avons pas encore entamé les démarches mais on y pense sérieusement", nous confie la directrice générale de MAScIR. 

MAScIR développe ce kit via la startup Moldiag qu'elle a mise en place pour le développement des kits. "A ce stade Moldiag n'a pas encore de production à proprement dite car elle ne dispose pas encore des autorisations nécessaires. Nos kits (cités plus haut, ndrl) développés ont été brevetés et validés à l'international. Ils ont fait l'objet d'articles dans des revues scientifiques indexés, mais nous attendons toujours les autorisations du ministère de la Santé pour l'hépatite C et le Covid-19. Pour les kits de cancer et de leucémie, les dossiers pour l'obtention des AMM sont en cours de finalisation pour dépôt". 

Le kit de Covid est celui qui donnera un coup d'accélérateur à cette startup prometteuse. "Nous avons une commande publique de 10.000 tests à développer d'ici fin juin. Et une fois que cette production sera assurée, on sera à l'écoute des autorités publiques. MAScIR est une fondation à but non lucratif initiée par les pouvoirs publics, on est donc là pour répondre au besoin national". 

Même les entreprises privées pourront acquérir les tests nécessaires pour le dépistage de leur effectif. "Depuis la diffusion de notre communiqué, nous recevons en permanence des demandes de sociétés privées au Maroc et à l'international pour savoir comment se procurer notre kit", confie notre interlocutrice. "Nous sommes en train de nous équiper davantage, de doter Moldiag d'équipements de haut niveau pour monter en puissance", poursuit-elle. 

MAScIR et sa startup seront fixés sur la stratégie de production et commercialisation d'ici quelques semaines. 

Nawal Chraibi, directrice générale de la fondation MAScIR

Voici tout ce qu'il faut savoir sur le kit de diagnostic du Covid 100% marocain

Le 03 juin 2020 à19:57

Modifié le 04 juin 2020 à 15:45

Le kit de diagnostic du Covid-19 de conception marocaine est 50% moins cher et plus rapide. Une première commande publique de 10.000 tests sera prête d'ici juin. Révélations de Nawal Chraibi, directrice générale de MAScIR.

Il y a deux jours, le centre de recherche et développement MAScIR a annoncé via un communiqué "la conception du premier kit, 100% marocain, de diagnostic du Covid-19, testé et validé par les Forces armées royales, la Gendarmerie royale ainsi que l'Institut Pasteur de Paris". 

Il s'agit d'un test de diagnostic RT-PCR "qui a pour caractéristiques d’être spécifique, à haut degré de sensibilité et de fiabilité et au coût maîtrisé", indique un communiqué de la fondation.

Une nouvelle prouesse des compétences marocaines en ces temps de crise. Médias24 a cherché à en savoir davantage sur ce kit de diagnostic de conception marocaine, sa performance et ses spécificités.

"L'équipe du pôle biotechnologie du centre MAScIR est constituée de 17 personnes essentiellement des chercheurs et des ingénieurs spécialisés dans tout ce qui est biologie moléculaire et cellulaire, virologie moléculaire, biochimie, génétique moléculaire et immunologie", nous explique Nawal Chraibi, directrice générale de MAScIR. 

"Cette équipe travaille sur deux axes majeurs de recherches qui sont le développement de Kits de Diagnostic moléculaire pour les maladies prévalentes au Maroc et en Afrique, que ce soit des maladies infectieuses ou cancéreuses et la mise en place d'une plateforme pour le développement de biosimilaires et de biomédicaments qui sont l'avenir du médicament". 

"Dans le cadre du premier axe qui est le développement de kits de diagnostic, on a déjà développé des kits pour diagnostiquer le cancer du sein type HER2, l'hépatite C, la leucémie et la tuberculose. Les dossiers de ces kits sont soit déposés au ministère de la Santé pour avoir l'AMM ou alors sont en cours de finalisation pour dépôt", ajoute notre interlocutrice qui explique que l'expertise développée ces dernières années dans le développement des kits a été employée pour contribuer à la lutte contre le Covid-19. 

"Le 12 mars, dès lors que l'OMS a qualifié de pandémie, l’épidémie du Covid-19, et en s'appuyant sur cette expertise dans le développement de kits de diagnostic moléculaire, l'équipe de biotechnologie médicale de MAScIR a pris l'initiative d'apporter sa contribution à travers le développement d'un test de détection du virus SARS COV-COVID-19 par la méthode de référence RT-PCR". 

Il est important de préciser que le test développé par le centre MAScIR ne rentre pas dans la case des tests rapides dit sérologiques. Il s'agit d'un test basé sur la même méthode d'analyse que celle utilisée actuellement par les équipes du ministère dans le diagnostic des cas confirmés : la technique de la réaction de polymérisation en chaîne (PCR) en temps réel.

"C'est un kit de diagnostic par PCR en temps réel destiné aux professionnels de la santé et utilisé dans des laboratoires", insiste la directrice du centre de recherche et développement. 

Un kit qui peut être utilisé sur plusieurs machines

Selon la directrice du centre MAScIR, le processus pour le développement de ce kit est passé par quatre étapes. La première étape consistant en un état de l'art. C'est-à-dire une revue documentaire et une synthèse des dernières découvertes scientifiques.

La deuxième phase, la plus cruciale, est celle d'identifier les séquences de génomes, miscibles (susceptibles d'être mélangées, ndlr). Pour faire ce travail, la fondation MAScIR devait disposer d'un échantillon d'ARN (une sorte d'ADN, ndrl) du virus. On a pu l'obtenir grâce à l'Institut Pasteur de Paris qui a mis à la disposition du centre marocain un extrait d'ARN purifié. 

"Après l'identification des séquences de génomes miscibles, on a procédé au design des amorces et sondes (technologie de détection, ndlr)", nous explique-t-on. 

"Nous ne nous sommes pas contentés de voir ce qui a été publié par le protocole de Paris ou de Berlin et les différents mixes. Au final, ce sont des mélanges. Nous sommes partis sur de l'optimisation et de la personnalisation. On a désigné nous-mêmes les amorces et sondes nécessaires pour la détection des séquences de gènes. Nous avons ciblé quatre gènes du virus, alors qu'il y a des tests qui détectent seulement un, deux ou trois gènes au maximum", détaille Nawal Chraibi. 

"Le mix du test développé par l'équipe MAScIR est unique par sa composition, ses caractéristiques et sa sensibilité, démontrées par rapport aux autres tests de routine utilisés dans les laboratoires de validation. Les degrés de sensibilité, de spécificité et de répétabilité sont bons ; ce qui montre que le kit MAScIR est performant", se félicite-t-elle. 

Une fois le kit développé en interne, il a été validé à l'échelle du laboratoire au sein de MAScIR avant de passer à la phase de la validation clinique avec les échantillons des patients infectés par le Sars-Cov2. "Notre kit a été testé sur plus de 450 échantillons au sein de plusieurs laboratoires (le département de virologie de l'hôpital militaire Mohammed V de Rabat, l'INH de Rabat, le centre de bactériologie et de virologie du CHU de Casa, les laboratoires de Marrakech et Meknès des Forces armées royales et les laboratoires de la Gendarmerie royale de Rabat et l'Institut Pasteur de Paris)", nous confie-t-on. 

"Dans les laboratoires marocains, on utilisait le kit de routine, habituellement utilisé pour diagnostiquer les cas, et le kit MAScIR. Sur l'ensemble des échantillons testés, il y a eu concordance à 100%", nous assure-t-on. 

D'autres spécificités du test de conception marocaine ? "Il est plus rapide. Il faut compter entre 2h et 2 heures et demie entre l'extraction d'ARN et le diagnostic". 

Il est aussi moins cher. "Ce kit coûtera jusqu'à 50% moins cher que le kit importé actuellement pour la même efficacité", assure notre interlocutrice. 

Autre particularité des plus importantes : le kit marocain est ouvert dans le sens "qu'il peut être utilisé sur plusieurs machines PCR en temps réel parmi les plus utilisées sur le marché. La machine adéquate pour utiliser le kit MAScIR est une machine PCR en temps réel standard", explique Nawal Chraibi. 

Une première commande de 10.000 tests prête d'ici fin juin

Tout porte à croire que le Maroc n'aura plus à dépendre des kits de diagnostic d'autres nationalités. Mais cela interviendra dans une seconde phase. Car après le développement qui a certes été rapide, il faut un peu de temps pour installer une industrialisation à grande échelle. Mais c'est bien l'ambition de MAScIR.

"Nous avons cette volonté de monter en puissance et de répondre au besoin national et international. Pourquoi pas ! L'Institut Pasteur de Paris nous a proposé d'enregistrer notre Kit en France. C'est à dire qu'on peut aujourd'hui bénéficier d'un label européen. Nous n'avons pas encore entamé les démarches mais on y pense sérieusement", nous confie la directrice générale de MAScIR. 

MAScIR développe ce kit via la startup Moldiag qu'elle a mise en place pour le développement des kits. "A ce stade Moldiag n'a pas encore de production à proprement dite car elle ne dispose pas encore des autorisations nécessaires. Nos kits (cités plus haut, ndrl) développés ont été brevetés et validés à l'international. Ils ont fait l'objet d'articles dans des revues scientifiques indexés, mais nous attendons toujours les autorisations du ministère de la Santé pour l'hépatite C et le Covid-19. Pour les kits de cancer et de leucémie, les dossiers pour l'obtention des AMM sont en cours de finalisation pour dépôt". 

Le kit de Covid est celui qui donnera un coup d'accélérateur à cette startup prometteuse. "Nous avons une commande publique de 10.000 tests à développer d'ici fin juin. Et une fois que cette production sera assurée, on sera à l'écoute des autorités publiques. MAScIR est une fondation à but non lucratif initiée par les pouvoirs publics, on est donc là pour répondre au besoin national". 

Même les entreprises privées pourront acquérir les tests nécessaires pour le dépistage de leur effectif. "Depuis la diffusion de notre communiqué, nous recevons en permanence des demandes de sociétés privées au Maroc et à l'international pour savoir comment se procurer notre kit", confie notre interlocutrice. "Nous sommes en train de nous équiper davantage, de doter Moldiag d'équipements de haut niveau pour monter en puissance", poursuit-elle. 

MAScIR et sa startup seront fixés sur la stratégie de production et commercialisation d'ici quelques semaines. 

A lire aussi


Communication financière

Communiqué post AG 30 juin 2020 - LafargeHolcim Maroc

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.